Le blog d'Edouard Cuendet

  • Résultat 2018 de l'Etat de Genève: merci aux entreprises privées !

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    Le Conseil d’Etat vient de publier les comptes 2018 de l’Etat de Genève. L’exercice se solde par un excédent de recettes de CHF 222 millions alors que le budget 2018 tablait sur un déficit de 187 millions.

    Ce résultat favorable est avant tout dû à des revenus fiscaux dépassant le budget de CHF 513 millions. La variation la plus importante découle de l’imposition des personnes morales qui connaît une croissance de 14 % par rapport au budget 2018 et de près de 25% en comparaison des comptes 2017.

    Ce résultat positif t a été rendu possible grâce aux performances de l’économie genevoise qui a connu une croissance de 3,1% en 2018. En Suisse, la progression du PIB a été de 2,6%. Le différentiel entre la Suisse et Genève tient notamment à la bonne santé des secteurs de la finance et de l’horlogerie. Le commerce extérieur genevois a atteint des niveaux historiques en 2018, avec des exportations qui ont franchi pour la première fois la barre des CHF 20 milliards.

    On peut donc remercier les entreprises genevoises, leurs collaboratrices et leurs collaborateurs, tous secteurs confondus, d’avoir su faire preuve d’un tel dynamisme. Ce succès économique, dont il faut être fier, ferait pâlir d’envie de nombreux pays d’Europe qui souffrent d’une croissance poussive, source de chômage et de déficits endémiques.

    Les hasards du calendrier font que le jour où le Gouvernement genevois annonçait cette contribution majeure de l’économie privée au train de vie (fastueux) de l’Etat, un comité de campagne se réunissait à Berne pour tirer à boulets rouges contre la Réforme de l’imposition des entreprises (RFFA).

    De curieuse manière, les Verts genevois se posent en leader de cette fronde anti-entreprises. Or, la RFFA est vitale pour conserver à Genève les dizaines de milliers d’emplois générés notamment par les entreprises exportatrices, dont on a vu l’importance pour la prospérité de notre canton.

    Le 19 mai prochain, votons OUI à la RFFA, pour ne pas stopper net le dynamisme et l’innovation de notre écosystème formé de PME et de grandes entreprises, locales et internationales, étroitement liées les unes aux autres, dans notre intérêt à toutes et à tous !

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  • La décroissance, à fond les manettes !

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    En écoutant comme chaque jour le journal du matin sur la RTS, je me suis dit que les Verts étaient peut-être en train de réaliser un de leurs principaux objectifs de campagne : la décroissance.

    D’une part, la conseillère nationale Lisa Mazzone exprime son soutien total à la suppression des vols entre Genève et Zurich.

    D’autre part, la radio nous annonce le tassement de l’économie genevoise au premier trimestre 2019 en raison notamment de la diminution des exportations horlogères.

    Non seulement l’industrie genevoise subit une concurrence internationale sans pitié, mais les Verts veulent supprimer l’accès des entreprises à leurs marchés principaux qui se trouvent de plus en plus éloignés, notamment en Extrême-Orient. Ces destinations ne sont atteignables que par des vols long-courriers, par exemple au départ du hub zurichois.

    Est-il raisonnable d’exiger d’un entrepreneur genevois qu’il prenne le train pour un trajet de trois heures afin d’atteindre Kloten, avant d’embarquer dans un avion pour Hong-Kong, Singapore ou Tokyo ? Au retour, c’est encore pire, après un vol de plus de 10 heures !

    L’alternative est bien entendu de transiter par Paris, Londres, Francfort, Munich ou Amsterdam.

    Si l’on réduit drastiquement la desserte aérienne genevoise, notre canton se retrouvera très vite satellisé sur le plan économique.

    Les Verts travaillent aussi activement à cet objectif en s’opposant à l’indispensable réforme de l’imposition des entreprises (RFFA), sur laquelle les citoyennes et citoyens genevois seront appelés à se prononcer le 19 mai prochain.

    Si les votants suivent l’avis des Verts, Genève conservera son taux d’imposition de 24% alors que le canton de Vaud applique déjà un taux unique de 13,79% à compter du 1er janvier 2019. Quelle entreprise exportatrice voudra rester à Genève dans ces conditions ? Poser la question c’est y répondre !

    En voulant couper Genève de ses marchés internationaux et instaurer un enfer fiscal pour les entreprises, les Verts visent la décroissance. On peut adhérer à cette vision d’une société vivant en autarcie, coupée du monde et utilisant le troc ou les Lémans pour ses échanges locaux. Mais alors il faut en assumer les conséquences jusqu’au bout, à savoir des pertes d’emplois massives et un effondrement de notre prospérité.

    Cela vous tente ?

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  • Proposition indécente

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    En tant que député, je ne vous parlerai pas aujourd’hui du célèbre film d’Adrian Lyne, sorti en 1993, avec Robert Redford et Demi Moore.

    J’aborderai ici un thème autrement plus grave, à savoir le sauvetage de la Caisse de prévoyance de l’Etat de Genève (CPEG) qui se trouve dans une situation dramatique, avec un taux de couverture d’à peine 60%, et qui nécessite une recapitalisation massive.

    Pour rappel, en décembre 2018, le Grand Conseil genevois a voté deux lois incompatibles entre elles (PL 12228 émanant de la Gauche et PL 12404 élaborée par le Conseil d’Etat) qui ont toutes deux été attaquées par référendum.

    Mais la gauche ne s’est pas arrêtée là. Elle a convaincu une majorité du Grand Conseil d’adopter le 24 janvier 2019 une loi issue de l’initiative législative populaire intitulée « Sauvegarder les rentes en créant du logement ».

    A l’origine, cette initiative a été lancée conjointement par le Cartel intersyndical de la fonction publique et par l’ASLOCA. Elle prévoit deux mesures-phares :

    Premièrement, elle entend faire assumer à l’Etat, et donc aux seuls contribuables, la recapitalisation de la CPEG, sans aucune mesure structurelle permettant la viabilité à long terme du plan de prévoyance. Elle vise donc le maintien de l’inique système de primauté des prestations.

    En second lieu, elle veut que l’Etat cède à la CPEG des terrains constructibles situés dans le secteur Praille Acacias Vernet (PAV) afin de construire des « logements abordables ». Par le biais de ces transferts, la part de l’immobilier dans la fortune globale de la CPEG pourrait atteindre 45%.

    La première de ces propositions est tout bonnement indécente ! Comment le Cartel intersyndical de la fonction publique et l’ASLOCA osent-ils réclamer aux contribuables du canton d’assumer seuls le coût de CHF 6,2 milliards estimé par le Conseil d’Etat, sans prévoir une réforme en profondeur de la CPEG et, au minimum, l’introduction du système de primauté des cotisations pratiqué dans la presque totalité des caisses de prévoyance helvétiques ? Faut-il rappeler ici que les contribuables salariés dans le privé ont, pour beaucoup d’entre eux, subi des baisses de prestations suite à des mesures de restructuration ? Faut-il également rappeler que la plupart des caisses privées prévoient une répartition des cotisations à 50-50 entre l’employeur et l’employé, alors que la CPEG connaît encore une répartition proche des 2/3 – 1/3 ? Faut-il enfin rappeler que, selon le Bilan social 2017, le salaire annuel moyen s’élève à CHF 116'625.- à l’Etat de Genève ?

    La seconde mesure représente un danger majeur pour la stabilité de la CPEG et le sacro-saint principe de la répartition des risques. En effet, si la volonté du Cartel et de l’ASLOCA venait par malheur à se réaliser, la CPEG pourrait se retrouver avec 45% d’actifs immobiliers sur les bras, situés principalement dans un seul périmètre (le PAV) et totalement illiquides, puisque, selon la pratique en vigueur, chaque aliénation devrait faire l’objet d’un projet de loi soumis au Grand Conseil. Cette absence de diversification serait d’ailleurs probablement incompatible avec le droit fédéral.

    Face à ces deux graves menaces, vous êtes invités à signer et à faire signer d’ici au 7 mars 2019 le référendum lancé par le PLR et le PDC.

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  • Primauté des prestations : le Jurassic Park de la prévoyance !

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    Lors de la séance plénière du 14 décembre 2018, le Grand Conseil genevois a voté deux lois, incompatibles entre elles, prévoyant la recapitalisation de la Caisse de Pension de l’Etat de Genève (CPEG) qui se trouve bien mal en point avec un taux de couverture d’à peine 60%.

    Le premier texte (PL 12228), émanant de la Gauche, veut faire supporter aux seuls contribuables la coquette somme de CHF 4,2 milliards prévue pour boucher le trou abyssal de la caisse. De plus, cette loi conserve la primauté des prestations qui institue un pourcentage fixe du dernier salaire pour le paiement des rentes.  Ce système fait figure de véritable fossile vivant dans le paysage actuel de la prévoyance. L’immense majorité des caisses publiques et privées a abandonné cet archaïsme pour adopter le système de primauté des cotisations, qui tient mieux compte des rendements des actifs de la caisse et de l’allongement de l’espérance de vie.

    Le second texte (PL 12404), élaboré par le Conseil d’Etat et approuvé par la Droite, permet de sortir la CPEG de l’ère préhistorique en instituant la primauté des cotisations, seul système apte à assurer la pérennité du financement à travers les âges. Par ailleurs, la loi en question équilibre de manière plus équitable la répartition des cotisations entre l’Etat employeur et les collaborateurs. La participation de l’Etat passe de 66,7% à 58% et la part de l’employé de 33,3% à 42%. On est encore loin d’une répartition 50% - 50%, mais on se rapproche de la moyenne suisse en la matière.

    Pour éviter de confiner la CPEG dans un Jurassic Park de Gauche, le PLR, le PDC et l’UDC ont lancé un référendum contre le PL 12228.

    Signez et faites signer ce référendum !

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  • Merci à Nathalie, Alexandre, Cyril et Hugues !

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    En ce lendemain d’Assemblée générale aussi extraordinaire que houleuse, alors que les annonces de démissions pleuvent et que la tentation du règlement de comptes pointe son nez, je me bornerai à rendre hommage à quatre personnalités du PLR.

    Mes remerciements s’adressent tout d’abord à Nathalie Fontanet, qui a commencé la législature dans une situation cataclysmique, mais qui a pris en main son département avec compétence et sens de l’écoute. Elle a déployé une énergie hors du commun pour mener à bien les négociations et les travaux de l’indispensable réforme de la fiscalité des entreprises.  Hier soir, par son intervention, elle a encore démontré sa stature.

    Une femme d’Etat.

    Ma gratitude va ensuite à notre Président, Alexandre de Senarclens. Il a tenu la barre avec détermination dans une période particulièrement agitée, dans le respect des valeurs de responsabilité individuelle qui animent notre parti.

    Il a été disponible pour répondre aux innombrables sollicitations des médias, en faisant preuve de pondération et en accordant toujours la priorité à l’intérêt du parti, sans mettre son ego en avant. Il a su garder indépendance et sang-froid, en résistant aux pressions dans toutes les circonstances. Dans l’esprit fédéraliste qui caractérise notre pays, il a répondu présent à l’invitation du PLR suisse qui se préoccupait à juste titre de la crise qui secoue un parti cantonal important.

    Un homme droit

    Mes remerciements vont également à notre Chef de Groupe, Cyril Aellen, qui a continué à faire de la politique malgré la tempête. Il a su préserver la cohérence du groupe et mener sans relâche des discussions avec les autres partis pour faire avancer les grands dossiers du moment. Je pense en particulier à la réforme de la CPEG.

    Un fin négociateur

    Enfin, un grand merci à Hugues Hiltpold qui se lance dans la campagne pour reconquérir un siège au Conseil des Etats. Avec Hugues, le PLR a une chance historique de revenir à la Chambre des cantons. Concentrons-nous sur cette échéance primordiale pour notre avenir !

    Un politicien expérimenté.

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  • Fondation Pasteur Suisse: au coeur de l'écostystème philanthropique genevois

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    Genève constitue un maillon incontournable de la philanthropie car le canton regroupe à la fois des fondations, des capitaux et des compétences uniques au monde. Cette spécificité repose sur une longue tradition dont l’un des éléments majeurs reste sans conteste la création de la Croix-Rouge en 1863.

    Parmi les 1'200 fondations présentes sur notre territoire, la Fondation Pasteur Suisse occupe une place à part, de par son rôle au sein du réseau mondial établi autour du célèbre Institut Pasteur et grâce aux projets de recherche qu’elle soutient.

    C’est précisément pour présenter les avancées obtenues dans le domaine de la lutte contre le paludisme (ou malaria) que des chercheurs de haut niveau étaient présents le 27 novembre à Genève.

    Aujourd’hui, ce fléau tue encore plus de 500'000 personnes par an, dont une majorité d’enfants. On estime par ailleurs à 200 millions le nombre d’infections en 2017.

    Les pays européens, dont la Suisse, ne sont pas à l’abri d’une résurgence de la malaria, compte tenu de l’ampleur des déplacements autour du globe, qui permettent à l’agent pathogène de voyager en provenance de régions endémiques, ainsi que du réchauffement climatique, source de bien-être pour le moustique vecteur de cette terrible maladie.

    Le paludisme constitue donc un véritable défi de santé publique, aggravé par l’absence de vaccin efficace et par l’émergence de résistance aux médicaments.

    La recherche s’avère par conséquent essentielle. Les équipes soutenues par la Fondation Pasteur Suisse ont pour objectif d’empêcher la transmission de la maladie d’un être humain à un autre en tuant la forme du parasite qui infecte les moustiques.

    Les résultats obtenus sont déjà très prometteurs grâce à la découverte de nouvelles molécules capables de bloquer cette transmission.  La voie est encore longue jusqu’à l’obtention d’un traitement administrable à l’être humain. Mais la force du réseau de l’Institut Pasteur et la détermination de la Fondation Pasteur Suisse doivent nous rendre optimistes.

    Genève a toute sa place dans ce dispositif ambitieux !

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  • Initiative sur l'autodétermination: l'insécurité juridique est un poison pour l'économie !

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    Le 25 novembre prochain, les citoyennes et les citoyens suisses devront se prononcer sur une initiative populaire de l’UDC suisse visant à établir la primauté du droit constitutionnel helvétique sur le droit international.

    Ce texte représente une mise en danger des relations internationales de notre pays et de son esprit d’ouverture. La Suisse n’est pas une île. Elle se situe au cœur de l’Europe et elle est surtout considérée comme un partenaire fiable sur la scène internationale. Or, l’initiative de l’UDC sur l’autodétermination exige du Conseil fédéral qu’il renégocie, voire dénonce, les normes de droit international qui contreviendraient, même de manière minime, à la Constitution et aux lois fédérales qui en découlent. Cela porterait gravement atteinte à la crédibilité de notre pays.

    Qui voudra encore négocier avec Berne, si la Suisse se réserve le droit de revenir à tout moment sur sa parole ?

    L’initiative représente également un danger pour l’économie suisse qui est largement orientée vers l’exportation de ses produits et services. Cela vaut en particulier pour le canton de Genève. Or, ces activités qui ont assuré la prospérité de notre pays et de notre canton dépendent de l’ouverture de la Confédération et du réseau de traités qui seraient gravement mis en péril par l’acceptation de cette initiative. On peut notamment penser aux accords OMC, aux 30 accords de libre-échange, aux accords de protection des investissements à l’étranger ainsi qu’aux accords bilatéraux avec l’UE. La remise en cause de ces accords serait source d’une grave insécurité juridique, véritable poison pour l’économie !

    Enfin, l’initiative s’attaque à des principes bien plus fondamentaux. Une acceptation de l’initiative délierait la Suisse des obligations prévues par la Convention Européenne des Droits de l’Homme (CEDH). Comment Genève, berceau de la Croix-Rouge et hôte de très nombreuses organisations internationales, pourrait-elle justifier son statut de centre onusien si elle venait à se distancer d’un texte aussi essentiel qui, au passage, protège aussi les Suisses et les entreprises helvétiques ?

    Le 25 novembre, il faut dire NON à une initiative qui mettrait la Suisse au ban des Nations !

    (blog inspiré par une interview parue dans le journal « Tout l’Immobilier » du 5 novembre 2018)

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  • PF 17: les Verts dérapent !

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    Le 28 septembre 2018, les Chambres fédérales ont procédé au vote final sur la Réforme de l’imposition des entreprises (RFFA ou PF 17).

    Il s’agit d’un projet majeur pour la Suisse en général et pour le canton de Genève en particulier. Notre pays s’est en effet engagé politiquement à l’égard de l’UE et de l’OCDE à supprimer les statuts cantonaux spéciaux.

    Après l’échec en votation populaire de la RIE III en février 2017, l’ouvrage a été rapidement remis sur le métier et un consensus a été trouvé autour d’un projet équilibré combinant la réforme de l’imposition des entreprises et une mesure de financement en faveur de l’AVS.

    Les Verts ont immédiatement annoncé le lancement d’un référendum par la voix omniprésente de la Conseillère nationale Lisa Mazzone.

    Dans « Le Courrier » du 11 octobre, le Président des Verts genevois, Nicolas Walder dit tout le mal qu’il pense de la réforme. De son point de vue le projet « contient des instruments fiscaux particulièrement favorables aux entreprises très capitalisées, actives dans la finance ou dans le trading du pétrole. C’est du dumping fiscal aux profits de filières prédatrices dont celles des énergies fossiles ».

    M. Walder a manifestement perdu de vue que la place financière et le négoce de matières premières, qu’ils vouent aux Gémonies en les traitant de « filières prédatrices », constituent les secteurs les plus importants de l’économie genevoise, en générant plus de 30% du PIB cantonal. M. Walder semble penser que les 35'000 collaboratrices et collaborateurs du secteur financier seraient complices de ces « prédateurs ». Ils apprécieront le compliment !

    Mais j’ai soudain un doute….

    M. Walder n’est-il pas Magistrat communal à Carouge ? Et Carouge n’héberge-t-elle pas sur son sol plusieurs établissements bancaires d’importance qui contribuent de manière massive à l’emploi et aux recettes fiscales de cette commune ?

    Il est irresponsable de la part d’un président de parti cantonal et d'un magistrat communal d’attaquer en des termes aussi choquants des entreprises vitales pour la prospérité de Genève !

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  • Lisa Mazzone: une politicienne omniprésente

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    Je vous l’avoue d’emblée, comme politicien local, je ne suis pas envieux, mais sincèrement admiratif de la Conseillère nationale verte Lisa Mazzone dont l’omniprésence est stupéfiante, tant à Berne qu’à Genève.

    Je suis en effet un consommateur boulimique de médias écrits, électroniques, radiophoniques et télévisuels. Lisa Mazzone est partout, tout le temps, sur tous les sujets. Une liste de ses interventions serait longue comme un jour sans pain (bio).

    Cependant, cette médaille a son revers. A force de consacrer son énergie à poursuivre tous ces lièvres médiatiques à la fois, Lisa Mazzone ne dispose manifestement plus du temps nécessaire pour prendre le pouls des entreprises du canton dont elle est l’élue.

    Pour illustrer ce constat, je citerai le dossier de la réforme de la fiscalité des entreprises (PF 17). Lisa Mazzone est intervenue urbi et orbi pour combattre avec véhémence ce projet qui est pourtant vital pour le tissu économique cantonal. Au niveau fédéral, même les socialistes genevois ont fait preuve d’une grande modération à ce propos, sans doute conscients des enjeux pour la prospérité du pays et du canton. Sabre au clair, Lisa Mazzone s’est érigée en cheffe de file des référendaires, en estimant que cette réforme « poursuit la captation des ressources fiscales des pays en voie de développement » (voir TdG en ligne du 17 septembre).  Faut-il rappeler que PF 17 conduira à une augmentation massive de l’imposition des multinationales et des sociétés de trading de matières premières ? Faut-il souligner que l’éventuelle baisse du taux d’imposition introduite dans les cantons bénéficiera avant tout aux entreprises locales ?

    Avant de se lancer dans ces grandes diatribes, Mme Mazzone aurait été bien inspirée de prendre conseil auprès de son camarade de parti, l’ancien Conseiller d’Etat David Hiler, qui occupait certes moins le terrain médiatique, mais avait été visionnaire quant à l’importance cruciale de cette réforme fiscale pour Genève.

    Il est un autre sujet sur lequel Lisa Mazzone ne ménage pas ses efforts. Elle mène une croisade sans merci contre l’Aéroport International de Genève (voir TdG du 3 octobre). Mon propos n’est évidemment pas de minimiser ici les nuisances que cette infrastructure peut provoquer. Je souhaite plutôt mettre en avant le fait que la qualité de la desserte aéroportuaire est cruciale pour la prospérité économique de notre canton, qui dépend largement d’entreprises exportatrices (horlogerie, chimie, finance). Par ailleurs, sans un aéroport performant, la Genève internationale ne pourrait tout simplement pas exister.

    Pour concilier les besoins de l’économie et la nécessité de lutter contre les nuisances, le Conseil d’Etat a adopté une attitude volontariste dans la négociation avec la Confédération du Plan sectoriel de l’infrastructure aéronautique (la fiche PSIA) en exigeant une réduction de l’impact en matière de nuisances sonores à l’horizon 2030. Ce document devrait être finalisé d’ici la fin de l’année.

    Dans la même perspective, la Commission de l’économie du Grand Conseil va se pencher sur l’élaboration d’un contre-projet à l’initiative « Pour un pilotage démocratique de l’aéroport de Genève ».

    Ces efforts concrets n’ont pas l’heur de plaire à Lisa Mazzone qui verrait sans doute d’un bon œil que l’aéroport de Cointrin dispose de la même desserte que celui de Limoges, avec toutes les conséquences que cela entrainerait pour le rayonnement économique et international de Genève.

    En passant, durant ses innombrables interventions médiatiques, Lisa Mazzone devrait trouver une toute petite place pour exhorter ses camarades à la cohérence. Les Verts ne sont en effet pas avares de déplacements en avion….

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  • Genève - Faro: avion, train ou voiture ?

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    Durant l’été, j’ai eu le plaisir de me rendre comme simple touriste en Algarve, accueillante région du Sud du Portugal dont la capitale est Faro.

    Par un beau week-end de juillet, j’ai pris un avion de la compagnie Easyjet qui assure la liaison régulière avec cette destination. En montant dans l’appareil, j’étais hanté par l’anathème jeté par certains contre la « Compagnie orange », accusée de tous les maux.

    Une fois confortablement assis dans mon siège, ma conscience s’est quelque peu apaisée en considérant que de nombreuses places étaient occupées par des familles parlant portugais. Elles rentraient manifestement dans leur pays d’origine pour les vacances.

    Ce constat m’a conduit à me poser la question du mode de transport optimal pour une famille, composée par hypothèse de deux parents et de deux enfants, voulant légitimement retrouver ses racines lusitaniennes, transportant avec elle les bagages nécessaires pour un séjour de plusieurs semaines.

    En substance, le vol Genève – Faro dure environ 2 h 30, auxquelles il faut rajouter les éventuels (voire fréquents) retards.

    En train, cela se complique.

    Deux options d’une durée comparable, soit environ 29 heures de trajet, s’offrent aux inconditionnels du rail. Vous pouvez prendre le TGV pour Paris Gare de Lyon (pour autant qu’elle ne soit pas paralysée par une grève), puis changer de gare et atteindre la Gare Montparnasse (pour autant qu’elle ne soit pas paralysée par un incendie). Depuis là, un autre TGV vous amènera en 5 heures environ à Handaye, lieu de départ du train de nuit arrivant à Lisbonne le lendemain matin à 7 heures 20. Ensuite, un Intercity vous conduira en à peine 3 heures à la destination finale, Faro, où vous arriverez frais et dispos.

    L’autre option vous amène de Genève à Faro en passant par Lyon-Part-Dieu, Béziers, Barcelone, Madrid (avec changement de gare), Lisbonne (en train de nuit) et Faro.

    Si vous préférez la route, le site internet Via Michelin vous propose deux itinéraires pour avaler les quelque 2'000 kilomètres séparant Genève de Faro. Prévoyez une vingtaine d’heures de conduite dans le meilleur des cas (tout en rappelant que le 4 août 2018 par exemple, les médias annonçaient 705 kilomètres de bouchon au total sur le territoire français et une canicule historique, conditions objectivement peu propices à un voyage apaisant).

    D’un point de vue statistique, la communauté portugaise représentait 37'388 personnes à fin 2014, soit la population d’origine étrangère la plus importante du canton, contribuant de manière significative à la prospérité de Genève. Personne ne contestera son droit à retourner au pays de manière régulière.

    Peut-on les empêcher de prendre l’avion pour effectuer ce voyage en exigeant la réduction de la desserte aérienne depuis Cointrin ou en rendant les billets prohibitifs par une augmentation massive des taxes aéroportuaires ? Peut-on obliger ainsi ces habitants du canton à prendre le train ou la voiture, aux conditions décrites précédemment ?

    Certains, notamment parmi les Verts (mais pas seulement), devraient avoir le courage d’expliquer à nos amis d’origine portugaise qu’à leurs yeux le transport aérien est à proscrire ou, au minimum, à renchérir drastiquement, en particulier sur les lignes européennes. Pour eux, il faut favoriser avant tout les trains de nuit et les vols long-courriers.

    On les comprend aisément lorsque l’on constate sur les réseaux sociaux que certains accomplissent des vols intercontinentaux vers des destinations autrement plus lointaines que Faro ….

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  • Et à la fin, c'est toujours le contribuable qui paie !

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    La Ville de Genève se félicite de sa retentissante victoire contre le Canton de Genève dans la passionnante affaire des parcomètres et horodateurs.

    Selon la TdG de ce jour, la Chambre Constitutionnelle de la Cour de Justice a annulé une loi cantonale qui donnait à la Fondation des parkings la compétence d’encaisser les frais de stationnement perçus sur le territoire communal, sans contrepartie pour la Ville.

    L’autonomie communale a donc triomphé !

    Mais penchons-nous ici sur le véritable problème qui sous-tend ce litige clochemerlesque. Il remonte au 14 octobre 2012, date de la votation populaire relative à la nouvelle Constitution genevoise.

    Ce texte fondateur comporte beaucoup d’éléments positifs. En revanche, il élude un point essentiel, à savoir la répartition des compétences entre le canton et les communes et, en particulier, avec la Ville de Genève.

    Cette sordide guerre des parkings est la conséquence directe d’une lacune constitutionnelle.

    Alors que la Commission législative du Grand Conseil se perd dans des débats byzantins pour concrétiser la nouvelle Constitution, dans des domaines dont le caractère prioritaire ne saute pas forcément aux yeux, la Ville et le Canton se chamaillent à coup de procédures multiples pour faire valoir leur point de vue.

    Ces procédures à rebondissements ont un coût. Elles mobilisent tout d’abord les services communaux et cantonaux. La magistrate en charge du dossier déclare à la TdG : « avec la direction de mon département, je travaille depuis près de trois ans à faire respecter le principe de l’autonomie communale ». Autant dire que, dans cette sanglante lutte de tranchées, le canton a également dû mobiliser des ressources durant toutes ces années. Ces forces vives auraient été sans doute mieux affectées à d’autres tâches, plus utiles à la population.

    Mais ce n’est pas tout. Les procès nécessitent le concours d’avocats, qui ne plaident pas gratuitement.

    Le ravitaillement est assuré par la cohorte des contribuables de la Ville et du Canton qui alimentent de leurs deniers les protagonistes de ce combat homérique.

    Ce sont eux la chair à canon !

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  • Plaidoyer pour un pont sur la Rade

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    Au risque de décevoir certains lecteurs, il faut d’emblée préciser qu’il ne s’agit pas d’évoquer un ouvrage d’art qui enjamberait le magnifique site de la Rade.

    Non, le pont dont il est question ici est de nature plus virtuelle. Ses premiers piliers ont été érigés lors d’un forum qui s’est tenu le 29 juin à Genève, sous l’égide conjointe de Sustainable Finance Geneva (SFG), de SDG Lab, de l’Institut International du Développement Durable (IIDD) et du Canton de Genève.

    A cette occasion, une trentaine d’acteurs issus du secteur privé, souvent cantonnés sur la Rive gauche, et de la Genève internationale, essentiellement présents sur la Rive droite, se sont retrouvés autour des Objectifs de Développement Durable (ODD) des Nations unies.

    Cet atelier n’avait pas pour but de phosphorer abstraitement sur les bienfaits de ces ODD dans le domaine de la finance durable. Au contraire, les participants ont été amenés à élaborer des solutions concrètes face aux défis auxquels tant la Genève internationale que la Genève financière sont confrontées.

    Quelles sont les forces en présence ?

    Sur la Rive droite principalement, nous avons 34 Organisations internationales, 175 représentations étatiques, 350 ONG et environ 30'000 emplois. Cette communauté dispose d’un savoir-faire incomparable en matière de santé, de développement, d’environnement, de droits de l’Homme, etc.

    En face, sur la Rive gauche nous comptons 104 banques et de très nombreux autres intermédiaires financiers qui génèrent plus de 35'000 postes de travail. A Genève et en Suisse, la finance durable occupe une place de choix. Selon le « Rapport sur l’investissement durable en Suisse 2018 » publié par Swiss Sustainable Finance, le marché total de l’investissement durable dans notre pays a augmenté de 82% depuis 2016 pour atteindre CHF 390,6 milliards. Le montant des fonds durables correspond actuellement à environ 8,7% de l’ensemble du marché suisse des fonds.

    Genève constitue le centre névralgique capable de faire converger les compétences et les intérêts de ces deux mondes qui se regardaient récemment encore comme des chiens de faïence. L’installation en 2018 à Genève du Secrétariat du réseau mondial des places financières durables constitue l’expression la plus tangible de ce positionnement unique.

    Il faut maintenant œuvrer pour poursuivre la construction de ce pont entre les deux rives !

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  • Projet PAV : le « Canada Dry » de la PPE

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    Le 10 juin prochain, le peuple genevois sera appelé à se prononcer au sujet du projet de loi sur le quartier « Praille-Acacias-Vernets (PAV) ».

    Le texte prévoit un taux considérable de logements sociaux, à savoir 62%, ce qui est de nature à mettre à mal la mixité sociale, chère aux Genevoises et aux Genevois.

    Le projet n’autorise en revanche que 12% de Propriété par étage (PPE) au maximum.

    En se penchant de plus près sur le texte, on constate qu’il ne s’agit pas de PPE en pleine propriété, mais d’une forme de succédané, un « Canada Dry » de la PPE. On se souviendra de la publicité pour cette boisson qui sonnait comme suit : « ça a la couleur de l’alcool, le goût de l’alcool….mais ce n’est pas de l’alcool ». En l’occurrence, la soupe que veut nous servir le projet PAV a le nom de la PPE, le coût de la PPE…. mais ce n’est pas de la PPE.

    En effet, le pseudo propriétaire devra s’acquitter des intérêts du crédit hypothécaire, des frais de gestion de l’immeuble, mais également d’une rente de superficie versée à l’Etat. Il s’agit d’une forme de loyer qui doit être payée au canton qui reste propriétaire de la parcelle. Cette rente de superficie n’est de surcroît pas déductible fiscalement, contrairement aux intérêts hypothécaires.

    De plus, à l’échéance du droit de superficie, prévu pour une période initiale de 66 ans, le bien immobilier retournera à son propriétaire, l’Etat.

    Il tombe sous le sens que les conditions de financement de cet avatar de PPE seront plus restrictives auprès des banques, qui demanderont en particulier l’amortissement du crédit sur la durée du droit de superficie, ce qui n’est pas le cas pour une PPE en pleine propriété.

    Et, cerise sur le gâteau, la revente de l’appartement durant la période du droit de superficie est soumise à des conditions très strictes et ne peut donner lieu à aucune plus-value.

    Alors que des nombreuses familles genevoises cherchent à devenir propriétaires en zone de développement, souvent dans l’optique de pouvoir transmettre leur bien immobilier à la génération future, le projet de loi PAV constitue un miroir aux alouettes.

    Cette PPE de pacotille ne répond pas aux aspirations légitimes d’une part non négligeable de la population.

    Il faut donc voter NON le 10 juin prochain.

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  • Monnaie pleine : caisses vides

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    Le peuple suisse sera appelé à se prononcer le 10 juin prochain sur l’initiative « Monnaie pleine » qui a pour but d’introduire en Suisse un système monétaire attribuant à la Banque nationale le contrôle absolu et direct de la masse monétaire. En substance, cette mesure interdirait aux banques commerciales de créer de l’argent en octroyant des crédits.

    Ce texte est porté par l’Association Modernisation Monétaire (MoMo) largement soutenue par des activistes étrangers, en particulier allemands, qui souhaiteraient transformer la Suisse en laboratoire de leur ruineuse utopie.

    Le système proposé priverait les banques de leur fonction première, à savoir l’acceptation de dépôts à court terme et le financement des crédits commerciaux et des hypothèques. L’offre de crédits serait alors intégralement en main de la BNS qui devrait procéder à l’examen de la solvabilité des débiteurs, sans avoir la proximité nécessaire avec ces clients.

    La BNS serait immanquablement soumise à de fortes pressions pour soutenir telle ou telle entreprise, indépendamment des critères usuels applicables en matière de crédit. Cela porterait un coup fatal à son indépendance.

    La lourdeur du système, son caractère centralisé, conduirait à une raréfaction et à un renchérissement du crédit aux entreprises, qui seraient les principales victimes de ce bouleversement. Rappelons ici que même au plus fort de la crise financière, les banques commerciales ont continué à alimenter l’économie suisse en crédit pour permettre aux entreprises de poursuivre leur activité.

    Les entreprises suisses, de la PME à la multinationale, subiraient le contrecoup de cette solution digne d’une économie planifiée et risqueraient de se retrouver avec des caisses vides, faute de crédit disponible auprès de la BNS.

    Laissons aux utopistes tout le loisir de phosphorer sur leurs théories, mais ne prenons pas le risque de les expérimenter dans notre pays, sans filet. Disons NON le 10 juin à l’initiative «Monnaie pleine»!

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  • Littérature de proximité

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    2018_03_19 - Blog_EC_20180315_113933.jpgJe ne vous parlerai pas aujourd’hui de la « Disparition de Stéphanie Mailer », dernier livre de notre héros cantonal, Joël Dicker, que je me réjouis de dévorer prochainement.

    Non, j’évoquerai ici trois ouvrages récemment publiés qui traitent de sujets bien genevois.

    Augustin-Pyramus de Candolle : une passion, un Jardin, écrit  par Patrick Bungener, Pierre Matille et Martin W. Callmander, en lien avec le 200ème anniversaire du Jardin Botanique (publié chez Favre).

    Ce livre retrace de manière palpitante et richement illustrée, la vie du grand botaniste Augustin-Pyramus de Candolle (1778 – 1841). On le suit dans ses pérégrinations de Genève à Paris, puis à Montpellier, jusqu’à son retour à Genève en 1816. On apprend surtout, de manière tout à fait accessible, combien il a contribué au développement de la science du monde végétal.

    Le Grand Genève dans tous ses Etats, publié aux éditions Slatkine sous la direction de Vincent Mottet. Avec cet ouvrage, nous faisons un bond dans le temps et nous nous retrouvons au XXIème siècle. La parole est donnée à 16 personnalités de premier plan qui abordent, chacun selon sa spécialité, une des nombreuses facettes qui font la richesse du Grand Genève. Il est question d’économie, de culture, de philanthropie ou encore de mobilité. Tout un programme !

    Le Parlement se met à table, publié aux éditions Slatkine par les députées Isabelle Brunier, Beatriz de Candolle et Simone de Montmollin. Ce livre nous met l’eau à la bouche à travers des recettes de cuisine présentées par des politiciens issus de chacun des groupes formant le Parlement cantonal. Il est ainsi démontré que la gastronomie permet de dépasser les clivages politiques ! Ce florilège indispensable promeut fort opportunément les produits et vins du terroir.

    La publication de ces trois ouvrages doit nous réjouir. En effet, ils illustrent la diversité culturelle de notre canton. Mais ils sont avant tout l’expression de la passion qui anime leurs auteurs. Le livre reste ainsi un moyen essentiel pour la transmission des émotions, n’en déplaise aux esprits chagrins qui annoncent sa disparition prochaine suite à la révolution numérique.

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  • Bonne année...chinoise!

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    Blog_EC_nouvelAn_chinois.jpg

    Le 8 mars, la Chambre de Commerce Suisse-Chine a reçu (au Mandarin Oriental évidemment) ses membres et Amis afin de leur présenter ses vœux pour le Nouvel An, étant précisé que la date exacte était le 16 février 2018.

    Cet événement a permis de rappeler les liens étroits qui unissent la Chine et la Suisse, depuis le 17 janvier 1950, date à laquelle la Confédération helvétique a reconnu officiellement la République populaire de Chine. Elle fut le première Etat à le faire !

    Notons au passage que la première entreprise à avoir conclu une joint-venture en Chine est la lucernoise Schindler, leader dans le domaine des ascenseurs. C’était en 1980.

    Les relations économiques entre ces deux pays se sont largement renforcées depuis cette époque, d’une part à travers l’entrée en vigueur d’un traité de libre-échange en juillet 2014 et, d’autre part, grâce à l’accord de swap signé la même année en vue de faire de la Suisse un hub monétaire pour le renminbi. Genève attend impatiemment qu’un établissement bancaire chinois vienne s’établir sur son sol. Les efforts considérables déployés dans ce but par le Conseiller d’Etat Pierre Maudet semblent d’ailleurs être sur le point de porter leurs fruits.

    D’un point de vue global, selon les chiffres du Secrétariat d’Etat à l’économie, la Chine était le 4ème partenaire économique de la Suisse en 2016 et l’excédent de la balance commerciale en faveur de notre pays atteignait le montant record de CHF 14,4 milliards.

    La venue à Davos et à Genève du Président Xi Jinping en 2017 a démontré l’importance que la Chine attache à la Suisse.

    Les relations entre les deux Etats ne se limitent pas au secteur économique. La soirée de Nouvel An du 8 mars 2018 a aussi donné l’occasion de mettre l’accent sur la fructueuse collaboration développée par l’Université de Genève avec son homologue de Tsinghua University, l’une des plus prestigieuses au monde, dans les domaines de la finance et du développement durable. Notre Alma Mater est sans conteste l’un des meilleurs ambassadeurs des compétences helvétiques à l’étranger et fait preuve d’un dynamise à toute épreuve pour développer des collaborations au-delà de nos frontières. Cela justifie pleinement la position flatteuse de notre Université, au 60ème rang sur 500 dans le classement de...Shanghai.

    Il est encore temps de souhaiter une excellente année du Chien à nos Amis chinois et, surtout, ganbei !

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  • Oxfam : morale à deux vitesses ?

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    En novembre 2017, l’ONG anglaise Oxfam a mené une vaste opération de communication au sujet d’une liste de paradis fiscaux établie par ses soins. Cette démarche offensive a précédé de peu la publication par l’Union Européenne de son propre palmarès des paradis fiscaux.

    En application de sa propre méthode d’évaluation, Oxfam estime que la Suisse doit faire partie des pays à clouer au pilori, sans autre forme de procès. Rappelons toutefois ici que notre pays applique à la lettre les standards internationaux en matière d’échange automatique de renseignements fiscaux.

    Dans une note d’information disponible sur www.oxfam.org, l’ONG fait largement appel à des notions de morale et d’éthique pour justifier son point de vue. En matière de fiscalité, elle déclare notamment qu’ «une redistribution plus équitables des recettes en faveur de l’éducation, surtout pour les filles, peut réduire les inégalités entre les femmes et les hommes et renforcer l’autonomisation des femmes».

    Ces propos prennent un goût amer lorsque l’on considère les révélations explosives rendues publiques en février 2018 à propos du comportement dont sont accusés certains membres de la délégation d’Oxfam en Haïti.

    Pour rappel, selon un rapport interne d’Oxfam, l’ancien directeur de cette ONG en Haïti aurait reconnu avoir eu des rapports tarifés avec des prostituées dans des locaux financés par l’organisation. Le recours à des prostituées mineures n’a pas été exclu par Oxfam. Selon le rapport, sept employés d’Oxfam en Haïti ont quitté l’ONG dans le cadre de l’enquête. Certains seraient également mis en cause pour harcèlement et intimidation, envers d’autres membres du personnel (voir TdG du 19 février).

    Cette triste affaire constitue une nouvelle illustration de la parabole bien connue de la paille et de la poutre. Au lieu de s’ériger en censeur de la morale fiscale mondiale, Oxfam aurait été mieux inspirée de consacrer son énergie à balayer devant sa porte et à contrôler le fonctionnement (ou le dysfonctionnement) de ses entités à l’étranger, sur le terrain, où les droits humains les plus élémentaires semblent avoir été foulés au pied.

    Les ONG helvétiques, toujours promptes à s’insurger contre le comportement des entreprises suisses dans des pays en voie de développement, se sont-elles désolidarisées de leur consœur britannique ?

    On ne trouve rien de tel sur le site de l’ONG Public Eye (anciennement la Déclaration de Berne). Dans son rapport annuel 2017 Public Eye indique en substance qu’elle s’emploie sans relâche à dévoiler les « activités problématiques » de certaines multinationales en mettant notamment en lumière « les vilains secrets » de négociants en matières premières.

    Pourra-t-on lire dans le rapport 2018 que Public Eye s’est employée sans relâche à dévoiler les « activités problématiques » et les « vilains secrets » d’Oxfam ?

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  • Genève : capitale de la philanthropie

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    Le canton de Genève peut se vanter d’avoir une longue tradition en matière de philanthropie : le Théâtre de Neuve en 1783, le Musée Rath en 1825 ou le Conservatoire de Musique en 1858 sont nés de la générosité de citoyens qui ont contribué au développement de la Cité.

    Cette empreinte humaniste et philanthrope a permis la concrétisation de projets remarquables, dont le plus marquant demeure la création du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), émanation de ce que l’on appelle communément « l’Esprit de Genève ».

    Au fil du temps, notre canton a développé une véritable culture de la philanthropie : en 2016, Genève comptait 1'174 fondations, soit 40 de plus qu’en 2015, ce qui représente la plus forte croissance des cantons suisses.

    Selon « Swiss Foundations », les fondations domiciliées en Suisse romande disposent d’une fortune supérieure à 13 milliards. La diversité de leur mission fait également la force de Genève : éducation, médecine, action sociale, culture, environnement, aide au développement, protection des animaux, etc.

    La présence d’organisation internationales, actives dans ces domaines, favorise le développement de ces fondations et de leurs projets.

    La Place financière genevoise a développé un savoir-faire unique pour répondre aux exigences de ces fondations : la gestion intègre une approche d’investissement responsable en adéquation avec les buts visés. A titre d’exemple, une fondation engagée pour la paix dans le monde n’investira pas dans des entreprises actives dans l’armement.

    Il convient également de mettre en place une méthodologie d’allocations d’actifs ancrée sur une maîtrise des risques financiers, à savoir la recherche d’un équilibre entre les capitaux destinés à être distribués à court terme et les montants excédentaires pour lesquels on peut viser une performance à long terme.

    Un événement récent permet de renforcer encore la légitimité de Genève dans ce domaine : en septembre 2017, l’Université de Genève a lancé son Centre en philanthropie, avec le soutien de plusieurs fondations importantes. Ce centre organise non seulement des conférences ponctuelles mais propose également un enseignement spécifique, avec notamment un « cours intensif de gestion des fondations » et un autre intitulé « la philanthropie et ses principaux enjeux juridiques ». A cela s’ajoute une chaire dédiée à la philanthropie comportementale ainsi qu’un « Certificate of advanced studies » (CAS) axé sur l’octroi de dotations financières par des fondations (« Grantmaking »).

    L’entrée en lice du monde académique complète avantageusement la palette des compétences présentes dans notre canton et contribue à faire de Genève une capitale internationale de la philanthropie !

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  • Ensemble à Gauche : une initiative irresponsable!

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    Embourbé jusqu’au cou dans d’invraisemblables querelles intestines, le groupe Ensemble à Gauche (EàG) cherche par tous les moyens à faire diversion.

    La dernière trouvaille de nos Communistes locaux consiste à lancer une initiative populaire visant à faire payer à la BCGE un montant de 3,2 milliards en faveur de l’Etat.

    Par ce biais, EàG revient sur le plan d’assainissement de la BCGE défini démocratiquement et approuvé par l’Autorité de surveillance des banques en 1999, il y a bientôt 19 ans !

    Résolument tourné vers le passé, EàG fait fi de l’évolution remarquable de la BCGE depuis cette époque. Alors qu’elle était exsangue, la BCGE a reconstitué ses fonds propres à hauteur de 1,4 milliard en 2017. Cette santé retrouvée a permis à la banque de jouer son rôle de partenaire financier de très nombreuses PME genevoises. Elle a aussi rendu possible le versement de plus de 350 millions à l’Etat sur une dizaine d’années, sous forme de dividendes, d’impôts et de remboursement des frais de fonctionnement de la Fondation de valorisation.

    En voulant pomper la substance de la BCGE, EàG met en péril l’existence même de la banque qui devrait vraisemblablement provisionner d’un seul coup les 3,2 milliards en question. Un tel choc aurait un impact dévastateur sur le cours de l’action cotée à la bourse suisse. La participation de l’Etat verrait brutalement sa valeur s’effondrer, de sorte que le canton perdrait d’un côté ce qu’il gagnerait de l’autre. Belle opération en vérité !

    Mais cette initiative crée aussi une inégalité de traitement crasse entre les différentes catégories d’actionnaires, au mépris des règles légales en vigueur. En effet, à côté de l’Etat, de nombreuses autres entités publiques détiennent des actions de la BCGE (Ville de Genève, Communes, CPEG). En cas d’acceptation de l’initiative elles seraient doublement lésées : d’une part à travers la perte de valeur de leur paquet de titres et d’autre part par l’absence du rendement escompté. Les quelque 14'000 actionnaires privés seraient également gravement prétérités.

    Le tissu économique du canton souffrirait aussi de cette situation. A défaut de fonds propres, la BCGE ne pourrait plus lui accorder les crédits nécessaires à son développement.

    Au vu des éléments qui précèdent, le caractère aussi électoraliste qu’irresponsable de l’initiative d’EàG saute aux yeux.

    Il faut espérer que la population genevoise ne suivra pas EàG dans sa fuite en arrière !

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  • Société de Lecture : 200 ans ça se fête !

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    Bloc_EC_Société_de_lecture.jpgLa Société de Lecture fête cette année son 200ème anniversaire. En effet, cette vénérable institution a été fondée en 1818 sous l’impulsion d’un groupe de savants genevois. Elle occupe actuellement un bel hôtel particulier situé à la Grand’Rue, édifié en 1740 pour le représentant du Roi de France. Ses collections comportent plus de 400'000 ouvrages, d’une variété remarquable, allant du best-seller contemporain au livre le plus classique.

    Loin d’être figée dans un passé poussiéreux, la Société de lecture fait preuve d’un dynamisme remarquable et propose à ses membres une multitude d’activités, destinées aux plus jeunes comme aux plus âgés.

    Elle a eu l’idée originale de mettre sur pied un cycle de huit conférences du bicentenaire, fondée sur 8 dates se terminant par le chiffre 8 : 1818, 1848, 1918, 1948, 1968, 2008, 2018.

    L’exposé du 8 février 2018 était intitulé : « 1918, Wilson, les Alliés et la Société des Nations : le début d’un nouveau monde ? ».

    Matthias Schulz, professeur d’histoire des relations internationales à l’Université de Genève, a présenté avec brio toute la complexité des rapports entre les Etats à la sortie de la Première guerre mondiale. Il a commenté les « Quatorze points de Wilson » développés par le Président des Etats-Unis Woodrow Wilson en vue de l’élaboration d’un traité de paix. Parmi ces 14 thèses, on trouve notamment : le droit à l’autodétermination des peuples, la liberté du commerce et de la navigation sur les mers, le développement de la démocratie, l’abolition de la diplomatie secrète, la restitution des territoires occupés à la suite de victoires militaires, l’absence de réparations de guerre et la mise sur pied d’un « Association générale des Nations ». Ces idées novatrices ont suscité à l’époque de nombreux espoirs, mais seule la dernière a été effectivement concrétisée, à savoir la création de la Société des Nations, organisme censé assurer la paix en Europe.

    La première assemblée de la Société des Nations s’est tenue le 20 novembre 1920 à Genève, en l’absence du Président Wilson. Le Congrès américain s’était en effet opposé à l’adhésion des Etats-Unis à la SDN. Cette date constitue l’un des moments clé de la vocation internationale de Genève.

    Dans la riche histoire de la Société de Lecture, un point mérite encore d’être mentionné : parmi les fondateurs, on trouve le célèbre Augustin-Pyramus de Candolle. Il est également à l’origine d’une autre institution culturelle genevoise qui a célébré son bicentenaire en 2017. Quelle est-elle ? Le suspense reste entier !

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