04/11/2016

Secteur bancaire : une formation continue permanente

La Fondation Genève Place Financière (FGPF) vient de publier sa dernière enquête conjoncturelle qui exprime les préoccupations d’un secteur économique en pleine mutation Les indicateurs ne sont pas au beau fixe et des mesures concrètes doivent être prises afin de renforcer la compétitivité d’une branche soumise à une concurrence féroce dans une industrie largement globalisée.

Face à ces défis, il n’est pas question de baisser les bras. Au contraire, il faut bâtir l’avenir en se fondant sur les talents qui constituent le cœur de la Place. Les collaboratrices et les collaborateurs des entreprises actives dans ce secteur bénéficient d’un niveau de qualification que beaucoup nous envient.

Toutefois, les métiers évoluent à un rythme soutenu, ce qui exige une agilité accrue de la part des entreprises et de leurs employés. L’innovation ne doit pas seulement concerner le domaine technologique, les produits et les services, mais aussi, et même surtout, le monde de la formation continue.

La meilleure illustration de cette prise de conscience peut être fournie par la cérémonie de remise de diplômes de l’Institut supérieur de formation bancaire (ISFB) qui s’est déroulée le 1er novembre.
A cette occasion, plus de 120 diplômes ont été remis à des lauréates et à des lauréats issus de nombreux établissements de la place financière genevoise et romande.

Les certificats accordés sont le reflet des nouvelles exigences en vigueur dans le secteur : les domaines de la compliance et de la fiscalité ont connu un succès croissant. Il en va de même des certifications reconnues au niveau international (CAIA, CFA).

Au-delà des distinctions distribuées lors de cette soirée, on relèvera encore deux chiffres significatifs. 319 personnes ont suivi 54 formations différentes à l’ISFB. Il faut y ajouter les plus de 200 collaboratrices et collaborateurs qui ont bénéficié de cours fourni par cet Institut au sein de leur établissement respectif.

La spécificité de la formation dispensée par l’ISFB réside enfin dans le fait qu’elle est majoritairement donnée par des professionnels issus du terrain. L’Institut peut ainsi compter sur la contribution de plus de 130 intervenants, confrontés quotidiennement aux réalités d’une profession évolutive.

Les éléments qui précèdent démontrent que la Place genevoise ne se repose pas sur ses lauriers. La formation continue a un rôle crucial à jouer pour renforcer l’attractivité du secteur bancaire et financier et pour lui permettre d’intégrer les évolutions, voire même les révolutions, auxquelles est confrontée la branche.

08:36 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

21/10/2016

Le 15 novembre, une date qui compte

Cette date ne vous dit sans doute pas grand-chose.

C’est pourtant le 15 novembre 1315 que les Suisses ont repoussé l’Empereur Léopold d’Autriche à Morgarten. Cet événement majeur pour l’histoire de notre pays n’est cependant pas au cœur de mon propos du jour.

Le 15 novembre 1927, Trotski et Zinoviev sont exclus du parti communiste soviétique. Là, on se rapproche déjà un peu plus du contexte politique de mon blog.

Il sera question ici du mardi 15 novembre 2016, date de la tenue d’une « Journée de formation et d’information syndicale » organisée par le Cartel Intersyndical de 9 heures à 17 heures.

L’un des thèmes principaux de cette manifestation sera la 3ème réforme de l’imposition des entreprises, plus communément appelée RIE III.

Sans surprise, le Cartel Intersyndical s’oppose avec véhémence à cette réforme, pourtant indispensable et plébiscitée par 87% de nos voisins vaudois en votation populaire.

Le principal slogan avancé par le Cartel pour combattre la RIE III est « NON à l’austérité ! ».

On peut se demander si dans la « formation » et « l’information » délivrées aux participants le 15 novembre il sera question de l’excellente brochure qui vient d’être publiée sous le titre « Finances publiques et fiscalité : des enjeux majeurs pour l’avenir de Genève ». Ce document peut facilement être téléchargé sur le site de la CCIG.

On y découvre des données intéressantes au sujet de la politique « d’austérité » menée par le Canton de Genève.

En premier lieu, Genève est le canton où les recettes fiscales par habitant sont les plus élevées de Suisse, à savoir 17'164 francs, contre 6'126 francs pour Lucerne.

Genève et Bâle-Ville occupent le sommet du palmarès en ce qui concerne les dépenses publiques par habitant,  à savoir 23'467 francs à Bâle-Ville (sans les investissements) et 20'862 francs à Genève (sans les investissements). A Lucerne, les dépenses par habitant n’atteignent que 11'506 francs.

A cela s’ajoute que Genève compte 97 emplois dans le secteur public pour 1'000 habitants. La moyenne suisse se situe à 67 et à Zoug ils ne sont que 49 pour 1'000 habitants.

A Genève, le salaire médian dans la fonction publique atteint 8'666 francs, alors qu’il n’est que de 7'042 francs dans le secteur privé.

Enfin, l’étude de la CCIG relève que « l’administration publique est non seulement le secteur du canton travaillant le moins d’heures hebdomadaires, mais par rapport au reste de la Suisse, elle est aussi celle dont l’horaire de travail est le plus court ».

Il n’est pas certain que ces éléments objectifs occupent le centre du débat le 15 novembre prochain, dans la volonté farouche du Cartel Intersyndical, en lien avec RIE III, de « convaincre la population qu’il est dans son intérêt de voter NON à ce pillage des caisses publiques ».

Au vu de ces chiffres incontestables, il n’est pas certain non plus que ladite population avale tout cru les slogans outranciers du Cartel…   

09:08 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

13/10/2016

Banques suisses ou banques en Suisse : telle est la question

La Fondation Genève Place Financière (FGPF) vient de publier son enquête conjoncturelle annuelle.

Face aux prévisions en demi-teinte, dans le domaine des bénéfices, des apports nets de fonds, des actifs sous gestion et de l’emploi, la Place financière a présenté sans détours les défis auxquels elle est confrontée et les solutions indispensables au maintien de sa compétitivité en comparaison internationale.

Le premier élément réside dans la réussite de la troisième réforme de la fiscalité des entreprises (RIE III). On sait dorénavant que le vote sur l’aspect fédéral du dossier aura lieu le 12 février 2017. En cas de rejet du référendum et d’acceptation du système retenu par les Chambres fédérales, Genève sera amené à transposer ces principes dans sa législation. Le Conseil d’Etat a élaboré à cet effet un paquet prévoyant la fixation d’un taux d’imposition unique à 13,49%, flanqué de diverses mesures d’accompagnement. Ce projet mérite d’être soutenu. En cas d’échec, l’effet sur l’emploi, en particulier dans la place financière, sera dévastateur. En effet, les entreprises seront amenées à délocaliser leur siège sous des cieux fiscaux plus cléments. Il ne sera pas nécessaire de traverser les océans. Il leur suffira de franchir la Versoix pour s’installer en terres vaudoises. Notre voisin a en effet adopté le principe d’un taux unique à 13,79%.

Le deuxième sujet clé réside sans conteste la possibilité de pouvoir continuer à attirer les talents à Genève. Le niveau de compétence des collaboratrices et des collaborateurs locaux est très élevé et il faut s’en féliciter. Toutefois, le bassin genevois ne peut pas pouvoir à tous les profils recherchés. La gestion de titres issus des pays émergents, le Brésil, l’Inde, l’Indonésie, le Mexique, pour ne prendre que ces exemples, ne peut se faire que par des fins connaisseurs de ces marchés. S’ils ne sont plus autorisés à venir dans notre canton sans subir de tracasseries administratives pénalisantes imposées par le système des contingents, ils iront exercer leurs compétences de pointe dans des places financières concurrentes qui les accueilleront à bras ouverts. A cet égard, la mise en œuvre de l’initiative du 9 février 2014 sur l’immigration de masse doit impérativement déboucher sur des solutions pragmatiques, qui tiennent compte des spécificités du tissu économique genevois.

En troisième lieu, l’accès aux marchés étrangers, en particulier européens, doit être facilité. Les gestionnaires de fortune genevois doivent pouvoir rendre visite à leurs clients, où qu’ils se trouvent dans le monde. La place genevoise est par essence internationale et ne saurait être coupée de ses principaux marchés. Dans l’idéel, elle devrait pouvoir bénéficier d’un accord de libre échange sur les services financiers avec l’UE. Cette option n’est toutefois par dans les cartes politiques pour l’instant. Il faudrait au minimum que des accords bilatéraux facilitent la prestation de services financiers depuis la Suisse vers ses partenaires principaux. De manière générale, les relations avec l’Union européenne devraient être clarifiées afin de pérenniser les Bilatérales.

Si une sécurité juridique satisfaisante ne peut pas être assurée dans le futur sur ces enjeux majeurs, les risques de délocalisation de certaines activités hors de Genève ne sauraient être sous-estimés. Les répercussions d’un tel mouvement sur l’emploi seraient sans doute importantes. Le « Baromètre bancaire 2016 » publié par l’ASB démontre que les banques créent davantage d’emplois à l’étranger qu’en Suisse. Selon cette étude, les effectifs ont été réduits en Suisse de 3'454 personnes au premier semestre 2016. A l’étranger, au contraire, les effectifs ont enregistré une progression nette de 6'700 personnes environ. Cela pose toute la question de la différence entre banques suisses et banques en Suisse.

Les banques suisses peuvent exercer leurs activités partout dans le monde, avec les postes de travail et les investissements qui s’y rattachent. En revanche, les banques en Suisse sont pourvoyeuses d’emplois dans notre pays. Il nous appartient aujourd’hui de prendre les décisions stratégiques susceptibles de favoriser la présence de ces établissements sur notre sol. L’équation est posée !   

08:50 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

27/09/2016

Sur le Pont du Mont-Blanc on y danse, on y danse

Ce dimanche, dans une joyeuse insouciance, une portion congrue de la population genevoise a investi le Pont du Mont-Blanc pour un pique-nique géant. On ne va pas lui jeter la pierre, même si cette manifestation a provoqué de nombreux bouchons peu écologiques et a empêché les milliers de participants au salon Sibos arrivant à Genève ce jour-là d’atteindre leur hôtel dans des conditions acceptables pour une ville qui se veut internationale.

Revenons plutôt sur cette notion d’insouciance. Alors que Genève festoie, nos voisins confédérés prévoient.

Dans le canton de Vaud, le Gouvernement de Gauche vient de dévoiler son budget 2017, qui présente pour la 11ème année consécutive un résultat équilibré. Pendant ce temps, à Genève, le budget 2017 annonce un déficit de 77 millions.

Les charges de fonctionnement vaudoises augmentent de 1,9%, ce qui provoque déjà des critiques du PLR et de l’UDC. A Genève, la hausse prévue atteint 2,9% !

Le montant global du budget vaudois se monte à 9,298 milliards pour une population de 773'400 personnes. A Genève, on prévoit 8,145 milliards pour 484'700 âmes.

Avec une certaine appréhension, on annonce que la dette vaudoise prend l’ascenseur : elle devrait atteindre 1,275 milliards en 2017, contre 875 millions en 2016. A Genève, dans la présentation de son budget, l’Exécutif n’a pas mentionné le montant prévisible de l’endettement en 2017. Il ne fournit aucun chiffre à cet égard. On sait toutefois que la dette genevoise est abyssale et qu’elle atteindra sans doute un montant dix fois supérieur à celui de l’endettement vaudois fin 2017.

N’en jetez plus me direz-vous ?

Le canton de Genève vient de présenter sa feuille de route pour la troisième réforme de l’imposition des entreprises (RIE III). Avec un taux d’imposition unique de 13, 49% pour les personnes morales ainsi que plusieurs mesures d’accompagnement augmentant (temporairement ou non) les charges fiscales et salariales, la solution genevoise est plutôt raisonnable. Mais déjà, des voix se font entendre à gauche et dans les syndicats de la fonction publique pour crier au scandale, au démantèlement social et j’en passe.

Dans le canton de Vaud, les citoyennes et les citoyens ont plébiscité à plus de 87% la proposition du Gouvernement, concoctée par le duo Maillard-Broulis. Le taux d’imposition unique est fixé à 13,79%.

On relèvera au passage que, ce dimanche également, nos amis Lucernois ont refusé une augmentation de l’imposition des entreprises, réclamée par la gauche, et ont maintenu leur taux d’environ 12,5%.

Au vu de ce qui précède, il apparaît que les Vaudois se trouvent dans une situation financière bien plus enviable que les Genevois. A cela s’ajoute qu’ils ont une longueur d’avance dans le dossier de la fiscalité des entreprises (RIE III). Si Genève venait à échouer dans cet exercice vital, il se retrouverait à la traîne des autres cantons suisses, confronté à un désavantage compétitif potentiellement mortel pour sa prospérité.

Ces considérations sont sans doute très éloignées de celles des aimables badaudes et badauds présents sur le Pont du Mont-Blanc un beau dimanche de septembre. Il n’en reste pas moins que la danse risque fort de s’interrompre brutalement si une bise contraire venait à souffler sur Genève.

08:38 Publié dans Genève, Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

06/07/2016

Place financière française et Brexit : l’attractivité ne se décrète pas !

Depuis le vote historique des Britanniques en faveur de la sortie de leur pays de l’UE, les médias suisses et étrangers débattent de l’avenir de la place financière anglaise.

Chacun veut tirer son épingle du jeu et profiter du séisme qui secoue la City.

La France est rapidement sortie du bois et a fait état de ses ambitions. Une revue de presse, forcément partielle, permet de suivre les premiers épisodes d’une saga qui va durer encore des mois, voire des années, jusqu’à ce que le sort des relations anglo-européennes soit scellé.

Dans une interview accordée au journal « Les Echos » du 27 juin, Gérard Mestrallet, président de Paris Europlace, n’y va pas par quatre chemins : « Désormais, le Royaume-Uni va être en dehors de l’Europe. Il n’y a plus aucune raison que le pays continue à bénéficier du passeport européen ». Et il conclut son intervention par un appel solennel : « Nous devons nous mobiliser pour faire de Paris la capitale du financement de la zone euro. Si nous ne profitons pas de cette chance, d’autres pays européens le feront ».  

Des incantations ne suffiront toutefois pas à provoquer un exode des financiers des bords de la Tamise vers les rives de la Seine.

Le « Financial Times », organe officiel de la « City », monte au front pour défendre son pré-carré. Dans son édition du 2 juillet, le grand quotidien économique relève que la France connaît un environnement politique et fiscal incertain. Mais c’est surtout le coût du travail dans l’Hexagone qui est mis en avant : un salaire annuel de 300'000 euros payé au Royaume-Uni revient à 352'740 euros à la banque employeuse, charges sociales comprises. En France le même salaire annuel de 300'000 euros coûte 471'799 euros à l’employeur en tenant compte des ponctions sociales.

La presse française n’est pas tendre non plus avec la situation qui prévaut à Paris. « Le Figaro » du 2 juillet qualifie le Président Hollande d’ « ennemi de la finance de 2012 » en faisant allusion aux déclarations suivantes faites lors d’un meeting au Bourget : « mon véritable adversaire, c’est le monde de la finance ».

Ce même « Figaro » ajoute que la France s’est fermement engagée en faveur de la Taxe sur les transactions financières (TTF), sorte d’avatar de la célèbre Taxe Tobin, à laquelle Londres s’est toujours vertement opposée. Dans le journal « Les Echos » du 29 juin, le Président Hollande a relevé que « certains nous disaient que, si on introduisait cette taxe, les activités allaient partir à Londres, et l’argument ne tient plus ». Le « Figaro » souligne à cet égard, que l’argument ne vaut peut-être plus pour le Royaume-Uni, mais que le Luxembourg et l’Irlande n’ont jamais accepté cette TTF et que tant Dublin que Luxembourg «deux places financières de la zone euro, sont en lice pour récupérer la City».

Du côté des économistes, on peut citer un article du Prof. Charles Wyplosz, de l’IHEID à Genève paru dans « Le Figaro » le 20 juin 2016, peu avant le vote crucial : « le plus banal, ou presque, c’est qu’on aime la finance à Londres. A Paris, ce n’est ni le cas du Président actuel, on l’a entendu désigner son ennemi, ni celui de son prédécesseur qui a vu dans la crise de 2008 la fin du capitalisme financier. Chirac, lui, a voulu imposer une taxe sur les transactions financières. Quant à Mitterrand, dès son arrivée à l’Elysée, il a nationalisé les banques. C’est peu de dire que les financiers ne sont pas attirés par Paris ».

L’éventuel transfert d’activités bancaires et financières suite au Brexit dépendra donc de multiples facteurs, aussi bien objectifs (réglementation, fiscalité, coût du travail, sécurité, qualité des infrastructures, etc.) que subjectifs (positionnement du monde politique et médiatique face à la finance, perception de ce secteur par la population, qualité de la vie, etc.). Mais dans cette subtile équation, la capacité de résistance de la City londonienne ne saurait être sous-estimée.

10:26 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

24/06/2016

Fiscalité: les zapatistes de salon!

Cet article est basé sur mon intervention en plénière du Grand Conseil du 24 juin 2016.
Les travaux de la Commission des finances au sujet des comptes 2015 de l’Etat de Genève ont permis, une fois de plus, de mettre en lumière la structure fragile de la pyramide fiscale du canton.
Il a été rappelé à cette occasion que 34,4% des contribuables ne paient pas un centime d’impôt sur le revenu, alors que 4,2% des contribuables assurent plus de 48% de cet impôt.
En ce qui concerne l’imposition sur le bénéfice, plus de 60% des entreprises ne versent pas d’impôt à ce titre, alors que 1,2% des personnes morales génèrent 56,7 % de cette contribution.
Or, nous devons malheureusement constater que certains, sur l’aile gauche de l’échiquier politique, s’ingénient à vouloir détruire la pointe de cette pyramide fiscale, en mettant tout en œuvre pour bouter les gros contribuables hors du canton. En un mot, ils cherchent à transformer une pyramide égyptienne en pyramide maya !
Concernant les personnes physiques, le PS et ses alliés ont cherché à supprimer le bouclier fiscal et l’imposition d’après la dépense (communément appelée forfait fiscal). Par bonheur, ni le Grand Conseil, ni la population n’ont suivi le PS dans sa chasse aux riches.
A propos des personnes morales, le PS investit une énergie considérable pour tenter de faire échouer la troisième réforme de la fiscalité des entreprises (RIE III), pourtant vitale pour notre canton. Dans « Le Courrier » du 20 mai 2016, par la voix de son Vice-président, le PS a annoncé officiellement qu’il allait mener une véritable « guérilla fiscale » à ce propos.
Nos guérilleros subventionnés ou zapatistes de salon sont passés de la parole aux actes en proposant des mesures phares visant les gros contribuables.
Dans un manifeste d’avril 2016, le PS réclame en particulier une diminution massive de la déductibilité fiscale des dons octroyés à des entités sans but lucratif.
Cette exigence est absurde : lors de son audition, le Recteur de l’Université de Genève a confirmé que son institution a bénéficié de plus de 35 millions de dons privés en 2015 et que l’Université serait directement touchée par cette mesure vexatoire.
Il faut être prudent. En effet les signaux vengeurs à l’attention des contribuables importants sont dévastateurs car ils portent atteinte à deux valeurs qui ont fait la prospérité de Genève et de la Suisse, il s’agit de la stabilité et de la prévisibilité.
Mais qui donc profite de ces attaques aussi incessantes qu’irresponsables ?
Le canton de Vaud bien sûr ! Il a adopté un compromis historique sur l’imposition des entreprises en fixant le principe d’un taux unique à 13,79%. Nos voisins, aussi rupestres soient-ils, observent avec délectation les tergiversations genevoises.
Genève pourra-t-il survivre avec un taux d’imposition du bénéfice à 24% alors que son voisin appliquera un taux de 13,79% ?
Poser la question c’est y répondre !
Le PS serait bien avisé de réfléchir à deux fois avant de se lancer dans sa guérilla fiscale qui pourrait mettre la prospérité genevoise à genou.

17:55 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

31/05/2016

RBI : l’Etat Père Noël

Le 5 juin prochain, le peuple suisse sera appelé à se prononcer sur l’introduction d’un Revenu de base inconditionnel, communément appelé RBI.

Ce projet prévoit le versement par l’Etat d’un revenu à toute personne résidant en Suisse, qu’elle soit jeune ou âgée, riche ou pauvre, active ou sans emploi. De plus, ce versement serait effectué sans contrepartie et à vie.

Le texte de l’initiative ne prévoit pas de montant spécifique, toutefois les initiants ont évoqué la somme de CHF 2'500.- par mois pour un adulte et de CHF 625.- pour les mineurs. Ainsi, pour une famille de 2 adultes et de 2 enfants, l’allocation atteindrait la coquette somme de CHF 6'250.- par mois.

Immédiatement, la question du financement de ce cadeau se pose. D’après les projections du Conseil fédéral, le système coûterait plus de 208 milliards par an. Près de 128 milliards seraient assumés par les salariés à travers leurs cotisations. La réaffectation des prestations sociales amèneraient quelque 55 milliards dans la hotte. Mais où trouvera-t-on les 25 milliards manquants ? Sous le sabot d’un renne ?

Le RBI entraînera évidemment une hausse massive des taxes et des impôts. L’hypothèse d’un doublement de la TVA est même avancée. L’impact d’une telle mesure sur les prix en Suisse sera désastreux, alors que notre économie souffre déjà de la force du franc et d’un tourisme d’achat dévastateur pour le commerce de détail.

Mais cette ruineuse utopie souffre d’autres défauts rédhibitoires.

En premier lieu, elle attirerait dans notre pays de très nombreux étrangers appâtés par cette manne financière irrésistible et octroyée nulle part ailleurs sur la planète. A cet égard, les initiants font grand cas d’expériences pilotes menées en Alaska ou en Namibie, voire en Finlande, patrie du Père Noël. Mais ces épiphénomènes n’ont jamais atteint ni l’ampleur, ni la durée du projet helvétique.

Deuxièmement, le RBI introduirait en Suisse une mentalité d’assisté, fondamentalement contraire aux valeurs qui ont fait notre succès à travers les siècles. Les individus seraient mis sous perfusion de l’Etat de la naissance à leur mort, dans un rapport d’extrême dépendance.

A cela s’ajoute que ce revenu inconditionnel nuirait gravement au monde du travail. Les jeunes n’auraient aucune incitation à entrer rapidement dans la vie active. De nombreuses personnes en profiteraient pour réduire leur taux d’occupation, ce qui aurait des conséquences néfastes sur le financement du système. Le temps ainsi dégagé ne servira pas forcément à  développer des activités bénévoles, comme le soutiennent angéliquement les initiants. Il pourrait au contraire favoriser l’émergence du travail au noir, ce qui porterait le coup de grâce à la viabilité financière de l’édifice.

Pour toutes ces raisons, votons NON au RBI le 5 juin prochain !

Opinion publiée dans la "Tribune de Genève" du 31 mai 2016

08:52 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

20/05/2016

Votation du 5 juin 2016 - RBI

Ras le Bol des Impôts !

Le 5 juin prochain, le peuple suisse sera appelé à se prononcer sur l’introduction d’un Revenu de base inconditionnel, communément appelé RBI.

Ce revenu est inconditionnel dans la mesure où il est payé à chacun, sans fixation de critère particulier, et à vie.

On parle du versement mensuel de CHF 2'500 par adulte et de CHF 625 pour les mineurs. Ainsi, au total, pour une famille de 2 adultes et de 2 enfants, l’allocation atteindrait CHF 6'250 par mois.

Le Conseil fédéral estime le coût global de cette mesure à CHF 208 milliards par an, dont une partie importante devrait être financée par des impôts et des taxes supplémentaires.

Pour couvrir ces besoins de financement gigantesques, les initiants évoquent notamment une augmentation massive de la TVA, qui rendrait la consommation plus onéreuse en Suisse, pays dont l’économie souffre déjà des effets du franc fort. Le tourisme d’achat s’en trouverait encore renforcé !

Pour les initiants, la solution miracle proviendrait aussi de l’introduction d’une taxe sur les transactions financières, une forme de la célèbre taxe Tobin. Or, pour rappel, la Suisse connaît aujourd’hui un droit de timbre de négociation qui frappe certaines opérations et  péjore déjà grandement la compétitivité de notre place financière en comparaison internationale. La généralisation d’une telle taxe à toutes les transactions aurait pour effet immédiat et irréversible de dévier les flux financiers loin de notre pays, pour le grand bonheur des places concurrentes qui, à l’instar de Londres et du Luxembourg, ont sèchement refusé d’appliquer la Taxe Tobin voulue par l’Union européenne.

Enfin, le Message du Conseil fédéral mentionne une hausse substantielle de l’impôt sur le revenu des personnes physiques, impôt déjà prohibitif à Genève pour les hauts revenus.

Pour un contribuable genevois la perspective du RBI relève donc du cauchemar. En effet, le financement de cette ruineuse utopie conduirait à renchérir le coût de la vie à travers l’augmentation de la TVA, à aggraver la progressivité de l’impôt sur le revenu, déjà délirante à Genève, et à porter un coup fatal à la place financière, qui contribue à l’heure actuelle à près de 17% du PIB local et génère 37'000 emplois.

Par bonheur, selon toute vraisemblance, les Suisses ne se laisseront pas entraîner dans ce gouffre financier sans fond et, dès le 6 juin, nous pourrons nous concentrer sur les véritables défis qui attendent notre pays dans un contexte international particulièrement agité.

Le 5 juin, votons NON au Revenu de base inconditionnel (RBI) !

08:52 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

10/05/2016

La propriété privée n'est pas une maladie honteuse !

Le 5 juin prochain le peuple genevois sera appelé à s’exprimer sur un référendum lancé par l’ASLOCA contre une modification de la Loi sur les démolitions, transformations et rénovations de maisons d’habitation (LDTR).

Ce projet législatif poursuit un but très simple : permettre au locataire en place d’acheter son logement.

En recourant à de fallacieux prétextes, les opposants rejettent en réalité l’idée même de l’accession à la propriété, notion qu’ils abhorrent.

Or, par leur attitude dogmatique, ils refusent de tenir compte du souhait de nombreuses familles genevoises qui aspirent précisément à devenir propriétaires de leur logement. Cette demande existe, il faut en prendre acte et s’en réjouir. En effet, notre canton a tout intérêt à pouvoir compter sur des propriétaires, qui restent dans la durée à Genève, en y payant leurs impôts et en consommant sur place.

L’histoire récente a démontré que, faute de pouvoir acquérir un bien immobilier à Genève, de nombreux habitants se sont exilés en France voisine ou dans le canton de Vaud. Contre toute bonne logique, les opposants cherchent à faire perdurer ce phénomène en poussant les aspirants propriétaires à quitter notre territoire, comme s’il s’agissait de pestiférés.

Sans surprise, pour justifier leur haine viscérale de la propriété privée et pour conserver sous leur coupe une population de locataires la plus importante possible, les opposants brandissent l’épouvantail du congé-vente.

Ce faisant, ils font fi des nombreuses cautèles fixées dans la loi afin, précisément, d’éviter de telles dérives. Le texte dont il est question ici ne constitue en aucun cas un allègement de la protection dont bénéficie le locataire !

Par leur jusqu’au boutisme, les opposants vont clairement à l’encontre du mandat constitutionnel fixé depuis 1972 au niveau fédéral et repris à l’article 180 de la nouvelle Constitution genevoise de 2013 visant à favoriser et soutenir l’accession à la propriété individuelle.

Ne suivons pas les opposants dans leur Croisade contre la propriété privée et votons OUI le 5 juin 2016 à la modification de la LDTR !

16:21 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

22/04/2016

Fringale fiscale

Cet article est basé sur mon intervention au Grand Conseil genevois du 21 avril 2016 en qualité de rapporteur de majorité :

Le 14 avril 2016, le Parti socialiste a présenté son menu fiscal destiné à alimenter sa gloutonnerie insatiable.

Les contribuables personnes physiques occupent une place de choix sur cette carte à recettes multiples.

Le Projet de loi 10883-B  constitue le plat de résistance de cette stratégie.

Il vise, d’une part, à supprimer le bouclier fiscal et, d’autre part, à augmenter l’imposition sur le revenu et la fortune en ajoutant des tranches supplémentaires.

Ce projet de loi socialiste soulève des questions importantes.

Voulons-nous attirer et conserver sur notre territoire des gros contribuables ?

Pensons-nous véritablement que notre canton est une île située hors de toute concurrence fiscale intercantonale et internationale ?

Ceux deux questions vont nécessairement provoquer des hauts-le cœur dans les bancs de gauche où l’on voue une haine viscérale aux riches et à la concurrence.

Il n’en reste pas moins qu’il faut oser affronter ce débat.

Tout d’abord, Genève possède la progressivité de l’impôt la plus forte de Suisse ainsi que l’impôt sur la fortune au taux le plus élevé de notre pays.

Cela a été rappelé par notre ministre des finances lors des auditions.

Cette progressivité délirante a pour corollaire le fait que près de 35% des contribuables genevois ne paient pas un franc d’impôt.

A Genève, une famille avec deux enfants est soumise à l’impôt à partir d’un revenu de CHF 75'000.-. A Zurich, le seuil d’imposition est de 32'000.-.

Cette progressivité conduit donc à la formation d’une pyramide fiscale très fragile, dans la mesure où 4% des contribuables assurent près de 40% de l’impôt sur le revenu et qu’à peine 500 d’entre eux disposent d’un revenu imposable supérieur à 1 millions.

Afin de s’assurer de la présence de ces contribuables vitaux pour les finances publiques genevoises, le canton a adopté en votation populaire en 2009 le principe du bouclier fiscal qui est remis en cause par le projet socialiste.

Ce bouclier fixe une limite à 60% à la taxation cantonale et communale sur la fortune. Il faut encore y ajouter 11,5% pour l’impôt fédéral direct, de sorte qu’en réalité ce bouclier se situe à un taux de 71,5% du revenu imposable. De là à parler de paradis fiscal, il y a un pas que seuls les plus dogmatiques de nos collègues de gauche pourraient franchir.

Cette même gauche ne verrait aucun inconvénient à déplafonner ce taux d’imposition qui pourrait ainsi allègrement dépasser les 100% du revenu imposable et amputer la substance de la fortune.

Par bonheur, la Justice helvétique respecte encore le principe de la garantie de la propriété et considèrerait une telle pratique comme confiscatoire.

Ouvrons ici une brève parenthèse : le rapporteur de minorité vient nous faire une grande leçon en affirmant sans complexe que le bouclier fiscal serait contraire à l’éthique. En revanche, la confiscation pure et simple du revenu et de la fortune de certains contribuables ne semble lui poser éthiquement aucun problème. Cherchez l’erreur !

Cela étant dit, un bouclier fiscal similaire existe déjà dans le canton de Vaud voisin, ainsi qu’en Valais et à Berne notamment.

Il est donc évidemment que si le canton de Genève commettait l’erreur de supprimer cette mesure sur son territoire, les contribuables concernés traverseraient immédiatement la Versoix pour fuir cet enfer fiscal.

On peut préciser au passage que des États pas si éloignés de la Suisse font une promotion agressive sur notre sol de leur régimes fiscaux particulièrement attractifs : je pense au Portugal notamment qui attire bon nombre de retraités fortunés de toute l’Europe.

Pour conclure, on saluera le fait que le Grand Conseil a sèchement rejeté ce projet de loi destructeur par 59 voix contre et 33 voix pour.

08:40 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

22/03/2016

Finances et fiscalité : le Canyon de la Versoix

La prévisibilité et la sécurité juridique sont deux facteurs clé pour attirer et conserver des contribuables dans un canton. Cela vaut tant pour les personnes physiques que pour les personnes morales.

En la matière, le canton de Vaud et celui de Genève sont séparés par le Canyon de la Versoix, à côté duquel le Röstigraben fait figure d’aimable rigole.

Dans le dossier crucial de la fiscalité des entreprises, notre voisin vaudois vient de prendre une avance déterminante. Ses citoyennes et citoyens ont plébiscité le 20 mars, avec un score stalinien de 87,12%, la fixation d’un taux unique de 13,8%.

Pendant ce temps, à Genève, on tergiverse. Quelqu’un pourrait me dire pour quel motif une entreprise conserverait son siège et ses emplois dans la Cité de Calvin, où son bénéfice serait taxé à 24%, alors que sur le sol de notre voisin elle bénéficierait d’un taux de 13,8% ?

Mais la comparaison ne s’arrête pas à ce seul paramètre.

Le canton de Genève est étranglé par une dette monstrueuse de 12 milliards, alors que les Vaudois ont remboursé presqu’intégralement leurs créanciers.

La caisse de pension de l’Etat de Genève (CPEG) souffre d’un déficit de financement chronique qui constitue une bombe à retardement et risque fort de conduire les sympathiques contribuables à devoir cracher une seconde fois au bassinet pour colmater les brèches. On saluera toutefois ici la clairvoyance du Conseil d’Etat qui constitue déjà des provisions en vue du naufrage. La réaction courroucée de certains politiciens démontre leur manque de lucidité face au gouffre qui s’ouvre devant nous. La caisse de pension de l’Etat de Vaud a été recapitalisée avec succès.

En matière de fiscalité des personnes physiques, le tableau n’est pas plus riant. Plusieurs menaces planent sur ce domaine sensible à Genève.

Nous allons voter le 5 juin 2016 sur l’invraisemblable référendum lancé par le PS contre la loi d’application genevoise de la législation fédérale sur les forfaits fiscaux. Les initiatives fédérale et cantonale pour l’abolition du forfait ont pourtant été sèchement balayées à Genève. Mais le PS revient malgré tout à la charge. Cet acharnement a pour conséquence de conduire les forfaitaires à s’installer dans un canton de Vaud beaucoup plus accueillant.

A cela s’ajoute qu’un projet de loi visant à abolir le bouclier fiscal est pendant devant le Grand Conseil genevois. Ce mécanisme permet de plafonner l’impôt sur le revenu et la fortune au niveau cantonal et communal à 60% du revenu. Il faut y ajouter les 11,5% de l’impôt fédéral direct. Par conséquent le bouclier se situe à un taux de 71,5%. On est loin du paradis fiscal ! Le Canton de Vaud, lui, connaît un instrument similaire et n’envisage nullement de le supprimer. L’instauration d’une fiscalité confiscatoire à Genève aurait pour conséquence immédiate un exode massif en terre vaudoise (ou valaisanne d’ailleurs).

On pourrait compléter cet inventaire avec divers projets de lois déposés par la Gauche pour revenir sur la baisse d’impôt de 12% approuvée par le peuple genevois.

Il est grand temps pour les Genevois de se réveiller et de prendre conscience du fait que la beauté de la Rade ne suffira pas à maintenir les contribuables sur notre territoire. La concurrence fiscale est une réalité indéniable et le canton de Vaud a pris l’avantage sur Genève qui, du haut de son jet d’eau, contemple avec un suprême dédain son rupestre voisin. Ce dernier a pourtant bien compris que la prévisibilité et la sécurité juridique étaient des atouts inestimables.   

08:33 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

08/01/2016

Les vrais amateurs d'horlogerie voteront "Oui" au Musée le 28 février prochain !

Les opposants à la rénovation et à l’agrandissement du Musée d’Art et d’Histoire déploient une énergie hors du commun dans une campagne de dénigrement systématique dirigée contre l’architecte et le mécène engagés dans ce beau projet.

Cette hostilité obsessionnelle leur fait perdre de vue l’essentiel, à savoir la mise en valeur des collections du Musée, dont actuellement seule une infime portion est exposée (on parle de 1,5% des œuvres !).

Le domaine de l’horlogerie est particulièrement sinistré. En effet, l’importante collection de montres n’est plus visible depuis la fermeture du Musée de l’horlogerie et de l’émaillerie en 2002, suite à un cambriolage.

La rénovation et l’extension du Musée permettront aux visiteurs de redécouvrir ces trésors issus d’un savoir-faire genevois pluriséculaire, dans des salles modernes et adaptées à leur précieux contenu.

L’industrie horlogère genevoise ne s’y est pas trompée et elle soutient ce projet qui rendra enfin leur dignité à ces gardes-temps qui croupissent dans de poussiéreuses réserves.

Les vrais amateurs d’horlogerie se préoccupent peu de la croisade personnelle et stérile menée par les opposants contre l’architecte et le mécène. Ils se réjouissent de pouvoir à nouveau avoir accès à un véritable fleuron du patrimoine genevois.

Ils voteront « Oui » le 28 février prochain.

11:50 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

06/01/2016

Petite anthologie de la variété française

discographie.jpgParmi les bonnes résolutions de ce début d’année 2016 figure le rangement de mes  disques de variété, en particulier française. A une époque où l’on parle plutôt de « play list », la manipulation physique de CD prend une tonalité surannée. Cette démarche permet pourtant de redécouvrir des pépites oubliées. De manière arbitraire et à mes risques et périls, j’ai décidé de vous faire partager ce travail archéologique en suivant l’ordre alphabétique et en choisissant un titre emblématique par interprète :


Aznavour Charles : La Bohème

Bénabar : Paris by night

Clerc Julien : Le Patineur

Delpech Michel : Le Chasseur

Elsa :T’en va pas

François Claude : Alexandrie, Alexandra

Goldman Jean-Jacques : Là-bas

Hallyday Johnny : J’ai oublié de vivre  

Il était une fois : J’ai encore rêvé d’elle

Juvet Patrick (j’ai hésité avec C. Jérôme): I love America

Kaas Patricia : Mademoiselle chante le blues

Larusso (qui se souvient encore de Larusso ?) : Tu m’oublieras

Moustaki Georges : Le Métèque

Nougaro Claude : Tu verras

Obispo Pascal : Lucie

Polnareff Michel : On ira tous au paradis

Quartz Jackie : Juste une mise au point

Renaud : Mistral gagnant

Souchon Alain : Foule sentimentale

Thiebault Fabienne : Les Uns contre les Autres

Ursull Joëlle: White and Black Blues

Voulzy Laurent: Belle-Ile-en Mer, Marie Galante

Willem Christophe : L’Amour me gagne

X Quelqu’un peut-il m’aider à remplir ce blanc ? Je précise que X-Men « Retour aux pyramides » ne fait pas partie de ma discographie !

Youssou N’Dour : Kirikou

Zaz: Je veux


Je suis persuadé que plusieurs éléments de ce florilège vous trotteront dans la tête durant toute la journée !

 

 

11:39 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

04/12/2015

Le Cycle de Désorientation

Dans le cadre des grèves à répétition qui ont agité la fonction publique genevoise, les enseignants du Cycle d’Orientation se sont montrés particulièrement mobilisés et vocaux.

Certains d’entre eux ont distribué des tracts à l’attention des parents d’élèves pour tenter de justifier leur action. Les arguments avancés sont souvent faux, voire stupéfiants.

A titre d’exemple, on peut se référer au pamphlet émanant du Cycle d’Orientation de Pinchat qui affirme tout de go que « dans le cadre du Budget 2016, le Conseil d’Etat réduit les prestations à la population afin de verser aux banques les intérêts de la dette (200 millions de francs en 2015)… »

On rappellera tout d’abord ici que le budget 2016 présenté par le Gouvernement prévoit une augmentation de 119 postes au sein du petit Etat, dont le principal bénéficiaire est précisément le Département de l’Instruction Publique. A cela s’ajoute que les charges globales sont en croissance de 0,9% par rapport à 2015. On est loin de l’austérité et de la baisse des prestations publiques !

Le message des militants est préoccupant lorsqu’il aborde la question de l’endettement du canton. En un mot, les enseignants s’offusquent du fait que l’Etat honore le paiement des intérêts générés par la dette. Plaident-ils pour un défaut de paiement ? On a vu où de tels errements pouvaient conduire des Etats comme l’Argentine et, plus près de nous, la Grèce.

Ont-ils perdu de vue que cet endettement stratosphérique, dépassant les CHF 13 milliards, a servi notamment à payer leur salaire, (plus que coquet en comparaison intercantonale et internationale) et à renflouer leur caisse de pension au bord du gouffre ?

Pour eux, le pire est que ces intérêts puissent être versés à des BANQUES ! Leur méconnaissance des mécanismes de financement est affligeante. En effet, ces dernières années, pour assurer son train de vie déraisonnable, le canton de Genève a de plus en plus souvent eu recours à des emprunts publics, afin de pouvoir toucher un vaste cercle d’investisseurs, dont des particuliers, des fonds de placements et d’autres investisseurs institutionnels. Les BANQUES ne sont donc de loin pas les seules créancières de l’Etat genevois.

Mais le discours des enseignants crée un malaise plus profond. Il tend à jeter l’opprobre sur les BANQUES, comme s’il s’agissait de prédateurs sanguinaires. Peut-être faut-il attirer leur attention sur le fait que les 119 établissements bancaires présents à Genève procurent près de 19'000 emplois à très haute valeur ajoutée, que la place financière dans son ensemble représente environ 17% du PIB genevois et génère plus de 20% des recettes fiscales du canton et des communes. En substance, c’est environ 20% du salaire des enseignants qui est couvert par les impôts versés par cette industrie. Quand on sait que plus de 30% des contribuables genevois ne paient pas un centime d’impôt, cela démontre l’importance vitale de l’apport du secteur en question.

Enfin, ne perdons pas de vue que le Cycle d’Orientation est censé conduire les élèves vers la vie professionnelle. Pour les enseignants, les emplois bancaires sont-ils pestiférés ? A lire leur prose vindicative, on pourrait le croire. Cela demande des éclaircissements de la part du DIP !

13:53 Publié dans Genève, Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

24/11/2015

Forfait fiscal : la rancœur est mauvaise conseillère

Le 30 novembre 2014, les citoyens genevois ont sèchement rejeté l’Initiative du Parti socialiste visant à abolir le forfait fiscal. Une initiative fédérale poursuivant le même but a elle aussi été balayée.

En cas d’acceptation, ces initiatives auraient pu amputer les recettes fiscales du canton de plus de 100 millions chaque année.

Au lieu de prendre acte de la volonté du peuple, le PS a ruminé sa défaite et saisi l’opportunité offerte par la Loi adoptée par le Grand Conseil le 15 octobre 2015 pour prendre sa revanche. Ce texte a pour seul but la concrétisation des principes fixés dans la législation fédérale destinée à rendre plus strictes les conditions d’octroi du forfait fiscal.

Cette loi fédérale laisse une faible marge de manœuvre aux cantons. Ceux-ci ne peuvent que déterminer le montant minimal de l’assiette fiscale (étant précisé qu’elle a été fixée à CHF 400'000.- au niveau fédéral) et définir le moyen de prendre en compte la fortune du contribuable concerné.

En l’occurrence, le Conseil d’Etat genevois a retenu ce montant de CHF 400'000.- au titre d’assiette fiscale cantonale minimale et l’a augmenté de 10% pour inclure de manière forfaitaire les éléments de fortune.

Selon les estimations de l’Administration, ces nouvelles conditions sont susceptibles de rapporter annuellement près de 18 millions supplémentaires.

Pour le PS, il faudrait s’inspirer des méthodes plus strictes appliquées dans d’autres cantons qui, à l’instar de Lucerne, ont retenu une assiette minimale de CHF 600'000.-. Certes, mais le parti en question oublie d’évoquer que le taux d’imposition est bien plus bas à Lucerne qu’à Genève. Par conséquent, au bord du Lac des Quatre Cantons, l’imposition réelle ne sera pas plus élevée que dans la Cité de Calvin.

La Gauche aurait été mieux inspirée de s’intéresser à la solution de nos voisins vaudois. Ces derniers privilégient un calcul similaire à celui proposé par le Gouvernement genevois, pour atteindre une assiette minimale d’environ CHF 400'000.-, incluant les éléments de fortune.

Les affirmations du PS selon lesquelles son option rapporterait près de CHF 80 millions supplémentaires par année sont illusoires.  En effet, si un contribuable au forfait cherche à s’établir au bord du Léman, il choisira évidemment les rives vaudoises fiscalement plus accueillantes.

Les aigreurs du PS suite au vote du 30 novembre 2014 le conduisent à lancer un référendum irresponsable dans la mesure où il empêchera l’entrée en vigueur d’une loi susceptible de rapporter concrètement 18 millions par année, tout en faisant miroiter d’hypothétiques recettes de 80 millions.

Espérons que le peuple genevois ne lâchera pas la proie pour l’ombre et rejettera le référendum socialiste.

Opinion publiée dans la "Tribune de Genève" - 24 novembre 2015

15:17 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

19/11/2015

Le trou de la Comédie face au gouffre des finances

Dans son éditorial du 19 novembre, la responsable de la rubrique culturelle de la TdG se félicite des déclarations communes de la Ville et du Canton au sujet de la répartition des tâches entre ces deux entités dans le domaine de la culture.

Elle estime que tout est donc réglé et que le groupe PLR au Grand Conseil doit maintenant voter sans rechigner la coquette somme de 45 millions au profit de la Ville pour permettre la construction de la Nouvelle Comédie, faute de quoi ce parti « devra assumer le trou qui s’offrira aux passants sur la future esplanade des Eaux-Vives ».

Un petit détail a sans doute échappé à la journaliste en question : le jour où la feuille de route sur le désenchevêtrement des tâches était signée dans l’allégresse entre la Ville et le Canton, l’Alternative (PS, Verts et Ensemble à Gauche) opposait une fin de non-recevoir cinglante au projet de budget 2016 du Conseil d’Etat dans le cadre des travaux de la Commission des finances. En sa qualité de parti gouvernemental responsable, le PLR a voté cette entrée en matière afin que le canton puisse être doté d’un budget avant la fin décembre. A défaut, le canton débutera l’année 2016 dans l’incertitude la plus complète, alors même que les perspectives économiques sont plutôt sombres et que l’abîme de la dette, qui dépasse déjà largement les 13 milliards, est bien plus préoccupant que l’éventuel trou de la Comédie.

La responsabilité de l’Alternative est lourde. Elle refuse notamment les mesures d’assainissement, aussi raisonnables qu’indispensables, proposées par le Conseil d’Etat sur trois ans. A cause d’elle, le gouffre financier de l’Etat va continuer à se creuser et conduire à terme le canton à voir sa  notation abaissée sur les marchés financiers et à perdre la confiance de ses créanciers. Ici aussi, le PLR a pris ses responsabilités en adoptant la Loi visant à renforcer le frein à l’endettement afin de mettre un terme à cette fuite en avant effrénée des dépenses publiques.

Au vu de ce qui précède, il ne faut pas se limiter à observer la situation par le seul petit bout de la lorgnette culturelle. Une mise en perspective globale s’impose et c’est à cette aune que doit être mesurée la responsabilité politique des uns et des autres. A cet égard, le PLR n’a pas à rougir, bien au contraire !

09:56 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

11/11/2015

Grève de la fonction publique : une forme de provocation !

Alors que la grève de la fonction publique bat son plein, les messages les plus divers fleurissent sur les réseaux sociaux et dans les tracts distribués aux élèves ainsi qu’à leurs parents.

On peut notamment lire des appels à des « conditions de travail décentes » pour les serviteurs de l’Etat genevois.

A cet égard, l’émission TTC du 9 novembre 2015 est édifiante.

On apprend qu’une enseignante dans le primaire à Neuchâtel touche un salaire brut de CHF 4'691.- (CHF 3'915.- net) en début de carrière, alors que son homologue genevoise bénéficiera de CHF 7'462.- bruts (CHF 6'254.- nets). La différence est donc d’environ 60% au profit de l’enseignante genevoise.

Rappelons au passage que le salaire médian dans le secteur public à Genève était de CHF 8'666.- par mois en 2012, alors qu’il était de CHF 7'042.- dans le secteur privé. L’écart est donc de 23%.

La contestation des fonctionnaires genevois porte aussi sur l’augmentation prévue du temps de travail qui passerait de 40 à 42 heures par semaine. Or, la durée de travail hebdomadaire moyen à Genève est de 40,9 heures, tous secteurs confondus. En Suisse, cette moyenne atteint 41,6 heures. L’effort demandé à Genève n’est donc pas surhumain.

Dans un tract rédigé par l’Association du personnel du Cycle d’Orientation de Pinchat, on peut lire que « le Conseil d’Etat réduit de 1% les charges de personnel pour la 4ème année consécutive ». Cette affirmation est tout simplement fausse. A l’occasion de la présentation du projet de budget 2016, le Conseil d’Etat a rappelé que les charges de personnel étaient en hausse de 0,5% par rapport à 2015. Depuis 2010, la hausse des charges de personnel a atteint 12% !

Dans un autre tract, émanant de la Société Pédagogique Genevoise (SPG), il est question de suppression de postes au DIP. Or, le budget 2016 prévoit 15'870 postes pour l’Etat, ce qui représente une augmentation de 119 postes par rapport au budget 2015. Le DIP bénéficiera de 102 postes supplémentaires. Depuis 2010, les effectifs de la fonction publique ont augmenté de 15%.

Pour faire bonne figure, il ne faut pas négliger le fait que les contribuables genevois ont été fortement sollicités pour renflouer la caisse de prévoyance de la fonction publique. A ce titre, un montant coquet de   CHF 800 millions a été versé d’un coup en 2013. Il faut y ajouter des paiements annuels supérieurs à 100 millions pendant 40 ans. On parle d’une somme globale de CHF 6,3 milliards !

Ne perdons pas de vue que la situation financière du canton est plus que précaire. Fin 2014, la dette atteignait le montant stratosphérique de CHF 13,4 milliards, un record absolu parmi les cantons suisses.   Des mesures structurelles crédibles doivent impérativement être prises pour diminuer le train de vie vorace de l’Etat et maîtriser un endettement qui est devenu simplement insoutenable.

Au vu de ce qui précède, il apparaît que les fonctionnaires genevois sont loin de vivre dans la précarité. Le droit de grève est certes inscrit dans la Constitution genevoise, mais, au vu des circonstances, son usage relève d’une forme de provocation !

15:03 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

05/11/2015

Comment être à la fois le premier et le cancre de la classe ?

Tax Justice Network (TJN) vient de publier son classement des pays selon leur opacité financière. Pour la troisième fois, la place financière suisse figure au premier rang alors même qu’elle n’est pas la dernière de classe. Tel est le paradoxe de cette étude qui, si elle donne des bonnets d’ânes aux centres financiers jugés opaques, laisse planer une certaine…opacité sur sa propre méthode d’évaluation.

Commençons par les bonnes nouvelles. TJN, un réseau international d’experts fiscaux, reconnaît que la Suisse a fait des progrès et cite notamment l’adoption de l’échange automatique d’informations. Son score d’opacité passe ainsi de 78 en 2013 à 73 en 2015. Rappelons que la Suisse a déclaré en mai 2014 qu’elle entendait appliquer le standard élaboré par l’OCDE. L’adoption de ce standard a d’ailleurs été soutenue par la place financière.

Afin de concrétiser cette intention, notre pays est en train de se doter des bases légales nécessaires afin que les établissements financiers puissent, dès 2017, commencer à collecter les données concernant les comptes des contribuables étrangers. Ce faisant, la Suisse fait parfois preuve d’un jusqu’au-boutisme réglementaire regrettable. C’est notamment le cas de la modification de la Loi sur le blanchiment d’argent (LBA) qui prévoit d’introduire des « obligations de diligence étendues pour empêcher l’acceptation de valeurs patrimoniales non fiscalisées ». Ce texte est conçu comme un complément à ceux destinés à la mise en place de l’échange automatique. Or, ces obligations de diligence accrues ne correspondent à aucun standard international et ne sont exigées par personne. D’ailleurs, TJN ne le comprend pas non plus…

L’ONG britannique pointe aussi du doigt d’autres grandes places financières, bien qu’elles reçoivent des notes moins sévères. Si les Etats-Unis obtiennent les félicitations du jury pour avoir mis les banques helvétiques sous pression, ils sont épinglés pour leur manque de réciprocité en matière d’échange automatique d’informations. Sous le couvert de FATCA, l’Amérique a créé un système d’échange de renseignements qui offre peu d’informations en retour aux autres pays, devenant ainsi, selon le rapport de TJN « une énorme juridiction opaque, dangereuse et irresponsable au niveau fédéral comme à celui des Etats », à l’image de la Floride ou du Delaware.

Le Royaume-Uni n’est pas en reste, les trusts étant particulièrement visés par cette étude. Il dépasserait la Confédération si l’on tenait compte des dépendances de la Couronne et des Territoires d’Outre-Mer.

Dans l’absolu, la Suisse se situe au 24ème rang (sur 92 juridictions) de l’enquête TJN. Elle n’est donc pas un cancre en matière d’opacité financière.

Oui, mais la Suisse est le leader mondial de la gestion de fortune transfrontalière, avec 25% de parts de marché. Et ceci est une mauvaise nouvelle selon TJN. En effet, l’ONG multiplie le coefficient obtenu (73 en 2015) par le poids financier du pays. Avec 5,6% du secteur financier mondial, la Suisse grimpe au classement et devient le plus mauvais élève. Comment TJN réussit-il à transformer un avantage compétitif en un handicap ?

L’indice d’opacité financière de TJN est calculé sur la base de 15 critères : secret bancaire, registre de trusts, transparence des entreprises etc. Mais l’étude devient plus opaque lorsque l’on constate que TJN mélange évasion fiscale et FIFA, par exemple. On comprend alors que cet indice d’opacité est une salade de fruits, dont on peut se demander comment certains ont fini dans le saladier. On peut dès lors douter de l’objectivité de ce rapport.

Le paradoxe est que tant que la Suisse restera le numéro 1 mondial de la gestion de fortune, elle continuera à porter le bonnet d’âne du classement de TJN. A choisir, ma préférence va au maintien d'une place financière suisse compétitive et leader dans la gestion de fortune, d'autant plus qu'elle n'a en aucun cas à rougir du dispositif en vigueur pour lutter contre le blanchiment d'argent !

15:41 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

09/09/2015

Cessons de jouer la (Nouvelle) Comédie !

Le Grand Conseil genevois est invité à voter dans l’allégresse un crédit de 45 millions en faveur de la Ville de Genève pour la construction de la Nouvelle Comédie dans le périmètre de la gare CEVA des Eaux-Vives (PL 11584).
Il faut préciser que l’ensemble du projet est devisé à CHF 100 millions, auxquels il faut ajouter près de 16 millions de frais de fonctionnement annuels.
Il s’agirait en l’occurrence pour l’Etat de faire une forme de donation désintéressée à la Ville qui serait seule propriétaire des lieux.
La présentation du projet de budget 2016 du canton, le 8 septembre 2015, jette un coup de projecteur assez crû sur ce projet pharaonique.
En effet, le budget 2016 présente en l’état un déficit d’environ 70 millions. Le degré d’autofinancement des investissements atteint un misérable taux de 47%. Ce phénomène alarmant conduit à un accroissement de la dette à hauteur de 350 millions. Le montant total de l’endettement du canton devrait ainsi frôler le montant stratosphérique de 13,4 milliards, tragique record de Suisse.
Pour pallier cette situation désastreuse, le Conseil d’Etat propose des pistes intéressantes, dans le but louable de parvenir à une baisse de 5% des dépenses de fonctionnement au cours des 5 prochaines années.
Or, on constate que les formations politiques qui sont montées au créneau pour soutenir la coquette dépense de 45 millions en faveur de la Nouvelle Comédie sont les mêmes qui ont déjà exprimé leur opposition farouche aux mesures esquissées par le Conseil d’Etat afin d’assainir les finances cantonales. Leur seul remède consiste à introduire une augmentation massive de la fiscalité.
Par conséquent, à leurs yeux, le financement de ce dispendieux projet par le Canton doit passer soit par une hausse de l’endettement soit, de préférence, par des hausses d’impôts tous azimuts. Ces options sont déraisonnables.
On rappellera enfin que la Ville s’oppose à l’indispensable réforme de la fiscalité des entreprises (RIE III), au risque de chasser hors de Genève de nombreuses entreprises et des milliers d’emplois.
Dans ces conditions, la générosité du Canton envers la Ville de Genève est hors de propos et de proportion.
« La Commedia è finita !»
(Pagliacci de Ruggero Leoncavallo)

16:44 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

14/07/2015

Conseil d'Etat: une escapade à Liestal s'impose !

Il est d’ores et déjà prévu que le Conseil d’Etat genevois présente son budget 2016 le 8 septembre prochain.

Le Gouvernement a donc tout l’été pour procéder aux arbitrages nécessaires afin d’élaborer un projet susceptible de réunir une majorité suffisante à la Commission des finances, puis en plénière du Grand Conseil.

Cet exercice sera semé d’embûches. C’est peu dire !

Lors de la présentation du budget 2015, en septembre 2014, le Conseil d’Etat indiquait déjà que « depuis plusieurs années, le canton de Genève vit structurellement au-dessus de ses moyens ».
On se souviendra que, pour atteindre un équilibre précaire, le Gouvernement avait planché sur un plan de mesures courageux améliorant le résultat de CHF 154 millions.

Ces propositions avaient été attaquées avec virulence par certains groupes parlementaires qui voyaient là un démantèlement du filet social et une attaque insoutenable contre une fonction publique précarisée.

Ce n’est qu’après bien des péripéties que le Grand Conseil a fini par accoucher dans la douleur d’un budget 2015.

Depuis cet exercice de haute voltige, la situation structurelle des finances genevoises ne s’est en rien améliorée, bien au contraire. Le Grand argentier genevois, Serge Dal Busco, ne cesse de le répéter. Certains voient dans ces mises en garde insistantes un manque d’ambition. D’autres, à raison, considèrent que le Magistrat fait preuve d’une lucidité louable.

A gauche de l’échiquier politique, la solution passe nécessairement par une augmentation tous azimuts de la fiscalité, pour pourvoir continuer à combler l’appétit insatiable d’un Etat glouton. Cela implique en particulier une hausse massive de l’imposition des personnes physiques, alors même que Genève connaît déjà la fiscalité la plus prohibitive en comparaison intercantonale et que l’on assiste à un exode préoccupant des gros contribuables (voir TdG du 29 juin 2015). Les Genevois, conscients des enjeux, ne se sont d’ailleurs pas laissés séduire par les sirènes de la gauche et ont rejeté à plus de 71% l’initiative visant à instaurer un impôt sur les successions au taux confiscatoire de 20%.

Une hausse de la fiscalité des personnes morales n’entre tout simplement pas en ligne de compte, dans la mesure où Genève doit précisément réformer l’imposition des entreprises et fixer un taux unique compétitif. Le Conseil d’Etat unanime soutient un taux à 13%, au lieu des 24% actuels. Le canton de Vaud a d’ailleurs prévu d’adopter un taux de 13,7%, qui fait l’objet d’un large consensus politique. Genève ne pourra ainsi pas conserver son taux de 24% et devra s’aligner sur son voisin vaudois, sauf à vouloir devenir un véritable enfer fiscal pour les entreprises, pourvoyeuses de dizaine de milliers d’emplois.

On voit donc que la seule voie réaliste passe par une diminution des frais de fonctionnement de l’Etat. Genève déteste faire des choix et a toujours préféré ajouter des couches au millefeuille des dépenses. Cette période, qui nous a conduit à accumuler un endettement stratosphérique de 13 milliards, est bel est bien révolue.

Mais ce que Genève déteste par-dessus tout, c’est la comparaison avec les autres cantons.

Or, en l’occurrence, une lecture attentive de la presse alémanique des 8 et 9 juillet 2015 (« Basellandschaftliche Zeitung », « Basler Zeitung » et « Tages Anzeiger »), nous aurait appris que le canton de Bâle-Campagne, confronté lui aussi à de sérieuses difficultés financières, a pris le taureau par les cornes et décidé de procéder à un plan d’économie ambitieux de CHF 188 millions d’ici à 2019 afin de combler le déficit structurel et d’atteindre ainsi l’autofinancement des investissements. Ces mesures, qui comprennent en particulier une diminution des coûts de personnel de 10% sur la période concernée, sont soutenues par le PLR, l’UDC et le PDC. Il est question d’optimisation des prestations publiques, d’efficience accrue dans l’administration, de contributions mieux ciblées et d’abandon de certains mandats de prestations.

C’est pourquoi, on pourrait suggérer au Conseil d’Etat genevois de faire durant l’été une excursion à Liestal afin de s’inspirer des mesures d’économie élaborées par le canton de Bâle-Campagne.

A l’aller ou au retour, le Gouvernement pourra faire une halte à Delémont. Dans le canton du Jura aussi, l’Exécutif est en train de concrétiser un programme d’économie baptisé OPTI-MA qui concernera tous les secteurs de l’Etat et les institutions parapubliques (voir TdG en ligne du 9 juillet 2015). Il entrainera certes une diminution de 90 postes, mais ne prévoit aucune baisse des salaires dans la fonction publique, ni hausse d’impôts.

A l’heure où Genève fête en grandes pompes le 200ème anniversaire de son adhésion à la Confédération, il serait enfin temps de s’inspirer des recettes des autres cantons en matière de finances publiques et de ne pas se complaire dans une gestion « à la française », en souvenir du temps heureusement révolu du Département du Léman.

10:42 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook