06/07/2016

Place financière française et Brexit : l’attractivité ne se décrète pas !

Depuis le vote historique des Britanniques en faveur de la sortie de leur pays de l’UE, les médias suisses et étrangers débattent de l’avenir de la place financière anglaise.

Chacun veut tirer son épingle du jeu et profiter du séisme qui secoue la City.

La France est rapidement sortie du bois et a fait état de ses ambitions. Une revue de presse, forcément partielle, permet de suivre les premiers épisodes d’une saga qui va durer encore des mois, voire des années, jusqu’à ce que le sort des relations anglo-européennes soit scellé.

Dans une interview accordée au journal « Les Echos » du 27 juin, Gérard Mestrallet, président de Paris Europlace, n’y va pas par quatre chemins : « Désormais, le Royaume-Uni va être en dehors de l’Europe. Il n’y a plus aucune raison que le pays continue à bénéficier du passeport européen ». Et il conclut son intervention par un appel solennel : « Nous devons nous mobiliser pour faire de Paris la capitale du financement de la zone euro. Si nous ne profitons pas de cette chance, d’autres pays européens le feront ».  

Des incantations ne suffiront toutefois pas à provoquer un exode des financiers des bords de la Tamise vers les rives de la Seine.

Le « Financial Times », organe officiel de la « City », monte au front pour défendre son pré-carré. Dans son édition du 2 juillet, le grand quotidien économique relève que la France connaît un environnement politique et fiscal incertain. Mais c’est surtout le coût du travail dans l’Hexagone qui est mis en avant : un salaire annuel de 300'000 euros payé au Royaume-Uni revient à 352'740 euros à la banque employeuse, charges sociales comprises. En France le même salaire annuel de 300'000 euros coûte 471'799 euros à l’employeur en tenant compte des ponctions sociales.

La presse française n’est pas tendre non plus avec la situation qui prévaut à Paris. « Le Figaro » du 2 juillet qualifie le Président Hollande d’ « ennemi de la finance de 2012 » en faisant allusion aux déclarations suivantes faites lors d’un meeting au Bourget : « mon véritable adversaire, c’est le monde de la finance ».

Ce même « Figaro » ajoute que la France s’est fermement engagée en faveur de la Taxe sur les transactions financières (TTF), sorte d’avatar de la célèbre Taxe Tobin, à laquelle Londres s’est toujours vertement opposée. Dans le journal « Les Echos » du 29 juin, le Président Hollande a relevé que « certains nous disaient que, si on introduisait cette taxe, les activités allaient partir à Londres, et l’argument ne tient plus ». Le « Figaro » souligne à cet égard, que l’argument ne vaut peut-être plus pour le Royaume-Uni, mais que le Luxembourg et l’Irlande n’ont jamais accepté cette TTF et que tant Dublin que Luxembourg «deux places financières de la zone euro, sont en lice pour récupérer la City».

Du côté des économistes, on peut citer un article du Prof. Charles Wyplosz, de l’IHEID à Genève paru dans « Le Figaro » le 20 juin 2016, peu avant le vote crucial : « le plus banal, ou presque, c’est qu’on aime la finance à Londres. A Paris, ce n’est ni le cas du Président actuel, on l’a entendu désigner son ennemi, ni celui de son prédécesseur qui a vu dans la crise de 2008 la fin du capitalisme financier. Chirac, lui, a voulu imposer une taxe sur les transactions financières. Quant à Mitterrand, dès son arrivée à l’Elysée, il a nationalisé les banques. C’est peu de dire que les financiers ne sont pas attirés par Paris ».

L’éventuel transfert d’activités bancaires et financières suite au Brexit dépendra donc de multiples facteurs, aussi bien objectifs (réglementation, fiscalité, coût du travail, sécurité, qualité des infrastructures, etc.) que subjectifs (positionnement du monde politique et médiatique face à la finance, perception de ce secteur par la population, qualité de la vie, etc.). Mais dans cette subtile équation, la capacité de résistance de la City londonienne ne saurait être sous-estimée.

10:26 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

15/10/2014

Disposition fiscale : un corps étranger dans la Loi sur les institutions financières !

La consultation relative à la Loi fédérale sur les établissements financiers (LEFin) arrive à échéance le 17 octobre 2014.

Ce texte vise à régler dans un seul acte législatif la surveillance de l’ensemble des prestataires de services financiers pratiquant la gestion de fortune.

L’élément central de la LEFin réside dans la problématique de la surveillance des gérants de fortune indépendants. Quelle que soit la solution adoptée, il convient que les mesures soient proportionnées à la taille et aux activités des entreprises concernées qui constituent une part non négligeable de la place financière.

On peut s’étonner que le Département fédéral des finances ait jugé opportun d’inclure dans cette loi une disposition fiscale (l’article 11), qui fait figure de corps étranger dans ce projet.
Pour rappel, ce concept de « Weissgeldstrategie », qui entend transformer les intermédiaires financiers helvétiques en auxiliaires du fisc, avait reçu un accueil très négatif lors d’une consultation menée en 2013.

Il est nécessaire d’insister sur le fait que ces intermédiaires ne doivent pas être tenus pour responsables de la conformité fiscale de leurs clients. Une telle exigence ne correspond à aucun standard international reconnu. En la matière, le standard applicable est celui élaboré par l’OCDE qui prévoit un échange de renseignements sous forme automatique ou à la demande.

Le Conseil fédéral semble d’ailleurs partager cet avis puisque, selon un communiqué de presse du 8 octobre 2014, il a approuvé les mandats de négociations définitifs sur l’introduction de la nouvelle norme internationale régissant l’échange automatique de renseignements en matière fiscale avec des Etats partenaires.

Ces prochaines années, les intermédiaires financiers devront engager des moyens considérables, tant en matière de ressources humaines que de système informatique, pour la mise en place de cet échange automatique.

A l’heure où la place financière doit se battre pour sa compétitivité, il n’est pas raisonnable de vouloir alourdir la facture en imposant des règles de diligence fiscale purement helvétiques, inapplicables en pratique, qui ne sont en vigueur dans aucune place concurrente.

Enfin, si ces obligations devaient concerner les clients suisses domiciliés en Suisse, on assisterait alors à une rupture du subtil équilibre qui existe encore dans notre pays entre le droit pour les citoyens de préserver leur sphère privée financière et la nécessité pour l’Etat de collecter les impôts dus.
Un changement de paradigme aussi fondamental pour les citoyens suisses ne peut pas être introduit en catimini, sans débat démocratique spécifique.

11:51 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

29/08/2013

Les "Vendanges de Genève" à la rue du Rhône: joindre l'agréable à l'agréable

Les commerçants de la rue du Rhône ont a nouveau organisé le 29 août 2013  les "Vendanges de Genève", rendez-vous désormais traditionnel entre les boutiques de ce quartier, des viticulteurs genevois et suisses et la population locale.

Cet événement représente pour beaucoup la possibilité de prendre conscience du niveau d'excellence de deux activités économiques importantes pour le canton: l'horlogerie et la viticulture.

La forme éblouissante du secteur horloger a permis à Genève de traverser sans trop souffrir la crise économique qui a secoué la planète. En 2012, avec plus de 2,2 milliards de valeur ajoutée, cette industrie représente plus de 4,7% du PIB genevois (voir estimations 2012 de l'Office cantonal de la statistique). Les marques prestigieuses présentes dans notre canton ont consenti des investissements massifs dans leur outil de production, créant de nombreux emplois qualifiés sur notre territoire. L'exportation dans le monde entier de ces garde-temps, qui bénéficient d'une aura extraordinaire, contribue sans contexte au rayonnement de Genève.

Le secteur viticole genevois, qui couvrait environ 1'300 hectares en 2011, participe aussi à la réputation du canton, grâce à une recherche constante du plus haut niveau de qualité.

Je ne citerai qu'un exemple pour illustrer cette symbiose : la présence du Domaine des Abeilles d'Or de René Desbaillets chez Piaget (voir photo ci-dessous).

IMAG0977.jpg


22:28 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

11/08/2013

Que la force de Jodok soit avec vous !

Contrairement à ce que l’on pourrait penser de prime abord, Jodok n’est pas un personnage sorti tout droit de la Guerre des Etoiles ou de Star Trek. Non, il s’agit du second prénom du « Roi du Simplon », Kaspar Jodok von Stockalper.

Certains généalogistes font remonter les origines de sa famille à l’époque de Charlemagne. Mais, plus raisonnablement, elle trouve ses racines au XIVème siècle (voir à ce sujet l’Almanach généalogique suisse, volume VI).

J’ai découvert ce personnage majeur de l’histoire valaisanne un jour de pluie, lors de la visite du monumental château qu’il a fait construire à Brigue. En arrivant devant ce palais, presque incongru dans une ville de taille aussi modeste, on est immédiatement saisi par ses proportions gigantesques et par la hardiesse de ses trois tours, surmontée chacune d’un élégant bulbe métallique.

Kaspar Jodok von Stockalper, né en 1609, a bâti sa colossale fortune en développant le commerce de transit à travers le Simplon. Il organisa notamment un service de courriers à cheval pour le transport des lettres de Milan à Genève et obtint le monopole du sel pour tout le Valais, dont il bénéficia durant plus de 30 ans. Pour les besoins de ses affaires, il fit également creuser le canal qui porte encore son nom entre Vouvry et Collombey. Enfin, il exploitait des mines d’or à Gondo, de plomb à Naters et de cuivre dans le val d’Hérens (cf l’Almanach généalogique suisse cité ci-dessus).

Depuis cette excursion et la visite de ce château, je ne considérerai plus Brigue comme une simple gare où l’on ne fait que passer, mais comme un véritable lieu d’histoire, marqué de l’empreinte de cet entrepreneur de génie.

IMAG0944.jpg

14:43 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

23/05/2013

Stratégie de conformité fiscale: évitons d'avoir la peste ET le choléra !

Pour concrétiser sa stratégie de conformité fiscale, le Conseil fédéral a lancé en février 2013 une procédure de consultation relative à un projet intitulé "obligations de diligence étendues pour empêcher l'acceptation de valeurs patrimoniales non fiscalisées". Le délai de dépôt des prises de position arrivant bientôt à échéance, il convient de faire un point de situation.

Ce projet prévoit d'imposer aux banques l'obligation de vérifier de manière systématique le statut fiscal des avoirs qui leur sont confiés. Ce devoir ne porte pas uniquement sur les nouveaux clients, mais également sur la clientèle existante.

Ces propositions sont inacceptables. En premier lieu, elles mettent à mal le principe de la bonne foi qui doit prévaloir dans tout l'ordre juridique suisse. En application de cette règle, l'intermédiaire financier doit pouvoir présumer que son client est honnête, y compris en tant que contribuable. La banque ne devrait avoir une obligation de diligence particulière qu'en présence d'indices objectifs de non-conformité fiscale.

Deuxièmement, le texte soumis à consultation, déploie un effet rétroactif puisqu'il touche aussi les clients existants. La Suisse serait le seul pays au monde à procéder de la sorte et une telle exigence ne répond à aucun standard international reconnu. Une telle disposition porterait gravement atteinte à la sécurité juridique et, par voie de conséquence, à l'attractivité de la place financière suisse.

A cela s'ajoute qu'un régime particulier devrait être prévu pour la clientèle suisse. Rappelons ici que le fisc suisse n'est pas démuni face à ses contribuables, compte tenu notamment de la perception de l'impôt anticipé au taux de 35% et de la possibilité d'infliger aux contrevenants des amendes particulièrement salées.

On regrettera également que le rapport du Conseil fédéral ne contienne aucune comparaison internationale digne de ce nom, pas plus qu'une analyse coût/bénéfice. Cette dernière s'impose au vu des conséquences économiques désastreuses que ce projet pourrait entrainer s'il venait à être adopté en l'état.

Enfin, dans l'étude du projet, il faut prendre en considération les récentes évolutions intervenues sur le plan international en matière de fiscalité.

Le Luxembourg a annoncé qu'il allait appliquer l'échange automatique d'informations vis-à-vis des Etats de l'UE à partir de 2015. L'Autriche a aussi laissé entendre qu'elle pourrait enter en discussion. En parallèle, les Ministres des finances du G20 ont fait savoir qu'il voulait faire en sorte que l'échange automatique devienne un standard international.

Les pressions exercées sur la Suisse ne vont donc pas aller en diminuant, bien au contraire. L'issue du débat est plus qu'incertaine. Mais, en tout état, il faut absolument éviter d'avoir simultanément la peste (l'échange automatique d'informations) ET le choléra (les obligations de diligence accrues).

12:20 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

21/04/2013

L'EPFL suscite des vocations d'ingénieurs !

Le 5 septembre 2011, en marge de la Convention mondiale des ingénieurs qui se déroulait à Genève, la TdG titrait : « Il manque 15'000 ingénieurs en Suisse ».

En parallèle, Swiss Ingeneering (association faîtière des ingénieurs) et economiesuisse publiaient une analyse sur cette inquiétante pénurie qui frappe notre pays. Cette enquête rappelle tout d’abord que, depuis des décennies, « les ingénieurs jouent un rôle clé dans le progrès technologique et le développement de notre prospérité à long terme ». Plus loin, on peut lire que la corrélation positive entre la capacité d’innovation d’une entreprise et la disponibilité de personnel hautement qualifiée est incontestable. Selon une étude, « les collaborateurs ayant suivi une formation dans les domaines des sciences naturelles et de la technique, comme les ingénieurs, contribuent deux fois plus que les autres salariés aux gains de productivité dans l’entreprise ».

Parfaitement consciente de cet enjeu crucial pour la compétitivité de notre pays, l’EPFL à Lausanne ne ménage pas ses efforts pour créer des vocations chez les jeunes. Preuve en est l’organisation du 6ème Festival de robotique qui a réuni près de 17'000 visiteurs le 20 avril 2013. Ces derniers ont pu participer à divers ateliers et conférences passionnants.

A titre d’exemple, dans le cadre du projet « Ma bougie qui souffle » (mis sur pied par l’Association Suisse des Femmes Ingénieures), mon fils de 10 ans a construit un petit circuit électrique animé par une bougie (voir photo ci-dessous). La chaleur dégagée par la bougie fait fonctionner le ventilateur qui refroidit le système, qui s’arrête quelques secondes, jusqu’à ce que la chaleur redevienne suffisante pour relancer la machine. Magique ! 


IMAG0735.jpg

14:30 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

14/04/2013

Merci Zofingue !

La section genevoise de la Société suisse de Zofingue vient de fêter son 190ème anniversaire (voir TdG du 11 avril). C'est l'occasion pour moi de témoigner ma reconnaissance à cette société d'étudiants qui m'a tant apporté à travers les trois termes de sa devise :

Patriae, Amicitiae, Litteris.

La patrie tout d'abord: en ces temps où la Suisse se fait attaquer par de nombreux Etats et suscite l'envie à cause de son succès, il est plus que jamais nécessaire de faire preuve d'un patriotisme engagé, valeur qui n'est en rien ringarde, et de ne pas céder à la tentation de l'auto-flagellation permanente, dans laquelle certains se complaisent avec délectation. Depuis sa fondation, Zofingue promeut également le fédéralisme et le dialogue entre les différentes régions linguistiques et culturelles du pays.

L'amitié ensuite: lorsque je suis arrivé à l'Université de Berne en 1986, ma maturité en poche, je ne connaissais quasiment personne dans la capitale et le suisse-allemand était une langue qui sonnait étrangement à mes oreilles. J'ai reçu alors un accueil extraordinaire de la part des Zofingiens bernois qui m'ont immédiatement intégré malgré le fait que les Romands étaient alors parfois considérés comme des extra-terrestres ("Ah ces Welsches !"). J'ai eu le privilège de faire partie du Comité central 1988-89, ce qui m'a permis de sillonner la Suisse de long en large à la rencontre des différentes sections cantonales. Cette amitié durable s'est maintenue après mon retour à Genève et mon accession au statut de Vieux-Zofingien: en sa qualité de "Lebensverbindung", cette association ne connaît en effet pas de fossé entre les générations.

La Science enfin: en tant que société d'origine universitaire, Zofingue s'intéresse à la Science au sens large, à la culture et à la recherche. C'est le lieu d'échanges fructueux entre des étudiants et des professionnels de différents horizons académiques. Ce but statutaire garde tout son sens à une époque où la formation et l'innovation demeurent les principales richesses de notre pays.

A l'occasion du banquet mémorable qui a réuni près de 150 actifs et Vieux-Zofingiens vendredi dernier à l'Hôtel des Bergues, je suis persuadé que de nombreux participants ont ressenti la même émotion que moi en partageant les souvenirs qui ont émaillé cette période estudiantine fructueuse.

Vivat, Crescat, Floreat, Tobinia !

14:27 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

03/04/2013

Musées: un peu de chauvinisme !

Au premier plan, des cygnes, au centre le Léman, puis les quais et, enfin, le Salève. Voici une des légendaires vues de la rade de Genève peintes par le Bernois Ferdinand Hodler à la fin de sa vie depuis son appartement au quai du Mont-Blanc. L’artiste décline ici toute la subtilité de sa palette de bleus.

Cette toile fait partie de la spectaculaire exposition Hodler proposée par la Fondation Beyeler à Bâle, but d’excursion idéal à l’occasion d’un week-end pascal encore hivernal.

Lors d’un bref séjour dans la Cité Rhénane, il vaut la peine de faire un détour par le musée Tinguely, créé par le célèbre architecte tessinois Mario Botta. Le bâtiment lui-même vaut déjà la visite. A l’intérieur, on se découvre une âme d’enfant en faisant fonctionner les incroyables machines sorties de l’imagination débordante du Fribourgeois Jean Tinguely. 

Le temps s’est arrangé. J’en profite pour passer par Lausanne et sa Fondation de l’Hermitage, nichée dans un vaste parc dominant la Cathédrale. On propose aux visiteurs une passionnante exposition temporaire intitulée « Fenêtres de la Renaissance à nos jours ». Il est fascinant de constater combien la fenêtre a inspiré les artistes à travers les siècles. Il est remarquable d’avoir pu rassembler en un seul lieu autant d’œuvres sur ce thème.

Ces escapades helvétiques démontrent que notre pays n’a rien à envier aux grandes capitales en matière de culture. Ce foisonnement est rendu possible grâce à une fructueuse collaboration entre des cantons, des communes, des fondations privées et des mécènes. 

Ne boudons pas notre plaisir et soyons pour une fois un peu chauvins !

17:59 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

18/02/2013

NON à la LAT, OUI au fédéralisme

Berne ressemblera-t-elle bientôt à Paris ?

A première vue, on pourrait se réjouir du fait que la modeste Cité des Zähringen puisse être comparée à la sublime Lutèce.

Malheureusement, ce rapprochement n’est en train de se produire ni dans le domaine culturel, ni dans celui de la gastronomie, mais bien dans celui, moins glorieux, du centralisme bureaucratique.

La Suisse a bâti son succès sur le fédéralisme qui préserve l’autonomie cantonale par rapport au pouvoir fédéral.

Si l’on n’y prend garde, les cantons suisses verront leurs prérogatives fondre comme neige au soleil. Cette tendance au « parisianisme » se dessine notamment dans les domaines de la fiscalité et de l’aménagement du territoire.

La votation du 3 mars sur la LAT constitue un exemple particulièrement illustratif de cette dérive centralisatrice. En effet, selon le texte soumis au suffrage populaire, les compétences cantonales et communales en matière d’aménagement du territoire seront en grande partie supprimées pour être transférées à l’administration fédérale. Berne imposera ses diktats aux cantons qui seront réduits au statut de sous-préfectures et obligés d’exécuter des ordres venus d’en-haut sans pouvoir planifier leurs zones à bâtir selon leurs propres besoins.

De plus, cette révision ratée de la LAT conduira immanquablement à une inflation bureaucratique, gavée par une taxe sur la plus-value foncière destinée spécifiquement à couvrir les frais administratifs redondants causés par cette réforme.

Le 1er juin 2015, Genève fêtera le 200ème anniversaire de son adhésion à la Confédération helvétique. Il faut espérer que ce jour-là, notre canton aura pu conserver ses compétences, en particulier dans le domaine de l’aménagement du territoire, et n’aura pas dû sacrifier un pan fondamental de son autonomie au seul profit d’une gourmande administration centrale.

C’est donc au nom du fédéralisme qu’il faut voter « NON » à la révision de la LAT le 3 mars prochain ! 

09:27 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

10/01/2013

Echec de la Taxe Tobin : la preuve par les chiffres

Pour rappel, la taxe Tobin sur les transactions financières a été proposée pour la première fois en 1972 par l'économiste James Tobin. Elle vise à taxer les transactions sur devise afin de limiter la volatilité des taux de change.

En 1984, la Suède a mis en place une taxe de 0,5% sur les transactions financières sur son marché d'actions, ensuite étendue au marché des obligations. Mais elle est abandonnée en 1990.

L'idée a réapparu à de nombreuses reprises dans le débat politique français.

En février 2012, sous la présidence de Nicolas Sarkozy, la France a décidé d'introduire une taxe sur les transactions financières à compter du 1er août 2012, censée rapporter 1 milliard d'euros.

Certains ont vu dans cette mesure une réponse au discours de campagne prononcé le 22 janvier 2012 au Bourget par le candidat François Hollande qui a déclaré: "dans la bataille qui s'engage, je vais vous dire qui est mon adversaire, mon véritable adversaire. Il n'a pas de nom, pas de visage, pas d'adversaire, c'est le monde de la finance".

La législation adoptée en février 2012 instaure une taxe de 0,1% sur les échanges d'actions des sociétés dont la capitalisation boursière dépasse 1 milliard d'euros et dont le siège social est en France. Elle concerne aussi, avec un taux de 0,01% des produits ou opérations accusés de favoriser la spéculation (notamment le trading à haute fréquence). Suite à l'arrivée à l'Elysée de M. Hollande, le taux de perception a passé à 0,2% pour les actions concernées, augmentant ainsi les expectatives de recettes à 1,6 milliard d'euros.

En introduisant cette mesure, l'Hexagone a fait cavalier seul, sans attendre ses collègues européens.  Ce n'est qu'en octobre 2012 que onze des dix-sept pays de l'euro ont approuvé la création d'une telle taxe sur les transactions financières. Le Royaume-Uni et la Suède, qui ne font pas partie de la zone euro, ont exprimé leur opposition fondamentale à ce projet.

Dans un article publié le 28 décembre 2012, le très sérieux quotidien allemand "Frankfurter Allgemeine" (FAZ) tire un premier bilan de cette initiative française. Il en ressort qu'entre août et novembre 2012, le volume des transactions sur 99 parmi les 109 actions concernées par la taxe a diminué de 18% par rapport à la période allant de mai à juillet 2012. En revanche, le volume de trading de 93 actions non taxées a augmenté, sur la même période, de 16%.

Si l'on ne prend en compte que les titres de l'indice CAC 40, le volume des transactions relatifs aux quatre titres négociés sur des places étrangères (et par conséquent non taxés) a crû de 9 %, alors que les opérations sur les  autres actions (soumises à l'impôt sur les transactions) a diminué de 16%.

Le journal allemand poursuit son analyse en indiquant que les rentrées fiscales espérées ne devraient  sans doute pas atteindre les 1,6 milliards d'euros attendus par année, mais au maximum 300 millions d'euros.

Selon la FAZ toujours, il apparaît que les investisseurs français se détournent des titres indigènes pour se rabattre sur des papiers valeurs étrangers.  De plus, ils se consolent avec des produits dérivés exemptés de la taxe, mais présentant un risque nettement plus élevé.

Le grand quotidien allemand relève que cette taxe constitue un handicap pour la place financière parisienne et favorise la spéculation à travers des produits financiers plus risqués. La Taxe Tobin à la française va donc à fin contraire.

Et la FAZ de conclure: cela doit constituer un avertissement exemplaire pour le projet européen.

 

10:19 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

21/12/2012

Conte de Noël

« Il faisait terriblement gris ; c’est un temps sans montagnes. Du côté de l’eau, on voyait l’eau rejointe au ciel, et il descend vers elle, et elle monte vers lui. Et de notre côté à nous, le côté habité, de même : car là c’était le mont et là c’était tout le vignoble, mais le haut en était caché, parce que le ciel pendait dessus. Alors, là-dedans, il y avait eu cette belle apparition blanche vers laquelle on s’était tourné et en assez long temps, on n’a pas compris ce que c’était, puis peu à peu, elle a pris forme.
On a vu l’homme, il était tout petit. Sous sa hotte, il était tout gris, comme quand la fourmi porte son œuf blanc trop gros pour elle. Mais il n’a pas semblé que cette charge le gênât, quand il fut venu, il est entré dans la ruelle et il a éclairé la ruelle ; parce qu’alors on lui a dit : « Est-ce lourd ? » mais il riait, bien que la construction montât jusqu’au premier étage et à peine si elle pouvait passer, tant elle était large ».
A première lecture, on pourrait croire que cette description concerne l’apparition du père Noël et de sa hotte dans une modeste bourgade, sujet très approprié en cette période de l’année.
Il n’en est rien. En réalité, ce texte évoque l’entrée du vannier Besson dans un village du Lavaux. Il est tiré d’un petit chef d’œuvre de la littérature romande, « Le Passage du poète », de Charles Ferdinand Ramuz.
Si je l’ai choisi, c’est en hommage à toutes les personnes qui, comme moi, ont traversé en train à d’innombrables reprises cette magnifique région viticole, que le roman de C-F Ramuz décrit de la manière la plus poétique qui soit. Quiconque sera sorti du tunnel de Chexbres en découvrant ce fabuleux panorama lémanique partagera sans doute cette émotion, à chaque fois renouvelée.
Tout en souhaitant à mes lecteurs un très joyeux Noël et une excellente année 2013, je laisserai le mot de la fin à C-F Ramuz :
« Alors il y a eu un petit orage avec deux ou trois coups de tonnerre.
Le fond du lac a été longtemps occupé par des nuages posés l’un au-dessus de l’autre comme des bancs pour s’asseoir ; un coup de vent les fait venir en bas.
Il y a eu un ciel clair, contre lequel a été seulement dressée l’échelle d’une grosse averse ; puis elle s’avance, et tout se brouille, tandis que la terre change de couleur et c’est son tour de changer de couleur.
On ne sait jamais le temps qu’il va faire. »

09:14 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook