23/05/2011

Place financière : certaines vérités sont bonnes à dire (et à répéter)

Dans son éditorial du 20 mai, Roland Rossier de la Tribune de Genève se félicite du fait que les négociations avec l’Allemagne et l’Angleterre soient à bout touchant en ce qui concerne l’introduction d’un impôt libératoire à la source (projet « Rubik »). Ce même journaliste rappelle que la place financière suisse représente 125'000 postes de travail et qu’à Genève, les banques emploient à elles seules plus de 20'000 personnes
Si l’on ajoute à ce dernier chiffre les personnes actives dans les nombreux domaines du secteur financier au sens large dans notre canton (gestionnaires de fortunes, assurances, fiduciaires, avocats, etc.) on arrive à un total d’environ 35'000 emplois. La place financière est donc le premier employeur privé du canton.

Sa contribution au produit intérieur brut (PIB) cantonal est tout aussi considérable puisqu’elle avoisine les 20%.

Enfin, l’impact fiscal de cette branche économique est vital pour les finances publiques du canton et des communes. Selon les chiffres 2007, la place financière représentait 40,7% de l’impôt sur le bénéfice des personnes morales et 39,7% de l’impôt de base sur le capital. Par ailleurs, 61,8% de la taxe professionnelle communale en Ville de Genève étaient assurés en 2010 par le secteur financier. Il n’est pas exagéré d’affirmer que la contribution globale de cette industrie, de ses collaboratrices et collaborateurs doit s’approcher du milliard par année en termes de recettes fiscales.

1 milliard, c’est grosso modo le montant de la subvention accordée bon an mal an par notre canton à l’Hôpital et à l’Université réunis.

En cette année électorale, il est de bon ton chez certains politiciens genevois d’accuser la place financière de tous les maux. Or, la réalité chiffrée décrite ci-dessus devrait plutôt inciter ces représentants de la population genevoise à s’engager à Berne pour un cadre légal compétitif permettant au secteur bancaire et financier de maintenir et développer dans notre canton ces emplois à haute valeur ajoutée, ces compétences uniques et ces recettes fiscales conséquentes. D’autres places concurrentes seraient ravies de s’approprier ces atouts.

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