06/06/2011

Retour à une économie planifiée?

C’est avec intérêt que j’ai pris connaissance du « Manifeste syndical pour une autre politique cantonale en matière de chômage » publié par la Communauté genevoise d’action syndicale (CGAS).

On peut notamment y lire que la politique économique dominante à Genève vise à favoriser un « secteur bancaire déjà hypertrophié ».

Il est vrai que la place financière genevoise assure environ 34'000 emplois, 20% du produit intérieur brut et 1 milliard de recettes fiscales. De plus, ce secteur économique a plutôt bien résisté à la crise qui a secoué la planète entière et n’a, jusqu’à présent, pas procédé à des vagues de licenciements, contrairement à ce que l’on a pu constater à Londres ou à New-York.

Fin avril 2011, le nombre de chômeurs issus du domaine financier était de 623 personnes, soit 4,5% du total des chômeurs à Genève, en baisse de 25,5% par rapport à avril 2010.

Chaque chômeur est un chômeur de trop. Mais dans ce domaine, la place financière genevoise n’a en l’état pas à rougir.

Pourtant, la CGAS veut rompre avec « la prédominance d’un secteur financier local hypertrophié ». Pour ce faire, le manifeste propose un projet intitulé « une politique volontariste de création d’emplois » qui passe par une politique de réindustrialisation durable financée par un fonds pour l’emploi.

Dans leur réflexion, les syndicats omettent tout d’abord de mentionner que notre canton peut déjà s’enorgueillir d’un secteur industriel de pointe et non subventionné. L’Union industrielle genevoise, qui a récemment fêté son 100ème anniversaire, compte en effet parmi ces membres de nombreux fleurons, notamment dans la mécatronique.

En second lieu, les syndicats se gardent bien de dire combien coûteraient les mesures qu’ils préconisent, mais ils précisent toutefois que le fonds en question « pourrait être financé soit par une taxe sur les entreprises, soit pas des investissements des caisses de pension ».

En clair, la CGAS souhaite remplacer la place financière par un secteur industriel subventionné à travers une augmentation de l’imposition des entreprises et une ponction sur le deuxième pilier.

La perspective d’une telle économie planifiée selon le système soviétique fait rêver !

09:25 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

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