30/06/2011

Réglementation : faut-il redessiner la place financière?

Le Groupement des Banquiers Privés Genevois vient de publier la dernière édition de sa « Lettre » consacrée à la problématique de la réglementation du secteur bancaire et financier.

En substance, cet article aborde la problématique de la déferlante réglementaire qui s’abat sur la place financière suisse suite à la crise qui a secoué la planète. En effet, l’Administration et l’Autorité de surveillance (FINMA) ont été mises sous une pression intense, ce qui les a conduites à produire une documentation abondante.

Dans ce contexte, certains principes qui devraient sous-tendre toute activité réglementaire méritent d’être mis en exergue : il convient notamment de veiller à la sauvegarde de la compétitivité de la place financière et de procéder à une analyse coûts/bénéfice. De même, la réglementation doit être différenciée et élaborée avec les milieux intéressés. Enfin, les conséquences sur l’économie nationale doivent également être prises en compte.

Pour répondre à la question posée dans le titre, il ne s’agit pas de redessiner la place financière par le biais de la réglementation. Cette dernière doit se limiter à cadrer une activité de manière proportionnée. Par ailleurs, tout le paysage bancaire et financier doit être inclus dans le tableau. Il ne se justifie pas de laisser certains sujets hors du cadre.

La_lettre_40_blog_EC.pngbanque.jpgEnfin, et surtout, il est admis que dans le domaine de la gestion de fortune et de l’ « asset management », l’attractivité de la place financière helvétique ne se décrète pas à travers des règlements, mais dépend principalement de la compétence des intervenants et de leur capacité à attirer des talents capables de répondre aux attentes d’une clientèle privée et institutionnelle de plus en plus sophistiquée et exigeante.

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28/06/2011

Dîner en blanc

Dans son édition du 24 juin 2011, la Tribune de Genève consacre une pleine page à la problématique de l’accueil des expatriés dans notre canton.

Pour notre République, cette population représente un atout majeur, qu’elle soit active dans le monde des multinationales ou dans celui des organisations qui gravitent autour de l’ONU, sans oublier les multiples ONG qui ont choisit de s’établir chez nous. Tous ces acteurs contribuent de manière déterminante au rayonnement de notre cité qui, sans eux, aurait probablement l’importance d’une insignifiante ville de province.

La Tribune donne notamment la parole au Délégué cantonal à la Genève internationale ainsi qu’au Directeur du Centre d’accueil Genève internationale (CAGI) qui ne ménagent pas leurs efforts afin de rendre notre ville plus attrayante pour cette communauté étrangère, malgré les vicissitudes liées aux problèmes de logement et de sécurité.

L’engagement de la Fondation pour Genève mérite également une mention particulière dans ce contexte. Cet organisme privé, créé en 1976, a pour but statutaire de contribuer au rayonnement de Genève tant en Suisse qu’ailleurs dans le monde.

Cette Fondation chapeaute, d’une part, le Club diplomatique qui organise des rencontres entre les communautés internationales et locales et, d’autre part, le Cercle des conjoints qui offre un accueil personnalisé aux conjoints d’expatriés issus des milieux diplomatiques et privés.
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Ce dernier a organisé le 26 juin un dîner au blanc au Parc de la Grange pour réunir les membres de la communauté internationale et les Genevois. Cet immense pique-nique, dans un lieu idyllique, a connu un vif succès. C’est grâce à ce type d’initiatives que Genève pourra démentir sa réputation de ville fermée et ennuyeuse, colportée par certains médias anglo-saxons, jaloux de notre succès.

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22/06/2011

Lutte contre le cancer du sein : prévention, soins et recherche clinique aux HUG

Pour un politicien, qu’il s’engage au niveau communal, cantonal ou fédéral, il est essentiel d’aller sur le terrain pour constater « de visu » la mise en pratique des politiques publiques, d’autant plus lorsque les montants investis par la collectivité sont importants, ce qui est le cas en matière hospitalière.

Dans le domaine de la santé, le Département compétent dirigé par M. Unger a clairement placé la lutte contre les différentes formes de cancers au centre de ses préoccupations.

En toute bonne logique, cette priorité est concrétisée aux HUG. Preuve en est l’inauguration ce matin du « Centre du sein » à la Maternité.
A cette occasion, le Directeur général Bernard Gruson a expliqué que la création de ce centre constitue une profonde mutation dans l’hôpital, dans la mesure où, par le passé, on réunissait les patientes autour des spécialistes et que le but visé en l’occurrence est, au contraire, de rassembler les spécialistes autour des patientes.

Cette volonté de placer les patientes au centre du dispositif se retrouve jusque dans les détails des salles de consultation et d’attente, qui sont conçues de manière moins froides et anonymes que dans d’autres secteurs hospitaliers. L’accent mis sur l’accueil a été résumé ainsi par l’un des intervenants : « un cancer constitue toujours une urgence psychologique et sociale ».

L’aspect pluridisciplinaire de ce centre a également été mis en avant, dans la mesure où il ne s’agit pas seulement d’améliorer l’itinéraire de soin, mais aussi de promouvoir la formation continue et la recherche clinique.

La prévention n’a pas non plus été oubliée puisque la collaboration avec la Fondation genevoise pour le dépistage du cancer du sein est déjà étroite et devrait encore s’intensifier.

En sortant de cette cérémonie inaugurale, même en n’étant pas spécialiste du domaine, on avait le sentiment d’avoir vécu un moment important dans la lutte contre le cancer du sein et d’être face à un programme structuré et cohérent.

15:17 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

20/06/2011

Bol d'Or

La 73ème édition du Bol d’Or s’est déroulée ce week-end et, pour la première fois depuis longtemps, le vent était au rendez-vous. Ces conditions ont permis à Alinghi, barré par Ernesto Bertarelli, de remporter cette épreuve mythique, en réalisant le troisième meilleur chronomètre de l’histoire.

Le but du présent billet n’est pas de m’attarder sur les exploits des bêtes de course que sont les D35 ou les M2. On relèvera seulement qu’il est stupéfiant de les voir voler sur les flots du Léman et se livrer des combats de titans. On soulignera aussi que leur présence et celle de barreurs de renommée mondiale contribuent au rayonnement de cette course au-delà de nos frontières.

Non, il s’agit plutôt ici de rendre hommage à la cohorte des navigateurs anonymes qui passent la bouée du Bouveret, alors que les multicoques sont déjà de retour à bon port. Il fallait avoir du courage pour oser affronter le gros temps qui pesait sur le lac et qui allait se déchainer à plusieurs reprises sous forme de grains mémorables.

C’est le nombre de participants, environ 500, qui donne à cette épreuve sa véritable dimension. En effet, il s’agit d’une des plus importantes régates du monde à se dérouler sur un lac. Avec un tel nombre de participants, le Bol d’Or prend un caractère véritablement populaire. Le record de participation a été atteint en 1990 avec 684 concurrents sur la ligne de départ. De même, de très nombreux spectateurs suivent les exploits des équipages depuis les berges.

Si cette régate a pu passer de 50 bateaux en 1950 à plus de 500 aujourd’hui, c’est aussi grâce au soutien de sponsors locaux. Or, on a pu entendre récemment ici et là, que les mécènes genevois seraient trop élitistes et ne s’intéresseraient qu’à la culture. L’engagement de Mirabaud & Cie en faveur du Bol d’Or depuis plusieurs années démontre de manière éclatante que des entrepreneurs genevois se mouillent avec passion pour les sports nautiques !

09:31 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

14/06/2011

Le Concile de Bâle

Le 23 juillet 1431, s’ouvrait le Concile de Bâle. Ses 45 sessions ont duré jusqu’en 1443 et ont connu de très nombreux rebondissements, dont la nomination d’un antipape.

580 ans plus tard, les banquiers privés suisses se sont réunis en conclave à Bâle pour désigner leur nouveau président, en la personne de Nicolas Pictet.

Les débats ont été largement plus courts et moins houleux qu’au 15ème siècle, mais certains messages forts ont néanmoins été exprimés à cette occasion. Je vous fais donc partager ci-dessous une réflexion de M. Pictet :

« La première considération est que nous vivons une époque où la plupart des entreprises et des individus ont perdu de vue que le bien général doit être le moteur de leur actions. J’ai lu il y a quelques temps un livre remarquable : « The puritain gift ». Une des valeurs du puritanisme, la première en fait, est celle de vouloir contribuer au bien des autres, de la société en général. Pour les puritains, c’était apporter un peu du royaume de Dieu sur la terre. Pour nos citoyens du 21ème siècle, quelles que soient nos croyances, quelle que soit notre religion, cela signifie faire quelque chose d’utile, de bon, pour la société. Pour les entreprises, c’est la recherche d’une valeur ajoutée pour autrui, l’apport d’une prestation reconnue comme valable par ses clients et même au-delà.

Cette valeur a largement disparu. L’argent n’est plus un outil nécessaire à la fourniture d’une prestation de qualité ; c’est devenu une fin en soi.
Plus encore que dans d’autres domaines d’activité, la banque est devenue le symbole de cet état d’esprit. Lorsqu’une institution fait une grande partie de ses bénéfices dans des activités pour compte propre, comme un gigantesque « hedge fund », on peut légitimement se demander à quoi elle sert.

Il y a heureusement les institutions qui n’ont pas perdu de vue qu’elles sont là pour servir leurs clients. Les banquiers privés en font partie. »

Ces quelques paroles méritent d’être méditées et l’intégralité du discours en question peut être téléchargé ici.

Bonne lecture !

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06/06/2011

Retour à une économie planifiée?

C’est avec intérêt que j’ai pris connaissance du « Manifeste syndical pour une autre politique cantonale en matière de chômage » publié par la Communauté genevoise d’action syndicale (CGAS).

On peut notamment y lire que la politique économique dominante à Genève vise à favoriser un « secteur bancaire déjà hypertrophié ».

Il est vrai que la place financière genevoise assure environ 34'000 emplois, 20% du produit intérieur brut et 1 milliard de recettes fiscales. De plus, ce secteur économique a plutôt bien résisté à la crise qui a secoué la planète entière et n’a, jusqu’à présent, pas procédé à des vagues de licenciements, contrairement à ce que l’on a pu constater à Londres ou à New-York.

Fin avril 2011, le nombre de chômeurs issus du domaine financier était de 623 personnes, soit 4,5% du total des chômeurs à Genève, en baisse de 25,5% par rapport à avril 2010.

Chaque chômeur est un chômeur de trop. Mais dans ce domaine, la place financière genevoise n’a en l’état pas à rougir.

Pourtant, la CGAS veut rompre avec « la prédominance d’un secteur financier local hypertrophié ». Pour ce faire, le manifeste propose un projet intitulé « une politique volontariste de création d’emplois » qui passe par une politique de réindustrialisation durable financée par un fonds pour l’emploi.

Dans leur réflexion, les syndicats omettent tout d’abord de mentionner que notre canton peut déjà s’enorgueillir d’un secteur industriel de pointe et non subventionné. L’Union industrielle genevoise, qui a récemment fêté son 100ème anniversaire, compte en effet parmi ces membres de nombreux fleurons, notamment dans la mécatronique.

En second lieu, les syndicats se gardent bien de dire combien coûteraient les mesures qu’ils préconisent, mais ils précisent toutefois que le fonds en question « pourrait être financé soit par une taxe sur les entreprises, soit pas des investissements des caisses de pension ».

En clair, la CGAS souhaite remplacer la place financière par un secteur industriel subventionné à travers une augmentation de l’imposition des entreprises et une ponction sur le deuxième pilier.

La perspective d’une telle économie planifiée selon le système soviétique fait rêver !

09:25 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook