11/07/2011

Les banques étrangères en Suisse: un indicateur avancé

L’Association des banques étrangères en Suisse (ABES) vient de tenir son assemblée générale annuelle à Genève. Notre canton doit se féliciter d’avoir pu accueillir sur son sol cet événement organisé sans tapage par un groupe de banques qui représente près de la moitié des établissements domiciliés chez nous et qui assure environ 9'000 emplois à haute valeur ajoutée ainsi que des recettes fiscales substantielles.
La présence de ces banques, en général des multinationales, permet aussi à Genève d’occuper un enviable et envié 9ème rang dans le « Top 20 » des places financières globales établi par la City of London.
Les établissements en question ne sont pas seulement actifs dans la gestion de fortune privée et institutionnelle, ils constituent également les principaux acteurs dans le domaine du financement du négoce de matières premières. Les grandes banques françaises disposent notamment d’un savoir faire unique dans cette spécialité.
Le développement de ce segment d’activité spécifique est sans aucun doute lié à la présence dans le canton de plus de 400 sociétés de « trading » et de leurs 8'000 collaboratrices et collaborateurs qui traitent 75% des exportations de pétrole russe, 60% des exportations de céréales russes et ukrainiennes ainsi que 10% des exportations mondiales d’acier, pour ne citer que quelques chiffres.
Or, cette communauté est fragile dans la mesure où sa présence dépend largement des conditions-cadre qui lui sont offertes par le droit fédéral et cantonal. De même, les infrastructures cantonales (en particulier l’aéroport), la sécurité, le logement et les écoles sont autant de facteurs déterminants pour le maintien de leur présence à Genève. De par sa dimension résolument internationale, ce petit monde n’a pas forcément le même attachement à notre canton que des entreprises ou des banques dont les racines genevoises remontent, pour certaines d’entre elles, à plusieurs siècles.
Ainsi, si la situation venait à se dégrader de manière trop marquée quant à l’un ou l’autre des critères évoqués ci-dessus, cela pourrait signifier le départ irréversible de certaines de ces établissements ou entreprises et entrainer des problèmes majeurs à Genève en termes d’emplois et de recettes fiscales. Les banques étrangères représentent ainsi un indicateur avancé pour l’attractivité de notre canton. Il ne faudra donc pas négliger les signaux qu’elles pourraient délivrer lors des mois ou années à venir.
Dans ce contexte, on peut légitimement se demander si le message hostile aux multinationales publié récemment sur son blog par la Conseillère administrative socialiste Sandrine Salerno est opportun… 

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