08/08/2011

Le PPP : c'est pas sorcier

Mes lecteurs savent que le Partenariat Public Privé (PPP) fait partie de mes thèmes favoris. Il permet une juste répartition des responsabilités et des risques entre des acteurs publics et des entreprises dans la réalisation de grandes infrastructures.

En Suisse, les collectivités publiques sont malheureusement timorées face à cette forme de collaboration qui connaît pourtant des succès remarquables chez nos voisins européens.

Le présent billet a tout d’abord été inspiré par le visionnement durant les vacances avec mes enfants de l’excellente émission
« C’est pas sorcier » consacrée à la construction du spectaculaire viaduc de Millau en France. En effet, la réalisation de cet ouvrage d’art qui surplombe la vallée du Tarn à plus de 250 mètres de hauteur a été rendue possible grâce à un PPP d’un montant total de 400 millions d’euros.

Un deuxième événement récent a marqué l’actualité dans ce domaine. Dans « Le Figaro » des 30 et 31 juillet 2011, on apprend que le Réseau ferré de France a signé avec la société Eiffage un contrat en partenariat public-privé portant sur 3,3 milliards d’euros en vue de la construction du TGV Le Mans-Rennes.

Grâce à cette nouvelle ligne, Rennes ne sera plus qu’à une heure et demie de Paris. Quant à Brest et Quimper, elles ne seront plus qu’à trois heures de la capitale, pour environ 610 kilomètre de parcours.

Quand on considère, d’une part, les incroyables difficultés rencontrées dans le financement des quelques misérables kilomètres de la troisième voie ferroviaire entre Genève et Lausanne et, d’autre part, le fait que nos vénérables tortillards mettent encore 4 heures pour relier Genève à Saint-Gall, pour une distance de 260 km à vol d’oiseau, les exploits de nos amis français devraient nous faire réfléchir.

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Commentaires

" ... d’autre part, le fait que nos vénérables tortillards mettent encore 4 heures pour relier Genève à Saint-Gall, pour une distance de 260 km à vol d’oiseau, les exploits de nos amis français devraient nous faire réfléchir. "

Et bien moi qui me déplace beaucoup en train, aussi bien en Suisse qu'en France, qui possède un abonnement pour chacun des deux réseaux, CFF et SNCF, je n'ai absolument pas honte des prestations offertes sur le réseau suisse.

Certes la Suisse ne possède pas de lignes à grande vitesse (LGV), toutefois grâce à l'horaire cadencé, les correspondances sont optimales et les temps d'attente dans les gares réduits au stricte minimum.

Il en va tout autrement en France dès lors que vous quittez les grands axes et les lignes à grande vitesse ou que votre voyage nécessite des correspondances. C'est alors de longs temps d'attente dans les gares, voire des changements de gares tels qu'à Paris par exemple.

C'est ainsi qu'il m'est arrivé plusieurs fois d'attendre pendant presque deux heures en gare de Lyon Part-Dieu une correspondance pour Genève, alors que le TGV m'avait emmené de Tours (St-Pierre-des-Corps) à Lyon en 3 heures.

Quel est l'intérêt de rouler à plus de 300 km/h, si c'est pour perdre du temps dans les gares dans l'attente d'une correspondance ?

Cela dit je ne suis bien évidemment pas opposé au PPP, mais ne suis pas persuadé qu'une telle solution permettrait d'installer rapidement la troisième voie sur la ligne Genève-Lausanne. N'oublions pas qu'en Suisse les projets sont freinés par des problèmes institutionnels, oppositions politiques, mais surtout oppositions de riverains refusant nuisances ou expropriations.
Voyez l'exemple du CEVA dont le financement est assuré, cependant le projet a pris un an de retard en raison de procédures sur des questions de recours ...

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 09/08/2011

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