22/08/2011

Imposition des transactions financières : le retour de la Chimère

Le récent sommet franco-allemand consacré à la situation de la monnaie européenne a débouché sur trois propositions-clés : la création d’un gouvernement de la zone euro, l’adoption d’une « règle d’or » pour les pays de cette zone (autrement dit un frein à l’endettement) et, enfin, l’introduction d’une taxe sur les transactions financières.

Cette idée saugrenue de taxe sur les transactions financières (communément appelée « taxe Tobin ») refait régulièrement surface en période de crise, pour disparaître à nouveau peu après, compte tenu de son caractère fondamentalement irréaliste. Cette chimère reste toutefois chère aux milieux altermondialistes et aux adversaires du libre-échange.

Il faut relever que le directeur général de la Banque Centrale Européenne, Jean-Claude Trichet, s’est clairement exprimé contre une telle taxe, pas plus tard qu’en juin 2011. Il a souligné que les centres financiers de l’Union européenne sortiraient perdants de l’introduction d’un tel impôt, sauf si le système était adopté globalement, au niveau mondial.

Il a ajouté que si certaines transactions devenaient plus onéreuses dans l’Union européenne que dans d’autres places financières, alors ces transactions seraient exécutées hors de l’UE.

Il faut souligner que le champ d’application géographique de cette taxe est tout sauf clair dans la proposition franco-allemande. En effet, si elle ne concerne que les 17 Etats de la zone euro, les capitaux se déplaceront immédiatement vers Londres ou encore ailleurs. Si elle englobe tout le territoire de l’UE, il est évident que Londres s’opposera fermement à un projet qui a peu de chance d’aboutir. En dernier lieu, l’introduction d’une telle taxe au niveau mondial relève plutôt de l’utopie.

En l’état, on peut relever que la Suisse connaît déjà une forme d’impôt sur les transactions, à savoir le droit de timbre de négociation. Or, cet impôt constitue un désavantage compétitif important pour notre place financière. On se souviendra d’ailleurs qu’au moment de son introduction, ce droit de timbre a provoqué un exode massif et immédiat vers Londres du marché des euros-obligations, un marché qui n’est jamais revenu.

Les politiciens suisses qui seraient tentés de promouvoir l’introduction d’une telle « taxe Tobin » en Suisse, en plus du droit de timbre, seraient bien inspirés de se souvenir des conséquences irrémédiables d’une telle démarche pour la place financière helvétique.

11:38 Publié dans Elections nationales 2011 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

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