12/09/2011

Politique de la santé : deux stands et un sondage

Samedi matin, un stand au Molard : il met en avant une affiche grand format comportant pour seul message le slogan « Arnaque d’Etat », dirigé contre les assurances maladies. On y trouve aussi un passage affublé de la mention « censuré », qui fait référence à une procédure judiciaire en cours. Au-delà de la polémique, aucune solution concrète et réaliste n’est proposée aux passants.

Samedi après-midi, un stand à Plainpalais : sous l’impulsion de sa nouvelle directrice, la Fondation des services d’aide et de soins à domicile (FSASD) a monté son stand pour aller à la rencontre de ses clients et, plus généralement, de la population. On nous explique que le lieu a été choisi à dessein, dans la mesure où les personnes âgées se déplacent plus volontiers à Plainpalais que dans les Rues Basses. L’accueil est chaleureux, les renseignements précis. Une documentation ciblée est également à disposition (www.fsasd.ch).

Ce lieu convivial a notamment attiré le Président des pharmaciens et celui des médecins de famille. Avec les représentants de la FSASD et les politiciens présents, ils parlent de l’amélioration du réseau de soins, des nouvelles contraintes posées par le vieillissement de la population, des possibles gains d’efficience. Mais le ton reste professionnel et le patient se situe toujours au centre des préoccupations.

Une semaine plus tard, sondage de santé suisse : l’association faîtière des assureurs maladie a publié son sondage annuel dont il ressort que la population est favorable à des réformes du système de santé, mais par petites touches. Il est question de réseaux de soins intégrés, de cybersanté et de frais administratifs (www.santesuisse.ch).

Ces trois épisodes m’amènent aux conclusions suivantes : premièrement, les attaques lancées par les occupants du premier stand sont inutiles. Elles peuvent, un instant, faire plaisir au lecteur. Mais leur efficacité s’arrête là car elles ne résoudront en aucune manière la problématique du financement du système de santé. A cet égard, l’action du Conseiller d’Etat genevois en charge de ce dossier (soutenu par l’ensemble du Grand Conseil) a été autrement plus fructueuse, puisque, sur la base de chiffres imparables et sans tomber dans l’outrance verbale, il est parvenu à obtenir une plus juste répartition entre les cantons des réserves accumulées par les caisses.

En second lieu, le sondage commandé par santésuisse peine à sortir du registre technocratique. La valse des chiffres et des pourcentages donne le vertige. On achève cette lecture avec le sentiment d’une médecine désincarnée, réduite à des statistiques stockées sur internet (cybersanté). On relèvera à cet égard que la notion de « protection de la sphère privée » du patient n’apparaît nulle part. Une lueur d’humanité ressort malgré tout de ce document, dans la mesure où 88% des sondés se déclarent favorables à la promotion de la médecine de famille.

Par conséquent, la solution (au moins partielle, il faut rester modeste) à ce problème des coûts de la santé se trouve peut-être dans une application à large échelle des préceptes promus par la FSASD sur son stand : réunir les différents acteurs du monde de la santé, à savoir en particulier les médecins, les pharmaciens et les entités publiques autonomes pour mener une concertation ouverte en vue de la mise en place d’un réseau efficient et cohérent, autour du patient. L’invective stérile n’y aurait évidemment pas sa place.

14:15 Publié dans Elections nationales 2011 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

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