23/09/2011

Déficit budgétaire: c'est pas moi, c'est lui

Lors de la présentation de son budget 2012, le Conseil d’Etat genevois a annoncé un déficit astronomique de 429 millions.
Par ailleurs, contrairement aux engagements pris dans le plan financier quadriennal, les charges de fonctionnement progressent de 3%, alors que toutes les collectivités publiques autour de nous (à l’exception notable de la Ville de Genève) se serrent la ceinture et que les PME luttent pour leur survie face au franc fort.
Pour justifier cette augmentation, le Conseil d’Etat avance une multitude de prétextes et affirme que ces hausses sont induites par des éléments sur lesquels il n’a aucune prise. Il évoque en vrac la Confédération, la BNS, le Grand Conseil, l’euro, etc.
La liste est longue, mais l’argumentation est un peu courte.
On constate notamment une augmentation sensible du nombre de postes, du montant des subventions accordées et des dépenses générales (+ 6,1% !). Le Gouvernement possède sans conteste une marge de manœuvre sur ces différents éléments. Mais il a renoncé à procéder aux arbitrages nécessaires, laissant le soin au Grand Conseil de décider à sa place.
L’augmentation de la dette constitue une autre source de préoccupation Elle s’accroît de plusieurs centaines de millions pour atteindre 11,4 milliards. On relèvera à ce propos que, pendant que la cigale genevoise ne parvient pas à endiguer cette dette, la fourmi vaudoise a réduit son endettement de manière spectaculaire puisqu’il a passé sous les 2 milliards.
Dans son exposé des motifs, le Conseil d’Etat évoque en des termes alambiqués des mesures à prendre à partir de 2012 pour résorber le déficit structurel estimé à 150 millions. Il est question d’augmentation de recettes et de réduction de charges. Le but est de retrouver l’équilibre financier en 2014.
Dans cette perspective, il faudra s’opposer avec la plus grande fermeté à toute hausse d’impôt. En effet, les personnes physiques sont déjà mal loties à Genève en comparaison intercantonale et il serait déraisonnable d’augmenter l’imposition des entreprises qui se trouvent dans une situation très délicate compte tenu de la force du franc.
Pour finir sur une note positive, on relèvera avec satisfaction le niveau élevé des investissements. Notre canton souffre d’un retard important en matière d’infrastructures, notamment dans les transports publics et privés.
De même, il conviendra de soutenir l’accroissement des moyens dédiés à la sécurité et à la Justice. On sait que l’insécurité constitue un problème majeur à Genève et il faut par conséquent tout mettre en œuvre pour combattre ce fléau.
La commission des finances et le Grand Conseil auront donc fort à faire pour opérer les choix que le Gouvernement a esquivés et il faudra travailler en vue de trouver un consensus acceptable qui s’intègre dans les limites fixées par le plan financier quadriennal.

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