28/09/2011

Athènes sur Léman: ça vous tente ?

Dans une interview complaisante publiée aux frais du contribuable dans « Vivre à Genève », Sandrine Salerno, conseillère administrative socialiste de la Ville de Genève, lance l’offensive contre l’emploi et les recettes fiscales.

Elle s’attaque notamment « aux entreprises spécialisées dans le haut de gamme, la haute finance et le trading » et estime « qu’elles sont largement sur-représentées dans notre structure économique ».

Toute occupée à faire augmenter le budget de la Ville (charges en hausse de 4,2% par rapport au budget 2011 voté), Mme Salerno perd de vue le fait que la grande majorité des recettes fiscales dont bénéficie la Cité de Calvin provient précisément des secteurs économiques qu’elle accuse de tous les maux.

Mais il y a plus grave. Les branches en question sont de très gros pourvoyeurs d’emplois qualifiés, garants de notre prospérité. Les multinationales sont génératrices de plus de 70'000 postes à haute valeur ajoutée, occupés dans leur majorité par des Suisses. Quant à la place financière, elle procure près de 35'000 emplois. De même, le « haut de gamme », à savoir notamment l’horlogerie et la bijouterie, ainsi que l’hôtellerie de luxe, contribue notablement à l’attractivité du canton.

De plus, contrairement aux déclarations de l’élue socialiste, il est faux d’opposer, d’une part, les PME locales et, d’autre part, les entreprises exportatrices et multinationales. Ces acteurs du tissu économique genevois sont complémentaires et peuvent difficilement subsister les uns sans les autres.

Un départ des sociétés multinationales et bancaires conduirait Genève à la décroissance, à des pertes d’emplois massives et à un effondrement des recettes fiscales, plongeant le canton dans la crise et le surendettement.

Cette situation peu enviable ne vous rappelle-t-elle rien ?

La Grèce vit actuellement ce cauchemar et rêverait de pouvoir compter sur quelques miettes de la prospérité genevoise, due notamment aux entreprises vilipendées de manière irresponsable par la magistrate socialiste.

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26/09/2011

Envoi postal des médicaments : attention danger!

Les assurés reçoivent de plus en plus souvent des courriers insistants de leur caisse maladie pour les inciter à choisir l’envoi postal de médicaments.

Les malades chroniques sont particulièrement visés par ces démarches intempestives.

Il faut insister sur le fait que les assurés ne sont pas obligés d’accepter de telles « offres », qui ne conduiront d’ailleurs à aucune diminution de prime.

Cette fâcheuse tendance des caisses constitue avant tout la négation du rôle, pourtant central, du pharmacien dans le réseau de soins.

Le pharmacien est le seul partenaire qui, grâce à sa formation complète, dispose de connaissances approfondies sur les médicaments. Le lien de proximité qu’il crée avec le patient permet de tisser une relation de confiance, de prodiguer les conseils nécessaires et d’assurer le suivi adéquat de la prise des médicaments.

Ces prestations indispensables à des soins de qualité ne peuvent pas être remplacées par un simple coli postal !

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23/09/2011

Déficit budgétaire: c'est pas moi, c'est lui

Lors de la présentation de son budget 2012, le Conseil d’Etat genevois a annoncé un déficit astronomique de 429 millions.
Par ailleurs, contrairement aux engagements pris dans le plan financier quadriennal, les charges de fonctionnement progressent de 3%, alors que toutes les collectivités publiques autour de nous (à l’exception notable de la Ville de Genève) se serrent la ceinture et que les PME luttent pour leur survie face au franc fort.
Pour justifier cette augmentation, le Conseil d’Etat avance une multitude de prétextes et affirme que ces hausses sont induites par des éléments sur lesquels il n’a aucune prise. Il évoque en vrac la Confédération, la BNS, le Grand Conseil, l’euro, etc.
La liste est longue, mais l’argumentation est un peu courte.
On constate notamment une augmentation sensible du nombre de postes, du montant des subventions accordées et des dépenses générales (+ 6,1% !). Le Gouvernement possède sans conteste une marge de manœuvre sur ces différents éléments. Mais il a renoncé à procéder aux arbitrages nécessaires, laissant le soin au Grand Conseil de décider à sa place.
L’augmentation de la dette constitue une autre source de préoccupation Elle s’accroît de plusieurs centaines de millions pour atteindre 11,4 milliards. On relèvera à ce propos que, pendant que la cigale genevoise ne parvient pas à endiguer cette dette, la fourmi vaudoise a réduit son endettement de manière spectaculaire puisqu’il a passé sous les 2 milliards.
Dans son exposé des motifs, le Conseil d’Etat évoque en des termes alambiqués des mesures à prendre à partir de 2012 pour résorber le déficit structurel estimé à 150 millions. Il est question d’augmentation de recettes et de réduction de charges. Le but est de retrouver l’équilibre financier en 2014.
Dans cette perspective, il faudra s’opposer avec la plus grande fermeté à toute hausse d’impôt. En effet, les personnes physiques sont déjà mal loties à Genève en comparaison intercantonale et il serait déraisonnable d’augmenter l’imposition des entreprises qui se trouvent dans une situation très délicate compte tenu de la force du franc.
Pour finir sur une note positive, on relèvera avec satisfaction le niveau élevé des investissements. Notre canton souffre d’un retard important en matière d’infrastructures, notamment dans les transports publics et privés.
De même, il conviendra de soutenir l’accroissement des moyens dédiés à la sécurité et à la Justice. On sait que l’insécurité constitue un problème majeur à Genève et il faut par conséquent tout mettre en œuvre pour combattre ce fléau.
La commission des finances et le Grand Conseil auront donc fort à faire pour opérer les choix que le Gouvernement a esquivés et il faudra travailler en vue de trouver un consensus acceptable qui s’intègre dans les limites fixées par le plan financier quadriennal.

15:30 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

21/09/2011

Emploi bancaire: un enjeu majeur

Fin 2010, les banques employaient en Suisse 108'000 collaborateurs, soit près de 3,2% de la main d’œuvre nationale. Avec les gérants de fortune indépendants et les négociants en valeurs mobilières on atteint le chiffre de 141'000 postes.
Toutefois, plusieurs facteurs exercent une pression sur le secteur et, par ricochet, sur l’emploi. Je veux parler des trois éléments suivants :

  • la force du franc : comme toute l’industrie, la place financière souffre de la vigueur de notre monnaie qui fait fondre les masses sous gestion.
  • la volatilité des marchés : les incertitudes liées aux soubresauts des marchés mondiaux pèsent sur le moral des investisseurs qui adoptent des comportements attentistes. Les résultats des banques s’en ressentent.
  • la vague réglementaire : le secteur bancaire suisse est confronté à un nombre inégalé de projets législatifs, dont l’application engendrera des coûts importants qui contribueront à l’érosion des marges.

Face à cette situation, la résignation ne constitue pas une option. Au contraire, des mesures doivent être prises pour :

  • améliorer la compétitivité : il faut mener une réforme ambitieuse de la Loi sur les placements collectifs de capitaux (LPCC) pour permettre de développer l’activité d’ « asset management » en Suisse. De même, une suppression du droit de timbre s’impose.
  • freiner la frénésie réglementaire : nos autorités doivent fixer des priorités et procéder à une analyse coûts/bénéfices. A défaut, notre pays mettra en place sans le dire une politique structurelle qui conduira à une consolidation du secteur, non pas à cause d’une saine concurrence, mais en raison d’une réglementation excessive.
  • garantir la libre circulation des talents : l’attractivité de la place dépend de la capacité des intervenants à attirer des personnes capables de répondre aux attentes d’une clientèle sophistiquée. L’introduction de barrières visant à restreindre cet indispensable brassage de compétences mènerait à une perte de savoir-faire et à la délocalisation de certaines activités.

Il est grand temps de prendre le taureau par les cornes et de tout mettre en œuvre pour préserver l’emploi bancaire dans notre pays !

11:00 Publié dans Elections nationales 2011 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

19/09/2011

Décroissance économique - croissance étatique

Dans un article édifiant paru dans la Tribune de Genève du 16 septembre 2011, le Président du PS, René Longet, rappelle le credo économique de son parti :

Il faut viser la décroissance en refusant l’implantation à Genève de sociétés multinationales.

Par ailleurs, selon lui, le salut du canton passerait par la création d’un fonds public « largement doté » qui financerait un « vaste programme d’assainissement des bâtiments et de soutien aux énergies renouvelables ».

C’est là que, dans sa stratégie, M. Longet, veut « chercher de nouveaux équilibres ».

Il ne s’agit en tous cas pas d’une référence à l’équilibre des finances publiques.

En effet, même si l’on voulait, contre toute bonne logique, soutenir le principe d’un fonds cantonal mammouth, on voit mal comment il pourrait être « largement doté » si la politique du PS visant à exclure les multinationales venait à être appliquée. Les recettes fiscales issues de ces centaines d’entreprises et de leurs dizaines de milliers de collaboratrices et collaborateurs disparaitraient, tout comme celles versées par les personnes au bénéfice du forfait fiscal que M. Longet, dans son article, veut aussi chasser du canton.

Le départ de ces contribuables porterait un tort considérable à Genève. Il est donc irresponsable de le réclamer.

Le Président du PS fait aussi l’apologie des cleantechs. Le développement à Genève de cette activité prometteuse doit bien entendu être favorisé. Mais, en l’état, il n’en est qu’à ses balbutiements et n’est pas encore une source importante d’emplois.

Au passage, on relèvera que ni la Confédération, ni le canton, n’ont attendu le visionnaire M. Longet pour considérer ce secteur comme prioritaire. A Genève, ce domaine compte parmi les points forts du programme de législature établi par le Conseil d’Etat, sous l’impulsion du chef du département de l’économie.

Au lieu de tirer des plans sur la comète, M. Longet serait mieux inspiré de lutter pour le maintien à Genève des emplois déjà existants, dans une période économiquement chahutée. Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras…

11:52 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

16/09/2011

Pour la libre circulation des talents

On entend dire que Genève n’est ni le Bronx, ni Marseille. Ces déclarations visent à relativiser l’insécurité grandissante qui règne dans notre ville. La comparaison mérite une analyse, notamment sous l’angle économique.

Précisons d’emblée que chaque citoyen a droit à ce que son intégrité physique et patrimoniale soit protégée. Cela fait partie des tâches élémentaires de l’Etat.

Cela étant dit, revenons au Bronx et à Marseille. Ce quartier de New York et la Cité phocéenne ont une triste réputation en matière de banditisme. En revanche, leur dépendance aux secteurs du tourisme, des entreprises multinationales, de l’horlogerie et de la finance est bien moindre qu’à Genève.

Or, ces activités, qui font la prospérité de notre canton, sont sensibles à la problématique de la sécurité. Un touriste qui est victime d’un vol à la tire ou d’une escroquerie au bonneteau à la sortie de son hôtel ne reviendra plus sur les bords du Léman. Une multinationale ou une organisation internationale dont un collaborateur se fait agresser en ville donnera des conseils de prudence, comme on l’a vu récemment. Le braquage d’une bijouterie ou d’une banque entachera la réputation de Genève.

Genève exerce une forte attractivité sur les bandes criminelles lyonnaises, les escrocs au bonneteau et les mendiants d’Europe de l’Est. Ces facteurs pourraient constituer une excuse si, dans le cadre de la compétitivité sécuritaire, notre canton devait effectivement être comparé au Bronx ou à Marseille. Mais, pour le monde économique, le standard se situe plutôt à Zurich.  Les personnes et entreprises qui recherchent la qualité suisse et sont prêtes à en payer le prix ne sont pas disposées à transiger sur la question de la sécurité, intimement liée à leur conception du « Swiss made ».

La rencontre entre la Conseillère d’Etat Isabel Rochat et la Présidente de la Confédération pour évoquer ce thème est un signe encourageant. Genève doit obtenir rapidement des gages concrets de la part de Berne, d’une part, en matière d’accords de réadmission pour des criminels expulsés et, d’autre part, pour l’obtention d’effectifs de gardes-frontières supplémentaires.

Ce dispositif doit être complété par la création de places de détention administrative et d’une application stricte de la loi contre la mendicité.

Ces améliorations ne doivent conduire ni à un verrouillage des frontières ni à une dénonciation des Accords de libre circulation avec l’Union européenne. A défaut, le remède serait pire que le mal.

La transformation de Genève en camp retranché conduirait à l’asphyxie d’une économie ouverte qui prospère grâce à la libre circulation des talents.

09:35 Publié dans Elections nationales 2011 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

15/09/2011

Joindre l'utile au sublime

La Fondation Dr Henri Dubois-Ferrière Dinu Lipatti se consacre exclusivement, depuis sa création en 1970, à soutenir la lutte contre la leucémie et les autres maladies du sang.

Elle a réussi l’exploit de réunir hier à Genève, le temps d’une soirée de gala, le célèbre orchestre du Gewandhaus de Leipzig et la prodigieuse pianiste portugaise Maria-Joao Pires. Le premier est l’un des plus anciens orchestres symphoniques du monde, puisque ses origines remontent à 1743. La seconde jouait déjà les concertos de Mozart en public à l’âge de 7 ans.

Le public du Victoria Hall est resté tétanisé d’émotion à l’écoute du Concerto pour piano et orchestre n° 3 de Beethoven. Même les habituels toussotements s’étaient tus.

Merci pour ce moment d’exception !

Tout propos supplémentaire constituerait une fausse note.

09:25 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook

12/09/2011

Politique de la santé : deux stands et un sondage

Samedi matin, un stand au Molard : il met en avant une affiche grand format comportant pour seul message le slogan « Arnaque d’Etat », dirigé contre les assurances maladies. On y trouve aussi un passage affublé de la mention « censuré », qui fait référence à une procédure judiciaire en cours. Au-delà de la polémique, aucune solution concrète et réaliste n’est proposée aux passants.

Samedi après-midi, un stand à Plainpalais : sous l’impulsion de sa nouvelle directrice, la Fondation des services d’aide et de soins à domicile (FSASD) a monté son stand pour aller à la rencontre de ses clients et, plus généralement, de la population. On nous explique que le lieu a été choisi à dessein, dans la mesure où les personnes âgées se déplacent plus volontiers à Plainpalais que dans les Rues Basses. L’accueil est chaleureux, les renseignements précis. Une documentation ciblée est également à disposition (www.fsasd.ch).

Ce lieu convivial a notamment attiré le Président des pharmaciens et celui des médecins de famille. Avec les représentants de la FSASD et les politiciens présents, ils parlent de l’amélioration du réseau de soins, des nouvelles contraintes posées par le vieillissement de la population, des possibles gains d’efficience. Mais le ton reste professionnel et le patient se situe toujours au centre des préoccupations.

Une semaine plus tard, sondage de santé suisse : l’association faîtière des assureurs maladie a publié son sondage annuel dont il ressort que la population est favorable à des réformes du système de santé, mais par petites touches. Il est question de réseaux de soins intégrés, de cybersanté et de frais administratifs (www.santesuisse.ch).

Ces trois épisodes m’amènent aux conclusions suivantes : premièrement, les attaques lancées par les occupants du premier stand sont inutiles. Elles peuvent, un instant, faire plaisir au lecteur. Mais leur efficacité s’arrête là car elles ne résoudront en aucune manière la problématique du financement du système de santé. A cet égard, l’action du Conseiller d’Etat genevois en charge de ce dossier (soutenu par l’ensemble du Grand Conseil) a été autrement plus fructueuse, puisque, sur la base de chiffres imparables et sans tomber dans l’outrance verbale, il est parvenu à obtenir une plus juste répartition entre les cantons des réserves accumulées par les caisses.

En second lieu, le sondage commandé par santésuisse peine à sortir du registre technocratique. La valse des chiffres et des pourcentages donne le vertige. On achève cette lecture avec le sentiment d’une médecine désincarnée, réduite à des statistiques stockées sur internet (cybersanté). On relèvera à cet égard que la notion de « protection de la sphère privée » du patient n’apparaît nulle part. Une lueur d’humanité ressort malgré tout de ce document, dans la mesure où 88% des sondés se déclarent favorables à la promotion de la médecine de famille.

Par conséquent, la solution (au moins partielle, il faut rester modeste) à ce problème des coûts de la santé se trouve peut-être dans une application à large échelle des préceptes promus par la FSASD sur son stand : réunir les différents acteurs du monde de la santé, à savoir en particulier les médecins, les pharmaciens et les entités publiques autonomes pour mener une concertation ouverte en vue de la mise en place d’un réseau efficient et cohérent, autour du patient. L’invective stérile n’y aurait évidemment pas sa place.

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05/09/2011

Blocage des avoirs grecs : le PS poursuit son Odyssée contre la place financière

Le groupe socialiste au Grand Conseil a déposé le 29 août 2011 une proposition de Résolution invitant le Conseil d’Etat genevois à intervenir auprès du Conseil fédéral pour que celui-ci :

•    gèle immédiatement tous les avoirs placés par des citoyens ou entreprises grecs dans les banques exerçant en Suisse ;
•    transmette au gouvernement grec la liste des déposants et les montants déposés ;
•    reste à la disposition du gouvernement grec pour prélever à la source et reverser un impôt et des amendes dont les montants auront été définis par celui-ci et permettant de contribuer à une répartition plus équitable des efforts entre les citoyens grecs pour réduire la dette de cet Etat.

Le groupe socialiste s’en prend violemment aux banques suisses en les accusant d’avoir des pratiques « pouvant s’apparenter à du recel ».

Dans leur exposé des motifs, les socialistes escamotent deux éléments importants. Premièrement, jusqu’à nouvel ordre, la Confédération helvétique reste un Etat de droit dont la Constitution et la législation prévoient la protection de la sphère privée, notamment financière. La transmission sauvage de données à laquelle aspire le PS n’est pas compatible avec ces principes fondamentaux. Par ailleurs, la Suisse et la Grèce sont liées par une Convention de double imposition (CDI) qui permet une collaboration en cas de soustraction et de fraude fiscale. Athènes est donc légitimée à déposer des requêtes dans ce but si elle l’estime utile et fondé. Pour ce motif, la Résolution évoquée ci-dessus poursuit un but illégal.

En second lieu, le PS passe sous silence les raisons profondes de la situation financière de la Grèce. Ce pays figure au 78ème rang dans le palmarès de la corruption établi en 2010 par l’ONG « Transparency International », derrière la Colombie, la Chine et Vanuatu. La Grèce est l’un des pires élèves européens en matière de contrôle de son économie au noir qui est évaluée à 26% environ. Ce pays consacre entre 3,5 et 4% de ses revenus à des dépenses militaires, qui sont les plus élevées de l’Europe de l’Ouest. On pourrait aussi évoquer le fait que la Grèce est fortement soupçonnée d’avoir fait preuve d’une créativité remarquable pour masquer aux yeux de Bruxelles la réalité de son endettement abyssal.

On voit bien que le PS s’intéresse en réalité peu au sort de la Grèce. Ce qu’il vise, c’est l’affaiblissement de la place financière genevoise. Ce dénigrement systématique s’inscrit dans une longue tradition.

On se souviendra des attaques incessantes de Jean Ziegler contre les banquiers helvétiques. La crédibilité de cet ancien conseiller national socialiste s’est toutefois effondrée en même temps que le régime dictatorial de son ami personnel Kadhafi. Au demeurant, il est piquant de constater que les milliards d’avoirs libyens bloqués à travers le monde se trouvent avant tout aux Etats-Unis (USD 31 milliards), au Royaume-Uni (USD 13,6 milliards) et en France (7,6 milliards d’euros).

On se souviendra aussi qu’en février 2010, le Conseiller national Carlo Sommaruga prônait une restructuration drastique du secteur bancaire, en citant pour exemple l’industrie horlogère (voir TdG du 11 février 2010). Pour rappel, face aux bouleversements technologiques, l’horlogerie suisse a passé de 90'000 emplois en 1973 à 30'000 en 1984, soit une diminution de 66% des postes de travail. On voit le sort que l’élu genevois entend réserver au premier secteur économique du canton dont il est issu.

N’y a-t-il personne, parmi les nombreux sympathisants socialistes issus de la fonction publique et du secteur subventionné à Genève pour rappeler aux dirigeants du parti, enfermés dans leur Olympe dogmatique, que la place financière et ses 35'000 emplois contribuent pour plus de 20% au PIB genevois et génèrent près de 25% des recettes fiscales du canton et des communes ? Sans cette prospérité, le paiement des salaires de toute cette population émargeant au budget de l’Etat ne serait tout simplement plus assuré.

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