14/10/2011

PS: deux initiatives irresponsables

Le parti socialiste genevois vient de lancer deux initiatives qui sont de nature à porter un tort considérable à la prospérité du canton.

Suppression des forfaits fiscaux

Le PS s’en prend tout d’abord aux forfaits fiscaux dont il réclame l’abolition.
Pour rappel, à Genève, 750 personnes sont au bénéfice de l’imposition d’après la dépense. Ces contribuables étrangers, qui ont élu domicile en Suisse sans y exercer d’activité lucrative, contribuent de manière importante aux recettes fiscales de l’Etat (on parle de 150 millions par année pour le canton). Par ailleurs, ils participent au dynamisme de l’économique locale, par le biais de la consommation, de la construction et des services financiers. En revanche, ils font un usage limité des infrastructures et des prestations étatiques (école, santé, social).
Si Genève venait, contre toute bonne logique, à supprimer les forfaits fiscaux, les contribuables concernés quitteraient en masse Genève pour traverser la Versoix ou la Manche, afin de s’établir sous des cieux fiscaux plus cléments.
On relèvera à cet égard que l’ensemble des cantons suisses accueillent environ 5'000 forfaitaires. Au Royaume-Uni, où le système en place présente la plus grande similitude avec le nôtre, on comptait en 2008/2009 par moins de 123'000 personne ayant le statut fiscal de « résidents non domiciliés ».
Ne soyons pas naïfs ! La qualité de vie genevoise ne suffira pas à retenir ces contribuables chez nous.

Suppression des statuts fiscaux pour les entreprises

A Genève, certaines entreprises bénéficient d’un statut fiscal allégé, dans la mesure où elles exercent leurs activités principalement à l’étranger. On parle de sociétés holdings ou auxiliaires.
La seconde initiative du PS vise à supprimer ces statuts, ce qui conduira au doublement de l’imposition des sociétés en question. On leur signifierait ainsi qu’elles ne sont plus les bienvenues sur notre sol.
Or, il ne faut pas perdre de vue que les multinationales attaquées frontalement par le PS, assurent quelque 76'000 emplois, occupés en majorité par des Suisses. L’ancrage local des multinationales est donc important. A cela s’ajoute que chacun de ces postes à très haute valeur ajoutée conduit à la création de 3,7 emplois dans l’économie endogène. Ce secteur a par conséquent des répercussions très bénéfiques sur les PME du canton qui fournissent des prestations de sous-traitance. Il est donc absurde d’opposer les entreprises locales et les multinationales alors qu’elles sont complémentaires et interdépendantes.
En tout état, un doublement de l’imposition de ces sociétés aurait pour conséquence irrémédiable leur départ du canton.
Genève perdrait non seulement des milliers d’emplois directs et indirects, mais les conséquences fiscales seraient également dévastatrices. Selon les déclarations du Chef du département des finances, les entreprises visées par le PS génèrent environ 400 millions d’impôts sur les personnes morales. Il faut y ajouter environ 250 millions au titre de la taxation des collaboratrices et des collaborateurs.

Conclusion

Vous êtes invités à faire l’addition des effets induits par les deux initiatives irresponsables du PS, si, par malheur, elles venaient à être acceptées par le peuple :

Disparition des forfaits fiscaux :            CHF 150 millions
Départ des multinationales :                 CHF 400 millions (personnes morales)
Impôts des collaborateurs :                  CHF 250 millions (personnes physiques)

Soit un total de                                    CHF 800 millions de recettes fiscales en moins.

Qui devra combler le trou causé par la perte de ces contribuables ?


VOUS !

 

12:10 Publié dans Elections nationales 2011 | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook

Commentaires

Cher M. Cuendet,

Petite remarque sur les chiffres que vous donné pour les forfaits Fiscaux.

Forfait fiscaux en 2011 au alentour 40 millions
Recette du aux suites des déces liés à des personnes au régime des Forfaits fiscaux ( Imposition des héritiers ) : 30 millions

La recette est donc de 70 millions et c'est un chiffre inhabituel normalement il est plutot de l'ordre de 50 Millions.

Les 150 millions que vous annoncés sont donc totalement faux.

Je ne reviens ni sur l'argumentaire, ni sur les convictions de chacuns sur ce type d'imposition.

Mais d'un point de vu Factuel je pense qu'en ce basant sur les bons chiffres il est plus facile à chacun de se forger son opinion.

Une proposition envisageable serait de monter le plafond d'imposition de 3 % à 6 % ce qui maintiendrait genève dans une compétitivité fiscale et serait plus compréhensible pour les gens du communs qui sont eux imposés à hauteur de 35%.

Je vous souhaite une excellente journée.

Thomas Bläsi

Écrit par : Thomas Bläsi | 14/10/2011

100% d'accord avec vous.

Qui va financer la pléthore de fonctionnaires grassement payés et à qui on garantit l'emploi à vie alors que nous autres sommes à la merci des restructurations économiques de l'économie privée.

Et pourquoi ne ferions nous pas plutôt partir les milliers de faux réfugiés et clandestins qui pululent à nos frais à Genève et dans nos crêches et écoles et que la Gauche qui ne sait que dépenser l'argent des autres souhaite voir légalisés leur permettant ainsi de bénéficier des HLMs dont les bons petits suisses pourront être chassés et de notre filet sociale?

A quand un rapprochement avec l'UDC et le MCG afin de gagner des élections?

Écrit par : Anonyme | 14/10/2011

Cher Monsieur Cuendet,

Avec tout le respect que je vous dois, je crois qu'il y a erreur au sujet de la seconde initiative du PS.

Celle ci-ne vise en effet pas à abroger le statut de société dite "auxiliaire" (art. 23 LIPM), qui offre en effet un taux d'imposition allégé aux entreprises dont l'activité est principalement déployée à l'étranger, mais a pour but de supprimer l'allègement fiscal qu'il est possible d'accorder aux sociétés nouvellement implantées à Genève (art. 10 LIPM), et qui est effectivement un instrument de promotion économique important. Je dois reconnaître que la présentation de cette initiative par le PS lui-même, passablement confuse et limite mensongère, n'aide pas à la compréhension.

Le statut de société auxiliaire est quant à lui principalement dans le viseur de Bruxelles, qui aimerait bien voir la Suisse abandonner ce genre de privilège qui représente effectivement une inégalité de traitement et donc à ses yeux un instrument de concurrence déloyale. Cette menace constitue une épée de Damoclès sur le secteur du trading de matières premières, dont Genève est devenue un des centres internationaux. Je crois que le Conseil d'Etat se préoccupe de trouver des solutions pour rester concurrentiel le jour où ce statut sera abrogé.

Écrit par : Punica Fides | 14/10/2011

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