14/11/2011

LASI : remplacer une trappe à exclusion par un dispositif de réinsertion professionnelle

Auriez-vous l’idée de vous battre pour défendre le minitel, alors qu’internet permet de communiquer mieux et plus rapidement ? C’est pourtant le combat du Comité référendaire, qui s’acharne à exiger le maintien du RCMAS (revenu minimum cantonal d’aide sociale) alors que la révision de la LASI doit permettre de réinsérer plus de personnes, mieux et plus rapidement.

En un peu plus de 15 années de services, le RMCAS, qui était conçu pour éviter que les personnes en fin de droits ne tombent à l’aide sociale, s’est peu à peu transformé en piège pour ses bénéficiaires. Aujourd’hui, seul un tiers d’entre eux fournit une contre-prestation (souvent peu formatrice, éloignée du marché de l’emploi, et quelquefois même dévalorisante) et la durée de la mesure est de 39 mois en moyenne, contre 21 mois pour une personne à l’aide sociale. En clair, le RMCAS s’est peu à peu mué en trappe à exclusion et à pauvreté.

C’est fort de ce constat accablant que le Conseil d’Etat a proposé une révision du système. L’idée : remplacer le RMCAS par une révision de la loi sur l’aide sociale individuelle, en la complétant par un volet « insertion ». Par cet ajout, c’est la philosophie du système que l’on change, en passant d’un dispositif qui garantit le minimum vital en s’occupant de manière marginale de l’emploi à un dispositif de formation et de réinsertion professionnelle, qui garantit le minimum vital.

A priori, il n’existe aucune raison de s’opposer à ce projet plein de bon sens et tourné vers le retour en emploi. Toutefois, contre toute bonne logique, cet objectif ne semble pas faire le poids face aux calculs d’apothicaire des référendaires et de leurs amis. Car selon eux, la révision aboutirait à une diminution des prestations pour les personnes aidées. Rien n’est plus faux. D’une part, les projections démontrent que les prestations sont globalement équivalentes, voire quelquefois plus élevées qu’à l’heure actuelle. D’autre part – et surtout –, la nouvelle loi se donne les moyens de ses ambitions, en augmentant de près de 20 millions l’effort financier de l’Etat. Cet investissement est destiné à mieux définir les besoins des personnes en fin de droits, à leur offrir de nouveaux outils d’insertion et à assurer un meilleur suivi de leur parcours de réinsertion. Peut-on décemment parler de sous-enchère sociale et salariale ? Certainement pas !

Pour ma part, entre un système qui a montré ses limites en maintenant artificiellement ses bénéficiaires dans un état de dépendance et d’assistanat, et un projet ambitieux, véritablement orienté sur les besoins des personnes aidées, pour leur permettre de retrouver le plus rapidement possible le marché du travail et leur autonomie, mon choix est vite fait. Je voterai OUI à  la révision de la LASI.

14:19 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

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