17/11/2011

Haute horlogerie : remettre les pendules à l’heure

Le dernier blog de Michel Ducommun, ancien Président du Cartel intersyndical de la Fonction publique, m’a laissé sans voix. Il s’insurge contre le succès rencontré par le groupe horloger Richemont et par ses fleurons, que sont notamment Cartier, Piaget et Vacheron Constantin.

Dans un discours de lutte des classes primaire, il exprime son dégoût pour ces produits issus de la haute horlogerie, réservés aux « riches ».

Pour ma part, je suis très fier que Genève puisse compter dans son tissu économique des entreprises dont les racines sont profondément ancrées dans notre canton, qui assurent de nombreux emplois qualifiés et participent au rayonnement international de Genève.

Pour prendre l’exemple de Vacheron Constantin, spécifiquement visée par M. Ducommun, cette entreprise a été fondée en 1755 et représente la plus ancienne manufacture horlogère du monde, avec une activité ininterrompue depuis plus de 255 ans.

Elle emploie 700 personnes, dont la majeure partie est basée à Genève. Compte tenu de son succès, elle prévoit d’engager encore 300 personnes supplémentaires pour amener ses effectifs à 1'000 personnes environ. Cette croissance est tout simplement remarquable en cette période de crise économique où bon nombre d’entreprises envisagent plutôt de procéder à des licenciements.

Vacheron Constantin est aussi une entreprise formatrice qui compte de nombreux apprentis dans ses rangs. Elle collabore étroitement avec l’école d’horlogerie de Genève qui a ouvert ses portes en 1824 déjà. Des générations d’horlogers qualifiés sont issues de cet établissement qui est l’expression même du succès éclatant de la formation duale.

La manufacture précitée fait également partie des promoteurs du « Poinçon de Genève » que le Grand Conseil a instauré en 1886 comme véritable standard d’excellence et qui vient de célébrer ses 125 ans.

La Chambre de Commerce, d’industrie et des services de Genève (CCIG) ne s’y est d’ailleurs pas trompée et vient de décerner à Vacheron Constantin son prestigieux Prix 2011.

Par ses propos inconsidérés, M. Ducommun insulte le savoir-faire unique, développé depuis plus de 250 ans à Genève, qui se niche dans chacun des mouvements produits dans les manufactures de haute horlogerie genevoises.

14:43 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook

Commentaires

entièrement d'accord avec vous ! il est plus facile de critiquer et de détruire que de reconnaître la qualité de ceux qui ont le courage d'entreprendre, d'enseigner et de progresser

Écrit par : uranus | 17/11/2011

Décidemment, tes textes sur ce blog sont à chaque fois d'une extrême pertinence. Merci de remettre l'église au milieu du village, surtout avec son horloge sur le clocher :O)

Écrit par : Ch. Lassauce | 17/11/2011

Monsieur Ducommun, comme de nombreux politiques à Genève d'ailleurs, fait une grossière erreur. Car même si l'on devait regarder l'horlogerie sous l'angle prolétaire, elle remporterait la palme, tous secteurs confondus. Deux arguments en faveur de cette vision ouvrieuse.

1.
Noblesse ouvrière: Quelle autre branche a permis en 30 ans (juste après la crise du quartz dans les années septante jusqu'à ce jour) d'anoblir des métiers peu considérés alors? Je ne parle pas que des horlogers qu'on exhibe à leur établi, avec la loupe collée à l'oeil. Je parle aussi de ces métiers en blouse de travail bleue et les doigts dans l'huile...

2.
Interdit de délocaliser. Quelle autre branche que l'horlogerie s'est interdit de délocaliser, au point que le même job, s'il était fait à Annemasse au lieu de Thonex, à Saint-Julien au lieu de Plan les Ouates (ou à Morteau au lieu du Locle) vaudrait deux fois moins cher à la vente?

Confondre les objets hors de prix qui intéressent autant les gens riches du monde que ceux qui rêvent de l'être avec les milliers de gens dévoués et compétents qui peuplent nos manufactures (horlogers, machinistes, polisseurs aux mains tâchées, fraiseurs aux habits qui sentent l'huile, etc...) c'est du gauchisme à 2 balles. A la limite, apprendre que ce Monsieur eut un jour une quelconque charge syndicale me semble particulièrement inquiétant pour ces ouvriers dont il n'a semble-t-il jamais eu l'occasion d'apprendre le quotidien de labeur.

L'horlogerie, avant d'être perçue comme une mamelle économique (avec tout ce que cela comporte de CEO surpayés aux égos sur-développés, de fusions, d'acquisitions, de performances de ventes à l'export ou de record de prix pour des si petits objets) doit retrouver une fois pour toute dans cette ville la place culturelle qu'elle mérite. Ça éviterait à ce genre d'individu de mépriser à ce point des ouvriers -certes anoblis- qui mettent tous les jours que Dieu fait, les mains dans le cambouis manufacturier...

Bien à vous.

Écrit par : Joel A. Grandjean | 18/11/2011

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