14/06/2012

Compétitivité du secteur financier: Hong Kong et Singapour devant la Suisse

Selon le classement du « Top 20 des places financières globales » publié en mars 2012, Hong Kong et Singapour se situent respectivement à la 3ème et à la 4ème place, alors que Zurich et Genève occupent le 6ème  et le 14ème rang.
Mais les places asiatiques ne se reposent pas sur leurs lauriers. En effet, le « Financial Times » nous apprend aujourd’hui que Norman Chan, CEO de la « Hong Kong Monetary Authority » a annoncé aux acteurs de la place financière locale qu’il entendait alléger le cadre réglementaire afin d’améliorer encore la compétitivité de Hong Kong face à sa grande rivale Singapour. Cela passera notamment par un assouplissement des règles de « suitability » pour les clients fortunés, qui seront clairement distingués des clients « retail ».
En Suisse, cette problématique de la compétitivité ne figure malheureusement pas sur la liste des priorités de l’autorité de surveillance. On rappellera en effet que, lors de la conférence de presse annuelle de la FINMA du 27 mars 2012, son directeur a déclaré que « notre tâche n’est pas non plus de promouvoir la compétitivité internationale du secteur ».
Cette vision n’est pas partagée par le PLR qui, sous la plume du Conseiller national Christian Lüscher, vient de déposer une Interpellation au Parlement sous le titre « Renforcement de la compétitivité de la place financière suisse ». Ce texte se réfère au Rapport publié en septembre 2009 par le Conseil fédéral en réponse au postulat Graber dans lequel le Gouvernement définit plusieurs axes stratégiques, dont un est spécifiquement intitulé « Renforcement de la compétitivité internationale du secteur financier ». L’Interpellation du PLR se conclut en ces termes: « Le Conseil fédéral est dès lors prié de dire s’il prend ses distances par rapport aux propos tenus par M. Raaflaub et s’il estime lui aussi qu’il y a lieu de renforcer les dispositions de la LFINMA sur la compétitivité internationale de la place financière suisse ».
Il faut espérer que le Parlement soutiendra cette intervention légitime.

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07/06/2012

Fusion des caisses de pension étatiques : la perplexité d’un député de droite

Alors que la Commission des finances s’apprête à consacrer une journée entière au débat et, espérons-le, au vote du projet de loi visant à fusionner la CIA et la CEH et à renflouer à coup de milliards ces deux caisses en perdition, le député que je suis est pour le moins perplexe.
Pour planter le décor, rappelons que le trou à combler est abyssal puisqu’il atteint près de CHF 7 milliards. Sur ce montant, la coquette somme de CHF 800 millions environ devra être versé d’un coup pour couvrir les rentes actuelles, conformément à la loi.

Rappelons aussi qu’aujourd’hui, le plan de retraite de la fonction publique n’est pas à proprement parler défavorable en comparaison avec certains secteurs de l’économie privée et que, selon les chiffres du Conseil d’Etat, le salaire médian des serviteurs de l’Etat atteint environ CHF 9'000.- par mois, alors qu’il est d’à peu près CHF 6'700.- dans le secteur privé.

Pour combler le découvert de ces caisses, l’effort des contribuables genevois sera donc d’environ CHF 150 millions par année sur 40 ans.
Or, parmi ces aimables contribuables, on trouve non seulement des PME locales, mais également des entreprises actives dans le négoce de matières premières, la banque, l’immobilier ainsi que des personnes physiques travaillant dans ces secteurs et bénéficiant d’un revenu et d’une fortune plus ou moins élevés.

Dans le débat actuel, les représentants du Parti socialiste, dont certains sont affiliés à la CIA, ne comprennent pas que l’on puisse s’interroger sur la méthode de financement de ce monstrueux déficit, mais réclament que les contribuables genevois passent sans sourcilier à la caisse pour sauver ces institutions de prévoyance, en faveur de membres de la fonction publique qui, selon la Gauche, ont déjà fait beaucoup de sacrifices. Si besoin est, ils préconisent encore une hausse d’impôts.

Mais là où le bât blesse, c’est que ces mêmes représentants du PS local s’en prennent en permanence et avec une violence verbale outrancière aux contribuables censés venir au secours de leur électorat fonctionnaire.

On ne compte plus les attaques de Mme Salerno contre les multinationales et leurs méprisables « cols blancs ». Par le biais d’une initiative perfide, le PS entend chasser ces entreprises du canton en allant jusqu’à les traiter de « parasites ».

Le PS veut également débarrasser Genève des personnes bénéficiant du forfait fiscal, qui rapportent bon an mal an entre CHF 100 et 150 millions à l’Etat (soit presque le montant à financer pour les caisses de pension chaque année !).

En parallèle, la Conseillère aux Etats socialiste Liliane Maury-Pasquier signe un manifeste contre la place financière suisse dans le cadre du Conseil de l’Europe. Aurait-elle perdu de vue que ce secteur économique contribue encore à hauteur d’au moins 25% des recettes fiscales du canton et des communes ?

Avec son allié de toujours l’ASLOCA, le même parti socialiste soutient deux initiatives dans lesquelles les milieux de l’immobilier sont globalement considérés comme d’affreux spéculateurs.

Doit-on alors s’étonner que ces milieux économiques (certes honnis du PS, mais qui contribuent tout de même largement à la prospérité des finances cantonales) émettent quelques toussotements lorsque, après avoir été copieusement pris à partie, ils sont ensuite appelés à cracher au bassinet sans broncher ?

Il est temps que le PS ouvre les yeux sur la réalité des entreprises et de l’emploi à Genève et cesse de s’en prendre quotidiennement à certains secteurs créateurs de richesse et de recettes fiscales. A défaut, la poursuite de cette attitude irresponsable risque à terme de faire capoter un plan de sauvetage qui, ne l’oublions jamais, vient en particulier à l’aide d’électeurs et de sympathisants de ce même parti.

09:19 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook