28/02/2013

Fusion des caisses publiques : la raison contre le chaos

Le 3 mars prochain, les citoyennes et citoyens genevois auront à se prononcer sur l’un des dossiers les plus importants pour l’avenir du canton. Il s’agit de la fusion et du renflouement de deux caisses de pension publiques, la CIA et la CEH, rendus indispensables par l’entrée en vigueur d’une disposition fédérale imposant aux institutions de prévoyance publiques d’atteindre en 40 ans un taux de couverture de 80%.

Cette opération, fruit d’un compromis trouvé à la Commission des finances puis en plénière du Grand Conseil après d’âpres négociations, coûtera environ 6,4 milliards aux contribuables genevois au cours des quatre prochaines décennies. Un effort est aussi demandé aux fonctionnaires par les biais d’une série de mesures : hausse des cotisations, réduction du montant des rentes versées, augmentation de la durée de cotisation et de l’âge donnant droit à une rente complète. 

Il va de soi que les montants énormes qui devront être affectés à ce sauvetage ne sauraient conduire à des hausses d’impôts. Seule une stricte rigueur budgétaire permettra de faire avaler cette pilule amère. 

En cas de refus le 3 mars, la Commission des finances et le Grand Conseil devraient alors trouver une alternative susceptible d’être adoptée d’ici fin 2013. Or, il sera très difficile de réunir une majorité autour d’un nouveau projet, avec à la clé un risque majeur de référendum.

Le spectre d’une liquidation des caisses deviendrait alors bien réel. Elle aurait pour conséquence la mise en œuvre de la garantie de l’Etat pour un montant de 7 à 8 milliards. Par ailleurs, les assurés actifs seraient soumis à un nouveau plan instaurant une rente de 2'200 francs par mois, selon le minimum LPP actuel.

Genève, son économie et ses entreprises peuvent-elles prendre le risque de voir l’insécurité juridique et financière s’installer durablement dans une période de crise économique ?

Genève gardera-t-elle la même attractivité si son Etat dysfonctionne totalement faute de pouvoir recruter des fonctionnaires, dans l’enseignement, la police et la santé ?

Poser la question c’est y répondre ! 

C’est pourquoi il faut écouter la voix de la raison et ne se laisser séduire ni par les arguments du syndicat ultra-minoritaire à l’origine du référendum, ni pas ceux des opposants de droite, adeptes chacun à leur manière de la théorie du chaos. 

Votons « OUI » à la fusion et à la recapitalisation de la CIA et de la CEH le 3 mars prochain !

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22/02/2013

"Dollars and Euros Laundered And Washed At Reasonable Expense"

Que cache cette énigmatique formule qui signifie grosso modo en français « Lavage et Blanchiment de Dollars et d’Euros A un Tarif Raisonnable » ?

Pour le découvrir, il faut lire la passionnante étude publiée cette semaine dans la prestigieuse revue britannique « The Economist » au sujet des centres offshore à travers le monde.

Ce magazine évalue tout d’abord la part de marché des différents acteurs du domaine Il en ressort que la Suisse occupe toujours la première place, talonnée par le Royaume-Uni et ses satellites. Ensuite, il s’intéresse aux spécialités exercées par chacun qui vont de la domiciliation de « hedge funds » à la réassurance en passant par la gestion de fortune et l’hébergement de sociétés de domicile.

Un coup de projecteur particulier est mis sur les activités du Delaware, Etat américain qui héberge pas moins de 945’000 entités. Il faut relever que l’ensemble de la classe politique locale, de la gauche à la droite, se montre favorable à une législation accommodante et est prête à se battre bec et ongles contre toute tentative d’ingérence. Il existe d’ailleurs un bon mot selon lequel « Delaware » signifie « Dollars and Euros Laundered And Washed At Reasonable Expense ».

Voici donc la réponse à la question posée en exergue !

Le débat porte ensuite sur l’efficacité des accords de coopération en matière fiscale conclus par la plupart des centres offshore, communément appelés TIEAS (« Tax-information exchange agreements »). Certaines autorités fiscales se plaignent du fait qu’en application de ces traités, il faut déjà disposer de presque toutes les informations demandées pour obtenir la dernière pièce du puzzle. Les mêmes plaident bien entendu pour l’introduction d’un échange automatique d’informations. « The Economist » relève toutefois que cette solution n’est pas forcément la plus efficace et il cite le cas exemplaire de certains pays qui ont reçu des CD cryptés dans le cadre de l’échange automatique et qui n’ont même pas pris la peine de demander à recevoir la clé permettant de les décrypter.

En toute bonne logique, l’enquête aborde également la problématique de l’imposition des entreprises et des prix de transfert, en faisant notamment référence aux cas Google et Starbucks qui ont récemment défrayé la chronique outre-Manche. « The Economist » rappelle que l’OCDE a été mise sous une forte pression à ce sujet et a promis de livrer un plan d’ici cet été.

Plus loin, il est largement question de la Suisse, de l’évolution intervenue dans les conditions-cadre depuis 2008 et de la concurrence des places financières asiatiques. Il apparaît que la Suisse figure parmi les perdants en matière de montants  offshore sous dépôt entre 2007 et 2011.

« The Economist » conclut en constatant que « offshore financial centres will always be controversial, but they will stay in business », soit en traduction libre : « les centres financiers offshore seront toujours controversés, mais ils resteront en activité ».

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20/02/2013

Je connais mal Anne Mahrer

Je connais mal Anne Mahrer car, au Grand Conseil, nous nous parlons peu. Elle doit me trouver trop à droite et inféodé aux milieux économiques et je dois être trop timide.

Cette ignorance réciproque, mais non-hostile, ne m’a jamais empêché d’avoir un grand respect pour cette personnalité politique de premier plan. Elle a présidé le Grand Conseil avec une autorité naturelle incontestable, elle a été une présidente du parti des Verts unanimement saluée et elle s’est engagée dans des causes justes, notamment dans la prévention contre le cancer du sein. Ses interventions au Parlement sur les sujets chers à son parti en matière d’environnement étaient toujours posées et documentées. En un mot, elle était écoutée.

Ma déception a été à la hauteur de mon respect lorsque j’ai lu dans le Tribune de ce jour son article publié dans la rubrique « L’invitée » sous le titre « L’Entente nouvelle est arrivée ».

Dans un style qui se veut teinté d’humour viticole, elle s’en prend vertement à tous les autres partis représentés au Grand Conseil, à l’exception de ses alliés socialistes, en leur reprochant de faire de l’obstruction et de prendre des mesures dilatoires, notamment en matière budgétaire. De manière définitive, elle assène que « le bien commun et l’intérêt général ne sont pas la priorité de cette nouvelle alliance ».

J’affirme au contraire que les formations politiques qu’elle voue aux Gémonies font preuve d’un sens des responsabilités louable en cherchant à réduire le déficit abyssal dans lequel veulent nous entraîner les Verts et les Socialistes. Ces mêmes partis défendent également le bien commun en tentant de donner un coup de frein au flot de subventions dont bénéficient, il est vrai, plutôt les amis politiques de Mme Mahrer. Ces partis toujours, préservent les intérêts de la classe moyenne, en ne suivant pas les Verts et les Socialistes dans leur frénésie fiscale insatiable.

Ce qui me frappe surtout, c’est le silence assourdissant de Mme Mahrer sur le fait que le PLR, le PDC et le MCG ont soutenu d’une seule voix le coûteux sauvetage des caisses de pensions publiques, contrairement aux socialistes qui s’y sont opposés en commission et en plénière.

Cette capacité de trouver un compromis démontrée en l’occurrence par les partis précités mérite mieux que ces invectives aussi déplacées que décevantes de Mme Mahrer.

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18/02/2013

NON à la LAT, OUI au fédéralisme

Berne ressemblera-t-elle bientôt à Paris ?

A première vue, on pourrait se réjouir du fait que la modeste Cité des Zähringen puisse être comparée à la sublime Lutèce.

Malheureusement, ce rapprochement n’est en train de se produire ni dans le domaine culturel, ni dans celui de la gastronomie, mais bien dans celui, moins glorieux, du centralisme bureaucratique.

La Suisse a bâti son succès sur le fédéralisme qui préserve l’autonomie cantonale par rapport au pouvoir fédéral.

Si l’on n’y prend garde, les cantons suisses verront leurs prérogatives fondre comme neige au soleil. Cette tendance au « parisianisme » se dessine notamment dans les domaines de la fiscalité et de l’aménagement du territoire.

La votation du 3 mars sur la LAT constitue un exemple particulièrement illustratif de cette dérive centralisatrice. En effet, selon le texte soumis au suffrage populaire, les compétences cantonales et communales en matière d’aménagement du territoire seront en grande partie supprimées pour être transférées à l’administration fédérale. Berne imposera ses diktats aux cantons qui seront réduits au statut de sous-préfectures et obligés d’exécuter des ordres venus d’en-haut sans pouvoir planifier leurs zones à bâtir selon leurs propres besoins.

De plus, cette révision ratée de la LAT conduira immanquablement à une inflation bureaucratique, gavée par une taxe sur la plus-value foncière destinée spécifiquement à couvrir les frais administratifs redondants causés par cette réforme.

Le 1er juin 2015, Genève fêtera le 200ème anniversaire de son adhésion à la Confédération helvétique. Il faut espérer que ce jour-là, notre canton aura pu conserver ses compétences, en particulier dans le domaine de l’aménagement du territoire, et n’aura pas dû sacrifier un pan fondamental de son autonomie au seul profit d’une gourmande administration centrale.

C’est donc au nom du fédéralisme qu’il faut voter « NON » à la révision de la LAT le 3 mars prochain ! 

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07/02/2013

Les multinationales ne sont pas des nids de parasites mais des ruches innovantes

Une coalition hétéroclite (composée pêle-mêle d’élus municipaux de Genève et de France voisine, de décroissants subventionnés et de promoteurs du réduit national) s'en prend régulièrement et de manière virulente aux multinationales présentes sur sol genevois, en les considérant comme des parasites qui n'apportent à Genève que des problèmes de logement, de mobilité et de sécurité, tout en affamant  le Tiers Monde.

Enfermés dans ces clichés usés jusqu'à la corde, ces personnes perdent de vue l'apport majeur de ces entreprises au dynamisme et à l'emploi genevois.

Les multinationales jouent également un rôle central comme moteurs de l'innovation, seule manière de garantir la prospérité genevoise dans la durée.

Pour s'en convaincre, il suffisait de participer le 5 février au séminaire organisé conjointement par le Service cantonal de la promotion économique et Procter & Gamble (P&G), en partenariat avec le magazine « Bilan ».

Devant un parterre composé d'une centaine de leaders d'opinion et de dirigeants d'entreprises de Suisse romande, plusieurs intervenants de très haut niveau se sont exprimés sur l'impact de l'innovation digitale.

Ces spécialistes, aussi passionnants que passionnés, étaient issus d'entreprises telles que Facebook, Hewlett Packard, P & G et InZAir, start-up genevoise, lauréate de la Venture Night @lift 2012.

Dans la discussion, la directrice générale de P&G a relevé que "la prospérité de notre région dépend de la capacité des entreprises et des instituts de recherche à innover. L'innovation touche tous les domaines et s'appuie sur le monde digital. Une plateforme d'échanges comme celle d'aujourd'hui ouvre en chacun de nous de nouvelles perspectives et élargit le champ des possibilités".

Pour Genève, ces nouvelles perspectives innovantes sont beaucoup plus exaltantes et porteuses d'esprit entrepreneurial que celles véhiculées ad nauseam par les pourfendeurs caricaturaux du monde des multinationales !

10:31 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook