20/03/2013

Un bouclier antimissile (fiscal)

Dans leur guerre impitoyable contre les « riches », nos voisins français ont obtenu des victoires éclatantes. Les augmentations d’impôts massives déjà mises en vigueur ou annoncées ont permis de chasser de l’Hexagone de très nombreux contribuables et entrepreneurs fortunés qui ont pris le chemin de l’exil en Belgique et en Grande-Bretagne notamment. Fin mai 2012, la BBC annonçait qu’on estimait la population française dans la capitale britannique à 300'000 ou 400'000 personnes. Londres est ainsi devenue la 6ème ville française.


Impressionné par ce succès retentissant, certains voudraient importer ce modèle à Genève et lancer une véritable croisade contre les « riches » locaux en augmentant massivement la ponction fiscale qui les frappe déjà lourdement. Cette fringale insatiable de recettes supplémentaires ne vise d’ailleurs pas fondamentalement à améliorer la qualité des prestations délivrées à la population, mais surtout à assurer le financement du coûteux sauvetage des caisses de pensions publiques qui absorbera plus de 130 millions par année pendant 40 ans.


L’un des axes d’attaques de ces admirateurs de la fiscalité française consiste à vouloir supprimer le bouclier fiscal adopté en 2009 par plus de 70% des citoyens. Ce mécanisme prévoit que les contribuables domiciliés à Genève ne doivent pas supporter une charge d’impôts sur la fortune et le revenu supérieure à 60% de leur revenu net imposable. Il faut ajouter à ce chiffre les 11,5% de l’impôt fédéral direct, de sorte que le charge fiscale totale peut atteindre jusqu’à 71,5% du revenu imposable.


Faisons ici un zoom sur la pyramide fiscale à Genève pour prendre pleinement conscience de l’importance de ces contribuables pour les finances du canton. Selon les chiffres 2009, 2% des contribuables déclarant un revenu imposable supérieur à 500'000.- francs assuraient plus de 15% des recettes fiscales des personnes physiques. A l’inverse, on estime à environ 30% la proportion des contribuables qui ne paient pas un franc d’impôt (le communiqué relatif aux dernières statistiques cantonales est d'ailleurs peu précis sur ce point et indique seulement que 5% des contribuables ne déclarent aucun revenu).


En supprimant le bouclier fiscal, on soumettrait une part importante de ces contribuables fortunés à une ponction fiscale qui pourrait facilement dépasser le 100% du revenu imposable. Pour éviter ce prélèvement confiscatoire, ces personnes choisiront sans doute de suivre la voie tracée par les Français et de partir vers des cieux fiscaux plus cléments. Ils n’auront même pas besoin d’aller jusqu’à Londres. En effet, en Suisse, le bouclier fiscal n’est pas une « Genferei », mais il existe dans de nombreux cantons, dont ceux de Vaud et du Valais.


Qui comblera le cratère béant causé par cette bombe fiscale dans les finances cantonales ?

10:48 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook

Commentaires

En humaniste qui défendez le bien commun, vous évoquez le « bouclier fiscal », qui permet de soutenir notre économie. MERCI !

A ceux qui brandissent les poncifs marxistes et leurs « drones contre les riches », il faudrait, comme vous le faites dans votre billet, leur marteler qu’un riche est toujours mobile, et qu’il peut du jour au lendemain quitter des terres inhospitalières (et créer une hémorragie pour nos rentrées fiscales !).

Bravo de rappeler cette réalité basique en économie, développée aussi sous :

http://www.bilan.ch/economie-exclusif/lenfer-fiscal-des-entrepreneurs-romands

Écrit par : Michèle Roullet | 20/03/2013

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