27/04/2013

Les 7 plaies fiscales

Le PS genevois annonce triomphalement qu’il entend lancer une initiative populaire pour supprimer le bouclier fiscal adopté par le peuple genevois en 2009 (voir TdG du 27 avril). Pour les socialistes, les contribuables du canton pourront enfin être imposés sans limite, au-delà de 100% de leur revenu imposable.

Cette nouvelle mesure s’ajoute à 6 autres qui sont susceptibles de s’abattre sur notre canton et notre pays.

On évoquera l’initiative cantonale du PS visant à supprimer l’imposition selon la dépense. Si elle venait à aboutir, Genève perdrait ses contribuables au bénéfice du forfait fiscal et les 100 à 150 millions d’impôts qu’ils génèrent chaque année, montant qui correspond grosso modo à ce que Genève devra injecter annuellement, pendant 40 ans, pour sauver les caisses de pension de la fonction publique.

A cela s’ajoute l’initiative fédérale soutenue par la Gauche qui prévoit d’introduire un impôt sur les successions au taux de 20% à compter d’un patrimoine de 2 millions. Compte tenu du fait que les entreprises ne sont pas exonérées, cela signifie la fin de la transmission des PME familiales.

Sur le plan fédéral toujours, le Département des finances souhaite élargir massivement la notion de fraude fiscale afin de pouvoir infliger une peine de 3 ans de prison au maximum aux contribuables suisses qui auraient commis une soustraction d’impôt par le biais d’une tromperie astucieuse. Cela mettra à mal le subtil équilibre qui a existé jusqu’à présent entre le droit des citoyens à la protection de leur sphère privée et la nécessité pour l’Etat de percevoir des impôts. Il est même prévu que cette fraude fiscale deviendrait un crime, passible de 5 ans de prison, si elle porte sur un patrimoine de 600'000.- francs ou plus.

L’Administration fédérale entend aussi signer une nouvelle Convention successorale avec la France qui contrevient aux standards internationaux en la matière puisqu’elle permettrait à l’Hexagone d’imposer auprès d’héritiers en France la succession d’une personne décédée en Suisse. Les 170'000 Suisses domiciliés en France, en particulier dans la région genevoise, apprécieront.

Le PS veut également tout mettre en œuvre pour chasser les multinationales du pays. En effet, il a fait savoir qu’il s’apprêtait à lancer une initiative fédérale afin d’augmenter à 16% au minimum, sur tout le territoire du pays, le taux d’imposition des personnes morales bénéficiant à l’heure actuelle de statuts fiscaux. Le Conseil d’Etat genevois a toutefois clairement indiqué qu’une ponction fiscale globale supérieure à 13% risquerait de faire partir irrémédiablement ces entreprises du canton et avec elle, les dizaines de milliers d’emplois ainsi que les milliards de recettes fiscales qu’elles génèrent.

Au niveau cantonal, le PS genevois n’est pas en reste dans la lutte pour éradiquer les entreprises multinationales. Il a en effet lancé une initiative intitulée « pas de cadeaux aux multinationales » prévoyant la suppression de tous les allègements fiscaux. Elle sera soumise au peuple si le Tribunal fédéral la déclare recevable.

Cet inventaire fait froid dans le dos. Si ces 7 plaies se concrétisent, Genève et la Suisse rejoindront leur voisin français dans le palmarès peu enviable des enfers fiscaux.

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21/04/2013

L'EPFL suscite des vocations d'ingénieurs !

Le 5 septembre 2011, en marge de la Convention mondiale des ingénieurs qui se déroulait à Genève, la TdG titrait : « Il manque 15'000 ingénieurs en Suisse ».

En parallèle, Swiss Ingeneering (association faîtière des ingénieurs) et economiesuisse publiaient une analyse sur cette inquiétante pénurie qui frappe notre pays. Cette enquête rappelle tout d’abord que, depuis des décennies, « les ingénieurs jouent un rôle clé dans le progrès technologique et le développement de notre prospérité à long terme ». Plus loin, on peut lire que la corrélation positive entre la capacité d’innovation d’une entreprise et la disponibilité de personnel hautement qualifiée est incontestable. Selon une étude, « les collaborateurs ayant suivi une formation dans les domaines des sciences naturelles et de la technique, comme les ingénieurs, contribuent deux fois plus que les autres salariés aux gains de productivité dans l’entreprise ».

Parfaitement consciente de cet enjeu crucial pour la compétitivité de notre pays, l’EPFL à Lausanne ne ménage pas ses efforts pour créer des vocations chez les jeunes. Preuve en est l’organisation du 6ème Festival de robotique qui a réuni près de 17'000 visiteurs le 20 avril 2013. Ces derniers ont pu participer à divers ateliers et conférences passionnants.

A titre d’exemple, dans le cadre du projet « Ma bougie qui souffle » (mis sur pied par l’Association Suisse des Femmes Ingénieures), mon fils de 10 ans a construit un petit circuit électrique animé par une bougie (voir photo ci-dessous). La chaleur dégagée par la bougie fait fonctionner le ventilateur qui refroidit le système, qui s’arrête quelques secondes, jusqu’à ce que la chaleur redevienne suffisante pour relancer la machine. Magique ! 


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18/04/2013

Services financiers: vers un Tribunal d'exception ?

Le délai pour la prise de position relative au rapport du Conseil fédéral sur la future Loi sur les services financiers vient d’arriver à échéance.

Ce projet législatif est essentiel, dans la mesure où il dessinera les contours de la surveillance d’un secteur économique vital pour notre pays et notre canton, dans lequel il génère environ 35'000 emplois.

On peut saluer le fait que la Suisse souhaite reprendre les grands principes ancrés dans la Directive européenne MiFID. En effet, il s’agit là d’une condition sine qua non, mais malheureusement pas suffisante, pour envisager à l’avenir un accès au marché européen pour les prestataires de services helvétiques. Cette perspective constitue une priorité pour la plupart des établissements bancaires et financiers domiciliés dans notre pays.

Le projet mis en consultation est en revanche très critiquable sur un point au moins. En effet, il tend à instaurer une forme de Tribunal d’exceptions au détriment des prestataires de services financiers. Or, rien ne justifie le fait de vouloir soustraire les affaires liées à un domaine d’activités spécifique à la procédure civile ordinaire. Cela concerne notamment le renversement du fardeau de la preuve évoquée dans le projet, mais surtout l’intention affichée d’obliger les prestataires de services à assumer l’ensemble des frais judiciaires en cas de litige, quelle que soit l’issue du procès.

Une telle mesure conduirait immanquablement à des nombreux abus et à une avalanche de procédures injustifiées. Elle nuirait surtout à la sécurité juridique et, par voie de conséquence, à l’attractivité de notre place économique. Elle doit donc être combattue énergiquement !

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14/04/2013

Merci Zofingue !

La section genevoise de la Société suisse de Zofingue vient de fêter son 190ème anniversaire (voir TdG du 11 avril). C'est l'occasion pour moi de témoigner ma reconnaissance à cette société d'étudiants qui m'a tant apporté à travers les trois termes de sa devise :

Patriae, Amicitiae, Litteris.

La patrie tout d'abord: en ces temps où la Suisse se fait attaquer par de nombreux Etats et suscite l'envie à cause de son succès, il est plus que jamais nécessaire de faire preuve d'un patriotisme engagé, valeur qui n'est en rien ringarde, et de ne pas céder à la tentation de l'auto-flagellation permanente, dans laquelle certains se complaisent avec délectation. Depuis sa fondation, Zofingue promeut également le fédéralisme et le dialogue entre les différentes régions linguistiques et culturelles du pays.

L'amitié ensuite: lorsque je suis arrivé à l'Université de Berne en 1986, ma maturité en poche, je ne connaissais quasiment personne dans la capitale et le suisse-allemand était une langue qui sonnait étrangement à mes oreilles. J'ai reçu alors un accueil extraordinaire de la part des Zofingiens bernois qui m'ont immédiatement intégré malgré le fait que les Romands étaient alors parfois considérés comme des extra-terrestres ("Ah ces Welsches !"). J'ai eu le privilège de faire partie du Comité central 1988-89, ce qui m'a permis de sillonner la Suisse de long en large à la rencontre des différentes sections cantonales. Cette amitié durable s'est maintenue après mon retour à Genève et mon accession au statut de Vieux-Zofingien: en sa qualité de "Lebensverbindung", cette association ne connaît en effet pas de fossé entre les générations.

La Science enfin: en tant que société d'origine universitaire, Zofingue s'intéresse à la Science au sens large, à la culture et à la recherche. C'est le lieu d'échanges fructueux entre des étudiants et des professionnels de différents horizons académiques. Ce but statutaire garde tout son sens à une époque où la formation et l'innovation demeurent les principales richesses de notre pays.

A l'occasion du banquet mémorable qui a réuni près de 150 actifs et Vieux-Zofingiens vendredi dernier à l'Hôtel des Bergues, je suis persuadé que de nombreux participants ont ressenti la même émotion que moi en partageant les souvenirs qui ont émaillé cette période estudiantine fructueuse.

Vivat, Crescat, Floreat, Tobinia !

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07/04/2013

Luttons ensemble contre la leucémie chez les enfants !

Les enfants souffrant de leucémie ont besoin pour leur guérison d’une transplantation de moelle osseuse. Une telle opération est toujours précédée d’une chimiothérapie, qui vise à détruire le maximum de cellules tumorales. Malheureusement, certains petits patients développent de graves complications en cours de traitement. En effet, la réponse à la chimiothérapie par les enfants malades est complexe et différente d’un sujet à l’autre. Elle dépend de la capacité de la cellule tumorale à se laisser détruire en cours de traitement ou, au contraire, à s’auto-réparer.

Un projet de recherche est actuellement prévu aux HUG à Genève afin d’anticiper la capacité de réponse à la chimiothérapie, pour chaque patient, avec ses risques de complication. Le but visé est d’administrer de manière individualisée le dosage optimal pour obtenir la destruction du plus grand nombre de cellules tumorales, tout en évitant une toxicité trop sévère sur les organes sains.

Ainsi, les médecins chercheront à assurer une meilleure chance de survie à chacun des ces enfants qui souffrent d’une leucémie nécessitant une greffe de moelle.

Pour récolter des fonds en vue de soutenir cette recherche essentielle, le Comité Minor de la Fondation Dr Henri Dubois-Ferrière Dinu Lipatti organise une soirée le 4 mai 2013 à la Salle Pitoëff à Genève. Tous les renseignements peuvent être obtenus sur le site www.dfdl.org.

Depuis plus de 40 ans, la Fondation Dr Henri Dubois-Ferrière Dinu Lipatti se consacre à la lutte contre la leucémie et les autres maladies du sang. Elle attribue chaque année plusieurs bourses à des chercheurs de grande qualité,  sélectionnés par son comité scientifique, présidé par le Prof. Pierre-Yves Dietrich.

Joignons nos forces pour combattre ensemble la leucémie chez les enfants !  

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03/04/2013

Musées: un peu de chauvinisme !

Au premier plan, des cygnes, au centre le Léman, puis les quais et, enfin, le Salève. Voici une des légendaires vues de la rade de Genève peintes par le Bernois Ferdinand Hodler à la fin de sa vie depuis son appartement au quai du Mont-Blanc. L’artiste décline ici toute la subtilité de sa palette de bleus.

Cette toile fait partie de la spectaculaire exposition Hodler proposée par la Fondation Beyeler à Bâle, but d’excursion idéal à l’occasion d’un week-end pascal encore hivernal.

Lors d’un bref séjour dans la Cité Rhénane, il vaut la peine de faire un détour par le musée Tinguely, créé par le célèbre architecte tessinois Mario Botta. Le bâtiment lui-même vaut déjà la visite. A l’intérieur, on se découvre une âme d’enfant en faisant fonctionner les incroyables machines sorties de l’imagination débordante du Fribourgeois Jean Tinguely. 

Le temps s’est arrangé. J’en profite pour passer par Lausanne et sa Fondation de l’Hermitage, nichée dans un vaste parc dominant la Cathédrale. On propose aux visiteurs une passionnante exposition temporaire intitulée « Fenêtres de la Renaissance à nos jours ». Il est fascinant de constater combien la fenêtre a inspiré les artistes à travers les siècles. Il est remarquable d’avoir pu rassembler en un seul lieu autant d’œuvres sur ce thème.

Ces escapades helvétiques démontrent que notre pays n’a rien à envier aux grandes capitales en matière de culture. Ce foisonnement est rendu possible grâce à une fructueuse collaboration entre des cantons, des communes, des fondations privées et des mécènes. 

Ne boudons pas notre plaisir et soyons pour une fois un peu chauvins !

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