08/06/2013

"Trop d'impôt tue l'impôt": une phrase tarte à la crème ?

Dans les discussions relatives à la fiscalité, la célèbre phrase « trop d’impôt tue l’impôt » revient souvent comme une rengaine.

Une série d’articles parue dans « Le Figaro » des 8-9 juin 2013 sous le titre « Le matraquage fiscal pénalise la consommation » m’a incité à me pencher d’un peu plus près sur cette affirmation célèbre.

Elle résulte des théories de l’économiste américain Arthur Laffer, bien connu pour être à l’origine de la courbe du même nom. Son hypothèse est fondée sur l’idée que la relation positive entre croissance du taux d’imposition et croissance des recettes de l’Etat s’inverse lorsque le taux d’imposition devient trop élevé. Lorsque les prélèvements obligatoires sont déjà élevés, une augmentation de l’impôt conduirait alors à une baisse des recettes de l’Etat, parce que les agents économiques surtaxés seraient incités à moins travailler.

L’éditorialiste du « Figaro » s’interroge sur les causes de la stagnation des rentrées fiscales sur une année en France, malgré des hausses d’impôts massives.

Pour la journaliste, le nombre d’exilés fiscaux a été multiplié par quatre ou cinq depuis un an à cause de la menace de la taxe à 75%, de l’instauration d’une surtaxe d’ISF et du relèvement massif des prélèvements sur l’épargne. Dans un autre domaine, « la hausse des charges sociales frappant l’emploi à domicile pourrait bien être à l’origine de la diminution du nombre d’heures déclarées de 3,2% en 2011, les ménages ayant opté pour le travail au noir. Enfin, la consommation est en berne depuis deux ans. Est-ce une surprise alors que de multiples hausses de taxes (impôt sur le revenu, TVA dans certains secteurs…) ont rogné le pouvoir d’achat des ménages ? » La journaliste évoque aussi la volte-face du Gouvernement Hollande face à la fronde des entrepreneurs « pigeons » qui se voyaient menacés d’une taxation confiscatoire de leurs éventuelles plus-values. Une telle mesure aurait dissuadé toute création d’entreprise.

Ces quelques exemples tirés de la frénésie fiscale hexagonale démontrent que les contribuables ne sont pas taillables et corvéables à merci et finissent pas exprimer leur révolte par divers moyens.

En Suisse et à Genève, la Gauche serait bien inspirée de méditer ces cas concrets survenus en France avant de poursuivre tous azimuts ses initiatives anti-riches : suppression des forfaits fiscaux, suppression du bouclier fiscal, introduction d’un impôt sur les successions au taux de 20% à partir de 2 millions de fortune, remise en cause permanente de la baisse de la fiscalité pour les familles votées par le peuple genevois en 2009, etc.

Il est en effet totalement illusoire de penser que ces projets, s’ils devaient par malheur aboutir, rapporteraient les dizaines de millions de recettes fiscales que la Gauche espère pouvoir injecter dans un Etat glouton. Le Grand Conseil genevois l’a bien compris en rejetant massivement jeudi soir l’initiative du PS, curieusement soutenue par les Verts, visant à supprimer le forfait fiscal à Genève.  Faut-il rappeler que l’imposition selon la dépense rapporte bon an mal an 150 millions au canton, soit à peu près la somme que nous devrons injecter chaque année pendant 40 ans pour le sauvetage des caisses de pension étatiques ?

22:21 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

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