02/03/2014

Frein à l'endettement: la réaction surprenante du Cartel intersyndical

Dans le cadre de la campagne pour le sauvetage des caisses de pension publiques, je m’étais engagé avec conviction en faveur du projet de loi soumis à votation populaire. Pour rappel, la CIA se trouvait alors dans une situation grave de sous-couverture qui nécessitait des mesures d’assainissement urgentes. Pour moi, il était préférable d’injecter des montants considérables dans le renflouement de ce navire en perdition, plutôt que de devoir subir les risques énormes liés à une liquidation pure et simple.

En acceptant cette solution raisonnable, les contribuables genevois ont consenti un sacrifice considérable, dépassant 130 millions par an pendant 40 ans, sans aucune prestation publique supplémentaire.

En contrepartie, ces mêmes contribuables sont en droit de s'attendre à ce que l’Etat soit géré de manière efficace et économe. Dans ce domaine, il y a de la marge. La Chambre de commerce (CCIG) rappelait dans une étude publiée en 2013 que les pouvoirs publics genevois dépensent près de 22'000.- francs par habitant, alors que les Zurichois ne dépensent que 14'000.- environ. Ces dépenses publiques largement supérieures à la moyenne suisse, ont conduit le canton de Genève à accumuler une dette abyssale, qui atteindra bientôt les 14 milliards.

Face à ce constat alarmant, des députés PLR, dont je fais partie, ont estimé qu’il fallait agir et fixer un cadre plus strict aux finances publiques. Un projet de loi a donc été déposé à cet effet. Il prévoit le principe simple de ré-allocation des ressources : de nouveaux postes ne pourront être créés en faveur d’une politique publique que si une diminution équivalente est prévue ailleurs. D’autre part, la croissance des charges est limitée au renchérissement (inflation). Certaines exceptions sont prévues pour assurer la flexibilité nécessaire. Le but final est de diminuer la dette pour qu’elle ne dépasse pas un an de revenu.

C’est avec stupéfaction que j’ai pris connaissance de la réaction du Cartel intersyndical de la fonction publique suite au dépôt de ce projet de loi. Dans la TdG du 26 février, le représentant du Cartel a avancé comme argument principal pour s’opposer à cette mesure le fait que « tout gel ou diminution de fonctionnaires met en effet l’équilibre de la nouvelle Caisse de pension en péril… ».

Ainsi, pour le Cartel, il faudrait continuer à gonfler le nombre de fonctionnaires dans le seul but de garantir le plan de financement de leur caisse de pension. La pertinence des prestations fournies ou leur coût ne serait donc pas une priorité. Seul compte le nombre de serviteurs de l’Etat et le maintien sur la durée de la masse salariale.

Je suis loin d’être persuadé que la majorité des contribuables genevois, qui sont déjà très lourdement imposés en comparaison intercantonale, apprécie cette manière d’appréhender le rôle de la fonction publique.

11:53 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook