22/09/2014

Indice des centres financiers globaux : Genève en recul

Le « Global Financial Centres Index » (GFCI) est réalisé conjointement par Z/Yen Group et le Quatar Financial Centre Authority depuis 2007. Il examine, tous les 6 mois, environ 80 centres financiers et évalue leur compétitivité.

Dans ce contexte, 14 facteurs sont examinés, dont la possibilité de trouver du personnel de qualité, l’environnement réglementaire, l’accès aux marchés financiers, les infrastructures (i.e. « property and occupancy costs »), un environnement juste et honnête («corruption perception index, opacity index»), l’action gouvernementale et sa sympathie envers la finance, les coûts opérationnels, la qualité de vie et le régime fiscal.

La combinaison de ces facteurs permet de donner un rang à chaque centre financier dans différents domaines tels que le « business environment », l’accès au marché, les infrastructures et la compétitivité globale.

Les résultats de l’enquête menée en septembre 2014 place New York au 1er rang juste devant Londres, Hong Kong, Singapour et San Francisco. Zurich perd deux places et se classe au 7ème rang. Genève se situe en 13ème position et perd ainsi 4 rangs par rapport au mois de mars 2014. Ce mauvais résultat qui fait sortir Genève du Top 10 s’explique notamment par les raisons suivantes :

•    L’ensemble des centres européens enregistre des résultats en déclin. Zurich perd 2 rangs (7ème) et Luxembourg 3 rangs (15ème). Les centres offshore en particulier chutent : Jersey perd 21 rangs (62ème) et Guernsey 25 rangs (67ème).

•    Les notes données par le GFCI se basent sur les réponses de 3'633 professionnels. Parmi ceux-ci, 48% sont issus d’Europe de l’Ouest. Leur avis constitue donc un poids significatif. Or, si ces derniers avaient bien noté Genève en mars 2014, ils ont été plutôt négatifs en septembre 2014. Leur perception de la place financière genevoise s’est donc altérée. Genève a été en revanche très bien notée par les professionnels d’Amérique du Nord et d’Europe de l’Est.

•    Si Genève procure d’excellents services professionnels (7ème rang), elle perd des places en ce qui concerne sa réglementation ainsi que l’action gouvernementale et sa sympathie envers la finance: 8ème en septembre 2014 contre 6ème en mars 2014. En d’autres termes, les conditions cadre se sont détériorées et les perspectives sont incertaines quant à la volonté du gouvernement de les améliorer.

Un point positif mérite d’être signalé : Genève est toujours considérée comme un centre dynamique et stable, alors que le Luxembourg se rapproche des places financières dites « imprévisibles » ou
« volatiles », plus sensibles aux changements.

Au vu de ce qui précède, il est grand temps que les autorités fédérales s’engagent avec détermination en faveur de la compétitivité de la place financière suisse et genevoise en comparaison internationale.

Cet élément constitue d’ailleurs l’un des axes stratégiques figurant dans le document publié par le Conseil fédéral en décembre 2009 sous le nom de « Rapport Graber ». A ce jour, il n’a malheureusement pas été concrétisé sur ce point… 

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16/09/2014

La Finance durable: une opportunité

CONTEXTE ET ENJEUX
•    un contexte de défiance sans précédent envers les banques au niveau international.

Le secteur financier a été sous le feu des critiques ces dernières années : mouvement "occupy wall street", crise des subprimes, scandale du libor, les raisons n'ont pas manqué de s'interroger non seulement sur la probité et l'éthique du secteur financier, mais même parfois son utilité directe pour la société. La recherche du profit à court terme a occulté le fait que l’argent n’est pas une fin en soi mais un outil dont l’économie a un besoin vital.

Dans ce contexte chahuté, la place financière genevoise s’est également trouvée dans la ligne de mire de certains observateurs.

Même s’il est nécessaire de procéder à une autocritique, il ne faut pas perdre de vue que le secteur bancaire et financier genevois doit avant tout son succès à la qualité de son infrastructure, à son expertise de gestion et à son innovation financière.


GENÈVE, PLACE FORTE DE LA FINANCE DURABLE MONDIALE
•    Genève figure parmi les toutes premières places du monde en matière de Finance Durable.

Elle a surtout joué un rôle pionnier du secteur en étant aux avant-postes de l'innovation mondiale depuis plus de 10 ans, comme en témoigne l'ouvrage présenté ce soir par SFG,  et que la Fondation GPF est très fière d'avoir soutenu.

Ces 10 innovations sont une vitrine du savoir-faire genevois et portent toutes les marques de fabrique qui forment notre identité au niveau international : expertise, professionnalisme, pragmatisme.

•    Expertise, construite année après année, en développant de nouvelles approches d'investissement, de nouveaux instruments ou de nouveaux marchés pour lesquels les spécialistes genevois sont reconnus comme les meilleurs - et parfois les seuls - au monde

•    Professionnalisme, lorsqu'il s'agit d'appliquer à ces nouveaux investissements la même rigueur et la même qualité que dans le reste de l'industrie financière, et démontrer au quotidien que la finance durable peut être pratiquée dans les mêmes conditions de risque et de performance que tout autre placement financier

•    Pragmatisme, qui conduit les spécialistes de Genève à développer des produits concrets plutôt que des grandes théories, attachés à faire de la finance durable une réalité économique à la portée de tous les investisseurs, bien au-delà des concepts et des idéologies.


LA FINANCE DURABLE, UN MOTEUR DE DÉVELOPPEMENT POUR L'AVENIR
•    Pour les acteurs financiers de Genève, la finance durable représente bien davantage qu'un enjeu d'image

La responsabilité du secteur financier
Ne nous trompons pas de sujet. La finance durable n'est pas pour Genève un sympathique attribut qui permettrait de redorer notre réputation. Elle participe directement de la responsabilité première de la communauté financière : mettre l'économie et la finance au service de la société, lui redonner tout son sens, son utilité et sa noblesse.
 
L'opportunité économique
Mais la finance durable n'est pas seulement une question de responsabilité pour les acteurs financiers : nous sommes convaincus qu'elle représente surtout pour eux une formidable opportunité économique, à au moins deux niveaux :

-    D'abord, elle représente un relais de croissance pour la place financière genevoise : les actifs dans la finance durable croissent significativement plus vite que ceux de la finance classique et le changement de génération qui touche tous nos clients ne fait que renforcer cette tendance. Les jeunes investisseurs sont en effet encore plus nombreux que leurs ainés à adopter l'ISR ou l'impact Investing, et le marché devrait donc encore s’accélérer dans les prochaines années. Par ailleurs, l'engouement pour la finance durable transcende également les frontières et permet d'attirer - ou de conserver - à Genève des actifs venus de toutes les régions du monde, y compris des marchés dits "matures" où il est très difficile aujourd'hui de gagner de nouveaux clients.

-    Ensuite, l'expertise en finance durable constitue un vecteur de forte différenciation avec les autres places financières internationales qui ne disposent pas des mêmes atouts que nous, et notamment cet écosystème genevois si particulier que nous célébrons ce soir. A un moment ou nos avantages compétitifs historiques sont en partie remis en question, il est essentiel pour toute la place genevoise de se ré-inventer et de proposer aux investisseurs du monde entier une nouvelle offre qu'ils ne trouveront nulle part ailleurs avec la même concentration et le même degré d'expertise qu'à Genève.

L'affluence à l'événement de ce soir est la meilleure illustration de cet état de fait : la finance durable est déjà une réalité économique qui créé des emplois à Genève aujourd'hui, et nous sommes convaincus qu'elle en créera davantage encore à l'avenir si nous faisons ce qu'il faut pour garder notre avance dans un domaine où, comme partout ailleurs, la compétition internationale se durcit.


ALLER PLUS LOIN ET INVESTIR POUR DEMAIN
•    Le savoir-faire et le faire savoir.

Le savoir-faire
Quel est donc le chemin à suivre pour demain? Tout d'abord, il est essentiel de préserver notre avance en continuant de faire ce que nous faisons le mieux : innover. Genève ne sera peut-être pas demain la première place de finance durable mondiale en termes d'actifs, mais nous voulons en tous cas qu'elle le soit en termes d'innovation et d'expertise, pour continuer à faire de Genève le laboratoire du monde.

Cela nécessitera de renforcer les liens entre acteurs de la finance, organisations internationales, monde académique et pouvoirs publics pour une approche plus coordonnée de nos efforts. Cela demandera également sans doute une reconnaissance plus formelle de ce secteur comme un chantier prioritaire pour l'ensemble des instances concernées à Genève, à commencer bien sûr par la Fondation Genève Place Financière.

Le faire-savoir
Mais développer notre savoir-faire ne servira pas à grand-chose si nous ne le faisons pas savoir. Pour l'avoir vécu directement ces dernières années, nous savons combien la bataille de la communication est fondamentale dans notre monde globalisé et médiatisé d'aujourd'hui. Il nous faudra donc aussi progresser à ce niveau, mieux nous vendre et mieux nous défendre face à nos concurrents qui saisissent toutes les occasions de montrer leurs muscles quand nous recouvrons parfois les nôtres avec pudeur.  

C'est sur ces deux missions - le savoir-faire et le faire savoir- que SFG travaille depuis 5 ans. Le livre que l'association nous présente aujourd'hui participe ainsi directement au rayonnement de Genève et à la revendication assumée de notre leadership en finance durable.
La Fondation Genève Place Financière est donc très fière d'avoir été associée à cette initiative et de préfacer cet ouvrage. Nous nous réjouissons d'avoir été aux côtés de SFG depuis sa création, et quand bien même nous nous félicitons du chemin accompli en seulement 5 années, nous sommes convaincus que le meilleur reste à venir.

(allocution prononcée à l’occasion de l’anniversaire de Sustainable Finance Geneva, le 15 septembre 2014)

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05/09/2014

Imposer à 20% les successions: une idée mortelle !

Sur mandat conjoint de l’Association vaudoise des banques, du Centre patronal et de la Fédération romande immobilière, la Fiduciaire BDO vient de publier une intéressante étude juridique et fiscale relative à l’Initiative visant à introduire un impôt fédéral sur les successions au taux de 20% à partir d’un patrimoine de 2 millions.

Elle peut être téléchargée grâce au lien suivant : http://www.banques-finance-vaud.ch/images/stories/docs/20...

Il en ressort que l’Initiative supprime les principales compétences cantonales en matière d’imposition des successions et des donations. Cela constitue une attaque directe contre le principe du fédéralisme. Par ailleurs, mécaniquement, l’Initiative diminuerait le substrat de l’impôt sur la fortune perçu par les cantons. En effet, les avoirs concernés se verraient amputés des 20% ponctionnés par Berne au titre de l’impôt successoral.

Par ailleurs, le marché immobilier serait profondément perturbé : la prise en compte pour fixer l’assiette de l’impôt des biens immobiliers à leur valeur vénale et non pas à leur valeur fiscale pousserait de nombreux héritiers à devoir réaliser les immeubles pour s’acquitter de l’impôt.

Concernant la succession d’entreprises, l’étude de BDO démontre que la perception du taux d’imposition à 20%, même en tenant compte de la franchise de 2 millions, « entraînerait une grande quantité de cas où la viabilité économique de l’entreprise serait mise en péril par la perception de cet impôt, dans la mesure où les liquidités ne seraient pas disponible pour l’acquitter ».

Il faut rappeler que l’Initiative concerne aussi les donations, même si cela ne figure pas dans son titre. Or, à ce propos, le texte prévoit que les donations doivent être prises en compte de manière rétroactive à compter du 1er janvier 2012. BDO insiste sur le fait que cette clause de rétroactivité impliquerait une surcharge administrative considérable, afin de déterminer quelles ont été les donations effectuées à partir du 1er janvier 2012, en tenant notamment compte du fait que les donations en ligne directe ne sont à ce jour pas imposables dans la quasi-totalité des cantons suisses. Un tel système nécessiterait la mise en place d’une forme de registre national des donations, extrêmement lourd et coûteux.

En conclusion, cette Initiative, si elle venait par malheur à être acceptée, aurait des effets désastreux tant pour les personnes physiques que pour les innombrables PME qui font la force économique de la Suisse.

Le Conseil fédéral a déjà dit tout le mal qu’il pensait de ce texte. Les Chambres fédérales devraient suivre la même voie. Espérons que les citoyens suisses, lorsqu’ils seront appelés aux urnes, rejetteront sèchement cette Initiative qui, comme le relèvent les auteurs de l’étude, est « injuste pour les particuliers » et « absurde pour les entreprises ».

10:51 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook