05/12/2014

Augmentation d'impôts pour une augmentation de salaire ?

Le débat fait actuellement rage sur le budget 2015 de l’Etat de Genève.

Du côté gauche de l’échiquier politique on hurle au démantèlement des prestations à la population, tout en soutenant par ailleurs des grèves préventives illicites qui prennent en otage cette même population.

Ne nous laissons pas abuser, le combat de l’Alternative ne porte pas sur la qualité du service public, mais bien sur le maintien coûte que coûte d’une augmentation de la rémunération de la fonction publique, communément appelée l’annuité. Cette mesure a été logiquement suspendue par le Conseil d’Etat pour l’année 2015, compte tenu de la situation difficile des finances cantonales. Rappelons que son coût s’élève à environ CHF 40 millions par an et qu’elle ne conduit à aucune amélioration des prestations fournies aux citoyennes et citoyens genevois.

Rappelons aussi que dans le Petit Etat, le salaire médian se situe à CHF 112'000.- par an, alors qu’il n’est que de CHF 86'000.- dans le privé. Les fonctionnaires ne sont donc pas à proprement parler précarisés.

Il est intéressant de constater que la Gauche entend financer cette annuité en augmentant la charge fiscale déjà considérable qui pèse sur les contribuables genevois. Genève connaît déjà une progression vertigineuse du taux d’imposition. Les Genevois disposant d’un revenu imposable supérieur à CHF 200'000.- ne représentent que 4% des contribuables. Mais ils assurent plus de 40% des recettes de l’impôt sur le revenu. A l’inverse, plus de 30% des contribuables ne payent pas un centime d’impôt.

Le groupe Ensemble à gauche propose de revenir sur la baisse d’impôt cantonal de 12% adoptée par le peuple en 1998 (voir TdG en ligne du 16 octobre 2014).

Le PS n’est pas en reste. Il a annoncé le dépôt d’un projet de loi qui prévoit le prélèvement de centimes additionnels cantonaux supplémentaires, au minimum trois, sur les personnes physiques et morales (TdG en ligne du 21 novembre 2014).

Cette volonté frénétique d’augmenter la ponction fiscale qui anime la Gauche rappelle furieusement les pratiques de notre grand voisin français.

A cet égard, les derniers chiffres publiés dans l’Hexagone démontrent que les augmentations d’impôts massives n’ont de loin pas amené les résultats escomptés. Pour 2014, les recettes fiscales nettes devraient ainsi être inférieures de 11,5 milliards d’euros aux prévisions de la loi de finance initiale. Sur ce total, plus de la moitié (6,1 milliards d’euros) sont imputables à l’impôt sur le revenu (Le Figaro du 3 décembre 2014).

Cette situation s’explique sans doute en partie par le départ massif de contribuables français qui ne supportent plus d’être tondus de la sorte. Ce phénomène prend une telle ampleur en France qu’une commission d’enquête parlementaire a dû être mise en place pour décrypter cet exode inquiétant (Le Figaro du 10 octobre 2014).

Cette situation dramatique a conduit Philippe Bouvard à inclure la définition suivante dans son récent article intitulé « Lexique sordide et basses définitions » :

« Revenu  (impôt sur le). Hier payé par ceux qui sont partis aujourd’hui ».

Une augmentation d’impôt à Genève destinée à financer une augmentation du revenu de la fonction publique aurait sans conteste des effets aussi pervers qu’en France.

18:55 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

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