30/03/2015

Banques suisses : qui châtie bien aime bien !

Dans la population et les médias, il est de bon ton de se montrer critique à l’égard des banques. Mais, les résultats d’un récent sondage démontrent que, malgré les turbulences qu’a connues la place financière ces dernières années, un suisse sur deux a une opinion positive des banques helvétiques et près de 70% pensent qu’à l’étranger, elles jouissent d’une bonne réputation.

Cette enquête est réalisée depuis 20 ans par un institut lausannois mandaté par l’Association suisse des banquiers. Pour cette édition, 1'000 personnes ont été interrogées, dont 500 Suisses allemands, 300 Suisses romands et 200 Tessinois, entre le 5 et le 20 janvier 2015.

La réputation du secteur bancaire dans son ensemble s’améliore dans toutes les régions linguistiques et atteint le meilleur résultat depuis le déclenchement de la crise financière en 2008. A quoi attribuer ce regain de satisfaction et de confiance ? Les bonnes notes concernent en particulier la solidité, la fiabilité et la compétence des collaboratrices et des collaborateurs des banques. Par ailleurs, plus de 65% des personnes interrogées s’accordent à dire que les banques en Suisses sont financièrement solides et économiquement sûres.

Et cette relation de confiance retrouvée fait fi des clivages politiques. Les personnes qui se disent à droite de l’échiquier politique ou qui se situent au centre sont plus des deux tiers à avoir une image positive du secteur bancaire. Dans le camp de la Gauche, le soutien à l’égard des banques a grimpé de 26% à 36% entre 2013 et 2015.

Cette tendance est confirmée par l’importance du rôle joué par les instituts bancaires dans l’économie. Aux yeux de la majorité des personnes interrogées, ce secteur fait partie des poids lourds absolus. Il n’est précédé que par l’industrie chimique et pharmaceutique et devance de loin le secteur des médias qui continue d’occuper la queue du peloton. L’importance du rôle des banques est d’ailleurs davantage soulignée dans les agglomérations urbaines. Ce résultat s’explique bien évidemment pour une large part par le nombre d’emplois bancaires dans les villes. Ne perdons pas de vue qu’à Genève ce secteur, qui compte plus de 19'000 collaboratrices et collaborateurs, contribue pour 17% au PIB cantonal et participe ainsi activement à sa prospérité !

C’est le lieu de rappeler que la place financière genevoise a la particularité d’être organisée sous forme de « cluster » qui réunit une mosaïque d’activités, étroitement liées les unes aux autres. Ainsi, la gestion de fortunes forme une matière première indispensable au financement du négoce et aux crédits. Sans le négoce et les crédits nous n’aurions pas d’autres services comme l’affrètement maritime, la surveillance ou d’autres services annexes. Sans ces derniers nous serions beaucoup moins attrayants pour les sociétés multinationales. Sans cette chaîne de valeur unique, nos universités, la recherche seraient de moindre qualité.

Et la contribution du secteur financier ne s’arrête pas aux places de travail créées ou aux recettes fiscales. L’engagement des banques suisses dans les domaines culturel, social et sportif est salué par plus de six citoyens sur dix. Cela démontre que celles-ci ont assuré une certaine continuité malgré la situation économique difficile.

Les esprits chagrins diront qu’il est plus facile de soutenir un artiste ou un sportif que d’injecter de l’argent dans une entreprise en grande difficulté financière. Mais là aussi, les citoyens suisses soulignent le sens des responsabilités des banques. 65% reconnaissent que l’aide apportée aux entreprises est importante et près de neuf Suisses sur dix sont d’avis que les banques doivent faire preuve de prudence dans l’utilisation des fonds de leurs clients.

Ce sondage représentatif tord donc le cou à plusieurs idées reçues.

Pour finir, on saluera le fait que pour 94% des sondés, il est important que les banques suisses soient compétitives sur la scène internationale. Nos autorités seraient bien inspirées de prendre en compte cette opinion dans l’élaboration de la vague réglementaire qui déferle sur le secteur bancaire. Il ne faut pas qu’elles infligent à cette branche économique vitale des exigences qui vont au-delà des standards internationaux appliqués par les principales places concurrentes. Un tel « Swiss finish » nuit à notre compétitivité.

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26/03/2015

Places financières globales : Genève maintient son rang !

Le « Global Financial Centres Index » est réalisé conjointement par Z/Yen Group et le Quatar Financial Centre Authority depuis 2007.

Tous les 6 mois, il examine environ 80 centres financiers. L’enquête se base sur une analyse de cinq
« zones de compétitivité », à savoir l’environnement des affaires, le développement du secteur financier, les infrastructures, le capital humain, et la réputation.

Les résultats de l’enquête menée en mars 2015 viennent d’être publiés et placent New York au 1er rang juste devant Londres, Hong Kong, Singapour et Tokyo. 3 places asiatiques se placent ainsi dans le top 5.

En Europe, les cinq premiers restent identiques au classement de septembre 2014, avec Londres suivie de Zurich, Genève, Luxembourg et Francfort.

Zurich gagne une place et obtient le 6ème rang. Ce résultat positif s’explique par les progrès réalisés en termes d’environnement des affaires et d’infrastructures.
 
Pour ce qui est de la place financière de Genève, elle parvient à conserver son 13ème rang. Un observateur, mentionné dans l’étude, note que « Switzerland finds itself in a very strong position at the moment. We have had to lose our US clients due to FATCA but Geneva is still a great place to operate from ».

On peut considérer que son maintien à la 13ème place en mars 2015 constitue un résultat satisfaisant dans la mesure où l’ensemble des centres européens, à l’exception de Zurich ainsi que de Jersey (+8 places, 54ème) et de Guernsey (+12 places, 55ème), enregistre une baisse. Luxembourg passe ainsi de la 15ème à la 17ème place, Francfort perd 3 rangs et glisse à la 19ème position, et Paris subit une chute brutale en tombant au 37ème rang (- 6 places).

Parmi les perdants, on relèvera également que Dubaï cède 6 places pour se retrouver en 23ème position.

Au vu de ce qui précède, on constate que la concurrence fait rage dans un secteur largement globalisé qui se concentre sur des places offrant des services très sophistiqués. Dans une Europe continentale en perte de vitesse, Genève parvient à tirer son épingle du jeu. Mais rien n’est acquis. Genève et la Suisse doivent prendre les bonnes décisions en matière de conditions-cadres réglementaires et fiscales pour nous permettre de régater parmi les meilleurs.

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05/03/2015

Salon de l’auto : ne boudons pas notre plaisir !

Le débat fait rage sur les réseaux sociaux à propos du salon de l’auto.

J’ai été particulièrement interpellé par l’intervention suivante publiée sur Facebook par une élue municipale au sujet de l’absence de la Présidente de la Confédération, Simonetta Sommaruga, à la cérémonie d’inauguration de cet événement :

«  Bravo Mme Sommaruga ! Peut-être un premier pas pour démystifier un événement qui va à l’encontre d’une société progressiste, tournée vers l’avenir et égalitaire… ».

Je l’avoue, l’absence de Mme Sommaruga à cette occasion ne me fait ni chaud ni froid. Je suis en revanche ravi que la Conseillère fédérale Doris Leuthard fasse le déplacement à Genève et je ne doute pas qu’elle sera accueillie chaleureusement.

Je suis interloqué par l’aigreur de l’internaute citée ci-dessus.

Est-elle consciente de l’apport du Salon de l’auto pour le rayonnement et la prospérité de notre canton ?

Lors de la journée réservée à la presse, plus de 10'000 représentants des médias suisses et internationaux se sont rués à Palexpo pour couvrir cet événement d’importance mondiale. Ils étaient issus d’environ 90 pays (voir TdG en ligne du 3 mars 2015).

Jusqu’au 15 mars 2015, plus de 600'000 visiteurs sont attendus à Genève, soit largement plus que la population de notre modeste canton. C’est l’opportunité pour de nombreux amis confédérés de se rendre dans la Cité de Calvin.

Les retombées économiques sont énormes, tant pour l’hôtellerie et la restauration que pour le commerce local. On parle de dizaines de millions. En cette période particulièrement difficile pour des entreprises confrontées au franc fort, cette manne financière est tout simplement vitale.

Mais surtout, une visite au salon de l’auto est avant tout un plaisir, n’en déplaise à l’élue citée plus haut. Je le confesse humblement, j’ai eu du plaisir à déambuler dans les allées du salon à la découverte de véhicules petits ou grands, gourmands ou économes, futuristes ou classiques, sportifs ou familiaux.

Je vais d’ailleurs y retourner ce week-end avec mon fils aîné. 

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