06/07/2015

Destination Kastrup !

Cette exclamation n’évoque pas une lointaine planète tirée d’un film de science-fiction, mais elle sera sans doute prononcée par des employés du Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR) délocalisés de Genève à Copenhague.

Cette réflexion a été inspirée par un article du journal « Le Temps » du 3 juillet 2015, évoquant le transfert de 100 postes du HCR dans la Cité de l’ONU à Copenhague.

Selon le quotidien précité, le déménagement a notamment été motivé par le coût de la vie sur les bords du Léman. Un représentant du personnel a déclaré à cet égard qu’ « un poste administratif à Copenhague coûte environ 40% moins cher qu’à Genève et une position de cadre 25% de moins ».

On voit donc que la position de la Genève internationale n’est pas immuable et que tout doit être entrepris pour conserver à Genève les organisations gouvernementales et non-gouvernementales qui forment ce tissu unique au monde.

L’attractivité de la Cité de Calvin ne se mesure pas uniquement en termes de coûts, même si ce facteur peut parfois s’avérer prépondérant. La qualité de l’accueil et des infrastructures est également primordial.

Parmi ces infrastructures vitales, on compte, de l’avis presque unanime, l’Aéroport International de Genève (AIG) et la qualité de sa desserte aérienne.

Au niveau politique, seuls les Verts font entendre une voix fondamentalement dissonante et mènent un véritable combat contre l’aéroport, soit directement, soit par le biais de leur bras armé, l’Association Noé 21 (elle-même subventionnée par l’Etat, ce qui est un comble !).

Cela a commencé par une attaque en règle contre l’extension de l’Aile Est, pourtant indispensable pour accueillir de manière décente les gros porteurs en provenance de Chine, des Etats-Unis ou encore du Moyen-Orient.

Cela a continué par la publication en mai 2015 d’une étude partiale visant à empêcher toute adaptation de l’infrastructure aéroportuaire aux besoins futurs. En effet, cette analyse peu crédible table sur une quasi-stagnation du trafic aérien à Genève jusqu’en 2030. La réalisation d’une telle hypothèse serait, au passage, une très mauvaise nouvelle pour toute la région, dans la mesure où le développement de l’aéroport est étroitement corrélé à la croissance économique locale.

Pendant que chez nous certains s’ingénient à torpiller un outil indispensable à la Genève internationale, au Danemark, l’aéroport de Kastrup à Copenhague connaît une forte croissance
(+ 6,5%) pour atteindre 25,6 millions de passagers en 2014. Il est à ce jour le plus important hub des pays nordiques et prévoit de nombreux agrandissements. En outre, il propose 157 destinations, dont 27 intercontinentales.

Avec ses 15,2 millions de passagers en 2014, ses 134 destinations (dont 26 intercontinentales), l’aéroport de Genève doit se battre face à une féroce concurrence internationale. S’il venait à être affaibli, sous les coups de boutoirs de certains adeptes de la décroissance, il y a fort à parier que ce ne sont pas seulement une centaine d’employés du HCR qui viendraient à s’écrier « Destination Kastrup ! », mais bien davantage de fonctionnaires internationaux.

Prenons garde à ne pas saboter nos principaux atouts, dont l’AIG fait sans conteste partie !

10:04 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

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