19/11/2015

Le trou de la Comédie face au gouffre des finances

Dans son éditorial du 19 novembre, la responsable de la rubrique culturelle de la TdG se félicite des déclarations communes de la Ville et du Canton au sujet de la répartition des tâches entre ces deux entités dans le domaine de la culture.

Elle estime que tout est donc réglé et que le groupe PLR au Grand Conseil doit maintenant voter sans rechigner la coquette somme de 45 millions au profit de la Ville pour permettre la construction de la Nouvelle Comédie, faute de quoi ce parti « devra assumer le trou qui s’offrira aux passants sur la future esplanade des Eaux-Vives ».

Un petit détail a sans doute échappé à la journaliste en question : le jour où la feuille de route sur le désenchevêtrement des tâches était signée dans l’allégresse entre la Ville et le Canton, l’Alternative (PS, Verts et Ensemble à Gauche) opposait une fin de non-recevoir cinglante au projet de budget 2016 du Conseil d’Etat dans le cadre des travaux de la Commission des finances. En sa qualité de parti gouvernemental responsable, le PLR a voté cette entrée en matière afin que le canton puisse être doté d’un budget avant la fin décembre. A défaut, le canton débutera l’année 2016 dans l’incertitude la plus complète, alors même que les perspectives économiques sont plutôt sombres et que l’abîme de la dette, qui dépasse déjà largement les 13 milliards, est bien plus préoccupant que l’éventuel trou de la Comédie.

La responsabilité de l’Alternative est lourde. Elle refuse notamment les mesures d’assainissement, aussi raisonnables qu’indispensables, proposées par le Conseil d’Etat sur trois ans. A cause d’elle, le gouffre financier de l’Etat va continuer à se creuser et conduire à terme le canton à voir sa  notation abaissée sur les marchés financiers et à perdre la confiance de ses créanciers. Ici aussi, le PLR a pris ses responsabilités en adoptant la Loi visant à renforcer le frein à l’endettement afin de mettre un terme à cette fuite en avant effrénée des dépenses publiques.

Au vu de ce qui précède, il ne faut pas se limiter à observer la situation par le seul petit bout de la lorgnette culturelle. Une mise en perspective globale s’impose et c’est à cette aune que doit être mesurée la responsabilité politique des uns et des autres. A cet égard, le PLR n’a pas à rougir, bien au contraire !

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