31/05/2016

RBI : l’Etat Père Noël

Le 5 juin prochain, le peuple suisse sera appelé à se prononcer sur l’introduction d’un Revenu de base inconditionnel, communément appelé RBI.

Ce projet prévoit le versement par l’Etat d’un revenu à toute personne résidant en Suisse, qu’elle soit jeune ou âgée, riche ou pauvre, active ou sans emploi. De plus, ce versement serait effectué sans contrepartie et à vie.

Le texte de l’initiative ne prévoit pas de montant spécifique, toutefois les initiants ont évoqué la somme de CHF 2'500.- par mois pour un adulte et de CHF 625.- pour les mineurs. Ainsi, pour une famille de 2 adultes et de 2 enfants, l’allocation atteindrait la coquette somme de CHF 6'250.- par mois.

Immédiatement, la question du financement de ce cadeau se pose. D’après les projections du Conseil fédéral, le système coûterait plus de 208 milliards par an. Près de 128 milliards seraient assumés par les salariés à travers leurs cotisations. La réaffectation des prestations sociales amèneraient quelque 55 milliards dans la hotte. Mais où trouvera-t-on les 25 milliards manquants ? Sous le sabot d’un renne ?

Le RBI entraînera évidemment une hausse massive des taxes et des impôts. L’hypothèse d’un doublement de la TVA est même avancée. L’impact d’une telle mesure sur les prix en Suisse sera désastreux, alors que notre économie souffre déjà de la force du franc et d’un tourisme d’achat dévastateur pour le commerce de détail.

Mais cette ruineuse utopie souffre d’autres défauts rédhibitoires.

En premier lieu, elle attirerait dans notre pays de très nombreux étrangers appâtés par cette manne financière irrésistible et octroyée nulle part ailleurs sur la planète. A cet égard, les initiants font grand cas d’expériences pilotes menées en Alaska ou en Namibie, voire en Finlande, patrie du Père Noël. Mais ces épiphénomènes n’ont jamais atteint ni l’ampleur, ni la durée du projet helvétique.

Deuxièmement, le RBI introduirait en Suisse une mentalité d’assisté, fondamentalement contraire aux valeurs qui ont fait notre succès à travers les siècles. Les individus seraient mis sous perfusion de l’Etat de la naissance à leur mort, dans un rapport d’extrême dépendance.

A cela s’ajoute que ce revenu inconditionnel nuirait gravement au monde du travail. Les jeunes n’auraient aucune incitation à entrer rapidement dans la vie active. De nombreuses personnes en profiteraient pour réduire leur taux d’occupation, ce qui aurait des conséquences néfastes sur le financement du système. Le temps ainsi dégagé ne servira pas forcément à  développer des activités bénévoles, comme le soutiennent angéliquement les initiants. Il pourrait au contraire favoriser l’émergence du travail au noir, ce qui porterait le coup de grâce à la viabilité financière de l’édifice.

Pour toutes ces raisons, votons NON au RBI le 5 juin prochain !

Opinion publiée dans la "Tribune de Genève" du 31 mai 2016

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