21/10/2016

Le 15 novembre, une date qui compte

Cette date ne vous dit sans doute pas grand-chose.

C’est pourtant le 15 novembre 1315 que les Suisses ont repoussé l’Empereur Léopold d’Autriche à Morgarten. Cet événement majeur pour l’histoire de notre pays n’est cependant pas au cœur de mon propos du jour.

Le 15 novembre 1927, Trotski et Zinoviev sont exclus du parti communiste soviétique. Là, on se rapproche déjà un peu plus du contexte politique de mon blog.

Il sera question ici du mardi 15 novembre 2016, date de la tenue d’une « Journée de formation et d’information syndicale » organisée par le Cartel Intersyndical de 9 heures à 17 heures.

L’un des thèmes principaux de cette manifestation sera la 3ème réforme de l’imposition des entreprises, plus communément appelée RIE III.

Sans surprise, le Cartel Intersyndical s’oppose avec véhémence à cette réforme, pourtant indispensable et plébiscitée par 87% de nos voisins vaudois en votation populaire.

Le principal slogan avancé par le Cartel pour combattre la RIE III est « NON à l’austérité ! ».

On peut se demander si dans la « formation » et « l’information » délivrées aux participants le 15 novembre il sera question de l’excellente brochure qui vient d’être publiée sous le titre « Finances publiques et fiscalité : des enjeux majeurs pour l’avenir de Genève ». Ce document peut facilement être téléchargé sur le site de la CCIG.

On y découvre des données intéressantes au sujet de la politique « d’austérité » menée par le Canton de Genève.

En premier lieu, Genève est le canton où les recettes fiscales par habitant sont les plus élevées de Suisse, à savoir 17'164 francs, contre 6'126 francs pour Lucerne.

Genève et Bâle-Ville occupent le sommet du palmarès en ce qui concerne les dépenses publiques par habitant,  à savoir 23'467 francs à Bâle-Ville (sans les investissements) et 20'862 francs à Genève (sans les investissements). A Lucerne, les dépenses par habitant n’atteignent que 11'506 francs.

A cela s’ajoute que Genève compte 97 emplois dans le secteur public pour 1'000 habitants. La moyenne suisse se situe à 67 et à Zoug ils ne sont que 49 pour 1'000 habitants.

A Genève, le salaire médian dans la fonction publique atteint 8'666 francs, alors qu’il n’est que de 7'042 francs dans le secteur privé.

Enfin, l’étude de la CCIG relève que « l’administration publique est non seulement le secteur du canton travaillant le moins d’heures hebdomadaires, mais par rapport au reste de la Suisse, elle est aussi celle dont l’horaire de travail est le plus court ».

Il n’est pas certain que ces éléments objectifs occupent le centre du débat le 15 novembre prochain, dans la volonté farouche du Cartel Intersyndical, en lien avec RIE III, de « convaincre la population qu’il est dans son intérêt de voter NON à ce pillage des caisses publiques ».

Au vu de ces chiffres incontestables, il n’est pas certain non plus que ladite population avale tout cru les slogans outranciers du Cartel…   

09:08 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

13/10/2016

Banques suisses ou banques en Suisse : telle est la question

La Fondation Genève Place Financière (FGPF) vient de publier son enquête conjoncturelle annuelle.

Face aux prévisions en demi-teinte, dans le domaine des bénéfices, des apports nets de fonds, des actifs sous gestion et de l’emploi, la Place financière a présenté sans détours les défis auxquels elle est confrontée et les solutions indispensables au maintien de sa compétitivité en comparaison internationale.

Le premier élément réside dans la réussite de la troisième réforme de la fiscalité des entreprises (RIE III). On sait dorénavant que le vote sur l’aspect fédéral du dossier aura lieu le 12 février 2017. En cas de rejet du référendum et d’acceptation du système retenu par les Chambres fédérales, Genève sera amené à transposer ces principes dans sa législation. Le Conseil d’Etat a élaboré à cet effet un paquet prévoyant la fixation d’un taux d’imposition unique à 13,49%, flanqué de diverses mesures d’accompagnement. Ce projet mérite d’être soutenu. En cas d’échec, l’effet sur l’emploi, en particulier dans la place financière, sera dévastateur. En effet, les entreprises seront amenées à délocaliser leur siège sous des cieux fiscaux plus cléments. Il ne sera pas nécessaire de traverser les océans. Il leur suffira de franchir la Versoix pour s’installer en terres vaudoises. Notre voisin a en effet adopté le principe d’un taux unique à 13,79%.

Le deuxième sujet clé réside sans conteste la possibilité de pouvoir continuer à attirer les talents à Genève. Le niveau de compétence des collaboratrices et des collaborateurs locaux est très élevé et il faut s’en féliciter. Toutefois, le bassin genevois ne peut pas pouvoir à tous les profils recherchés. La gestion de titres issus des pays émergents, le Brésil, l’Inde, l’Indonésie, le Mexique, pour ne prendre que ces exemples, ne peut se faire que par des fins connaisseurs de ces marchés. S’ils ne sont plus autorisés à venir dans notre canton sans subir de tracasseries administratives pénalisantes imposées par le système des contingents, ils iront exercer leurs compétences de pointe dans des places financières concurrentes qui les accueilleront à bras ouverts. A cet égard, la mise en œuvre de l’initiative du 9 février 2014 sur l’immigration de masse doit impérativement déboucher sur des solutions pragmatiques, qui tiennent compte des spécificités du tissu économique genevois.

En troisième lieu, l’accès aux marchés étrangers, en particulier européens, doit être facilité. Les gestionnaires de fortune genevois doivent pouvoir rendre visite à leurs clients, où qu’ils se trouvent dans le monde. La place genevoise est par essence internationale et ne saurait être coupée de ses principaux marchés. Dans l’idéel, elle devrait pouvoir bénéficier d’un accord de libre échange sur les services financiers avec l’UE. Cette option n’est toutefois par dans les cartes politiques pour l’instant. Il faudrait au minimum que des accords bilatéraux facilitent la prestation de services financiers depuis la Suisse vers ses partenaires principaux. De manière générale, les relations avec l’Union européenne devraient être clarifiées afin de pérenniser les Bilatérales.

Si une sécurité juridique satisfaisante ne peut pas être assurée dans le futur sur ces enjeux majeurs, les risques de délocalisation de certaines activités hors de Genève ne sauraient être sous-estimés. Les répercussions d’un tel mouvement sur l’emploi seraient sans doute importantes. Le « Baromètre bancaire 2016 » publié par l’ASB démontre que les banques créent davantage d’emplois à l’étranger qu’en Suisse. Selon cette étude, les effectifs ont été réduits en Suisse de 3'454 personnes au premier semestre 2016. A l’étranger, au contraire, les effectifs ont enregistré une progression nette de 6'700 personnes environ. Cela pose toute la question de la différence entre banques suisses et banques en Suisse.

Les banques suisses peuvent exercer leurs activités partout dans le monde, avec les postes de travail et les investissements qui s’y rattachent. En revanche, les banques en Suisse sont pourvoyeuses d’emplois dans notre pays. Il nous appartient aujourd’hui de prendre les décisions stratégiques susceptibles de favoriser la présence de ces établissements sur notre sol. L’équation est posée !   

08:50 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook