19/01/2017

RIE III : dérapage syndical

Lors de l'émission "Infrarouge" du 11 janvier 2017 consacrée à la troisième réforme de l'imposition des entreprises (RIE III), Alessandro Pelizzari, responsable du syndicat UNIA à Genève et opposant féroce à cet indispensable projet, a déclaré: "Oui, certaines entreprises risquent de partir. Mais on peut s'en passer".

On parle ici de sociétés bénéficiant actuellement à Genève d'un statut fiscal spécial qui disparaîtrait en cas d'acceptation de la RIE III. Ces entreprises génèrent 22'000 emplois directs et 1,1 milliard d'impôts cantonaux et communaux.

Dans le cadre de la concrétisation de la RIE III à Genève, il est prévu de fixer un taux d'imposition unique pour toutes les entreprises, conformément aux standards internationaux en la matière qui réclament une telle égalité de traitement. Le Conseil d'Etat a ainsi prévu un taux de 13,49%, qui représente une augmentation sensible de la fiscalité pour les sociétés à statut, imposées actuellement en moyenne à 11,7%. Cette hausse devrait toutefois être acceptable pour les entreprises concernées et permettre d'éviter leur délocalisation vers des cieux fiscaux plus cléments.

Il est totalement irresponsable de la part d'un syndicaliste, censé s'engager en faveur de l'emploi, d'affirmer que le canton de Genève pourrait se passer de ces milliers de postes de travail à haute valeur ajoutée.

Mais, une analyse plus fine doit nous rappeler que les syndicats et certains politiciens à gauche de l'échiquier font une différence entre les cols blancs, issus du domaine des services et les cols bleus, présents dans le secteur industriel. A leurs yeux, les premiers seraient méprisables et les seconds mériteraient tout leur soutien.

Cela nous ramène aux heures sombres de la fermeture de Merck Serono et à la suppression de plus de mille emplois au printemps 2012. Une magistrate socialiste avait alors déclaré avec dédain: "Ce sont des cols bleus hautement qualifiés qui vont trouver facilement un emploi".

En mars 2011 déjà, dans un "Manifeste syndical pour une autre politique cantonale en matière de chômage", la Communauté genevoise d'action syndicale (CGAS) vilipendait "un secteur bancaire hypertrophié". Or, l'activité bancaire et financière représente près de 37'000 emplois à Genève et environ 15% du PIB cantonal.

Il est absurde de décréter, au nom du dogme, que certains postes de travail sont plus méritoires que d'autres. Il est également important de garder à l'esprit que les entreprises visées par M. Pelizzari sont les clientes des très nombreuses PME du canton. Selon l'étude de l'institut universitaire CREA, les sociétés à statut génèrent de manière indirecte et induite environ 39'000 emplois à temps plein. Ce facteur est-il aussi négligeable aux yeux d'UNIA ?

Dans son projet de mise en application de la RIE III à Genève, le Conseil d'Etat a précisément pris en considération les spécificités de notre tissu économique et tout mis en œuvre pour faire perdurer l'interdépendance étroite et génératrice de prospérité qui existe entre les multinationales, les sociétés de négoces, les banques, les entreprises industrielles et les innombrables PME locales.

On est loin de cette distinction stérile et archaïques entre cols blancs et cols bleus  perpétuée par certains nostalgiques de la lutte des classes.

La troisième réforme de l'imposition des entreprises (RIE III) a pour but la préservation des postes de travail à Genève, et de tous les types d'emplois !

15:07 Publié dans Genève, Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook