26/03/2018

Monnaie pleine : caisses vides

Le peuple suisse sera appelé à se prononcer le 10 juin prochain sur l’initiative « Monnaie pleine » qui a pour but d’introduire en Suisse un système monétaire attribuant à la Banque nationale le contrôle absolu et direct de la masse monétaire. En substance, cette mesure interdirait aux banques commerciales de créer de l’argent en octroyant des crédits.

Ce texte est porté par l’Association Modernisation Monétaire (MoMo) largement soutenue par des activistes étrangers, en particulier allemands, qui souhaiteraient transformer la Suisse en laboratoire de leur ruineuse utopie.

Le système proposé priverait les banques de leur fonction première, à savoir l’acceptation de dépôts à court terme et le financement des crédits commerciaux et des hypothèques. L’offre de crédits serait alors intégralement en main de la BNS qui devrait procéder à l’examen de la solvabilité des débiteurs, sans avoir la proximité nécessaire avec ces clients.

La BNS serait immanquablement soumise à de fortes pressions pour soutenir telle ou telle entreprise, indépendamment des critères usuels applicables en matière de crédit. Cela porterait un coup fatal à son indépendance.

La lourdeur du système, son caractère centralisé, conduirait à une raréfaction et à un renchérissement du crédit aux entreprises, qui seraient les principales victimes de ce bouleversement. Rappelons ici que même au plus fort de la crise financière, les banques commerciales ont continué à alimenter l’économie suisse en crédit pour permettre aux entreprises de poursuivre leur activité.

Les entreprises suisses, de la PME à la multinationale, subiraient le contrecoup de cette solution digne d’une économie planifiée et risqueraient de se retrouver avec des caisses vides, faute de crédit disponible auprès de la BNS.

Laissons aux utopistes tout le loisir de phosphorer sur leurs théories, mais ne prenons pas le risque de les expérimenter dans notre pays, sans filet. Disons NON le 10 juin à l’initiative «Monnaie pleine»!

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19/03/2018

Littérature de proximité

2018_03_19 - Blog_EC_20180315_113933.jpgJe ne vous parlerai pas aujourd’hui de la « Disparition de Stéphanie Mailer », dernier livre de notre héros cantonal, Joël Dicker, que je me réjouis de dévorer prochainement.

Non, j’évoquerai ici trois ouvrages récemment publiés qui traitent de sujets bien genevois.

Augustin-Pyramus de Candolle : une passion, un Jardin, écrit  par Patrick Bungener, Pierre Matille et Martin W. Callmander, en lien avec le 200ème anniversaire du Jardin Botanique (publié chez Favre).

Ce livre retrace de manière palpitante et richement illustrée, la vie du grand botaniste Augustin-Pyramus de Candolle (1778 – 1841). On le suit dans ses pérégrinations de Genève à Paris, puis à Montpellier, jusqu’à son retour à Genève en 1816. On apprend surtout, de manière tout à fait accessible, combien il a contribué au développement de la science du monde végétal.

Le Grand Genève dans tous ses Etats, publié aux éditions Slatkine sous la direction de Vincent Mottet. Avec cet ouvrage, nous faisons un bond dans le temps et nous nous retrouvons au XXIème siècle. La parole est donnée à 16 personnalités de premier plan qui abordent, chacun selon sa spécialité, une des nombreuses facettes qui font la richesse du Grand Genève. Il est question d’économie, de culture, de philanthropie ou encore de mobilité. Tout un programme !

Le Parlement se met à table, publié aux éditions Slatkine par les députées Isabelle Brunier, Beatriz de Candolle et Simone de Montmollin. Ce livre nous met l’eau à la bouche à travers des recettes de cuisine présentées par des politiciens issus de chacun des groupes formant le Parlement cantonal. Il est ainsi démontré que la gastronomie permet de dépasser les clivages politiques ! Ce florilège indispensable promeut fort opportunément les produits et vins du terroir.

La publication de ces trois ouvrages doit nous réjouir. En effet, ils illustrent la diversité culturelle de notre canton. Mais ils sont avant tout l’expression de la passion qui anime leurs auteurs. Le livre reste ainsi un moyen essentiel pour la transmission des émotions, n’en déplaise aux esprits chagrins qui annoncent sa disparition prochaine suite à la révolution numérique.

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12/03/2018

Bonne année...chinoise!

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Le 8 mars, la Chambre de Commerce Suisse-Chine a reçu (au Mandarin Oriental évidemment) ses membres et Amis afin de leur présenter ses vœux pour le Nouvel An, étant précisé que la date exacte était le 16 février 2018.

Cet événement a permis de rappeler les liens étroits qui unissent la Chine et la Suisse, depuis le 17 janvier 1950, date à laquelle la Confédération helvétique a reconnu officiellement la République populaire de Chine. Elle fut le première Etat à le faire !

Notons au passage que la première entreprise à avoir conclu une joint-venture en Chine est la lucernoise Schindler, leader dans le domaine des ascenseurs. C’était en 1980.

Les relations économiques entre ces deux pays se sont largement renforcées depuis cette époque, d’une part à travers l’entrée en vigueur d’un traité de libre-échange en juillet 2014 et, d’autre part, grâce à l’accord de swap signé la même année en vue de faire de la Suisse un hub monétaire pour le renminbi. Genève attend impatiemment qu’un établissement bancaire chinois vienne s’établir sur son sol. Les efforts considérables déployés dans ce but par le Conseiller d’Etat Pierre Maudet semblent d’ailleurs être sur le point de porter leurs fruits.

D’un point de vue global, selon les chiffres du Secrétariat d’Etat à l’économie, la Chine était le 4ème partenaire économique de la Suisse en 2016 et l’excédent de la balance commerciale en faveur de notre pays atteignait le montant record de CHF 14,4 milliards.

La venue à Davos et à Genève du Président Xi Jinping en 2017 a démontré l’importance que la Chine attache à la Suisse.

Les relations entre les deux Etats ne se limitent pas au secteur économique. La soirée de Nouvel An du 8 mars 2018 a aussi donné l’occasion de mettre l’accent sur la fructueuse collaboration développée par l’Université de Genève avec son homologue de Tsinghua University, l’une des plus prestigieuses au monde, dans les domaines de la finance et du développement durable. Notre Alma Mater est sans conteste l’un des meilleurs ambassadeurs des compétences helvétiques à l’étranger et fait preuve d’un dynamise à toute épreuve pour développer des collaborations au-delà de nos frontières. Cela justifie pleinement la position flatteuse de notre Université, au 60ème rang sur 500 dans le classement de...Shanghai.

Il est encore temps de souhaiter une excellente année du Chien à nos Amis chinois et, surtout, ganbei !

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05/03/2018

Oxfam : morale à deux vitesses ?

En novembre 2017, l’ONG anglaise Oxfam a mené une vaste opération de communication au sujet d’une liste de paradis fiscaux établie par ses soins. Cette démarche offensive a précédé de peu la publication par l’Union Européenne de son propre palmarès des paradis fiscaux.

En application de sa propre méthode d’évaluation, Oxfam estime que la Suisse doit faire partie des pays à clouer au pilori, sans autre forme de procès. Rappelons toutefois ici que notre pays applique à la lettre les standards internationaux en matière d’échange automatique de renseignements fiscaux.

Dans une note d’information disponible sur www.oxfam.org, l’ONG fait largement appel à des notions de morale et d’éthique pour justifier son point de vue. En matière de fiscalité, elle déclare notamment qu’ «une redistribution plus équitables des recettes en faveur de l’éducation, surtout pour les filles, peut réduire les inégalités entre les femmes et les hommes et renforcer l’autonomisation des femmes».

Ces propos prennent un goût amer lorsque l’on considère les révélations explosives rendues publiques en février 2018 à propos du comportement dont sont accusés certains membres de la délégation d’Oxfam en Haïti.

Pour rappel, selon un rapport interne d’Oxfam, l’ancien directeur de cette ONG en Haïti aurait reconnu avoir eu des rapports tarifés avec des prostituées dans des locaux financés par l’organisation. Le recours à des prostituées mineures n’a pas été exclu par Oxfam. Selon le rapport, sept employés d’Oxfam en Haïti ont quitté l’ONG dans le cadre de l’enquête. Certains seraient également mis en cause pour harcèlement et intimidation, envers d’autres membres du personnel (voir TdG du 19 février).

Cette triste affaire constitue une nouvelle illustration de la parabole bien connue de la paille et de la poutre. Au lieu de s’ériger en censeur de la morale fiscale mondiale, Oxfam aurait été mieux inspirée de consacrer son énergie à balayer devant sa porte et à contrôler le fonctionnement (ou le dysfonctionnement) de ses entités à l’étranger, sur le terrain, où les droits humains les plus élémentaires semblent avoir été foulés au pied.

Les ONG helvétiques, toujours promptes à s’insurger contre le comportement des entreprises suisses dans des pays en voie de développement, se sont-elles désolidarisées de leur consœur britannique ?

On ne trouve rien de tel sur le site de l’ONG Public Eye (anciennement la Déclaration de Berne). Dans son rapport annuel 2017 Public Eye indique en substance qu’elle s’emploie sans relâche à dévoiler les « activités problématiques » de certaines multinationales en mettant notamment en lumière « les vilains secrets » de négociants en matières premières.

Pourra-t-on lire dans le rapport 2018 que Public Eye s’est employée sans relâche à dévoiler les « activités problématiques » et les « vilains secrets » d’Oxfam ?

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