03/10/2018

Lisa Mazzone: une politicienne omniprésente

Je vous l’avoue d’emblée, comme politicien local, je ne suis pas envieux, mais sincèrement admiratif de la Conseillère nationale verte Lisa Mazzone dont l’omniprésence est stupéfiante, tant à Berne qu’à Genève.

Je suis en effet un consommateur boulimique de médias écrits, électroniques, radiophoniques et télévisuels. Lisa Mazzone est partout, tout le temps, sur tous les sujets. Une liste de ses interventions serait longue comme un jour sans pain (bio).

Cependant, cette médaille a son revers. A force de consacrer son énergie à poursuivre tous ces lièvres médiatiques à la fois, Lisa Mazzone ne dispose manifestement plus du temps nécessaire pour prendre le pouls des entreprises du canton dont elle est l’élue.

Pour illustrer ce constat, je citerai le dossier de la réforme de la fiscalité des entreprises (PF 17). Lisa Mazzone est intervenue urbi et orbi pour combattre avec véhémence ce projet qui est pourtant vital pour le tissu économique cantonal. Au niveau fédéral, même les socialistes genevois ont fait preuve d’une grande modération à ce propos, sans doute conscients des enjeux pour la prospérité du pays et du canton. Sabre au clair, Lisa Mazzone s’est érigée en cheffe de file des référendaires, en estimant que cette réforme « poursuit la captation des ressources fiscales des pays en voie de développement » (voir TdG en ligne du 17 septembre).  Faut-il rappeler que PF 17 conduira à une augmentation massive de l’imposition des multinationales et des sociétés de trading de matières premières ? Faut-il souligner que l’éventuelle baisse du taux d’imposition introduite dans les cantons bénéficiera avant tout aux entreprises locales ?

Avant de se lancer dans ces grandes diatribes, Mme Mazzone aurait été bien inspirée de prendre conseil auprès de son camarade de parti, l’ancien Conseiller d’Etat David Hiler, qui occupait certes moins le terrain médiatique, mais avait été visionnaire quant à l’importance cruciale de cette réforme fiscale pour Genève.

Il est un autre sujet sur lequel Lisa Mazzone ne ménage pas ses efforts. Elle mène une croisade sans merci contre l’Aéroport International de Genève (voir TdG du 3 octobre). Mon propos n’est évidemment pas de minimiser ici les nuisances que cette infrastructure peut provoquer. Je souhaite plutôt mettre en avant le fait que la qualité de la desserte aéroportuaire est cruciale pour la prospérité économique de notre canton, qui dépend largement d’entreprises exportatrices (horlogerie, chimie, finance). Par ailleurs, sans un aéroport performant, la Genève internationale ne pourrait tout simplement pas exister.

Pour concilier les besoins de l’économie et la nécessité de lutter contre les nuisances, le Conseil d’Etat a adopté une attitude volontariste dans la négociation avec la Confédération du Plan sectoriel de l’infrastructure aéronautique (la fiche PSIA) en exigeant une réduction de l’impact en matière de nuisances sonores à l’horizon 2030. Ce document devrait être finalisé d’ici la fin de l’année.

Dans la même perspective, la Commission de l’économie du Grand Conseil va se pencher sur l’élaboration d’un contre-projet à l’initiative « Pour un pilotage démocratique de l’aéroport de Genève ».

Ces efforts concrets n’ont pas l’heur de plaire à Lisa Mazzone qui verrait sans doute d’un bon œil que l’aéroport de Cointrin dispose de la même desserte que celui de Limoges, avec toutes les conséquences que cela entrainerait pour le rayonnement économique et international de Genève.

En passant, durant ses innombrables interventions médiatiques, Lisa Mazzone devrait trouver une toute petite place pour exhorter ses camarades à la cohérence. Les Verts ne sont en effet pas avares de déplacements en avion….

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