04/10/2012

L'arbre qui cache la forêt

Certains propriétaires privés du canton ont reçu récemment un courrier du Département de l’intérieur, de la mobilité et du territoire (DIM) annonçant la venue d’un mandataire en charge de « visiter des arbres sur différents lieux publics et privés du territoire cantonal » afin de mettre à jour le relevé des  « arbres remarquables » datant de 1974-1976.
En ma modeste qualité de contribuable et de député, je m’interroge.
Alors que le canton s’enfonce dans les chiffres rouges et que l’on nous présente un budget déficitaire à hauteur de CHF 280 millions pour 2013.
Alors qu’on nous annonce la création de 260 postes dans le petit Etat en 2013.
Alors que la dette du canton prend des proportions monstrueuses et va bientôt dépasser les 12 milliards.
Alors que les contribuables vont devoir cracher au bassinet à hauteur de 100 à 150 millions par années pendant 40 ans pour sauver des caisses de pension étatiques au bord du gouffre.
Alors que le PS réclame à cor et à cri des augmentations d’impôts pour couvrir ces montants gigantesques.
Est-il encore raisonnable de consacrer des deniers de l’Etat à la « visite des arbres », même si ces derniers apprécient sans doute à leur juste valeur ces marques de civilité ?

14:32 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook

25/09/2012

Droiture

Il est des moments privilégiés dans la vie et la remise du prix de la Fondation pour Genève à Mme Ruth Dreifuss lundi soir en fait sans conteste partie.
Au-delà de tout clivage politique, l’assemblée réunie au Victoria Hall a rendu un hommage aussi vibrant qu’unanime à cette grande Dame qui a contribué de manière déterminante aux traditions d’accueil et d’ouverture de Genève sur le monde.
Mme Dreifuss a d’abord retracé sa vie de militante politique et syndicale, qui l’a conduite à devenir la première Présidente de la Confédération, avant de s’attarder sur son engagement extraordinaire en faveur de la lutte contre le Sida, la drogue et la peine de mort. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien qu’elle a intitulé son exposé engagé : « Sida, drogue violence : agir…et ne pas nuire ».
La laudatio de Robert Badinter, ancien Garde des Sceaux français, a atteint un niveau extraordinaire, tant à la forme qu’au fond. Il a conclu ses propos en déclarant que si un seul mot devrait figurer sur l’oriflamme de Ruth Dreifuss, ce serait le terme « Droiture ».
Enfin, avec esprit, le Président du Conseil d’Etat, Pierre-François Unger, a évoqué certaines anecdotes au sujet de la vie de Mme Dreifuss, adepte de la lecture et du tricot. Il a notamment raconté comment, à l’âge de 14 ans, Ruth Dreifuss avait fui de son école pour aller écouter à Genève une intervention de Pierre Mendes-France au sujet de la décolonisation qui battait son plein à l’époque. Il a également souligné que, malgré tout le débat suscité par l’assurance maladie, Mme Dreifuss avait permis un accès aux soins médicaux pour tous.
La Fondation pour Genève a démontré une fois de plus qu’elle savait récompenser des personnalités de premier plan, qui font rayonner notre canton au-delà de ses 282 km2.

18:05 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook

18/09/2012

Enorme !

Le Député socialiste Roger Deneys a provoqué l'hilarité générale lors du débat au Grand Conseil du samedi  15 septembre en déclarant : "les socialistes n'ont jamais été opposés à la baisse d'impôts".
Un peu d'archéologie fiscale permettra de démontrer l'énormité de ces propos.
Le PS genevois s'est tout d'abord opposé avec véhémence à la baisse d'impôt de 12% votée par le peuple en 1999.
Quelques années plus tard, en 2004, nos amis socialistes ont lutté contre la suppression des droits de succession, plébiscitée par les Genevois. Dans ce domaine, le PS soutient d'ailleurs actuellement une initiative fédérale inique qui prévoit l'introduction d'un impôt sur les successions fédéral à hauteur de 20%.
Plus récemment, en 2009, les camarades sont montés aux barricades, seuls contre tous, pour fustiger la baisse d'impôt accordée à la classe moyenne et aux familles (déduction pour frais de garde, introduction du splitting intégral pour les couples mariés, etc.). Ici non plus, la population ne les a pas suivis.
Si  l'on regarde vers l'avenir, la fringale fiscale du PS semble insatiable. Certains de ses adeptes ont déjà annoncé qu'ils réclameraient des hausses d'impôts pour financer les 150 millions annuels nécessaires au sauvetage des caisses de pension de la fonction publique, qui coûtera plus de 6 milliards aux contribuables genevois. Aucune amélioration des prestations n'est prévue en regard de cette nouvelle ponction. Il n'est pas certain que les citoyens du canton se laissent séduire par cette potion amère.
Enfin, les membres les plus éminents du PS ont déclaré urbi et orbi qu'ils feraient tout afin d’empêcher la baisse de l'imposition des personnes morales, pourtant indispensable pour conserver à Genève les multinationales et leurs 75'000 emplois. Pour prouver leur détermination à chasser ces entreprises de notre sol, le PS a lancé l'initiative 150 contre les "cadeaux aux multinationales" sous forme d'allègements fiscaux. Dans cette démarche, les stratèges socialistes ont malheureusement perdu du vue que ces allègements profitaient avant tout à des PME locales en difficulté et étaient destinés à sauver des postes de travail.
Ce rapide florilège démontre que M. Deneys a perdu une bonne occasion de se taire.... ou peut-être que non. En fait, je remercie plutôt mon estimé confrère d'avoir égayé un samedi matin passé au Grand Conseil à lutter contre des hausses d'impôts soutenues.... par le PS.

09:04 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook

13/09/2012

"Economiquement insoutenable"

La TdG du 13 septembre donne deux fois la parole au Conseil national socialiste genevois Carlo Sommaruga. Dans la rubrique « L’invité », il considère que l’initiative « sécurité du logement à la retraite » serait économiquement insoutenable et aurait des conséquences néfastes pour les caisses de l’Etat. On voit que, lorsqu’il s’agit de limiter l’accès à la propriété immobilière, M. Sommaruga se préoccupe soudain de ce qu’il considère être les intérêts économiques du pays.

En revanche, deux pages plus loin, le même Carlo Sommaruga déclare « qu’il faut introduire de toute urgence l’échange automatique des informations bancaires ». Ainsi, quand il peut intervenir pour affaiblir la place financière, dans la droite ligne du programme économique du PS genevois, cet élu national ne se soucie plus le moins du monde de la santé économique de son canton. En effet, le passage « en toute urgence » à l’échange automatique d’informations aurait des conséquences désastreuses sur les 35'000 emplois de l’industrie financière à Genève et serait « économiquement insoutenable ». Les caisses du canton en souffriraient de manière dramatique. Le Conseiller d’Etat David Hiler n’a pas dit autre chose lors d’une récente émission « Infrarouge » en plaidant pour l’adoption des accords « Rubik » prévoyant l’introduction d’un impôt libératoire à la source afin de régler les problèmes du passé et partir sur une base saine pour l’avenir.

Une fois encore, on peut regretter que M. Sommaruga veuille prêter main forte aux Etats étrangers qui entendent imposer à la Suisse l’échange automatique d’informations fiscales et s’oppose aux accords « Rubik » qui constituent pourtant une solution raisonnable pour régler dans la durée des litiges fiscaux, dans l’intérêt bien compris de l’économie, de l’emploi et des finances du canton.

11:19 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

13/08/2012

La nouvelle Convention franco-suisse sur les successions: un accord profondément déséquilibré

L’excellent éditorial de David Haeberli dans la TdG des 11 et 12 août donne à réfléchir au politicien local que je suis. En effet, ce journaliste analyse d’un œil critique un nouveau traité signé entre la Suisse et la France en matière d’imposition des successions qui pourrait avoir un impact important sur l’attractivité du canton de Genève. Manifestement, dans les négociations avec l’Hexagone, la Berne fédérale ne s’est pas préoccupée des intérêts des cantons frontaliers, dont le nôtre.

Il apparaît que ce texte constitue un dangereux précédent, dans la mesure où il accorde à la France le droit d’imposer non seulement au domicile du défunt, mais aussi à celui des héritiers, ce qui est fondamentalement contraire aux standards internationaux dans ce domaine.

Cet accord pourrait par conséquent toucher durement non seulement les 155'000 Français résidant en Suisse, mais aussi les 170'000 Suisses résidant en France.

L’attractivité économique de Genève risque donc d’être durablement touchée. En effet, la communauté française est très importante dans notre canton et contribue par son travail à la prospérité de nos entreprises. Ces ressortissants seront peut-être amenés à quitter notre territoire pour des cieux fiscaux plus cléments en emportant avec eux leurs compétences. Par ailleurs, de nombreux citoyens helvétiques sont domiciliés en France voisine, faute d’avoir pu trouver à se loger sur le territoire du canton. Ils seront les premières victimes de cet accord léonin.

A l’heure où l’on cherche à bâtir une région franco-valdo-genevoise dynamique, ce texte tombe au plus mauvais moment et pourrait freiner encore un processus déjà laborieux.

Il faut donc espérer que, dans le cadre de la procédure de ratification, le Conseil d’Etat et les élus fédéraux genevois s’opposeront avec énergie à cette Convention, dont seule la France tirera avantage. Un vide conventionnel est encore préférable à ce texte profondément déséquilibré.

15:28 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook

03/07/2012

Concerto pour deux grosses caisses (de pension)

Premier mouvement : allegro catastrophico

Consciente de ses responsabilités, la commission des finances a voté à une très large majorité lors de sa séance du 27 juin 2012 le projet de loi prévoyant la fusion et le sauvetage de la CIA et de la CEH,  les deux caisses de pension étatiques. Le nouveau plan prévoit un taux de cotisation de 27%, réparti à raison de 2/3 pour l'Etat et de 1/3 pour les collaborateurs. Le système de primauté des prestations et la garantie de l'Etat sont maintenus. Cet exercice de réanimation de deux caisses en état comateux coûtera près de 7 milliards sur 40 ans, dont 800 millions devront être versés d'un coup. Le reste sera payé à hauteur de 150 millions annuels sur quatre décennies. 13 députés sur 15 ont estimé que cette opération de survie était préférable au cataclysme qu'entrainerait une mise en liquidation de ces caisses de pension. Sans surprise, les deux réfractaires sont issus des rangs socialistes (un refus et une abstention). Ils estiment sans doute que le « sacrifice » demandé à la fonction publique est trop important.

Deuxième mouvement : andante contribuabile

A l’occasion de l’assemblée générale de la Fédération des métiers du bâtiment du 28 juin 2012, organisée dans son Centre de formation flambant neuf à Lancy Pont-Rouge, j’ai eu l’occasion de discuter avec plusieurs patrons de PME actives dans le secteur de la construction. Ils m’ont indiqué que le plan de pension en vigueur dans leur entreprise n’arrivait pas à la cheville de celui offert aux serviteurs de l’Etat. En effet, dans le bâtiment, on parle plutôt d’un taux de cotisation de 11%, réparti à égalité entre l’employeur et l’employé, selon le système de primauté des cotisations et sans aucune garantie. Plusieurs ont exprimé leur perplexité en apprenant les termes prévus par le projet de loi de sauvetage évoqué plus haut.

Troisième mouvement: Allegretto con impôt furioso

Lors du débat en plénière sur les comptes 2011 du canton, la situation dramatique de la CIA et de la CEH a été largement évoquée. Elle constitue un des facteurs majeurs qui hypothèqueront les finances publiques genevoises jusqu’au milieu du 21ème siècle. Du côté des socialistes, le seul remède réside dans une augmentation massive d’impôts pour couvrir au moins ces CHF 150 millions annuels, plus les menues dépenses de fonctionnement supplémentaires prévues par nos amis de Gauche.

Je ne suis pas persuadé que les contribuables genevois, dont les entrepreneurs mentionnés ci-dessus et leurs employés, fassent preuve d’un enthousiasme immodéré pour soutenir une hausse de la fiscalité, déjà prohibitive à Genève en comparaison intercantonale, en vue de combler le déficit abyssal des caisses de pension publiques, alors que ces dernières continueront à garantir à leurs bénéficiaires un plan de pension encore très généreux.

Un mot encore à l’attention des syndicats qui seraient tentés de lancer un référendum contre le projet de loi de fusion de la CIA et de la CEH : la cacophonie qu’ils provoqueraient en cas de succès aurait des conséquences dramatiques pour leurs affiliés.

09:44 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

07/06/2012

Fusion des caisses de pension étatiques : la perplexité d’un député de droite

Alors que la Commission des finances s’apprête à consacrer une journée entière au débat et, espérons-le, au vote du projet de loi visant à fusionner la CIA et la CEH et à renflouer à coup de milliards ces deux caisses en perdition, le député que je suis est pour le moins perplexe.
Pour planter le décor, rappelons que le trou à combler est abyssal puisqu’il atteint près de CHF 7 milliards. Sur ce montant, la coquette somme de CHF 800 millions environ devra être versé d’un coup pour couvrir les rentes actuelles, conformément à la loi.

Rappelons aussi qu’aujourd’hui, le plan de retraite de la fonction publique n’est pas à proprement parler défavorable en comparaison avec certains secteurs de l’économie privée et que, selon les chiffres du Conseil d’Etat, le salaire médian des serviteurs de l’Etat atteint environ CHF 9'000.- par mois, alors qu’il est d’à peu près CHF 6'700.- dans le secteur privé.

Pour combler le découvert de ces caisses, l’effort des contribuables genevois sera donc d’environ CHF 150 millions par année sur 40 ans.
Or, parmi ces aimables contribuables, on trouve non seulement des PME locales, mais également des entreprises actives dans le négoce de matières premières, la banque, l’immobilier ainsi que des personnes physiques travaillant dans ces secteurs et bénéficiant d’un revenu et d’une fortune plus ou moins élevés.

Dans le débat actuel, les représentants du Parti socialiste, dont certains sont affiliés à la CIA, ne comprennent pas que l’on puisse s’interroger sur la méthode de financement de ce monstrueux déficit, mais réclament que les contribuables genevois passent sans sourcilier à la caisse pour sauver ces institutions de prévoyance, en faveur de membres de la fonction publique qui, selon la Gauche, ont déjà fait beaucoup de sacrifices. Si besoin est, ils préconisent encore une hausse d’impôts.

Mais là où le bât blesse, c’est que ces mêmes représentants du PS local s’en prennent en permanence et avec une violence verbale outrancière aux contribuables censés venir au secours de leur électorat fonctionnaire.

On ne compte plus les attaques de Mme Salerno contre les multinationales et leurs méprisables « cols blancs ». Par le biais d’une initiative perfide, le PS entend chasser ces entreprises du canton en allant jusqu’à les traiter de « parasites ».

Le PS veut également débarrasser Genève des personnes bénéficiant du forfait fiscal, qui rapportent bon an mal an entre CHF 100 et 150 millions à l’Etat (soit presque le montant à financer pour les caisses de pension chaque année !).

En parallèle, la Conseillère aux Etats socialiste Liliane Maury-Pasquier signe un manifeste contre la place financière suisse dans le cadre du Conseil de l’Europe. Aurait-elle perdu de vue que ce secteur économique contribue encore à hauteur d’au moins 25% des recettes fiscales du canton et des communes ?

Avec son allié de toujours l’ASLOCA, le même parti socialiste soutient deux initiatives dans lesquelles les milieux de l’immobilier sont globalement considérés comme d’affreux spéculateurs.

Doit-on alors s’étonner que ces milieux économiques (certes honnis du PS, mais qui contribuent tout de même largement à la prospérité des finances cantonales) émettent quelques toussotements lorsque, après avoir été copieusement pris à partie, ils sont ensuite appelés à cracher au bassinet sans broncher ?

Il est temps que le PS ouvre les yeux sur la réalité des entreprises et de l’emploi à Genève et cesse de s’en prendre quotidiennement à certains secteurs créateurs de richesse et de recettes fiscales. A défaut, la poursuite de cette attitude irresponsable risque à terme de faire capoter un plan de sauvetage qui, ne l’oublions jamais, vient en particulier à l’aide d’électeurs et de sympathisants de ce même parti.

09:19 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

31/05/2012

Le Lions Club Genève s'engage dans la lutte contre l'illettrisme

L'OCDE a mené une étude dans les pays industrialisés au sujet de la problématique de l'illettrisme. Il en ressort qu'entre 13 et 19 % des adultes suisses ont un faible niveau de compétence en lecture et en calcul. Une forte majorité d'entre eux a suivi 8 ou 9 années d' école obligatoire dans notre pays.

Or, une personne illettrée vit des difficultés au quotidien, dans des situations qui paraitraient banales à d'autres. La lecture d'un horaire de bus ou d'un courrier ordinaire peut devenir une véritable épreuve.

L'illettrisme peut déployer ses effets dans plusieurs domaines: il peut provoquer une faible estime de soi, une insertion professionnelle difficile ou empêcher une participation à la vie culturelle et associative.

Face à ce fléau, le Lions Club Genève a décidé de s'engager aux côtés de l'Association Lire et Écrire.  Dans le cadre de la Journée nationale du Lions du 2 juin 2012, le Club précité installera des stands d'information et récoltera des fonds dans cinq centres commerciaux genevois (Migros Lancy/Onex et MParc, Coop Eaux-Vives 2000 et La Praille ainsi que Manor Vésenaz).

Le bénéfice de cette action sociale sera entièrement versé à la section genevoise de l'Association Lire et Écrire. Le produit servira plus particulièrement à l'acquisition d'ordinateurs portables pour des cours de langue dispensés aux personnes victimes d'illettrisme.

Merci par avance de votre soutien !

09:00 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook

23/05/2012

Multinationales: et si la Gauche genevoise était en train de gagner son pari ?

Le 16 avril 2012, le Conseiller administratif d’extrême-gauche Rémy Pagani s’en prenait frontalement aux multinationales Procter & Gamble et Trafigura en les accusant d’aggraver, par leur seule présence sur sol genevois, la pénurie de logement. Il déclarait contre toute bonne logique que ces entreprises devraient contribuer à l’effort de construction de logements par le biais de leur caisse de pension.
Dans la même veine, au moyen de son initiative 150, le parti socialiste genevois souhaite chasser les multinationales de notre canton en les accusant pêle-mêle d’être des « profiteurs », des « parasites », de pratiquer la « concurrence déloyale » et de provoquer la « crise immobilière ».
Tous ces lecteurs assidus du « Courrier », ne parcourent sans doute que rarement le « Financial Times ». Or, ce grand quotidien britannique nous apprend aujourd’hui que Trafigura a décidé de transférer son siège de Genève à Singapour. Selon le « FT », cet Etat déploie une énergie considérable pour attirer des activités de « trading » de matière première sur son territoire et il est en passe d’y réussir. Ces entreprises sont attirées par un régime fiscal favorable, des coûts bas et par une demande de matières premières en pleine croissance dans le continent asiatique.
Après la fermeture brutale de Merck Serono, cette annonce du déplacement du siège de Trafigura devrait amener Genève à se réveiller et à prendre conscience qu’elle ne vit pas dans un bulle, mais bien dans un monde globalisé où, qu’on le veuille ou non, la concurrence fait rage et où le franc fort constitue un handicap majeur.
A force de vomir leur haine contre les multinationales, le PS et ses alliés d’extrême-gauche risquent bien de parvenir à leurs fins et de conduire ces entreprises (pourvoyeuses de dizaines de milliers d’emplois directs et indirects et d’énormes recettes fiscales) à se déplacer à Singapour ou ailleurs, là où le climat est moins hostile à leur encontre.

10:56 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

25/04/2012

Le PS genevois exporte jusqu’en Europe sa croisade contre la place économique du canton

Le PS genevois s’est réparti les rôles dans sa croisade contre la place économique et les emplois dans notre canton.

On se souviendra que dans une interview publiée aux frais du contribuable dans l’opuscule « Vivre à Genève », Sandrine Salerno lançait récemment l’offensive contre les multinationales.

La conseillère administrative socialiste a de la suite dans les idées. Alors que l’immense majorité de la classe politique exprime sa solidarité envers les collaboratrices et collaborateurs de Merck Serono qui viennent d’apprendre la fermeture du siège genevois de cette entreprise et la suppression d’environ 1'300 postes, Madame Salerno indique qu’elle n’est pas inquiète pour ces « cols blancs » qui peuvent facilement retrouver un emploi (voir TdG du 25 avril 2012).

Pendant ce temps, dans l’esprit de l’Internationale, la Conseillère aux Etats socialiste Liliane Maury-Pasquier signe une résolution intitulée « Pour une politique adéquate en matière de paradis fiscaux » dans le cadre du Conseil de l’Europe. Ce manifeste se fonde sur un rapport du socialiste belge Dirk van der Maelen qui prend comme principale cible, de manière totalement partiale et arbitraire, la place financière suisse et les multinationales situées sur notre sol (voir NZZ Online du 12 avril 2012).

Il est consternant de constater qu’une élue au Conseil des Etats, censée représenté les intérêts de son canton à Berne au-delà des dogmes partisans, se prête à cette mascarade orchestrée par ses camarades issus d’Etats qui n’ont de cesse d’attaquer notre pays, dans ce qu’il faut bien appeler une guerre économique.

Il n’est pas inutile de rappeler qu’avec ses quelque 35'000 emplois, le secteur bancaire et financier genevois contribue à hauteur de 20% du PIB cantonal et à près de 25% des recettes fiscales du canton et des communes.

Quand le PS genevois aura bouté hors du canton les multinationales et les banques, qui assurera le paiement des salaires de la fonction publique qui s’apprête à manifester le 10 mai 2012 pour préserver ses acquis sociaux ?

Ce jour-là, les « cols blancs » de Merck Serono, fraichement licenciés, auront sans doute une pensée émue et solidaire pour ces serviteurs de l’Etat au bénéfice de la garantie de l’emploi.

10:04 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook

05/12/2011

« Que fait le gouvernement, et plus particulièrement le département en charge de l’économie, pour aider le commerce de détail, face au franc fort et la concurrence accrue aux frontières ?

Voici le texte de l’interpellation urgente écrite que j’ai déposée au Grand Conseil le 1er décembre au sujet des mesures à prendre pour venir en aide au commerce de détail :

 

Mesdames et
Messieurs les députés,

Selon une statistique de mai 2011, le secteur du commerce de détail à Genève représente 1'803 entreprises (soit 4'054 établissements) et occupe 21'095 salariés.

Depuis début août 2011, les magasins notent une chute vertigineuse du chiffre d’affaires allant de 10 et 40%. Certains commerçants soulignent qu’ils n’ont jamais rencontré une telle situation en 30 ans de métier. Le spectre de la fermeture de magasins et de licenciements massifs est bien réel.

Le tourisme d’achat en France voisine est devenu un nouveau loisir. Les associations professionnelles se sentent abandonnées par le gouvernement et n’ont jamais entendu ce dernier prendre position par rapport à ce phénomène alarmant. Il n’a pas non plus proposé de solutions concrètes.

Contrairement à ce que l’on a pu connaître dans le domaine industriel, le recours au chômage partiel est difficilement applicable pour le secteur du commerce. En effet, la prestation de vente devant être assurée, le personnel doit être présent pour accueillir la clientèle, même rare. Comment alors démontrer au SECO de façon convaincante et étayée, dans l’optique d’un chômage partiel, que le personnel n’est pas assez occupé ?

Un moyen pour tenter de garroter l’hémorragie et encourager la clientèle à faire ses achats localement serait d’autoriser l’ouverture exceptionnelle deux dimanches pendant l’Avent.

L’Arrêté officiel reçu par les milieux professionnels ne fait que répondre au minimum légal : une nocturne jusqu’à 21h30 le 23 décembre. La date a été proposée par les commerçants car ce sont les derniers jours avant Noël qui attirent le plus de clientèle. Les syndicats Unia et SIT ont tenté de faire modifier cette date. Mais, sur ce seul point,  le département de l’économie a osé trancher en faveur des associations.

Ailleurs en Suisse, les ventes dominicales sont coutumières. Sur 26 cantons et demi-cantons, 20 connaissent des ventes dominicales. Les groupes ayant des succursales partout en Suisse sont atterrés par cette « Genferei » de plus.

Les associations de commerçants ont demandé un avis de droit au sujet de l’interprétation de la LHOM, plus particulièrement en ce qui concerne les dérogations, notamment celles prévues à son article 18, mises en perspective par rapport à la loi sur le travail.

En vertu des dispositions de l’article 19, alinéas 1 à 5 de la loi sur le travail, l’autorité cantonale peut autoriser le travail dominical temporaire. Trois conditions doivent être réunies à cet effet, à savoir l’existence d’un besoin urgent dument établi (par exemple une forte concurrence étrangère), la majoration du salaire de 50% et le consentement individuel de chaque travailleur.

Les associations s’étaient engagées à aller plus loin en majorant le salaire de 100%. La formule intéresse beaucoup de collaborateurs. Le gouvernement a toutefois décidé de ne pas soutenir cette solution.

Face au marasme, les commerçants ont fait preuve de créativité : ils ont demandé à une délégation du Conseil d’Etat de se déterminer sur les mesures autorisées par la LHOM. Des ouvertures retardées les deux samedis avant Noël étaient tout à fait envisageables, à défaut de dimanches. Il fallait néanmoins que le département prenne l’avis des syndicats. Ceux-ci, bien évidemment, s’y sont opposés. Le département s’est contenté de s’aligner sur la position syndicale…

A situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles !!
Comment se détermine le Conseil d’Etat ? »

10:07 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook

01/12/2011

Entités publiques: vers une gouvernance moderne

Le Grand Conseil a voté une réforme ambitieuse de la gouvernance des entités publiques autonomes, qui touche en particulier l’Aéroport international de Genève, les HUG, les SIG et les TPG.

La nouvelle loi s’inspire des standards de l’OCDE et de la Confédération. Dans ses lignes directrices, l’OCDE regrette que le conseil d’administration d’entreprise publique reste « pléthorique », manquant « d’indépendance de jugement ». Pour l’OCDE toujours, « il est important qu’une entreprise publique soit dotée d’un conseil d’administration puissant capable d’agir dans son intérêt à elle et de surveiller efficacement la direction sans ingérence politique indue. A cet effet, il conviendra de vérifier sa compétence, de renforcer son indépendance et enfin d’améliorer ses modalités de fonctionnement ».

A l’heure actuelle, les conseils d’administration ne respectent pas ces préceptes.

Pour y remédier, la nouvelle loi prévoit des conseils composés de 9 à 11 membres disposant des compétences susceptibles de contribuer effectivement au bon fonctionnement de l’institution. Aujourd’hui, on compte plus de 20 administrateurs, dont les compétences ne sont pas forcément adéquates, et les nominations sont parfois une récompense pour services rendus à la République.

Les jetons de présence constituent aussi un appât irrésistible. C’est pourquoi la nouvelle loi instaure une transparence totale des rémunérations pour éviter des rentes de situation indues.

La loi supprime les Bureaux du Conseil, afin de responsabiliser chacun des administrateurs. A l’heure actuelle, le Bureau, qui compte en général 5 membres, détient tout le pouvoir et mâche le travail du plénum qui fait office de chambre d’enregistrement.

Enfin, la nouvelle loi vise à dépolitiser les conseils grâce à une incompatibilité entre le rôle d’administrateur et celui de Conseiller d’Etat et de Député au Grand Conseil. Ce dernier point a fait hurler certains. Ils oublient que la présence d’un représentant par parti conduit, d’une part, à dupliquer les débats du Grand Conseil dans les entités publiques et, d’autre part, à créer des conflits d’intérêts et des entorses au secret de fonction.

Ainsi, ceux qui ont annoncé le lancement d’un référendum veulent faire perdurer un système obsolète, une gouvernance « à la grand-papa », incompatible avec les exigences de transparence, de compétence et d’indépendance qui doivent prévaloir aujourd’hui. 

09:54 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

17/11/2011

Haute horlogerie : remettre les pendules à l’heure

Le dernier blog de Michel Ducommun, ancien Président du Cartel intersyndical de la Fonction publique, m’a laissé sans voix. Il s’insurge contre le succès rencontré par le groupe horloger Richemont et par ses fleurons, que sont notamment Cartier, Piaget et Vacheron Constantin.

Dans un discours de lutte des classes primaire, il exprime son dégoût pour ces produits issus de la haute horlogerie, réservés aux « riches ».

Pour ma part, je suis très fier que Genève puisse compter dans son tissu économique des entreprises dont les racines sont profondément ancrées dans notre canton, qui assurent de nombreux emplois qualifiés et participent au rayonnement international de Genève.

Pour prendre l’exemple de Vacheron Constantin, spécifiquement visée par M. Ducommun, cette entreprise a été fondée en 1755 et représente la plus ancienne manufacture horlogère du monde, avec une activité ininterrompue depuis plus de 255 ans.

Elle emploie 700 personnes, dont la majeure partie est basée à Genève. Compte tenu de son succès, elle prévoit d’engager encore 300 personnes supplémentaires pour amener ses effectifs à 1'000 personnes environ. Cette croissance est tout simplement remarquable en cette période de crise économique où bon nombre d’entreprises envisagent plutôt de procéder à des licenciements.

Vacheron Constantin est aussi une entreprise formatrice qui compte de nombreux apprentis dans ses rangs. Elle collabore étroitement avec l’école d’horlogerie de Genève qui a ouvert ses portes en 1824 déjà. Des générations d’horlogers qualifiés sont issues de cet établissement qui est l’expression même du succès éclatant de la formation duale.

La manufacture précitée fait également partie des promoteurs du « Poinçon de Genève » que le Grand Conseil a instauré en 1886 comme véritable standard d’excellence et qui vient de célébrer ses 125 ans.

La Chambre de Commerce, d’industrie et des services de Genève (CCIG) ne s’y est d’ailleurs pas trompée et vient de décerner à Vacheron Constantin son prestigieux Prix 2011.

Par ses propos inconsidérés, M. Ducommun insulte le savoir-faire unique, développé depuis plus de 250 ans à Genève, qui se niche dans chacun des mouvements produits dans les manufactures de haute horlogerie genevoises.

14:43 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook

14/11/2011

LASI : remplacer une trappe à exclusion par un dispositif de réinsertion professionnelle

Auriez-vous l’idée de vous battre pour défendre le minitel, alors qu’internet permet de communiquer mieux et plus rapidement ? C’est pourtant le combat du Comité référendaire, qui s’acharne à exiger le maintien du RCMAS (revenu minimum cantonal d’aide sociale) alors que la révision de la LASI doit permettre de réinsérer plus de personnes, mieux et plus rapidement.

En un peu plus de 15 années de services, le RMCAS, qui était conçu pour éviter que les personnes en fin de droits ne tombent à l’aide sociale, s’est peu à peu transformé en piège pour ses bénéficiaires. Aujourd’hui, seul un tiers d’entre eux fournit une contre-prestation (souvent peu formatrice, éloignée du marché de l’emploi, et quelquefois même dévalorisante) et la durée de la mesure est de 39 mois en moyenne, contre 21 mois pour une personne à l’aide sociale. En clair, le RMCAS s’est peu à peu mué en trappe à exclusion et à pauvreté.

C’est fort de ce constat accablant que le Conseil d’Etat a proposé une révision du système. L’idée : remplacer le RMCAS par une révision de la loi sur l’aide sociale individuelle, en la complétant par un volet « insertion ». Par cet ajout, c’est la philosophie du système que l’on change, en passant d’un dispositif qui garantit le minimum vital en s’occupant de manière marginale de l’emploi à un dispositif de formation et de réinsertion professionnelle, qui garantit le minimum vital.

A priori, il n’existe aucune raison de s’opposer à ce projet plein de bon sens et tourné vers le retour en emploi. Toutefois, contre toute bonne logique, cet objectif ne semble pas faire le poids face aux calculs d’apothicaire des référendaires et de leurs amis. Car selon eux, la révision aboutirait à une diminution des prestations pour les personnes aidées. Rien n’est plus faux. D’une part, les projections démontrent que les prestations sont globalement équivalentes, voire quelquefois plus élevées qu’à l’heure actuelle. D’autre part – et surtout –, la nouvelle loi se donne les moyens de ses ambitions, en augmentant de près de 20 millions l’effort financier de l’Etat. Cet investissement est destiné à mieux définir les besoins des personnes en fin de droits, à leur offrir de nouveaux outils d’insertion et à assurer un meilleur suivi de leur parcours de réinsertion. Peut-on décemment parler de sous-enchère sociale et salariale ? Certainement pas !

Pour ma part, entre un système qui a montré ses limites en maintenant artificiellement ses bénéficiaires dans un état de dépendance et d’assistanat, et un projet ambitieux, véritablement orienté sur les besoins des personnes aidées, pour leur permettre de retrouver le plus rapidement possible le marché du travail et leur autonomie, mon choix est vite fait. Je voterai OUI à  la révision de la LASI.

14:19 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

17/10/2011

Un week-end croquant

Tout a commencé vendredi soir au Grand Conseil.

Pour nous aider à supporter les vociférations de certains députés, notre collègue Antoine Barde nous a apporté deux boîtes de pralinés de chez Hautlé. Les vertus apaisantes du chocolat ont à nouveau fait merveille et s’est donc dans la gaité et l’allégresse que nous avons dégusté les spécialités du célèbre confiseur du Bourg-de-Four.

Les festivités ont repris dimanche matin par la visite du premier salon international des chocolatiers et du chocolat organisé au Bâtiment des Forces Motrices (BFM).

C’est sous l’impulsion de la très dynamique Lise Luka que cette manifestation a pu avoir lieu à Genève. Elle a réussi l’exploit, entourée d’une équipe de choc (c’est le cas de le dire), de réunir au BFM la fine fleur de la chocolaterie genevoise et suisse. On pouvait apprécier les spécialités de célébrités locales, telles que la Chocolaterie du Rhône, Favarger, Micheli, Desplanches, Pascoët, j’en passe et des meilleures.

Conférences, recettes, dégustations, fontaines de chocolat : rien ne manquait pour faire de cet événement une expérience gustative inoubliable.

Quiconque n’a pas encore eu l’occasion de comparer les différentes sortes de cacao provenant de Java, de Colombie et de la République Dominicaine, ne peut se faire une idée concrète de l’incroyable diversité des saveurs et parfums offerts par ce bienfait de la nature.

Il ne reste donc plus qu’à espérer que les artisans chocolatiers genevois, qui constituent l’une des fiertés de notre canton, se fédèrent à nouveau l’année prochaine pour nous offrir la seconde édition de ce salon, qui devrait devenir le rendez-vous incontournable des chocolatophiles d’ici et d’ailleurs.

14:12 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

10/10/2011

Commerce genevois : dans l'attente d'un signal politique fort

Jeudi dernier, j’ai participé à l’événement « Un soir à la Corraterie », organisé par les commerçants de cette rue marchande bien genevoise. La typologie des domaines représentés est intéressante, puisque l’on trouve aussi bien une pharmacie, un opticien, des galeries d’art, une bijouterie bien connue, un magasin de jouets, un magasin de sport, divers cafés et boutiques de vêtements et, enfin, un célèbre fleuriste et une prestigieuse papèterie.

Bon nombre de ces enseignes ont pignon sur rue depuis fort longtemps.

Avec le public présent, la discussion portait inévitablement sur la force du franc et sur l’impact ravageur de ce facteur sur le commerce local. C’est donc l’occasion de faire le point sur la situation de ce secteur économique important pour Genève.

On compte sur le territoire du canton près de 1'800 entreprises actives dans le commerce de détail, qui gèrent plus de 4'000 points de vente. Cette activité assure près de 21'000 postes de travail.

Ce domaine est couvert par 13 conventions collectives de branche qui concernent environ 17'000 emplois.

Mais le commerce est avant tout un secteur qui souffre : depuis début août 2011, certains magasins enregistrent des chutes de leur chiffre d’affaire allant de 30% pour le non-alimentaire jusqu’à 40% pour les petits commerces. La force de notre monnaie constitue évidemment la principale cause de cette dégringolade alarmante.

Face à cette situation grave, dont les conséquences pour l’emploi peuvent s’avérer dévastatrices, les commerçants ont pris des mesures en adaptant leurs prix. L’impact sur les marges est immédiat, puisque les charges fixes demeurent inchangées.

Les commerçants genevois sont dans l’attente d’un signal clair du Gouvernement pour qu’il limite l’attractivité du tourisme commercial en France voisine, en particulier durant les périodes de fêtes qui s’approchent à grands pas. Bien entendu, l’influence du Conseil d’Etat sur le cours de l’euro est nulle. En revanche, il doit s’engager avec fermeté pour que les nocturnes de fin d’année puissent bel et bien avoir lieu et pour que les magasins qui le souhaitent soient autorisés à ouvrir quelques dimanches durant cette période, conformément à la loi fédérale en vigueur.

A défaut, il portera une lourde responsabilité en cas d’augmentation du chômage.

13:41 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Facebook

23/09/2011

Déficit budgétaire: c'est pas moi, c'est lui

Lors de la présentation de son budget 2012, le Conseil d’Etat genevois a annoncé un déficit astronomique de 429 millions.
Par ailleurs, contrairement aux engagements pris dans le plan financier quadriennal, les charges de fonctionnement progressent de 3%, alors que toutes les collectivités publiques autour de nous (à l’exception notable de la Ville de Genève) se serrent la ceinture et que les PME luttent pour leur survie face au franc fort.
Pour justifier cette augmentation, le Conseil d’Etat avance une multitude de prétextes et affirme que ces hausses sont induites par des éléments sur lesquels il n’a aucune prise. Il évoque en vrac la Confédération, la BNS, le Grand Conseil, l’euro, etc.
La liste est longue, mais l’argumentation est un peu courte.
On constate notamment une augmentation sensible du nombre de postes, du montant des subventions accordées et des dépenses générales (+ 6,1% !). Le Gouvernement possède sans conteste une marge de manœuvre sur ces différents éléments. Mais il a renoncé à procéder aux arbitrages nécessaires, laissant le soin au Grand Conseil de décider à sa place.
L’augmentation de la dette constitue une autre source de préoccupation Elle s’accroît de plusieurs centaines de millions pour atteindre 11,4 milliards. On relèvera à ce propos que, pendant que la cigale genevoise ne parvient pas à endiguer cette dette, la fourmi vaudoise a réduit son endettement de manière spectaculaire puisqu’il a passé sous les 2 milliards.
Dans son exposé des motifs, le Conseil d’Etat évoque en des termes alambiqués des mesures à prendre à partir de 2012 pour résorber le déficit structurel estimé à 150 millions. Il est question d’augmentation de recettes et de réduction de charges. Le but est de retrouver l’équilibre financier en 2014.
Dans cette perspective, il faudra s’opposer avec la plus grande fermeté à toute hausse d’impôt. En effet, les personnes physiques sont déjà mal loties à Genève en comparaison intercantonale et il serait déraisonnable d’augmenter l’imposition des entreprises qui se trouvent dans une situation très délicate compte tenu de la force du franc.
Pour finir sur une note positive, on relèvera avec satisfaction le niveau élevé des investissements. Notre canton souffre d’un retard important en matière d’infrastructures, notamment dans les transports publics et privés.
De même, il conviendra de soutenir l’accroissement des moyens dédiés à la sécurité et à la Justice. On sait que l’insécurité constitue un problème majeur à Genève et il faut par conséquent tout mettre en œuvre pour combattre ce fléau.
La commission des finances et le Grand Conseil auront donc fort à faire pour opérer les choix que le Gouvernement a esquivés et il faudra travailler en vue de trouver un consensus acceptable qui s’intègre dans les limites fixées par le plan financier quadriennal.

15:30 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

19/09/2011

Décroissance économique - croissance étatique

Dans un article édifiant paru dans la Tribune de Genève du 16 septembre 2011, le Président du PS, René Longet, rappelle le credo économique de son parti :

Il faut viser la décroissance en refusant l’implantation à Genève de sociétés multinationales.

Par ailleurs, selon lui, le salut du canton passerait par la création d’un fonds public « largement doté » qui financerait un « vaste programme d’assainissement des bâtiments et de soutien aux énergies renouvelables ».

C’est là que, dans sa stratégie, M. Longet, veut « chercher de nouveaux équilibres ».

Il ne s’agit en tous cas pas d’une référence à l’équilibre des finances publiques.

En effet, même si l’on voulait, contre toute bonne logique, soutenir le principe d’un fonds cantonal mammouth, on voit mal comment il pourrait être « largement doté » si la politique du PS visant à exclure les multinationales venait à être appliquée. Les recettes fiscales issues de ces centaines d’entreprises et de leurs dizaines de milliers de collaboratrices et collaborateurs disparaitraient, tout comme celles versées par les personnes au bénéfice du forfait fiscal que M. Longet, dans son article, veut aussi chasser du canton.

Le départ de ces contribuables porterait un tort considérable à Genève. Il est donc irresponsable de le réclamer.

Le Président du PS fait aussi l’apologie des cleantechs. Le développement à Genève de cette activité prometteuse doit bien entendu être favorisé. Mais, en l’état, il n’en est qu’à ses balbutiements et n’est pas encore une source importante d’emplois.

Au passage, on relèvera que ni la Confédération, ni le canton, n’ont attendu le visionnaire M. Longet pour considérer ce secteur comme prioritaire. A Genève, ce domaine compte parmi les points forts du programme de législature établi par le Conseil d’Etat, sous l’impulsion du chef du département de l’économie.

Au lieu de tirer des plans sur la comète, M. Longet serait mieux inspiré de lutter pour le maintien à Genève des emplois déjà existants, dans une période économiquement chahutée. Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras…

11:52 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

15/09/2011

Joindre l'utile au sublime

La Fondation Dr Henri Dubois-Ferrière Dinu Lipatti se consacre exclusivement, depuis sa création en 1970, à soutenir la lutte contre la leucémie et les autres maladies du sang.

Elle a réussi l’exploit de réunir hier à Genève, le temps d’une soirée de gala, le célèbre orchestre du Gewandhaus de Leipzig et la prodigieuse pianiste portugaise Maria-Joao Pires. Le premier est l’un des plus anciens orchestres symphoniques du monde, puisque ses origines remontent à 1743. La seconde jouait déjà les concertos de Mozart en public à l’âge de 7 ans.

Le public du Victoria Hall est resté tétanisé d’émotion à l’écoute du Concerto pour piano et orchestre n° 3 de Beethoven. Même les habituels toussotements s’étaient tus.

Merci pour ce moment d’exception !

Tout propos supplémentaire constituerait une fausse note.

09:25 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook

05/09/2011

Blocage des avoirs grecs : le PS poursuit son Odyssée contre la place financière

Le groupe socialiste au Grand Conseil a déposé le 29 août 2011 une proposition de Résolution invitant le Conseil d’Etat genevois à intervenir auprès du Conseil fédéral pour que celui-ci :

•    gèle immédiatement tous les avoirs placés par des citoyens ou entreprises grecs dans les banques exerçant en Suisse ;
•    transmette au gouvernement grec la liste des déposants et les montants déposés ;
•    reste à la disposition du gouvernement grec pour prélever à la source et reverser un impôt et des amendes dont les montants auront été définis par celui-ci et permettant de contribuer à une répartition plus équitable des efforts entre les citoyens grecs pour réduire la dette de cet Etat.

Le groupe socialiste s’en prend violemment aux banques suisses en les accusant d’avoir des pratiques « pouvant s’apparenter à du recel ».

Dans leur exposé des motifs, les socialistes escamotent deux éléments importants. Premièrement, jusqu’à nouvel ordre, la Confédération helvétique reste un Etat de droit dont la Constitution et la législation prévoient la protection de la sphère privée, notamment financière. La transmission sauvage de données à laquelle aspire le PS n’est pas compatible avec ces principes fondamentaux. Par ailleurs, la Suisse et la Grèce sont liées par une Convention de double imposition (CDI) qui permet une collaboration en cas de soustraction et de fraude fiscale. Athènes est donc légitimée à déposer des requêtes dans ce but si elle l’estime utile et fondé. Pour ce motif, la Résolution évoquée ci-dessus poursuit un but illégal.

En second lieu, le PS passe sous silence les raisons profondes de la situation financière de la Grèce. Ce pays figure au 78ème rang dans le palmarès de la corruption établi en 2010 par l’ONG « Transparency International », derrière la Colombie, la Chine et Vanuatu. La Grèce est l’un des pires élèves européens en matière de contrôle de son économie au noir qui est évaluée à 26% environ. Ce pays consacre entre 3,5 et 4% de ses revenus à des dépenses militaires, qui sont les plus élevées de l’Europe de l’Ouest. On pourrait aussi évoquer le fait que la Grèce est fortement soupçonnée d’avoir fait preuve d’une créativité remarquable pour masquer aux yeux de Bruxelles la réalité de son endettement abyssal.

On voit bien que le PS s’intéresse en réalité peu au sort de la Grèce. Ce qu’il vise, c’est l’affaiblissement de la place financière genevoise. Ce dénigrement systématique s’inscrit dans une longue tradition.

On se souviendra des attaques incessantes de Jean Ziegler contre les banquiers helvétiques. La crédibilité de cet ancien conseiller national socialiste s’est toutefois effondrée en même temps que le régime dictatorial de son ami personnel Kadhafi. Au demeurant, il est piquant de constater que les milliards d’avoirs libyens bloqués à travers le monde se trouvent avant tout aux Etats-Unis (USD 31 milliards), au Royaume-Uni (USD 13,6 milliards) et en France (7,6 milliards d’euros).

On se souviendra aussi qu’en février 2010, le Conseiller national Carlo Sommaruga prônait une restructuration drastique du secteur bancaire, en citant pour exemple l’industrie horlogère (voir TdG du 11 février 2010). Pour rappel, face aux bouleversements technologiques, l’horlogerie suisse a passé de 90'000 emplois en 1973 à 30'000 en 1984, soit une diminution de 66% des postes de travail. On voit le sort que l’élu genevois entend réserver au premier secteur économique du canton dont il est issu.

N’y a-t-il personne, parmi les nombreux sympathisants socialistes issus de la fonction publique et du secteur subventionné à Genève pour rappeler aux dirigeants du parti, enfermés dans leur Olympe dogmatique, que la place financière et ses 35'000 emplois contribuent pour plus de 20% au PIB genevois et génèrent près de 25% des recettes fiscales du canton et des communes ? Sans cette prospérité, le paiement des salaires de toute cette population émargeant au budget de l’Etat ne serait tout simplement plus assuré.

14:13 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook