Genève - Page 6

  • Retour à une économie planifiée?

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    C’est avec intérêt que j’ai pris connaissance du « Manifeste syndical pour une autre politique cantonale en matière de chômage » publié par la Communauté genevoise d’action syndicale (CGAS).

    On peut notamment y lire que la politique économique dominante à Genève vise à favoriser un « secteur bancaire déjà hypertrophié ».

    Il est vrai que la place financière genevoise assure environ 34'000 emplois, 20% du produit intérieur brut et 1 milliard de recettes fiscales. De plus, ce secteur économique a plutôt bien résisté à la crise qui a secoué la planète entière et n’a, jusqu’à présent, pas procédé à des vagues de licenciements, contrairement à ce que l’on a pu constater à Londres ou à New-York.

    Fin avril 2011, le nombre de chômeurs issus du domaine financier était de 623 personnes, soit 4,5% du total des chômeurs à Genève, en baisse de 25,5% par rapport à avril 2010.

    Chaque chômeur est un chômeur de trop. Mais dans ce domaine, la place financière genevoise n’a en l’état pas à rougir.

    Pourtant, la CGAS veut rompre avec « la prédominance d’un secteur financier local hypertrophié ». Pour ce faire, le manifeste propose un projet intitulé « une politique volontariste de création d’emplois » qui passe par une politique de réindustrialisation durable financée par un fonds pour l’emploi.

    Dans leur réflexion, les syndicats omettent tout d’abord de mentionner que notre canton peut déjà s’enorgueillir d’un secteur industriel de pointe et non subventionné. L’Union industrielle genevoise, qui a récemment fêté son 100ème anniversaire, compte en effet parmi ces membres de nombreux fleurons, notamment dans la mécatronique.

    En second lieu, les syndicats se gardent bien de dire combien coûteraient les mesures qu’ils préconisent, mais ils précisent toutefois que le fonds en question « pourrait être financé soit par une taxe sur les entreprises, soit pas des investissements des caisses de pension ».

    En clair, la CGAS souhaite remplacer la place financière par un secteur industriel subventionné à travers une augmentation de l’imposition des entreprises et une ponction sur le deuxième pilier.

    La perspective d’une telle économie planifiée selon le système soviétique fait rêver !

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  • A la santé des caves ouvertes!

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    A la veille de l’édition 2011 des « Caves ouvertes », j’ai déposé mon rapport sur le Projet de loi 10805 qui vise à faciliter la vie des producteurs de vin du canton et à diminuer la bureaucratie.

    En substance, ce texte prévoit de ne plus soumettre les producteurs en question à autorisation pour la vente à l’emporter des boissons alcoolisées issues de leur récolte et vendues sur l’exploitation et sur les marchés. Par conséquent, les émoluments précédemment perçus pour la délivrance des autorisations seront supprimés.

    Bien entendu, l’ensemble des autres règles applicables au commerce du vin, en particulier les normes de protection des mineurs, reste pleinement applicable.

    Il est ressorti des travaux de la commission de l’économie du Grand conseil que les cantons de Genève et du Jura sont les seuls en Suisse romande à ne pas prévoir dans leur législation une exception à l’obligation d’autorisation pour leurs producteurs de vin (comme à Neuchâtel, Fribourg et Vaud) ou plus largement pour les producteurs de boissons fermentées (comme en Valais).

    Sur le fond, on ne voit pas quelle raison pourrait encore justifier le maintien d’un régime d’autorisation pour les producteurs genevois en ce qui concerne la vente à l’emporter, alors que le secteur de la viticulture a connu une évolution impressionnante et que des vignerons du canton sont récompensés lors des plus prestigieux concours suisses et internationaux. Genève possède d’ailleurs le troisième vignoble du pays, ainsi que la densité viticole la plus forte.

    Lors de son audition, le représentant de l’Interprofession du vignoble et des vins de Genève a d’ailleurs salué cette évolution législative et a souligné le fait que cette amélioration pourrait toucher une centaine de producteurs locaux.

    On peut donc espérer que le Grand Conseil réservera bon accueil à ce projet qui s’inscrit parfaitement dans l’esprit de la Loi sur la promotion de l’agriculture, qui est l’expression d’un attachement collectif croissant à une agriculture de proximité moderne, accessible, diversifiée et respectueuse de l’environnement.

    Santé !

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  • Place financière : certaines vérités sont bonnes à dire (et à répéter)

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    Dans son éditorial du 20 mai, Roland Rossier de la Tribune de Genève se félicite du fait que les négociations avec l’Allemagne et l’Angleterre soient à bout touchant en ce qui concerne l’introduction d’un impôt libératoire à la source (projet « Rubik »). Ce même journaliste rappelle que la place financière suisse représente 125'000 postes de travail et qu’à Genève, les banques emploient à elles seules plus de 20'000 personnes
    Si l’on ajoute à ce dernier chiffre les personnes actives dans les nombreux domaines du secteur financier au sens large dans notre canton (gestionnaires de fortunes, assurances, fiduciaires, avocats, etc.) on arrive à un total d’environ 35'000 emplois. La place financière est donc le premier employeur privé du canton.

    Sa contribution au produit intérieur brut (PIB) cantonal est tout aussi considérable puisqu’elle avoisine les 20%.

    Enfin, l’impact fiscal de cette branche économique est vital pour les finances publiques du canton et des communes. Selon les chiffres 2007, la place financière représentait 40,7% de l’impôt sur le bénéfice des personnes morales et 39,7% de l’impôt de base sur le capital. Par ailleurs, 61,8% de la taxe professionnelle communale en Ville de Genève étaient assurés en 2010 par le secteur financier. Il n’est pas exagéré d’affirmer que la contribution globale de cette industrie, de ses collaboratrices et collaborateurs doit s’approcher du milliard par année en termes de recettes fiscales.

    1 milliard, c’est grosso modo le montant de la subvention accordée bon an mal an par notre canton à l’Hôpital et à l’Université réunis.

    En cette année électorale, il est de bon ton chez certains politiciens genevois d’accuser la place financière de tous les maux. Or, la réalité chiffrée décrite ci-dessus devrait plutôt inciter ces représentants de la population genevoise à s’engager à Berne pour un cadre légal compétitif permettant au secteur bancaire et financier de maintenir et développer dans notre canton ces emplois à haute valeur ajoutée, ces compétences uniques et ces recettes fiscales conséquentes. D’autres places concurrentes seraient ravies de s’approprier ces atouts.

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  • MIR : une vocation internationale

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    Que mes lecteurs se rassurent, cet article ne sera pas consacré à la station orbitale Mir lancée par l’Union soviétique en 1986 et dont la carrière s’est achevée en 2001 dans les eaux du Pacific Sud.

    Non, ce billet concerne le Musée International de la Réforme (MIR) qui compte parmi les institutions culturelles les plus dynamiques de notre canton et qui participe au rayonnement de Genève à travers le monde. Pour rappel, le MIR a reçu en 2007 le Prix du musée du Conseil de l’Europe pour sa contribution remarquable à la connaissance du patrimoine culturel européen.

    Les manifestations organisées par le MIR autour du 500ème anniversaire de la naissance de Calvin en 2009 ont eu un écho bien au-delà de la Suisse et de l’Europe et des visiteurs du monde entier se sont rendus en pèlerinage à Genève à cette occasion.

    Fort de cette réputation internationale, le MIR a vécu le 16 mai 2011 un événement exceptionnel : une délégation tchèque de haut niveau a remis au musée un fac-similé de la lettre de doléance des nobles tchèques et moraves de 1415. Par cet écrit, les signataires ont dénoncé l’exécution arbitraire du réformateur Jean Huss lors du concile de Constance.

    Les personnes présentes à cette cérémonie ont pu entendre le Président du Conseil d’Etat genevois Mark Müller prononcer une partie de son discours en langue tchèque. Il a rappelé les nombreux liens historiques unissant la République Tchèque et la Suisse.

    L’émotion était palpable lorsque l’assistance s’est souvenue de l’accueil par notre pays des réfugiés tchèques suite à la répression sanglante du Printemps de Prague en 1968.

    C’est à travers de telles célébrations que Genève renforce sa vocation de ville internationale et il faut se féliciter du rôle joué par le MIR dans cet effort commun.

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  • Plaidoyer pour le partenariat public privé (PPP)

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    La semaine écoulée a été marquée par deux événements remarquables dans le domaine du partenariat public privé à Genève.
    Tout d’abord, on a pu assister à l’ouverture de l’exposition au musée Rath intitulée « Les sujets de l’abstraction » qui présente 101 chefs-d’œuvre de la collection rassemblée par la Fondation Gandur pour l’Art. Il faut se féliciter de cette fructueuse collaboration entre un mécène, Jean-Claude Gandur, et une collectivité publique, la Ville de Genève.

    Par ailleurs, vendredi soir, le comité « minor » de la Fondation Dr Henri Dubois-Ferrière Dinu Lipatti, composé d’une vingtaine de jeunes issus de différents horizons, a réuni près de 700 personnes à la salle Pitoëff dans le but de récolter des fonds en faveur de l’avancée thérapeutique dans les cancers et autres maladies du sang de l’enfant et de l’adolescent. Il s’agit prioritairement de soutenir le développement d’une plateforme de recherche de l’Unité d’Onco-Hématologie Pédiatrique des Hôpitaux Universitaires de Genève (HUG). La fondation précitée collabore sur d’autres projets avec les HUG. Elle contribue notamment à un programme visant à développer de nouveaux médicaments en les testant cliniquement au stade initial de recherche. Cette initiative représente un réel espoir pour les patients atteints de leucémie ou de cancer, en échec avec tous les traitements actuellement disponibles sur le marché.

    En matière de partenariat public privé, les HUG sont d’ailleurs à la pointe et ont su tisser des liens étroits avec de nombreuses fondations actives à Genève.

    On trouve aussi de telles synergies dans l’enseignement universitaire. Ainsi, le très dynamique Institut des hautes études internationales et du développement (IUHEID) a su mobiliser des entreprises et des privés pour soutenir des projets, des chaires d’enseignement et des bourses d’études.

    Dans le domaine social, on constate la même volonté de rassembler les énergies privées et étatiques, en particulier dans la prise en charge du handicap. On peut citer ici l’engagement de la Fondation Clair-Bois ou encore les différents partenariats mis sur pied par la SGIPA.

    Enfin, la Genève internationale n’est pas en reste : la Fondation pour Genève joue ainsi un rôle essentiel pour le rayonnement de Genève et l’accueil des internationaux et de leur conjoint.

    Cette liste ne se veut en aucune manière exhaustive mais fournit quelques exemples dans lesquels l’esprit d’entreprise du privé s’allie à la force étatique pour réaliser des projets en faveur de la collectivité. Les nombreuses fondations et associations que je n’ai pas citées ici voudront bien me pardonner.

    Le propos est avant tout de saluer la richesse de ces interactions entre le privé et le public dont Genève est le creuset. Nos autorités doivent tout mettre en œuvre pour favoriser cette alchimie et l’étendre à des domaines où elle est encore malheureusement absente. On peut penser à cet égard au développement des grandes infrastructures, voire même à la construction de logements, dont Genève a si cruellement besoin. On pourrait ainsi assurer le développement et le financement de grands projets, sans forcément aggraver l’endettement du canton.

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  • Déclassement des "Cherpines" : pour une croissance raisonnable et raisonnée

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    Les référendaires opposés au changement de zone pour la construction de 3'000 logements aux Cherpines sont des partisans déclarés de la décroissance. Ils regrettent que notre canton bénéficie d’une forte attractivité pour les entreprises et que notre économie soit solide, voire florissante.

    Cette situation, que la plupart des autres régions du monde nous envie en cette période de sortie de crise, implique que l’on puisse loger sur notre territoire les collaboratrices et collaborateurs occupant des emplois souvent qualifiés et à haute valeur ajoutées.
    S’ils plaident pour la décroissance économique et s’en prennent souvent aux sociétés multinationales et à leurs employés, les référendaires n’appliquent pas la même idéologie en ce qui concerne le train de vie de l’Etat. En effet, on ne les entend pas militer pour une décroissance budgétaire.

    Cette asymétrie représente un danger majeur pour l’équilibre des finances étatiques.

    Les référendaires devront nous expliquer comment ils entendent financer les charges colossales du canton, qui dépassent les 7,5 milliards en 2010. Plus soucieux de la création d’un utopique « agro-quartier » autogéré aux Cherpines, ils ne se préoccupent pas de savoir qui finance l’éducation, l’hôpital, ainsi que l’ensemble des prestations sociales et des subventions.

    Il serait bon de leur rappeler que les entreprises ont rapporté largement plus de 1 milliard d’impôt dans les caisses de l’Etat en 2010, sans compter la contribution de leurs employés. De plus, en 2010 toujours, ce sont précisément les entreprises exportatrices, ainsi que les sociétés multinationales et de trading qui ont fait preuve du plus grand dynamisme.

    Avant de vouloir bouter hors du canton ces entreprises, leurs collaborateurs et leurs impôts au nom de la décroissance, les référendaires seraient bien inspirés de faire preuve d’un sens plus développé des responsabilités.

    Mais les Genevoises et les Genevois sauront résister à ces sirènes irresponsables en se prononçant en faveur du déclassement des Cherpines, gage d’une croissance raisonnable et raisonnée de notre canton.

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  • Déclassement des "Cherpines" : il y a urgence!

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    Les jeunes Verts ont exprimé aujourd’hui leur soutien au référendum lancé contre le déclassement de la zone agricole des Cherpines (voir le site internet de la « Tribune de Genève). Ils font feu de tout bois pour tenter de motiver leur opposition à la construction de logements à cet endroit : il faut à tout prix sauver les terrains agricoles, le projet est mauvais, il faut construire ailleurs, notamment en Ville et dans la première couronne urbaine etc.

    Chacun de ces arguments peut être réfuter sans peine, mais je m’attarderai plus particulièrement sur celui qui voudrait faire croire que construire « ailleurs » serait la solution miracle à tous les problèmes de logements dans le canton.

    Certains opposants tentent de convaincre la population genevoise qu’il n’y a aucune urgence à déclasser ce périmètre des Cherpines puisque d’autres terrains sont en attente de développement, « ailleurs ».

    Ils pensent en particulier aux Vergers à Meyrin, à la Chapelle-les Sciers à Plan-les-Ouates. Il faut refuser ce raisonnement trompeur et fallacieux.

    Le Plan directeur cantonal, élaboré de manière concertée, identifie les périmètres dont les affectations devraient changer afin de répondre aux besoins de la population genevoise. Ce faisant, il protège efficacement la zone agricole.

    Les périmètres d’ores et déjà déclassés font tous l’objet de procédures visant à une mise en œuvre la plus rapide possible de constructions de logements. Malheureusement, il est avéré que le carcan législatif genevois est extrêmement important et que les projets en question font l’objet de recours, à chaque stade de la procédure. Tout développement nécessite donc au minimum une dizaine d’années avant que les premiers logements ne soient créés.

    Refuser le déclassement du périmètre des Cherpines serait donc irresponsable du point de vue de la planification !

    En effet, compte tenu du temps considérable nécessaire pour concrétiser le moindre projet, il est essentiel de déclasser, immédiatement, afin que la production de logements ne soit pas stoppée nette. Pour les jeunes Verts, le terme « ailleurs » signifie donc plutôt « jamais ».

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