02/09/2013

CFF: Connexion Franchement Faible

J'aime le train !

Ceux qui suivent mes pérégrinations sur Facebook savent que je sillonne la Suisse en tous sens, de Berne à Zurich, en passant par Bâle, Soleure ou Zermatt.

Le chemin de fer est le meilleur moyen de profiter des paysages magnifiques qui font la célébrité de notre pays à travers le monde. Qui n'a pas connu un moment d'émotion intense en sortant du tunnel de Chexbres pour découvrir, ébloui, le sublime paysage lémanique qui s'offre à ses yeux ?

Mais aujourd'hui, la coupe est pleine et je m'apprête à commettre un crime de lèse-majesté en critiquant vertement notre régie nationale.  Mon grief ne concerne pas la sécurité (on a pourtant vu récemment que des améliorations étaient nécessaires), ni la propreté (même si, il faut le dire, les toilettes sont régulièrement insalubres, voire inutilisables), ni la fréquentation (pas une place libre entre Zurich et Berne !), mais bien la qualité du réseau Wifi.

Ce point pourrait paraître mineur à toute personne qui n'utilise que sporadiquement le train. En revanche, pour un boulimique du rail, cela devient insupportable.

Ce matin, je monte dans un ICN à destination de Zurich (vous savez, ces rames qui tanguent au pied du Jura, à vous donner le mal de mer...).  A partir de Bienne, il devient impossible d'obtenir une connexion Wifi convenable: plus de courriels, plus d'internet, plus de Facebook. Le réseau réapparaît comme par miracle après Lenzburg, capitale de la confiture. Mais il est trop tard.

Au retour, la situation est encore pire: le réseau est interrompu quasiment entre Zurich et les verts pâturages de Villaz-Saint-Pierre, après Fribourg.

Il est grand temps  que les CFF améliorent ce service, indigne d'un pays comme la Suisse qui se veut à la pointe de la technologie et de l'innovation !

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09/07/2013

Fiscalité des entreprises: soyons lucides !

Sur le front de l’imposition des entreprises, on rappellera qu’un différend oppose Bruxelles et Berne depuis des années à propos des régimes fiscaux cantonaux. La Commission européenne souhaite imposer son code de conduite à la Suisse et menace notre pays de mesures de rétorsion.

En mai 2013, la Confédération a publié un rapport comportant plusieurs propositions destinées à aplanir ce litige. Il est notamment prévu de supprimer les régimes préférentiels incriminés et de les remplacer par d’autres formes d’imposition tolérées au niveau européen, à l’instar des « licence boxes » autorisant des taux favorables pour les revenus de brevets ou de marques. Ce système de substitution intéresse avant tout les Bâlois et leur industrie chimique. En revanche, en ce qui concerne plus particulièrement Genève et Vaud, on parle davantage de la fixation d’un taux unique pour toutes les personnes morales. Le Grand argentier genevois, David Hiler a évoqué à cet égard un taux de 13% qui sert maintenant de base de discussion.

Dans son rapport, la Confédération a aussi admis que les cantons concernés ne pourraient pas supporter seuls les pertes fiscales engendrées par ce changement de régime. Les caisses fédérales devront assumer une partie de ce manque à gagner.

Le décor ainsi planté, venons-en maintenant aux derniers développements intervenus dans cette palpitante saga.

Parmi les éléments positifs, relevons la conférence de presse commune de David Hiler et de son homologue vaudois Pascal Broulis qui s’est tenue le 13 juin 2013. A cette occasion, ces deux Ministres ont salué de concert les réflexions menées par la Confédération et ont exprimé deux revendications : tout d’abord, Genève et Vaud attendent de la Berne qu’elle assure aux cantons touchés par cette réforme de la fiscalité des entreprises un soutien pérenne d’un montant minimal de 1,5 milliards. Par ailleurs, des mesures transitoires ont été réclamées en faveur des cantons concernés permettant notamment d’éviter l’exacerbation de la concurrence fiscale intercantonale. L’élément le plus important de cette démarche entreprise sous le label « Métropole lémanique » reste sans conteste le fait que Genève et Vaud aient enfin été en mesure de s’exprimer d’une seule voix.

On saluera également la réaction du directeur de l’Administration fédérale des finances, Serge Gaillard, face à ces revendications légitimes du duo valdo-genevois. Dans une interview accordée le 6 juillet au journal « Le Temps », ce haut fonctionnaire admet que les pertes fiscales qui découleront de la réforme de l’imposition des sociétés doivent être assumées par l’ensemble des partenaires, dont la Confédération. Parmi les solutions envisageables, il évoque la possibilité d’une ristourne aux cantons d’une partie des recettes prélevées par la Confédération sur les bénéfices. Il est question que la Confédération supporte ces pertes jusqu’à concurrence de 50% au maximum. Serge Gaillard insiste sur l’importance de la présence sur sol suisse de ces sociétés à statut fiscal spécial. Elles rapportent un franc sur deux de l’impôt fédéral sur les bénéfices. Pour la Confédération, l’enjeu dépasse les 4 milliards par année. Le chef des finances fédérales insiste sur le fait que « l’objectif de la réforme est de faire en sorte que la Suisse puisse rester compétitive pour les multinationales et les sociétés de négoce ».

Alors que du côté helvétique, les choses avancent dans le bon sens, on ne peut pas en dire autant en ce qui concerne certains membres de l’Union Européenne. Le 1er juillet, l’agence Bloomberg annonçait que Noble Corp., société domiciliée à Zoug et active dans le pétrole, envisageait de déplacer son siège à Londres, dans l’espoir de diviser par deux sa facture fiscale.

Cette nouvelle a été reprise et approfondie par la très sérieuse « NZZ am Sonntag » du 7 juillet 2013. Il ressort de cet article que les Anglais essayent d’appâter des entreprises domiciliées en Suisse avec des offres extrêmement alléchantes. Il semblerait même que des représentants des autorités britanniques rendent visite à des groupes internationaux en Suisse dans le cadre de « road shows » promotionnels.

Ces pratiques suscitent des réactions courroucées chez certaines autorités cantonales. Un haut fonctionnaire zougois déclare que « l’Angleterre joue un double jeu ». D’une part le Gouvernement britannique combat les régimes fiscaux des cantons suisses et, d’autre part, propose lui-même des modèles très attractifs.

Dans ce contexte de véritable guerre économique, la Suisse aurait tort de se montrer naïve. Elle se doit au contraire d’étudier dans le détail les régimes préférentiels octroyés par certains membres de l’UE, prompts à la critique, qui ne se fondent pas uniquement sur le taux d’imposition, mais également sur la définition de l’assiette fiscale. L’exemple cité par la « NZZ am Sonntag » doit nous inciter à la plus grande lucidité.  

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28/06/2013

Imposition d'après la dépense: ne déclarons pas forfait !

Le Conseil fédéral vient de publier son Message au Parlement relatif à l'initiative populaire "Halte aux privilèges fiscaux des millionnaires (abolition des forfaits fiscaux)". Le Gouvernement plaide vigoureusement pour le maintien de cette institution et souligne que l'imposition selon la dépense a de nombreuses retombées positives sur l'économie de notre pays. De plus, en matière de concurrence fiscale internationale, elle renforce l'attrait de la Suisse

A cet égard, il est établi que la possibilité offerte à certains groupes de contribuables par la Confédération ne fait pas figure d'exception en comparaison avec d'autres Etats. Le Message cite en particulier Hong-Kong, Singapour, la Belgique, l'Espagne et le Portugal. Il est également fait référence au Royaume-Uni dont le système de "resident non domiciled" est bien connu et largement utilisé (on parle de plus de 100'000 bénéficiaires).

Le Conseil fédéral se penche ensuite sur les conséquences d'une éventuelle suppression du forfait fiscal. Il expose que "de manière générale, il faut partir du principe que ce sont surtout les communes et les cantons où la charge fiscale est proportionnellement élevée et/ou qui ne peuvent pas offrir des avantages autres que fiscaux qui sont concernés par les diminutions des recettes fiscales". Cet argument concerne en particulier Genève qui, comme vient de le démontrer une récente étude de la Chambre de commerce (CCIG), connaît une fiscalité prohibitive pour les personnes physiques.

Le Gouvernement souligne aussi que les régions périphériques défavorisées pourraient être touchées ne particulier, dans la mesure où elles ne pourraient pas compenser la suppression des places de travail qu'entraînerait le départ des personnes imposées d'après la dépense. On pense en particulier au canton du Valais dont l'économie doit déjà digérer les effets négatifs de l'Initiative Weber et de la révision de la Loi sur l'aménagement du territoire.

Enfin, le Message détruit un mythe colporté par les opposants à cette forme d'imposition. Le PS genevois affirme que "les forfaitaires demeurant à Zurich compensent le départ des autres en devenant des contribuables participant proportionnellement à leurs moyens".  Or, selon le Message précité, les hausses et les diminutions de recettes sont certes restées équilibrées après la disparition du forfait, mais ce phénomène était imputable aux impôts acquittés à hauteur de plusieurs millions par une seule personnes, qui a quitté le canton dans l'intervalle.

Au vu des éléments qui précèdent, il faudra tout mettre en œuvre pour qu'en accord avec la politique du Conseil fédéral, les citoyens genevois et suisses se prononcent en faveur du forfait fiscal qui rapporte chaque année à Genève près de 150 millions de francs. A défaut, ces contribuables très mobiles s'en iront vers des cieux plus cléments. La classe moyenne n'aura alors plus que ses yeux pour pleurer et devra compenser cette perte sèche à travers des augmentations d'impôts qui la toucheront frontalement.

Cette préoccupation n'a rien de théorique. L'annonce du départ d'Ingvar Kamprad, fondateur d'Ikea, doit nous faire réfléchir. Cet événement, pour l'instant isolé, suscite déjà des inquiétudes légitimes à Epalinges dont les autorités évoquent l'impact négatif de cette décision sur les finances communales.

On imagine facilement les conséquences désastreuses, pour Genève et toute la Suisse romande, d'un exode massif des forfaitaires.

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21/06/2013

Droit pénal fiscal: vers une rupture du lien de confiance entre les citoyens et l'Etat ?

Le Conseil fédéral a récemment entamé une procédure de consultation relative à la modification du droit pénal fiscal concernant les contribuables suisses. On peut légitimement se demander si le moment choisi pour ouvrir ce nouveau chantier est opportun. Est-il judicieux de créer un nouveau débat, à l’interne, alors même que la Suisse est engagée dans des combats fiscaux homériques sur le plan bilatéral et multilatéral ? Poser la question, c’est y répondre.

Le Département fédéral des finances (DFF) entend tout d’abord unifier les éléments constitutifs des infractions. L’escroquerie fiscale sera désormais considérée comme une forme qualifiée de soustraction d’impôt.

Par ailleurs, et surtout, le projet prévoit d’accorder aux autorités fiscales helvétiques un accès direct aux données bancaires en cas de simple soustraction fiscale. Mais les mesures de contraintes prévues ne s’arrêteront pas là. Le fisc pourra également interroger tout le cercle de connaissances du contribuable, sa fiduciaire, ses voisins, ses relations d’affaires, etc. Cela signifie en clair la fin du secret bancaire en matière fiscale au plan domestique.

Par le biais de ces mesures, le Conseil fédéral veut donner des gages aux cantons qui estiment être plus mal traités que les autorités étrangères du point de vue de l’accès aux informations bancaires.

La Conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf a assuré que ces propositions ne vont rien changer au rapport de confiance qui existe entre le citoyen et l’Etat. On peut en douter. Elles constituent plutôt une rupture du subtil équilibre qui existe entre le droit légitime du citoyen à la protection de sa sphère privée financière et la nécessité pour l’Etat de disposer des moyens permettant la collecte de l’impôt.

On se dirige tout droit vers un système répressif « à la française », dont l’efficacité reste encore à démontrer, alors même que les Helvètes font preuve d’une discipline élevée en comparaison internationale lorsqu’il s’agit de verser leur dû à l’Etat. Cela s’explique notamment par le fait que les Suisses votent eux-mêmes leurs impôts, ce qui accroît sensiblement le degré d’adhésion au taux de perception. L’Etat est d’ailleurs loin d’être démuni face aux contribuables récalcitrants puisqu’il peut compter sur un impôt anticipé de 35% et peut infliger des amendes très salées.

Les réactions politiques ont été très vives suite à la publication de ce projet et le sentiment de rejet est quasiment unanime à droite de l’échiquier. Un comité conjoint formé de politiciens issus du  PLR, du PDC et de l’UDC vient d’ailleurs de lancer une initiative populaire intitulée « Oui à la protection de la sphère privée » qui vise à ancrer dans la Constitution le secret bancaire pour les Suisses.

Cette initiative mérite notre soutien !

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14/06/2013

Accord FATCA avec les Etats-Unis: un référendum serait contre-productif

Actuellement, le Parlement suisse est saisi de deux dossiers concernant les relations avec les Etats-Unis. D’une part, on trouve la « Lex Americana » visant à permettre le règlement du litige entre les banques suisses et le fisc américain. Il n’en sera pas question ici. D’autre part, les Chambres fédérales doivent se prononcer sur l’Accord entre la Suisse et les USA concernant la mise en œuvre de FATCA. C’est le sujet du présent article. Cette distinction claire s’impose dans la mesure où une certaine confusion semble régner dans l’esprit du public.

La législation FATCA doit permettre aux Etats-Unis d’obtenir que soient imposés tous les comptes détenus à l’étranger par des « personnes américaines » au sens du droit fiscal américain (il s’agit là d’une notion extrêmement large). Ces dispositions ne touchent pas que la Suisse, mais bien l’ensemble des intermédiaires financiers à travers le monde. Les effets extraterritoriaux de ce texte ont d’ailleurs été largement critiqués, de même que les coûts considérables entrainés par la mise ne place de ce système très lourd à l’échelle de la planète. Pour une grande banques, ces coûts sont estimés jusqu’à 100 millions de dollars.

Mais, que l’on apprécie ou non cette situation, il n’en reste pas moins que l’entrée en vigueur de FATCA est prévue à partir du 1er janvier 2014.

Afin d’atténuer les conséquences de cette législation américaine, Berne et Washington ont conclu un traité en février 2013. Il garantit que les comptes détenus par des « US persons » auprès de banques suisses seront déclarés à l’IRS (le fisc étatsunien). L’accord du titulaire est toutefois nécessaire. Faute d’un tel aval, les renseignements seront tout de même échangés mais sur la base de l’assistance administrative prévue par les Conventions de double imposition (CDI). Par ailleurs, plusieurs simplifications ont été introduites dans l’accord américano-suisse. Elles sont essentielles.

Tout d’abord, et surtout, le traité exclut du champ d’application de FATCA le système d’assurance sociale et de prévoyance professionnelle (1er pilier, 2ème pilier et pilier 3a). Si l’accord venait à capoter devant le Parlement fédéral ou dans le cadre d’un éventuel référendum, divers secteurs de la prévoyance professionnelle seraient touchés par FATCA, l’insécurité juridique serait totale et les surcoûts liés à l’application de ces normes américaines seraient in fine à la charge des assurés, en réduction de leur fortune.

Deuxièmement, l’accord apporte des assouplissements bienvenus au secteur suisse des fonds de placement. En Suisse, 43 directions de fonds gèrent environ 1'400 fonds suisses. Si le traité est adopté, plus de la moitié d’entre eux seraient libérés de l’obligation de s’enregistrer comme participants à FATCA.

Enfin, l’accord permet de négocier des exceptions en faveur des petites et moyennes banques (notamment celles qui détiennent au moins 98% de fonds de clientèle en provenance de Suisse ou de l’UE). Cela concerne avant tout les banques régionales et les caisses d’épargne. Grâce à l’accord, elles pourraient être libérées d’une grande partie des obligations liées à FATCA.

Les quelques éléments évoqués ci-dessus démontrent qu’un échec de l’accord conduirait à des conséquences graves pour les caisses de pension, les fonds de placement et les banques régionales. Il faudra y songer avant de brandir l’épouvantail du référendum !    

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08/06/2013

"Trop d'impôt tue l'impôt": une phrase tarte à la crème ?

Dans les discussions relatives à la fiscalité, la célèbre phrase « trop d’impôt tue l’impôt » revient souvent comme une rengaine.

Une série d’articles parue dans « Le Figaro » des 8-9 juin 2013 sous le titre « Le matraquage fiscal pénalise la consommation » m’a incité à me pencher d’un peu plus près sur cette affirmation célèbre.

Elle résulte des théories de l’économiste américain Arthur Laffer, bien connu pour être à l’origine de la courbe du même nom. Son hypothèse est fondée sur l’idée que la relation positive entre croissance du taux d’imposition et croissance des recettes de l’Etat s’inverse lorsque le taux d’imposition devient trop élevé. Lorsque les prélèvements obligatoires sont déjà élevés, une augmentation de l’impôt conduirait alors à une baisse des recettes de l’Etat, parce que les agents économiques surtaxés seraient incités à moins travailler.

L’éditorialiste du « Figaro » s’interroge sur les causes de la stagnation des rentrées fiscales sur une année en France, malgré des hausses d’impôts massives.

Pour la journaliste, le nombre d’exilés fiscaux a été multiplié par quatre ou cinq depuis un an à cause de la menace de la taxe à 75%, de l’instauration d’une surtaxe d’ISF et du relèvement massif des prélèvements sur l’épargne. Dans un autre domaine, « la hausse des charges sociales frappant l’emploi à domicile pourrait bien être à l’origine de la diminution du nombre d’heures déclarées de 3,2% en 2011, les ménages ayant opté pour le travail au noir. Enfin, la consommation est en berne depuis deux ans. Est-ce une surprise alors que de multiples hausses de taxes (impôt sur le revenu, TVA dans certains secteurs…) ont rogné le pouvoir d’achat des ménages ? » La journaliste évoque aussi la volte-face du Gouvernement Hollande face à la fronde des entrepreneurs « pigeons » qui se voyaient menacés d’une taxation confiscatoire de leurs éventuelles plus-values. Une telle mesure aurait dissuadé toute création d’entreprise.

Ces quelques exemples tirés de la frénésie fiscale hexagonale démontrent que les contribuables ne sont pas taillables et corvéables à merci et finissent pas exprimer leur révolte par divers moyens.

En Suisse et à Genève, la Gauche serait bien inspirée de méditer ces cas concrets survenus en France avant de poursuivre tous azimuts ses initiatives anti-riches : suppression des forfaits fiscaux, suppression du bouclier fiscal, introduction d’un impôt sur les successions au taux de 20% à partir de 2 millions de fortune, remise en cause permanente de la baisse de la fiscalité pour les familles votées par le peuple genevois en 2009, etc.

Il est en effet totalement illusoire de penser que ces projets, s’ils devaient par malheur aboutir, rapporteraient les dizaines de millions de recettes fiscales que la Gauche espère pouvoir injecter dans un Etat glouton. Le Grand Conseil genevois l’a bien compris en rejetant massivement jeudi soir l’initiative du PS, curieusement soutenue par les Verts, visant à supprimer le forfait fiscal à Genève.  Faut-il rappeler que l’imposition selon la dépense rapporte bon an mal an 150 millions au canton, soit à peu près la somme que nous devrons injecter chaque année pendant 40 ans pour le sauvetage des caisses de pension étatiques ?

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17/05/2013

Antoine Vielliard, le retour !

Antoine Vielliard, Conseiller général de Haute-Savoie et Administrateur des HUG, nous avait laissé un certain répit dans le flot d’invectives lancées contre le canton de Genève et son économie. On le retrouve aujourd’hui en pleine forme dans « Le Temps », où il nous gratifie d’une tribune libre édifiante intitulée « A Genève, la pénurie de logement est planifiée par les autorités ».

Il s’en prend au Plan directeur genevois actuellement traité par le Grand Conseil et en profite pour régler ses comptes avec l’ensemble de la classe politique et économique genevoise. Jugez-en plutôt par vous-même !

Pour commencer, il reprend sa traditionnelle litanie contre l’ « afflux de cadres internationaux des entreprises fiscalement privilégiées ».

Il continue sa longue diatribe en fustigeant pêle-mêle les maires élus, l’ASLOCA, les « notables » et les promoteurs locaux.

Personne ne trouve grâce à ses yeux et il conclut son réquisitoire en indiquant que « nombreux sont les élus français déterminés à refuser ce plan directeur.. ».

Face à de telles attaques, combien de temps encore le Conseil d’Etat genevois tolèrera-t-il la présence de M. Vielliard au Conseil d’administration des HUG ?

J’avais déjà posé cette question il y a quelques mois au Gouvernement cantonal et j’avais reçu une réponse pour le moins lénifiante. Je la repose donc aujourd’hui, publiquement.

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27/04/2013

Les 7 plaies fiscales

Le PS genevois annonce triomphalement qu’il entend lancer une initiative populaire pour supprimer le bouclier fiscal adopté par le peuple genevois en 2009 (voir TdG du 27 avril). Pour les socialistes, les contribuables du canton pourront enfin être imposés sans limite, au-delà de 100% de leur revenu imposable.

Cette nouvelle mesure s’ajoute à 6 autres qui sont susceptibles de s’abattre sur notre canton et notre pays.

On évoquera l’initiative cantonale du PS visant à supprimer l’imposition selon la dépense. Si elle venait à aboutir, Genève perdrait ses contribuables au bénéfice du forfait fiscal et les 100 à 150 millions d’impôts qu’ils génèrent chaque année, montant qui correspond grosso modo à ce que Genève devra injecter annuellement, pendant 40 ans, pour sauver les caisses de pension de la fonction publique.

A cela s’ajoute l’initiative fédérale soutenue par la Gauche qui prévoit d’introduire un impôt sur les successions au taux de 20% à compter d’un patrimoine de 2 millions. Compte tenu du fait que les entreprises ne sont pas exonérées, cela signifie la fin de la transmission des PME familiales.

Sur le plan fédéral toujours, le Département des finances souhaite élargir massivement la notion de fraude fiscale afin de pouvoir infliger une peine de 3 ans de prison au maximum aux contribuables suisses qui auraient commis une soustraction d’impôt par le biais d’une tromperie astucieuse. Cela mettra à mal le subtil équilibre qui a existé jusqu’à présent entre le droit des citoyens à la protection de leur sphère privée et la nécessité pour l’Etat de percevoir des impôts. Il est même prévu que cette fraude fiscale deviendrait un crime, passible de 5 ans de prison, si elle porte sur un patrimoine de 600'000.- francs ou plus.

L’Administration fédérale entend aussi signer une nouvelle Convention successorale avec la France qui contrevient aux standards internationaux en la matière puisqu’elle permettrait à l’Hexagone d’imposer auprès d’héritiers en France la succession d’une personne décédée en Suisse. Les 170'000 Suisses domiciliés en France, en particulier dans la région genevoise, apprécieront.

Le PS veut également tout mettre en œuvre pour chasser les multinationales du pays. En effet, il a fait savoir qu’il s’apprêtait à lancer une initiative fédérale afin d’augmenter à 16% au minimum, sur tout le territoire du pays, le taux d’imposition des personnes morales bénéficiant à l’heure actuelle de statuts fiscaux. Le Conseil d’Etat genevois a toutefois clairement indiqué qu’une ponction fiscale globale supérieure à 13% risquerait de faire partir irrémédiablement ces entreprises du canton et avec elle, les dizaines de milliers d’emplois ainsi que les milliards de recettes fiscales qu’elles génèrent.

Au niveau cantonal, le PS genevois n’est pas en reste dans la lutte pour éradiquer les entreprises multinationales. Il a en effet lancé une initiative intitulée « pas de cadeaux aux multinationales » prévoyant la suppression de tous les allègements fiscaux. Elle sera soumise au peuple si le Tribunal fédéral la déclare recevable.

Cet inventaire fait froid dans le dos. Si ces 7 plaies se concrétisent, Genève et la Suisse rejoindront leur voisin français dans le palmarès peu enviable des enfers fiscaux.

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18/04/2013

Services financiers: vers un Tribunal d'exception ?

Le délai pour la prise de position relative au rapport du Conseil fédéral sur la future Loi sur les services financiers vient d’arriver à échéance.

Ce projet législatif est essentiel, dans la mesure où il dessinera les contours de la surveillance d’un secteur économique vital pour notre pays et notre canton, dans lequel il génère environ 35'000 emplois.

On peut saluer le fait que la Suisse souhaite reprendre les grands principes ancrés dans la Directive européenne MiFID. En effet, il s’agit là d’une condition sine qua non, mais malheureusement pas suffisante, pour envisager à l’avenir un accès au marché européen pour les prestataires de services helvétiques. Cette perspective constitue une priorité pour la plupart des établissements bancaires et financiers domiciliés dans notre pays.

Le projet mis en consultation est en revanche très critiquable sur un point au moins. En effet, il tend à instaurer une forme de Tribunal d’exceptions au détriment des prestataires de services financiers. Or, rien ne justifie le fait de vouloir soustraire les affaires liées à un domaine d’activités spécifique à la procédure civile ordinaire. Cela concerne notamment le renversement du fardeau de la preuve évoquée dans le projet, mais surtout l’intention affichée d’obliger les prestataires de services à assumer l’ensemble des frais judiciaires en cas de litige, quelle que soit l’issue du procès.

Une telle mesure conduirait immanquablement à des nombreux abus et à une avalanche de procédures injustifiées. Elle nuirait surtout à la sécurité juridique et, par voie de conséquence, à l’attractivité de notre place économique. Elle doit donc être combattue énergiquement !

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20/02/2013

Je connais mal Anne Mahrer

Je connais mal Anne Mahrer car, au Grand Conseil, nous nous parlons peu. Elle doit me trouver trop à droite et inféodé aux milieux économiques et je dois être trop timide.

Cette ignorance réciproque, mais non-hostile, ne m’a jamais empêché d’avoir un grand respect pour cette personnalité politique de premier plan. Elle a présidé le Grand Conseil avec une autorité naturelle incontestable, elle a été une présidente du parti des Verts unanimement saluée et elle s’est engagée dans des causes justes, notamment dans la prévention contre le cancer du sein. Ses interventions au Parlement sur les sujets chers à son parti en matière d’environnement étaient toujours posées et documentées. En un mot, elle était écoutée.

Ma déception a été à la hauteur de mon respect lorsque j’ai lu dans le Tribune de ce jour son article publié dans la rubrique « L’invitée » sous le titre « L’Entente nouvelle est arrivée ».

Dans un style qui se veut teinté d’humour viticole, elle s’en prend vertement à tous les autres partis représentés au Grand Conseil, à l’exception de ses alliés socialistes, en leur reprochant de faire de l’obstruction et de prendre des mesures dilatoires, notamment en matière budgétaire. De manière définitive, elle assène que « le bien commun et l’intérêt général ne sont pas la priorité de cette nouvelle alliance ».

J’affirme au contraire que les formations politiques qu’elle voue aux Gémonies font preuve d’un sens des responsabilités louable en cherchant à réduire le déficit abyssal dans lequel veulent nous entraîner les Verts et les Socialistes. Ces mêmes partis défendent également le bien commun en tentant de donner un coup de frein au flot de subventions dont bénéficient, il est vrai, plutôt les amis politiques de Mme Mahrer. Ces partis toujours, préservent les intérêts de la classe moyenne, en ne suivant pas les Verts et les Socialistes dans leur frénésie fiscale insatiable.

Ce qui me frappe surtout, c’est le silence assourdissant de Mme Mahrer sur le fait que le PLR, le PDC et le MCG ont soutenu d’une seule voix le coûteux sauvetage des caisses de pensions publiques, contrairement aux socialistes qui s’y sont opposés en commission et en plénière.

Cette capacité de trouver un compromis démontrée en l’occurrence par les partis précités mérite mieux que ces invectives aussi déplacées que décevantes de Mme Mahrer.

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22/11/2012

A la belle Escalade!

Un trio d'enseignants révolutionnaires au Cycle de Drize a donc décidé de boycotter les festivités de l'Escalade du CO, comme le révèle la TdG online du 21 novembre 2012.

Il est mené par MM. Julien Nicolet, Gabriel Mota et par Mme Salima Moyard.

Dans leur communiqué, ils déclarent "dans la nuit du 11 et 12 décembre 1602, les troupes du duc de Savoie, assistés de mercenaires félons, attaquaient sournoisement la République de Genève. 410 ans plus tard les troupes PLR, assistés de quelques soudards opportunistes s'en prennent à Genève en tentant d'asphyxier la République par des propositions budgétaires qui sont autant d'attaques envers les Genevois, avant tout les plus modestes d'entre eux."

Je n'ai pas pour habitude de citer des noms. Mais, en l'occurrence, cela revêt un intérêt particulier. En effet, Mme Moyard n'est pas seulement enseignante, elle est aussi, et surtout, Députée socialiste au Grand Conseil.

Sous couvert de sa fonction professionnelle, elle s'en prend frontalement au groupe PLR et à sa volonté de restaurer à Genève des finances publiques saines.

C'est plutôt du côté de Mme Moyard que l'on trouve la sournoiserie. Prendre en otage les élèves du CO à l'occasion de la plus importante fête populaire  genevoise n'est pas seulement lamentable, mais aussi irresponsable. En effet, face à ce boycott, ces élèves, leurs familles et leurs amis seront tentés de voter contre le sauvetage des caisses de pension de la fonction publique le 3 mars 2013. Comment approuver le versement de CHF 150 millions par année pendant 40 ans pour venir en aide à des enseignants qui pratiquent le boycott et appellent à la grève ?

Mais peut-être que Mme Moyard souhaite vraiment amener les citoyens de Genève à refuser le renflouement de la CIA et de la CEH. N'oublions pas qu'elle a voté contre cette loi au Grand Conseil, à l'instar de la majorité du Groupe socialiste. Les agresseurs ne sont donc pas ceux que l'on croit !
Conscients de leurs responsabilités, les Députés libéraux et radicaux ont massivement soutenu ce compromis raisonnable.

Cette position conciliante pourrait bien changer si de telles attaques venaient à se répéter de la part de telles Mères Royaume de pacotille. 

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06/11/2012

Les places financières asiatiques passent à l'offensive... et la Suisse ?

Divers membres du Conseil fédéral voyagent en ce moment en Asie : Mme Widmer-Schlumpf va participer, au Laos, au sommet du Forum Europe-Asie, M. Burkhalter a inauguré une nouvelle ambassade en Birmanie et M. Schneider-Ammann est aussi dans la région. C’est bien, car cette partie du monde est devenue un moteur de croissance. La démarche n’en demeure pas moins purement institutionnelle.
Les autorités de Hong Kong sont plus pragmatiques. Le 13 novembre, une délégation de très haut niveau, viendra à Genève pour faire la promotion de sa place financière auprès de la communauté bancaire locale.
Pour rappel, Hong-Kong compte parmi les concurrents les plus acharnés de la Suisse dans ce domaine et pointe en troisième position dans l'index des places financières globales publié en septembre 2012. Genève figure au 9ème rang.
Une bonne âme pourrait-elle m'indiquer quand nos autorités fédérales, FINMA y compris, se sont rendues en Asie pour vanter l'excellence de notre place financière helvétique, notamment dans le domaine de la gestion de fortune ?
Comme le rappelle le Conseiller national Christian Lüscher dans une interpellation de juin 2012, la compétitivité du secteur bancaire suisse ne semble pas faire partie des priorités de l'autorité de surveillance. Christian Lüscher cite notamment les propos tenus par le directeur de la FINMA lors d'une conférence de presse de mars 2012 : "notre tâche n'est pas de promouvoir la compétitivité internationale de ce secteur".
Le conseiller national en question souligne également qu'à Singapour, autre concurrent majeur de la Suisse (4ème dans l'index des places financières globales), une unité de l'autorité de surveillance (MAS) se consacre à la promotion de cette branche économique en pleine expansion.
Dans sa réponse du 29 août 2012 à l'interpellation Lüscher, le Conseil fédéral se montre très laconique et estime que tout va très bien en la matière.
Malheureusement, dans le cadre de sa stratégie de conformité fiscale "Weissgeldstrategie", notre Gouvernement planche, sous la conduite de la Présidente de la Confédération, sur des mesures qui pourraient porter un tort considérable à l'attractivité de la place financière suisse en comparaison internationale.
Rien n’est encore fait, mais on évoque  l'obligation pour les banques d'obtenir des clients une auto-déclaration de conformité fiscale à partir d'un certain montant en compte (il est question de CHF 20'000.- à 30'000.-).
Une telle auto-déclaration n'est appliquée nulle part ailleurs au monde, et en tous cas pas à Hong-Kong ou Singapour,  et ne constitue par un standard international.
Les places financières asiatiques doivent observer avec délectation ces projets qui, s'ils venaient à se concrétiser, ne feraient que renforcer leur positionnement au détriment de la Suisse.
En tout état, lorsque l'on considère l'évolution du secteur de la banque d'affaires au vu des mesures annoncées récemment par UBS (10'000 suppressions d'emplois d'ici 2015), il apparaît que l'activité de gestion de fortune devient plus vitale que jamais pour la Suisse. Il faut donc impérativement se garder de faire cavalier seul et d'introduire des normes susceptibles de constituer un désavantage compétitif en comparaison internationale. Il en va du maintien de milliers d'emplois dans notre pays.
A défaut, la tournée promotionnelle de Hong-Kong en Suisse risque de s'avérer malheureusement très fructueuse, au-delà de toute espérance.

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13/07/2012

Le charme discret du Delaware

Dans un récent article très fouillé, le « New York Times » s’intéresse de près au Delaware, Etat américain bien connu pour l’opacité de ses sociétés. L’enquête débute au 1209 North Orange, adresse qui n’héberge pas moins de 285’000 entités.
Le grand quotidien donne ensuite la parole à de nombreuses personnalités sur ce sujet. Un assistant du Procureur général au Département de la Justice déclare que « cela constitue un énorme problème de justice criminelle. Il est ridiculement facile pour un criminel de créer une société de domicile et d’utiliser le système bancaire, nous devons stopper cela ». Plus loin, un agent qui ouvre des comptes pour des non-Américains précise que « le Delaware est l’Etat qui réclame le moins d’informations. En fait, il n’en réclame aucune. Le Delaware a les sociétés les plus secrètes au monde et les plus faciles à créer ». Même les représentants des Iles Caïmans se plaignent de cette concurrence et le président de la bourse de cette juridiction insulaire indique « qu’il devrait exister un level playing field et que le Delaware devrait être tenu de respecter les mêmes standards que les Caïmans ».
Enfin, un porte-parole de « Tax Justice Network » (une ONG qui s’attaque aussi à la Suisse), déplore que « ce qui est tellement irritant avec le secret aux Etats-Unis c’est qu’il n’y a aucune tentative de documenter qui est le détenteur de la société ».
La suite de l’article est consacrée aux efforts considérables déployés par le Delaware pour éviter de devoir se plier à des exigences plus élevées, malgré les pressions considérables exercées par d’autres Etats américains, dont la Pennsylvanie, qui se plaignent du pillage de leur substrat fiscal.
Pendant ce temps, en Suisse, lors de l’ouverture de comptes, les banques appliquent strictement les principes d’identification fixés de longue date dans la Convention de diligence (CDB), dont l’article 4 prévoit ce qui suit :
Les banques doivent exiger des sociétés de domicile suisses et étrangères :
a)    un extrait du Registre du commerce ou une pièce équivalente en vue de la vérification de leur identité ;
b)    une déclaration, établie sur formulaire A, sur formulaire T ou sur un document au contenu équivalent, par laquelle le cocontractant indique qui est l’ayant droit économique des valeurs patrimoniales.
Y aurait-il deux poids deux mesures en matière d’identification des clients entre le Delaware et la Suisse ?

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05/07/2012

Les socialistes genevois ont-ils honte de leur canton ?

Cette question n’a rien d’iconoclaste lorsque l’on considère les attaques incessantes des leaders du PS genevois contre les secteurs qui font la prospérité et la renommée de notre canton.

On rappellera ici la véritable croisade menée par Sandrine Salerno contre les multinationales et leurs très nombreux emplois. Le dernier épisode en date dans cette longue saga est l’interview édifiante accordée à « L’Illustré » par la Conseillère administrative de la Ville de Genève.

De son côté, la Conseillère aux Etats Liliane Maury-Pasquier a exporté son désamour de la place financière genevoise et de ses 35'000 postes de travail jusque sur les bancs du Conseil de l’Europe.

Enfin, alors que Genève et le Monde entier s’enthousiasment unanimement pour les succès rencontrés par le CERN dans sa quête du boson de Higgs, le Conseiller national Carlo Sommaruga déclare, désabusé, sur Twitter : « c’est vraiment super, on a identifié le boson de Higgs, mais les pauvres seront-ils moins pauvres ? ».

Une chose est certaine, à force de dénigrer un à un tous les pôles d’excellence du canton, le PS parviendra à rendre Genève plus pauvre, en matière d’emplois, de ressources financières et de savoir.

Ce manque d’enthousiasme récurrent, ces lamentations chroniques et ce désenchantement permanent du côté du PS expliquent peut-être en partie l’échec cuisant subi par ce parti lors de l’élection partielle du 17 juin 2012. En effet, Pierre Maudet représente l’exact opposé de cette attitude : son énergie aussi positive que communicative a su convaincre les citoyens genevois.

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29/05/2012

Il fait meilleur être mécène au pays des röstis ou des läckerli qu’à celui de la longeole

En l’espace de 10 jours, j’ai voyagé deux fois en train à travers la Suisse avec ma famille à la découverte de deux villes riches en histoire, en culture et en traditions culinaires : Berne et Bâle.

J’aborderai moins ici les expériences gastronomiques vécues lors de ces escapades (telles qu’elles transparaissent dans le titre de ce papier), que les aspects liés à la nourriture culturelle.

Un élément rapproche intimement la Cité rhénane et la capitale fédérale : je veux parler de l’engagement de personnalités remarquables, Ernst Beyeler à Bâle et le Dr. Maurice Müller ainsi que son épouse à Berne, qui ont fait appel au même architecte, le génial Renzo Piano, pour bâtir deux musées : la Fondation Beyeler et le Centre Paul Klee. La passion artistique et les moyens financiers importants de plusieurs mécènes, alliés à une volonté politique forte, ont permis la réalisation de ces deux lieux désormais mythiques, dont le rayonnement artistique a largement dépassé nos frontières nationales.

Pendant ce temps, à Genève, on pétouille depuis des lustres pour savoir si l’on finira par réaliser l’extension du Musée d’art et d’histoire, telle que projetée par un autre célèbre architecte, Jean Nouvel. Un jour c’est plutôt oui, le lendemain c’est plutôt non. Alors que d’autres villes avancent, réalisent des projets ambitieux, la Cité de Calvin se tâte, consulte, approuve puis se rétracte, au risque de refroidir définitivement l’enthousiasme pourtant bouillonnant du mécène Jean-Claude Gandur, prêt à investir son temps, son argent et sa collection dans cette passionnante aventure. En termes de volonté politique, celle du nouveau Ministre de la culture de la Ville paraît, dirons-nous, tiède. Alors qu’à Bâle ou à Berne, les mécènes sont accueillis à bras ouverts, à Genève, on les soupèse, on les suspecte, on les soupçonne. Et pour finir, savez-vous où M. Gandur risque de se rendre, lassé par les tergiversations provinciales (pour ne pas dire « rupestres ») des Genevois ?

A Bâle !

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25/05/2012

Lutte contre l'évasion fiscale: l'Allemagne prise en flagrant délit de double langage

On se souviendra que le belliqueux Ministre des finances allemand Peer Steinbruck aurait bien voulu envoyer la cavalerie pour mater la Suisse, accusée de tous les maux en matière d’évasion fiscale.
On se souviendra également que des autorités fiscales germaniques n’ont pas hésité à acheter à prix d’or des CD contenant des données bancaires volées pour poursuivre certains de leurs contribuables soupçonnés d’être en délicatesse avec leur fisc local.
On se souviendra enfin que plusieurs Länder allemands dominés par la Gauche, dont celui du Baden-Würtenberg, font la fine bouche lorsqu’il s’agit de ratifier l’accord « Rubik » signé avec la Suisse, afin de régulariser le passé de clients allemands qui n’auraient pas déclarés leurs avoirs. Les politiciens sociaux-démocrates estiment que ce traité constituerait une prime aux fraudeurs.
Dans l’intervalle, on apprend par la « Handelszeitung », que les banques allemandes, en particulier dans le Baden-Würtenberg, accueillent à bras ouverts et en toute impunité des clients suisses qui voudraient échapper à leurs obligations fiscales.
Face à tant d’hypocrisie, la Suisse va-t-elle poursuivre sans sourciller son opération d’auto-flagellation ou va-t-elle enfin réagir pour résister à ces attaques perfides, fondées largement sur des motifs protectionnistes ?

15:33 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

04/05/2012

Pour le PS genevois, les multis, c'est un peu fort de café !

Le PS genevois mène une véritable croisade contre les multinationales et les dizaines de milliers d’emplois qu’elles représentent. Cette démarche se concrétise notamment à travers l’IN 150 intitulée « Pas de cadeaux aux multinationales ».
Par ailleurs, ce parti a particulièrement dans son collimateur le géant veveysan Nestlé. Preuve en est la résolution R 686 déposée par des députés socialistes en janvier 2012 sous le titre « Stop à la Nespression ».
C’est donc avec stupeur et consternation que les Camarades du bout du lac ont dû apprendre la volonté de l’entreprise honnie d’investir CHF 300 millions et de créer près de 400 emplois dans une nouvelle usine destinée à la production de capsules Nespresso. Le PS genevois a sans doute bu la tasse jusqu’à la lie (ou plutôt jusqu’au marc) en lisant dans les médias que cette implantation était liée à des avantages fiscaux.
Toutefois, deux éléments ont peut-être permis d’alléger cette indicible souffrance :
Premièrement, ces investissements n’auront pas lieu à Genève, mais à Romont, dans le canton de Fribourg. On relèvera à cet égard que, devant les caméras de la RTS, les autorités politiques de ce canton ainsi que la population locale ne boudaient pas leur plaisir face à ce développement économique bienvenu, générateur de nombreuses places de travail.
En second lieu, l’usine devrait accueillir peu de méprisables « cols blancs ».
Ouf, l’honneur est presque sauf !

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14/12/2011

Je suis un indigné!

Doit-on forcément installer sa tente dans un campement insalubre au Parc des Bastions pour être un indigné ?

Telle est la question que je me propose de traiter brièvement avec vous aujourd’hui à l’occasion de la fête de l’Escalade.

Cette question, je vais l’aborder modestement, par le petit bout de la lorgnette, d’un point de vue exclusivement genevois.

On pourra me reprocher cet horizon étriqué. Mais cette approche me paraît adéquate en cette occasion où l’on célèbre l’esprit de résistance de la Cité de Calvin face à l’agresseur savoyard en 1602.

Permettez-moi une constatation liminaire à ce propos : il me semble que la situation s’est totalement inversée depuis le début du 17ème siècle. En effet, à l’époque, Genève, protégée par ses remparts, devait faire face à une menace extérieure.

Certes, de nos jours encore, certains Etats sont d’humeur belliqueuse à l’encontre de notre pays, voire de notre canton. Le ministre allemand Peer Steinbrück avait même déclaré « qu’à l’époque, on aurait envoyé la cavalerie » contre la Suisse. Mais, heureusement, les chars ne sont pas à nos frontières et la guerre dont il est question ici est plutôt d’ordre économique ou fiscale. Dans ce combat, les Confédérés et les Genevois devraient faire preuve de la même vaillance qu’autrefois, ce qui n’est malheureusement pas toujours le cas.

Certes, actuellement, certains agitent la menace d’une invasion étrangère, non pas militaire, mais de travailleurs qui viendraient piller nos emplois. A cet égard, je fais partie de ceux qui saluent les effets bénéfiques de la libre circulation des personnes pour le développement économique de Genève, qui se caractérise par une économie ouverte, tournée vers l'exportation. Evidemment les mesures d’accompagnement nécessaires doivent être prises pour éviter d’éventuels abus.

Mais aujourd’hui, les fortifications sont tombées et, à mon avis, la menace provient davantage de l’intérieur.

Cette menace moderne trouve son origine dans notre prospérité-même et dans notre tendance à être de fieffés enfants gâtés.

Cette menace me conduit à m’indigner contre les personnes qui crachent systématiquement dans la soupe, autre thème de circonstance. Cette soupe n’est en l’occurrence pas composée de légumes, mais bien d’un bouquet garni d’activités économiques diversifiées qui ont contribué au développement du canton depuis plusieurs siècles.

Je m’indigne contre ceux qui s’en prennent aux multinationales, aux banques et à l’horlogerie qui génèrent des emplois et des recettes fiscales en abondance.

J’ai été particulièrement choqué par les récentes déclarations d’un ancien syndicaliste de la fonction publique qui s’en est pris violemment à certaines marques de haute horlogerie en leur reprochant de ne produire que des objets de luxe destinés aux « riches ».

Ce faisant, il a totalement occulté le fait que Genève a notamment bâti sa réputation d’excellence sur des manufactures horlogères qui, pour certaines d’entre elles, ont été fondées un siècle à peine après l’Escalade et qui ont rayonné à travers l’Europe et le Monde. Le rejet de cet héritage exceptionnel me consterne.

La même indignation va à l’encontre de ceux qui vouent aux gémonies la place financière dans son ensemble. Bien entendu, je plaide pour ma paroisse. Mais n’oublions pas que cette activité génère près de 35'000 emplois dans notre canton et que, en période de crise économique grave, on ne peut simplement pas se permettre de faire la fine bouche. Je rappellerai ici que la banque a des racines très profondes dans notre canton et qu’au temps de l’Escalade déjà, les Genevois excellaient dans cette activité qui contribuait au rayonnement de la Cité.

Personne ne nie que le secteur financier ait commis de graves excès ces dernières années et il est juste de les dénoncer. Mais la crise des subprimes n’a sa source ni à Genève, ni en Suisse. Notre canton, spécialisé dans la gestion de fortune depuis des siècles, n’est quasiment pas actif dans le domaine de la banque d’affaires que l’on peut montrer du doigt suite à certaines dérives spéculatives.

En bref, je m’indigne contre les chantres de la décroissance, caprice de pays riche, qui ne veulent pas regarder en face les conséquences ravageuses de leurs thèses en matière d’emplois. Ne voient-ils pas les Etats européens embourbés dans le surendettement se battre désespérément pour grappiller quelques miettes de croissance pour tenter de se sortir du marasme ambiant ?

Enfin, je m’insurge contre le train de vie de notre canton qui vit largement au-dessus de ses moyens. Alors que nos voisins ont dû tirer le frein en matière de dépenses publiques, Genève continue à dépenser plus que de raison, creusant son endettement dans des proportions démesurées par rapport aux autres cantons suisses. Nos budgets étatiques boursoufflés, alimentés par une fiscalité très lourde en comparaison intercantonale, génèrent des prestations publiques d’une qualité pas toujours optimale. Preuve en est la récente étude PISA sur le niveau scolaire, dans laquelle on trouve Genève en queue de peloton.

Oui, je l’avoue, je suis un indigné de salon, mais ma voix et mon action ont-elles moins de valeur que celles des campeurs des Bastions dont Me Bonnant disait récemment avec le talent qu’on lui connaît : « C’est un camping hors saison qui ne présente aucun intérêt. Je ne vois pas pourquoi ils exhibent leur insignifiance dans un lieu public. C’est esthétiquement offensant ! » ?

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20/10/2011

Salerna Bobo et les 40 employeurs

Un conte oublié, issu des Mille et Une Nuits, vient de refaire surface. Toute ressemblance avec des personnages ou des événements connus serait purement fortuite. Seules les entreprises mentionnées existent bel et bien.

Dans une contrée orientale reculée vivait une vizirette nommée Salerna Bobo. Tout en dépensant force maravédis, elle a lancé une attaque dirigée spécifiquement contre les multinationales, la « haute finance » et le « haut de gamme », qui contribuaient pourtant à la prospérité du khalifat dans son ensemble.

Par pure coïncidence, peu après le lancement de cet anathème, une gazette locale (Bhîl-Han) a dressé la liste des 40 plus gros employeurs du khalifat. Seuls le nom des 15 premiers est déchiffrable sur le parchemin :

Entreprises                     Effectifs

1.    Rolex                      4135
2.    Migros                     3260
3.    Procter & Gamble     3132
4.    Pictet & Cie              2050
5.    Groupe Coop            1861
6.    Richemont                1846
7.    UBS                         1816
8.    Firmenich                 1720
9.    HSBC Private Bank   1539
10.  BNP Paribas              1483
11.  Patek Philippe           1356
12.  Merck Serono           1300
13.  Lombard Odier          1300
14.  ISS                          1178
15.  Swissport                 1178

On compte ainsi 5 représentants de la « haute finance », 5 multinationales et 2 horlogers spécialisés dans le « haut de gamme ». Cela fait donc 12 entreprises sur 15 que la vizirette voudrait voir quitter le khalifat avec leurs emplois.

Face à la révolte des entreprises et craignant de ne pas pouvoir devenir khalifette à la place du khalife aux prochaines élections, Salerna Bobo a imploré l’assistance des seize conseillers municipaux issus de sa caste et a prononcé la formule magique désormais célèbre :

Seize âmes, couvrez-moi !

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28/09/2011

Athènes sur Léman: ça vous tente ?

Dans une interview complaisante publiée aux frais du contribuable dans « Vivre à Genève », Sandrine Salerno, conseillère administrative socialiste de la Ville de Genève, lance l’offensive contre l’emploi et les recettes fiscales.

Elle s’attaque notamment « aux entreprises spécialisées dans le haut de gamme, la haute finance et le trading » et estime « qu’elles sont largement sur-représentées dans notre structure économique ».

Toute occupée à faire augmenter le budget de la Ville (charges en hausse de 4,2% par rapport au budget 2011 voté), Mme Salerno perd de vue le fait que la grande majorité des recettes fiscales dont bénéficie la Cité de Calvin provient précisément des secteurs économiques qu’elle accuse de tous les maux.

Mais il y a plus grave. Les branches en question sont de très gros pourvoyeurs d’emplois qualifiés, garants de notre prospérité. Les multinationales sont génératrices de plus de 70'000 postes à haute valeur ajoutée, occupés dans leur majorité par des Suisses. Quant à la place financière, elle procure près de 35'000 emplois. De même, le « haut de gamme », à savoir notamment l’horlogerie et la bijouterie, ainsi que l’hôtellerie de luxe, contribue notablement à l’attractivité du canton.

De plus, contrairement aux déclarations de l’élue socialiste, il est faux d’opposer, d’une part, les PME locales et, d’autre part, les entreprises exportatrices et multinationales. Ces acteurs du tissu économique genevois sont complémentaires et peuvent difficilement subsister les uns sans les autres.

Un départ des sociétés multinationales et bancaires conduirait Genève à la décroissance, à des pertes d’emplois massives et à un effondrement des recettes fiscales, plongeant le canton dans la crise et le surendettement.

Cette situation peu enviable ne vous rappelle-t-elle rien ?

La Grèce vit actuellement ce cauchemar et rêverait de pouvoir compter sur quelques miettes de la prospérité genevoise, due notamment aux entreprises vilipendées de manière irresponsable par la magistrate socialiste.

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