15/08/2011

Mais quand donc cessera le scandale des taxis à Genève?

Zermatt et Genève ont beaucoup de points communs : ces deux hauts lieux touristiques bénéficient notamment d’une situation géographique incomparable qui exerce une force d’attraction irrésistible sur les touristes de tous horizons.

Mais certaines différences existent malgré tout.

Dans la station valaisanne, à peine sorti du train, on bénéficie d’un accueil souriant et chaleureux. La première impression, celle qui compte, est donc excellente.

On ne peut pas en dire autant dans la Cité de Calvin et j’en ai fait la cuisante expérience pas plus tard que samedi dernier, en plein pendant les fêtes de Genève, point d’orgue de la saison touristique.

Après une sublime semaine passée au pied du Cervin, la chute a été brutale à l’arrivée à Cornavin. Munis de trois valises, ma femme, mes enfants et moi avons eu l’idée saugrenue de vouloir prendre un taxi pour rejoindre notre domicile.

Un chauffeur particulièrement désagréable, répondant de mauvaise grâce à notre salut, a commencé par jurer comme un charretier lorsqu’il s’est agi de charger nos bagages dans le coffre de son véhicule. Il a ensuite continué à pester de plus belle en constatant qu’il devait ôter les journaux qui occupaient le siège avant pour me laisser la place. Il s’est exécuté de mauvaise grâce en soulignant qu’il aurait dû refuser la course compte tenu de la présence d’enfants et de l’absence de sièges adéquats.

Comme citoyen genevois, je dois exprimer ici ma honte face à une telle attitude. Je pense aux touristes étrangers qui viennent pour la première fois dans notre canton, la tête remplies de clichés idylliques concernant l’excellence supposée des prestations fournies en Suisse. Ces images d’Epinal doivent s’effacer instantanément si nos hôtes de passage se trouvent confrontés à des tels énergumènes, dont la conception du service aux clients ne correspond en aucune manière aux standards helvétiques.

Le cas que j’évoque ici est loin d’être isolé et les récriminations envers la corporation des taxis occupent une place non négligeable sur Facebook et dans de nombreux blogs.

En cette période où la force préoccupante du franc rend le séjour dans notre pays très onéreux, Genève ne peut tout simplement plus se permettre une telle médiocrité et doit se montrer digne des expectatives, aussi élevées que le cours de notre monnaie, des touristes étrangers.

Quand donc nos autorités interviendront-elles pour que cette profession, essentielle pour l’accueil à Genève, se montre à la hauteur des enjeux auxquels est confrontée actuellement la branche du tourisme ?

09:19 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Facebook

08/08/2011

Le PPP : c'est pas sorcier

Mes lecteurs savent que le Partenariat Public Privé (PPP) fait partie de mes thèmes favoris. Il permet une juste répartition des responsabilités et des risques entre des acteurs publics et des entreprises dans la réalisation de grandes infrastructures.

En Suisse, les collectivités publiques sont malheureusement timorées face à cette forme de collaboration qui connaît pourtant des succès remarquables chez nos voisins européens.

Le présent billet a tout d’abord été inspiré par le visionnement durant les vacances avec mes enfants de l’excellente émission
« C’est pas sorcier » consacrée à la construction du spectaculaire viaduc de Millau en France. En effet, la réalisation de cet ouvrage d’art qui surplombe la vallée du Tarn à plus de 250 mètres de hauteur a été rendue possible grâce à un PPP d’un montant total de 400 millions d’euros.

Un deuxième événement récent a marqué l’actualité dans ce domaine. Dans « Le Figaro » des 30 et 31 juillet 2011, on apprend que le Réseau ferré de France a signé avec la société Eiffage un contrat en partenariat public-privé portant sur 3,3 milliards d’euros en vue de la construction du TGV Le Mans-Rennes.

Grâce à cette nouvelle ligne, Rennes ne sera plus qu’à une heure et demie de Paris. Quant à Brest et Quimper, elles ne seront plus qu’à trois heures de la capitale, pour environ 610 kilomètre de parcours.

Quand on considère, d’une part, les incroyables difficultés rencontrées dans le financement des quelques misérables kilomètres de la troisième voie ferroviaire entre Genève et Lausanne et, d’autre part, le fait que nos vénérables tortillards mettent encore 4 heures pour relier Genève à Saint-Gall, pour une distance de 260 km à vol d’oiseau, les exploits de nos amis français devraient nous faire réfléchir.

14:05 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook

18/07/2011

Drame en un seul acte

Les personnages :
-    Chimène : marquise et immense directrice de théâtre en mal de mandat
-    Cléante : Ministre de la Culture d’un royaume lointain
-    Oronte : Ministre de la Culture d’une ville de province

Chimène :
Messieurs, volez à mon secours !
Mon talent n’est plus reconnu.
Je vous l’affirme sans détour,
Sans vous je suis à la rue.

Amis de combat, camarades !
Versez-moi une subvention
Pour ne pas me laisser en rade
Sinon, c’est la révolution !

Le Chœur des Ministres (Cléante et Oronte)
Belle marquise, écoutez-nous !
Vos  grands mérites artistiques
Justifient ces quelques sous.
Il n’y a rien de politique.

Deux cent mille francs, seulement ?
Vous voilà soudain très modeste.
Nous signons immédiatement.
Et sommes fiers de ce beau geste.

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14/06/2011

Le Concile de Bâle

Le 23 juillet 1431, s’ouvrait le Concile de Bâle. Ses 45 sessions ont duré jusqu’en 1443 et ont connu de très nombreux rebondissements, dont la nomination d’un antipape.

580 ans plus tard, les banquiers privés suisses se sont réunis en conclave à Bâle pour désigner leur nouveau président, en la personne de Nicolas Pictet.

Les débats ont été largement plus courts et moins houleux qu’au 15ème siècle, mais certains messages forts ont néanmoins été exprimés à cette occasion. Je vous fais donc partager ci-dessous une réflexion de M. Pictet :

« La première considération est que nous vivons une époque où la plupart des entreprises et des individus ont perdu de vue que le bien général doit être le moteur de leur actions. J’ai lu il y a quelques temps un livre remarquable : « The puritain gift ». Une des valeurs du puritanisme, la première en fait, est celle de vouloir contribuer au bien des autres, de la société en général. Pour les puritains, c’était apporter un peu du royaume de Dieu sur la terre. Pour nos citoyens du 21ème siècle, quelles que soient nos croyances, quelle que soit notre religion, cela signifie faire quelque chose d’utile, de bon, pour la société. Pour les entreprises, c’est la recherche d’une valeur ajoutée pour autrui, l’apport d’une prestation reconnue comme valable par ses clients et même au-delà.

Cette valeur a largement disparu. L’argent n’est plus un outil nécessaire à la fourniture d’une prestation de qualité ; c’est devenu une fin en soi.
Plus encore que dans d’autres domaines d’activité, la banque est devenue le symbole de cet état d’esprit. Lorsqu’une institution fait une grande partie de ses bénéfices dans des activités pour compte propre, comme un gigantesque « hedge fund », on peut légitimement se demander à quoi elle sert.

Il y a heureusement les institutions qui n’ont pas perdu de vue qu’elles sont là pour servir leurs clients. Les banquiers privés en font partie. »

Ces quelques paroles méritent d’être méditées et l’intégralité du discours en question peut être téléchargé ici.

Bonne lecture !

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