Enquête conjoncturelle: gros plan sur la gestion de fortune

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La Fondation Genève Place Financière (FGPF) vient de publier son enquête conjoncturelle 2020-2021. Ce document est le résultat d’un sondage représentatif mené auprès des banques et des gérants indépendants de la place financière genevoise.

Parmi les thèmes abordés, la gestion de fortune occupe une place de choix, dans la mesure où elle constitue l’un des piliers de l’activité des intermédiaires financiers.

Les chiffres que publient régulièrement le Boston Consulting Group à propos des parts de marchés dans la gestion de fortune privée transfrontalière soulignent l’importance de la Suisse dans ce secteur. Malgré un environnement concurrentiel exacerbé, la place financière suisse conserve sa position de leader avec une part de marché de 25%. Genève participe largement à ce succès.

Toutefois, au 30 juin 2020, la majorité des établissements sondés a enregistré une baisse des actifs sous gestion. Il s’agit d’un inversement de tendance par rapport aux deux années précédentes, qui avaient constitué, il faut le rappeler, des années records.

En y regardant de plus près, l’évolution de ces actifs résulte principalement des soubresauts subis par les marchés boursiers. Les effets de change n’ont eu que peu d’incidence.

Il est en revanche très encourageant de relever que les apports nets de fonds ne suivent pas le même chemin. Ceux-ci restent stables, voire même en hausse jusqu’à 5%, ce qui démontrent la fidélité des investisseurs envers les banques genevoises.

Dans la période délicate que nous vivons actuellement en raison de la pandémie, ceci constitue une marque de confiance renouvelée envers la Place genevoise.

Il est donc primordial de renforcer les atouts qui démarquent notre Place de ses concurrentes, à savoir : la stabilité politique et financière du pays, la compétitivité et la capacité d’innovation.

Ceci est d’autant plus crucial que l’évolution des apports nets de fonds résulte prioritairement d’une clientèle internationale. Or, sur ce terrain, les banques genevoises doivent rivaliser avec le monde entier.

Si l’on regarde plus en détail l’attractivité par zone géographique, on constate que :

- le Moyen-Orient et l’Asie demeurent des régions clé avec de solides apports nets de fonds.

- L’Europe constitue le marché les plus compliqué, où la place genevoise subit une perte d’attractivité. 

Le rejet de l’Initiative de limitation par le peuple suisse le 27 septembre 2020 devrait permettre d’améliorer les relations avec notre grand voisin européen. Mais cela ne sera pas suffisant. Afin d’assurer un accès au marché de l’UE aux intermédiaires financiers genevois, la conclusion d’un accord-cadre avec Bruxelles constitue un prérequis. Il faut donc espérer que le Conseil fédéral reprendra rapidement son bâton de pèlerin pour régler avec Bruxelles les questions encore en suspens.

Il en va du maintien et du développement à Genève de compétences et d’emplois dans le domaine de la gestion de fortune.

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