Initiative "enterprises responsables": les initiants dérapent

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Résumons :

Les partisans de l’initiative « entreprises responsables » ont engagé des moyens énormes dans leur campagne. Ils restent totalement opaques sur la provenance de ces fonds, alors même qu’ils réclament à toutes les entreprises suisses, de la PME à la multinationale, une transparence absolue.

De plus, dans leur Croisade, certaines ONG auraient recours à des arguments douteux. Le « Matin Dimanche » jette une lumière crue sur les pratiques de Solidar qui aurait travesti la réalité dans son enquête sur le travail des enfants au Burkina Faso. Des journalistes burkinabés révèlent que « les photos ont été montées de toute pièce, en échange on a promis aux parents de financer l’école ».

A cela s’ajoute que le Chevalier blanc Dick Marti n’a pas hésité à usurper le format du « Matin Dimanche » pour diffuser à grands frais un « tous-ménages » de propagande. L’éditeur de cet hebdomadaire, victime de cet abus, a dénoncé cette pratique et envisage de porter plainte.

En outre, le téléjournal de la RTS a montré que certains lieux de culte avaient été transformés en arènes politiques pro-initiative, avec banderoles et prêches, créant un malaise parmi les fidèles.

Mais le pompon vient d’être atteint :

Le Ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat du Burkina Faso, de passage en Suisse, a eu l’occasion de s’exprimer au sujet de la réalité du terrain dans son pays. Il a déclaré ce qui suit à la Tribune de Genève : « Si le texte est accepté, il va créer des problèmes socioéconomiques graves ». En parlant de la culture du coton, qui joue un rôle important dans la lutte contre la pauvreté, il a ajouté « Si les entreprises suisses, qui achètent environ 60% de la production chaque année, arrêtent de le faire alors que nos capacités de transformation ne dépassent pas 2%, des milliers de personnes se retrouveront sans débouché pour leur production. Et ce sont les plus vulnérables qui en paieront les conséquences ».

Les partisans de l’initiative ont poussé des cris d’orfraies suite à ce témoignage en dénonçant ce qu’ils considèrent être une ingérence d’un Etat étranger dans le débat politique suisse.

Rappelons à ces moralisateurs de salon que l’initiative « entreprises responsables » entend faire appliquer le droit suisse, par des tribunaux suisses, dans le monde entier. Si ça ce n’est pas de l’ingérence, voire du néo-colonialisme judiciaire !

Dans la mesure où les églises ont choisi de s’immiscer dans la politique, la célèbre parabole de la paille et de la poutre trouve toute sa place dans ce contexte.

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