Genève

  • Enquête conjoncturelle: gros plan sur la gestion de fortune

    Imprimer

    La Fondation Genève Place Financière (FGPF) vient de publier son enquête conjoncturelle 2020-2021. Ce document est le résultat d’un sondage représentatif mené auprès des banques et des gérants indépendants de la place financière genevoise.

    Parmi les thèmes abordés, la gestion de fortune occupe une place de choix, dans la mesure où elle constitue l’un des piliers de l’activité des intermédiaires financiers.

    Les chiffres que publient régulièrement le Boston Consulting Group à propos des parts de marchés dans la gestion de fortune privée transfrontalière soulignent l’importance de la Suisse dans ce secteur. Malgré un environnement concurrentiel exacerbé, la place financière suisse conserve sa position de leader avec une part de marché de 25%. Genève participe largement à ce succès.

    Toutefois, au 30 juin 2020, la majorité des établissements sondés a enregistré une baisse des actifs sous gestion. Il s’agit d’un inversement de tendance par rapport aux deux années précédentes, qui avaient constitué, il faut le rappeler, des années records.

    En y regardant de plus près, l’évolution de ces actifs résulte principalement des soubresauts subis par les marchés boursiers. Les effets de change n’ont eu que peu d’incidence.

    Il est en revanche très encourageant de relever que les apports nets de fonds ne suivent pas le même chemin. Ceux-ci restent stables, voire même en hausse jusqu’à 5%, ce qui démontrent la fidélité des investisseurs envers les banques genevoises.

    Dans la période délicate que nous vivons actuellement en raison de la pandémie, ceci constitue une marque de confiance renouvelée envers la Place genevoise.

    Il est donc primordial de renforcer les atouts qui démarquent notre Place de ses concurrentes, à savoir : la stabilité politique et financière du pays, la compétitivité et la capacité d’innovation.

    Ceci est d’autant plus crucial que l’évolution des apports nets de fonds résulte prioritairement d’une clientèle internationale. Or, sur ce terrain, les banques genevoises doivent rivaliser avec le monde entier.

    Si l’on regarde plus en détail l’attractivité par zone géographique, on constate que :

    - le Moyen-Orient et l’Asie demeurent des régions clé avec de solides apports nets de fonds.

    - L’Europe constitue le marché les plus compliqué, où la place genevoise subit une perte d’attractivité. 

    Le rejet de l’Initiative de limitation par le peuple suisse le 27 septembre 2020 devrait permettre d’améliorer les relations avec notre grand voisin européen. Mais cela ne sera pas suffisant. Afin d’assurer un accès au marché de l’UE aux intermédiaires financiers genevois, la conclusion d’un accord-cadre avec Bruxelles constitue un prérequis. Il faut donc espérer que le Conseil fédéral reprendra rapidement son bâton de pèlerin pour régler avec Bruxelles les questions encore en suspens.

    Il en va du maintien et du développement à Genève de compétences et d’emplois dans le domaine de la gestion de fortune.

    Lien permanent Catégories : Genève 0 commentaire
  • Les Verts et l'aéroport: haute voltige

    Imprimer

    Le 30 septembre 2020, les Verts ont déposé une proposition de motion M 2680 « Fin du dumping salarial à l’Aéroport international de Genève : pour des conditions de travail socialement et durablement saines ».

    Il fallait oser !

    Depuis des années, les Verts ont pondu d’innombrables textes parlementaires visant à affaiblir cette plateforme aéroportuaire qui, faut-il le rappeler, génère plus de 11'000 emplois directs et environ 33'000 postes de travail dans la région. Ces chiffres doivent être mis en exergue en cette période de crise économique majeure, dans laquelle chaque emploi compte. Il n’en est nullement question dans la motion précitée.

    L’aéroport constitue également une infrastructure vitale pour le tissu économique genevois, largement tourné vers l’exportation. Il revêt aussi une importance cruciale pour la Genève internationale qui contribue au rayonnement de notre canton et de notre pays au niveau mondial. La motion reste muette sur ce point.

    Aujourd’hui, les Verts volent littéralement au secours de l’emploi à l’aéroport. Mais au printemps 2020, au plus fort de la pandémie, alors que les avions se trouvaient cloués au sol et que les entreprises présentes sur la plateforme luttaient pour leur survie et celles des postes de travail, les Verts genevois s’opposaient frontalement au Parlement fédéral à l’octroi d’une aide d’urgence au secteur aérien, en signant notamment une Lettre ouverte au Conseil fédéral.

    Par ailleurs, les Verts utilisent leurs différents lobbies pour exprimer leur ferme volonté de réduire l’emploi à l’aéroport.

    Preuve en est la pétition d’Actif-trafic déposée le 28 avril 2020, qui conteste le nombre d’emplois dans le secteur de l’aéronautique et appelle expressément à « reconvertir les personnes employées dans l’industrie aéronautique dans des professions moins nocives pour l’environnement ».

    En juin 2020, alors que le redémarrage de l’aéroport n’en était qu’à ses balbutiements, la CARPE, autre bras armé des Verts, réclame aussi cette reconversion massive.

    Les Verts peuvent souhaiter la transformation de l’aéroport de Genève en une plateforme de seconde zone incapable de répondre aux besoins de l’économie d’exportation et de la Genève internationale. C’est leur droit le plus strict, en plein accord avec leurs fortes convictions décroissantes.

    Mais qu’ils ne viennent pas se poser en champion de la protection de l’emploi aéroportuaire. Ils ne sont simplement pas crédibles.

     

    Lien permanent Catégories : Genève 0 commentaire
  • Budget 2021: les communes et les propriétaires immobiliers tondus

    Imprimer

    Comme député et conseiller municipal, j’ai évidemment pris connaissance avec intérêt du projet de budget 2021 et du Plan financier quadriennal (PFQ) 2021-2024, déposés par le Conseil d’Etat.

    La crise économique et sanitaire est passée par là et le déficit prévu pour l’exercice 2021 dépasse les CHF 500 millions.

    Plusieurs éléments m’ont interpellé dans cette présentation.

    En premier lieu, on constate que l’augmentation des effectifs de l’Etat se poursuit inexorablement avec 353 nouveaux postes en 2021.

    Deuxièmement, la dette continue à se creuser, si bien que la barre des 13 milliards sera allègrement franchie en 2021, pour atteindre plus de 15 milliards à l’issue du PFQ en 2024. A cet égard, il est frappant de constater que la part de l’endettement imputable à la recapitalisation de la Caisse de pension de l’Etat de Genève (CPEG) prend une ampleur démesurée.

    Afin de financer ces nouveaux postes et le renflouement du gouffre abyssal de la CPEG, le Conseil d’Etat prévoit tout d’abord de matraquer les propriétaires immobiliers à travers une Réévaluation du parc immobilier (RPI), à raison de 105 millions supplémentaires en 2021, 95 millions en 2022 et 90 millions en 2023 et 2024.

    Pour tenter de justifier cette mesure, le Conseil d’Etat en appelle à la conformité au droit fédéral. Or, le Tribunal fédéral a statué en 2018 que le système d’évaluation prévu par la loi genevoise est conforme à la Loi fédérale sur l’harmonisation des impôts directs des cantons et des communes (LHID). A cela s’ajoute que la fiscalité immobilière est déjà très lourde à Genève avec les impôts sur le revenu et sur la fortune, mais aussi les impôts particuliers que sont les droits d’enregistrement, l’impôt immobilier complémentaire et l’impôt sur les bénéfices et gains immobiliers.

    L’Exécutif prévoit également d’adresser une facture salée aux communes, qui atteindra 44 millions en 2021, 37 millions en 2022 et 90 millions en 2023 et 2024. Cette ponction massive vient court-circuiter les principes éprouvés de la péréquation intercommunale, négociés au sein de l’Association des communes genevoises (ACG).

    Les communes genevoises disposent déjà de très peu de compétences en comparaison intercantonale. Si la mesure du Conseil d’Etat venait à être adoptée, les communes se retrouveraient ramenées au rang de simple tiroir-caisse, au mépris de l’autonomie communale.

    Il tombe sous le sens qu’une mesure indispensable, compte tenu de l’impact massif de la recapitalisation de la CPEG sur les finances cantonales, serait une réforme en profondeur de cette caisse de pension avec un passage au système de primauté des cotisations, comme cela se pratique dans l’immense majorité des fonds de pension helvétiques. Il serait tout aussi logique que les cotisations soient assumées à parts égales par l’employeur et les employés, conformément à la règle qui s’applique dans la plupart des entreprises privées.

    Dans son exposé des motifs, le Conseil d’Etat évoque son souhait « d’ouvrir le dialogue avec la fonction publique sur une mesure structurelle prévue dès 2022 ». Il s’agirait de faire passer la répartition à 58% pour l’Etat contre 42% pour les employés.

    Mais d’ici 2022 et l’adoption de cette hypothétique mesure structurelle touchant la CPEG, les propriétaires immobiliers et les communes auront déjà été largement tondus, à moins que le Grand Conseil et, cas échéant, le peuple, n’en décident autrement.

    Lien permanent Catégories : Genève 0 commentaire
  • IN 172 "Zéro Pertes": NON à une initiative anachronique, anti-fédéraliste et ruineuse !

    Imprimer

    (Cet article a été publié dans le "Nouveau Genevois" du mois de septembre 2020)

    Le 27 septembre prochain, les citoyennes et les citoyens genevois seront appelés à se prononcer au sujet de l’IN 172 « Zéro pertes ».

    Cette initiative fait figure de fossile politique, puisqu’elle avait été lancée en 2017, suite au rejet par le peuple de la troisième réforme de l’imposition des entreprises (RIE III). Depuis lors, beaucoup d’eau à coulé sous les ponts. Le 19 mai 2019, le peuple genevois a accepté à une large majorité la nouvelle mouture de cette réforme, intitulée RFFA, fruit d’un subtil compromis, tant au niveau fédéral que sur le plan cantonal.
    La logique aurait voulu que, par respect du résultat d’un vote démocratique, les initiants retirent l’IN 172. Mais c’était sous-estimer leur jusqu’au-boutisme.

    En substance le texte réclame les mesures suivantes :
    - réduire la concurrence fiscale entre les cantons
    - préserver les recettes fiscales pour financer les prestations
    - renforcer la progressivité de l’impôt pour les personnes physiques et les entreprises.

    La concurrence fiscale entre les cantons : une saine émanation du fédéralisme

    Le système fédéral laisse aux cantons une large marge de manœuvre dans la fixation de leurs taux d’impositions sur le revenu et la fortune des personnes physiques ainsi que sur le bénéfice et le capital des personnes morales. Afin de garantir la cohérence du système, la Loi fédérale sur l’harmonisation des impôts directs des cantons et des communes (LHID) définit certaines cautèles.
    Adeptes du Centralisme démocratique, les initiants s’accommodent mal du fait que tous les cantons ne partagent pas leur fringale fiscale et que certains puissent se montrer plus frugaux que Genève en matière de dépenses publiques.
    Par bonheur, en réclamant l’engagement du canton de Genève contre la concurrence fiscale intercantonale, l’IN 172 prêche dans le désert puisqu’une telle décision relèverait de la compétence du Parlement fédéral. On peut légitiment douter que ce dernier se laisse tenter par les sirènes fiscales genevoises.

    Fiscalité des personnes physiques : Genève fait figure d’épouvantail

    Dans une récente étude publiée par KPMG sous le titre « Clarity on Swiss Taxes », Genève figure bon dernier en ce qui concerne l’impôt sur le revenu, avec un taux marginal de 44,75%, alors que Zoug se situe à la moitié (22,38%) et que la moyenne suisse est de 33,89%.
    De plus, Genève connaît une pyramide fiscale fragile. En effet, plus de 36% des contribuables ne paient pas d’impôt sur le revenu, alors qu’à l’autre extrême, 4,1% des contribuables génèrent 47,6 % de cet impôt.
    Concernant l’impôt sur la fortune, 70,8% des contribuables ne paient aucun montant à ce titre, alors que 3,1% des contribuables assurent 81,2% de cet impôt.
    L’IN 172 voudrait encore accentuer ce déséquilibre en renforçant la progressivité déjà galopante de l’imposition des personnes physiques.

    Fiscalité des personnes morales : Genève dans la moyenne suisse

    En lien avec la fiscalité des entreprises, l’étude de KPMG précitée indique que Genève se trouve proche de la moyenne suisse (située à 15,12%) avec un taux d’imposition du bénéfice à environ 14%. Le canton de Berne affiche un taux de 21,63%, alors que Zoug est à 11,91%.
    A cela s’ajoute que le taux de 14% vient d’entrer en vigueur suite à l’adoption de la Réforme de l’imposition des entreprises (RFFA). Une modification de ce taux, avant même d’avoir pu évaluer les effets de la réforme, constituerait une atteinte à la sécurité et à la prévisibilité du droit, deux ingrédients indispensables à l’attractivité d’une place économique.
    Rappelons aussi que la RFFA a conduit à une augmentation substantielle de la fiscalité pour de nombreuses entreprises qui bénéficiaient auparavant de statuts fiscaux, abolis depuis lors.
    Il n’est par conséquent pas raisonnable de prévoir une hausse d’impôts qui nuirait à la compétitivité de Genève en période de crise économique majeure et mettrait en péril des milliers d’emplois.

    IN 172 : un hors d’œuvre

    L’initiative « Zéro pertes » s’inscrit dans une stratégie de la gauche qui a lancé un feu d’artifices d’initiatives et de textes législatifs visant à accroître les ponctions fiscales sur les personnes physiques et les entreprises.
    On peut notamment citer un projet de loi constitutionnelle instituant une « contribution de solidarité des grandes fortunes à un fonds en faveur de l’aide sociale aux victimes du COVID-19 ». Ce texte ne prévoit rien moins qu’un doublement sur une année de l’impôt sur la fortune, à compter d’un patrimoine de CHF 2 millions.
    Il est aussi question d’introduire une double-imposition complète des dividendes perçues par les actionnaires détenteurs d’une participation d’au moins 10% dans leur entreprise. Ce projet représente une attaque en règle contre tous les entrepreneurs qui se battent pour maintenir l’emploi à Genève.

    Il est par conséquent essentiel de rejeter l’IN 172 « Zéro Pertes » le 27 septembre prochain. A défaut, la gauche se sentira pousser des ailes dans sa quête insatiable d’impôts supplémentaires.

    Lien permanent Catégories : Genève 0 commentaire
  • Résultat 2018 de l'Etat de Genève: merci aux entreprises privées !

    Imprimer

    Le Conseil d’Etat vient de publier les comptes 2018 de l’Etat de Genève. L’exercice se solde par un excédent de recettes de CHF 222 millions alors que le budget 2018 tablait sur un déficit de 187 millions.

    Ce résultat favorable est avant tout dû à des revenus fiscaux dépassant le budget de CHF 513 millions. La variation la plus importante découle de l’imposition des personnes morales qui connaît une croissance de 14 % par rapport au budget 2018 et de près de 25% en comparaison des comptes 2017.

    Ce résultat positif t a été rendu possible grâce aux performances de l’économie genevoise qui a connu une croissance de 3,1% en 2018. En Suisse, la progression du PIB a été de 2,6%. Le différentiel entre la Suisse et Genève tient notamment à la bonne santé des secteurs de la finance et de l’horlogerie. Le commerce extérieur genevois a atteint des niveaux historiques en 2018, avec des exportations qui ont franchi pour la première fois la barre des CHF 20 milliards.

    On peut donc remercier les entreprises genevoises, leurs collaboratrices et leurs collaborateurs, tous secteurs confondus, d’avoir su faire preuve d’un tel dynamisme. Ce succès économique, dont il faut être fier, ferait pâlir d’envie de nombreux pays d’Europe qui souffrent d’une croissance poussive, source de chômage et de déficits endémiques.

    Les hasards du calendrier font que le jour où le Gouvernement genevois annonçait cette contribution majeure de l’économie privée au train de vie (fastueux) de l’Etat, un comité de campagne se réunissait à Berne pour tirer à boulets rouges contre la Réforme de l’imposition des entreprises (RFFA).

    De curieuse manière, les Verts genevois se posent en leader de cette fronde anti-entreprises. Or, la RFFA est vitale pour conserver à Genève les dizaines de milliers d’emplois générés notamment par les entreprises exportatrices, dont on a vu l’importance pour la prospérité de notre canton.

    Le 19 mai prochain, votons OUI à la RFFA, pour ne pas stopper net le dynamisme et l’innovation de notre écosystème formé de PME et de grandes entreprises, locales et internationales, étroitement liées les unes aux autres, dans notre intérêt à toutes et à tous !

    Lien permanent Catégories : Genève 0 commentaire
  • La décroissance, à fond les manettes !

    Imprimer

    En écoutant comme chaque jour le journal du matin sur la RTS, je me suis dit que les Verts étaient peut-être en train de réaliser un de leurs principaux objectifs de campagne : la décroissance.

    D’une part, la conseillère nationale Lisa Mazzone exprime son soutien total à la suppression des vols entre Genève et Zurich.

    D’autre part, la radio nous annonce le tassement de l’économie genevoise au premier trimestre 2019 en raison notamment de la diminution des exportations horlogères.

    Non seulement l’industrie genevoise subit une concurrence internationale sans pitié, mais les Verts veulent supprimer l’accès des entreprises à leurs marchés principaux qui se trouvent de plus en plus éloignés, notamment en Extrême-Orient. Ces destinations ne sont atteignables que par des vols long-courriers, par exemple au départ du hub zurichois.

    Est-il raisonnable d’exiger d’un entrepreneur genevois qu’il prenne le train pour un trajet de trois heures afin d’atteindre Kloten, avant d’embarquer dans un avion pour Hong-Kong, Singapore ou Tokyo ? Au retour, c’est encore pire, après un vol de plus de 10 heures !

    L’alternative est bien entendu de transiter par Paris, Londres, Francfort, Munich ou Amsterdam.

    Si l’on réduit drastiquement la desserte aérienne genevoise, notre canton se retrouvera très vite satellisé sur le plan économique.

    Les Verts travaillent aussi activement à cet objectif en s’opposant à l’indispensable réforme de l’imposition des entreprises (RFFA), sur laquelle les citoyennes et citoyens genevois seront appelés à se prononcer le 19 mai prochain.

    Si les votants suivent l’avis des Verts, Genève conservera son taux d’imposition de 24% alors que le canton de Vaud applique déjà un taux unique de 13,79% à compter du 1er janvier 2019. Quelle entreprise exportatrice voudra rester à Genève dans ces conditions ? Poser la question c’est y répondre !

    En voulant couper Genève de ses marchés internationaux et instaurer un enfer fiscal pour les entreprises, les Verts visent la décroissance. On peut adhérer à cette vision d’une société vivant en autarcie, coupée du monde et utilisant le troc ou les Lémans pour ses échanges locaux. Mais alors il faut en assumer les conséquences jusqu’au bout, à savoir des pertes d’emplois massives et un effondrement de notre prospérité.

    Cela vous tente ?

    Lien permanent Catégories : Genève 0 commentaire
  • Primauté des prestations : le Jurassic Park de la prévoyance !

    Imprimer

    Lors de la séance plénière du 14 décembre 2018, le Grand Conseil genevois a voté deux lois, incompatibles entre elles, prévoyant la recapitalisation de la Caisse de Pension de l’Etat de Genève (CPEG) qui se trouve bien mal en point avec un taux de couverture d’à peine 60%.

    Le premier texte (PL 12228), émanant de la Gauche, veut faire supporter aux seuls contribuables la coquette somme de CHF 4,2 milliards prévue pour boucher le trou abyssal de la caisse. De plus, cette loi conserve la primauté des prestations qui institue un pourcentage fixe du dernier salaire pour le paiement des rentes.  Ce système fait figure de véritable fossile vivant dans le paysage actuel de la prévoyance. L’immense majorité des caisses publiques et privées a abandonné cet archaïsme pour adopter le système de primauté des cotisations, qui tient mieux compte des rendements des actifs de la caisse et de l’allongement de l’espérance de vie.

    Le second texte (PL 12404), élaboré par le Conseil d’Etat et approuvé par la Droite, permet de sortir la CPEG de l’ère préhistorique en instituant la primauté des cotisations, seul système apte à assurer la pérennité du financement à travers les âges. Par ailleurs, la loi en question équilibre de manière plus équitable la répartition des cotisations entre l’Etat employeur et les collaborateurs. La participation de l’Etat passe de 66,7% à 58% et la part de l’employé de 33,3% à 42%. On est encore loin d’une répartition 50% - 50%, mais on se rapproche de la moyenne suisse en la matière.

    Pour éviter de confiner la CPEG dans un Jurassic Park de Gauche, le PLR, le PDC et l’UDC ont lancé un référendum contre le PL 12228.

    Signez et faites signer ce référendum !

    Lien permanent Catégories : Genève 0 commentaire
  • Merci à Nathalie, Alexandre, Cyril et Hugues !

    Imprimer

    En ce lendemain d’Assemblée générale aussi extraordinaire que houleuse, alors que les annonces de démissions pleuvent et que la tentation du règlement de comptes pointe son nez, je me bornerai à rendre hommage à quatre personnalités du PLR.

    Mes remerciements s’adressent tout d’abord à Nathalie Fontanet, qui a commencé la législature dans une situation cataclysmique, mais qui a pris en main son département avec compétence et sens de l’écoute. Elle a déployé une énergie hors du commun pour mener à bien les négociations et les travaux de l’indispensable réforme de la fiscalité des entreprises.  Hier soir, par son intervention, elle a encore démontré sa stature.

    Une femme d’Etat.

    Ma gratitude va ensuite à notre Président, Alexandre de Senarclens. Il a tenu la barre avec détermination dans une période particulièrement agitée, dans le respect des valeurs de responsabilité individuelle qui animent notre parti.

    Il a été disponible pour répondre aux innombrables sollicitations des médias, en faisant preuve de pondération et en accordant toujours la priorité à l’intérêt du parti, sans mettre son ego en avant. Il a su garder indépendance et sang-froid, en résistant aux pressions dans toutes les circonstances. Dans l’esprit fédéraliste qui caractérise notre pays, il a répondu présent à l’invitation du PLR suisse qui se préoccupait à juste titre de la crise qui secoue un parti cantonal important.

    Un homme droit

    Mes remerciements vont également à notre Chef de Groupe, Cyril Aellen, qui a continué à faire de la politique malgré la tempête. Il a su préserver la cohérence du groupe et mener sans relâche des discussions avec les autres partis pour faire avancer les grands dossiers du moment. Je pense en particulier à la réforme de la CPEG.

    Un fin négociateur

    Enfin, un grand merci à Hugues Hiltpold qui se lance dans la campagne pour reconquérir un siège au Conseil des Etats. Avec Hugues, le PLR a une chance historique de revenir à la Chambre des cantons. Concentrons-nous sur cette échéance primordiale pour notre avenir !

    Un politicien expérimenté.

    Lien permanent Catégories : Genève 0 commentaire
  • Fondation Pasteur Suisse: au coeur de l'écostystème philanthropique genevois

    Imprimer

    Genève constitue un maillon incontournable de la philanthropie car le canton regroupe à la fois des fondations, des capitaux et des compétences uniques au monde. Cette spécificité repose sur une longue tradition dont l’un des éléments majeurs reste sans conteste la création de la Croix-Rouge en 1863.

    Parmi les 1'200 fondations présentes sur notre territoire, la Fondation Pasteur Suisse occupe une place à part, de par son rôle au sein du réseau mondial établi autour du célèbre Institut Pasteur et grâce aux projets de recherche qu’elle soutient.

    C’est précisément pour présenter les avancées obtenues dans le domaine de la lutte contre le paludisme (ou malaria) que des chercheurs de haut niveau étaient présents le 27 novembre à Genève.

    Aujourd’hui, ce fléau tue encore plus de 500'000 personnes par an, dont une majorité d’enfants. On estime par ailleurs à 200 millions le nombre d’infections en 2017.

    Les pays européens, dont la Suisse, ne sont pas à l’abri d’une résurgence de la malaria, compte tenu de l’ampleur des déplacements autour du globe, qui permettent à l’agent pathogène de voyager en provenance de régions endémiques, ainsi que du réchauffement climatique, source de bien-être pour le moustique vecteur de cette terrible maladie.

    Le paludisme constitue donc un véritable défi de santé publique, aggravé par l’absence de vaccin efficace et par l’émergence de résistance aux médicaments.

    La recherche s’avère par conséquent essentielle. Les équipes soutenues par la Fondation Pasteur Suisse ont pour objectif d’empêcher la transmission de la maladie d’un être humain à un autre en tuant la forme du parasite qui infecte les moustiques.

    Les résultats obtenus sont déjà très prometteurs grâce à la découverte de nouvelles molécules capables de bloquer cette transmission.  La voie est encore longue jusqu’à l’obtention d’un traitement administrable à l’être humain. Mais la force du réseau de l’Institut Pasteur et la détermination de la Fondation Pasteur Suisse doivent nous rendre optimistes.

    Genève a toute sa place dans ce dispositif ambitieux !

    Lien permanent Catégories : Genève 0 commentaire
  • Genève - Faro: avion, train ou voiture ?

    Imprimer

    Durant l’été, j’ai eu le plaisir de me rendre comme simple touriste en Algarve, accueillante région du Sud du Portugal dont la capitale est Faro.

    Par un beau week-end de juillet, j’ai pris un avion de la compagnie Easyjet qui assure la liaison régulière avec cette destination. En montant dans l’appareil, j’étais hanté par l’anathème jeté par certains contre la « Compagnie orange », accusée de tous les maux.

    Une fois confortablement assis dans mon siège, ma conscience s’est quelque peu apaisée en considérant que de nombreuses places étaient occupées par des familles parlant portugais. Elles rentraient manifestement dans leur pays d’origine pour les vacances.

    Ce constat m’a conduit à me poser la question du mode de transport optimal pour une famille, composée par hypothèse de deux parents et de deux enfants, voulant légitimement retrouver ses racines lusitaniennes, transportant avec elle les bagages nécessaires pour un séjour de plusieurs semaines.

    En substance, le vol Genève – Faro dure environ 2 h 30, auxquelles il faut rajouter les éventuels (voire fréquents) retards.

    En train, cela se complique.

    Deux options d’une durée comparable, soit environ 29 heures de trajet, s’offrent aux inconditionnels du rail. Vous pouvez prendre le TGV pour Paris Gare de Lyon (pour autant qu’elle ne soit pas paralysée par une grève), puis changer de gare et atteindre la Gare Montparnasse (pour autant qu’elle ne soit pas paralysée par un incendie). Depuis là, un autre TGV vous amènera en 5 heures environ à Handaye, lieu de départ du train de nuit arrivant à Lisbonne le lendemain matin à 7 heures 20. Ensuite, un Intercity vous conduira en à peine 3 heures à la destination finale, Faro, où vous arriverez frais et dispos.

    L’autre option vous amène de Genève à Faro en passant par Lyon-Part-Dieu, Béziers, Barcelone, Madrid (avec changement de gare), Lisbonne (en train de nuit) et Faro.

    Si vous préférez la route, le site internet Via Michelin vous propose deux itinéraires pour avaler les quelque 2'000 kilomètres séparant Genève de Faro. Prévoyez une vingtaine d’heures de conduite dans le meilleur des cas (tout en rappelant que le 4 août 2018 par exemple, les médias annonçaient 705 kilomètres de bouchon au total sur le territoire français et une canicule historique, conditions objectivement peu propices à un voyage apaisant).

    D’un point de vue statistique, la communauté portugaise représentait 37'388 personnes à fin 2014, soit la population d’origine étrangère la plus importante du canton, contribuant de manière significative à la prospérité de Genève. Personne ne contestera son droit à retourner au pays de manière régulière.

    Peut-on les empêcher de prendre l’avion pour effectuer ce voyage en exigeant la réduction de la desserte aérienne depuis Cointrin ou en rendant les billets prohibitifs par une augmentation massive des taxes aéroportuaires ? Peut-on obliger ainsi ces habitants du canton à prendre le train ou la voiture, aux conditions décrites précédemment ?

    Certains, notamment parmi les Verts (mais pas seulement), devraient avoir le courage d’expliquer à nos amis d’origine portugaise qu’à leurs yeux le transport aérien est à proscrire ou, au minimum, à renchérir drastiquement, en particulier sur les lignes européennes. Pour eux, il faut favoriser avant tout les trains de nuit et les vols long-courriers.

    On les comprend aisément lorsque l’on constate sur les réseaux sociaux que certains accomplissent des vols intercontinentaux vers des destinations autrement plus lointaines que Faro ….

    Lien permanent Catégories : Genève 0 commentaire
  • Plaidoyer pour un pont sur la Rade

    Imprimer

    Au risque de décevoir certains lecteurs, il faut d’emblée préciser qu’il ne s’agit pas d’évoquer un ouvrage d’art qui enjamberait le magnifique site de la Rade.

    Non, le pont dont il est question ici est de nature plus virtuelle. Ses premiers piliers ont été érigés lors d’un forum qui s’est tenu le 29 juin à Genève, sous l’égide conjointe de Sustainable Finance Geneva (SFG), de SDG Lab, de l’Institut International du Développement Durable (IIDD) et du Canton de Genève.

    A cette occasion, une trentaine d’acteurs issus du secteur privé, souvent cantonnés sur la Rive gauche, et de la Genève internationale, essentiellement présents sur la Rive droite, se sont retrouvés autour des Objectifs de Développement Durable (ODD) des Nations unies.

    Cet atelier n’avait pas pour but de phosphorer abstraitement sur les bienfaits de ces ODD dans le domaine de la finance durable. Au contraire, les participants ont été amenés à élaborer des solutions concrètes face aux défis auxquels tant la Genève internationale que la Genève financière sont confrontées.

    Quelles sont les forces en présence ?

    Sur la Rive droite principalement, nous avons 34 Organisations internationales, 175 représentations étatiques, 350 ONG et environ 30'000 emplois. Cette communauté dispose d’un savoir-faire incomparable en matière de santé, de développement, d’environnement, de droits de l’Homme, etc.

    En face, sur la Rive gauche nous comptons 104 banques et de très nombreux autres intermédiaires financiers qui génèrent plus de 35'000 postes de travail. A Genève et en Suisse, la finance durable occupe une place de choix. Selon le « Rapport sur l’investissement durable en Suisse 2018 » publié par Swiss Sustainable Finance, le marché total de l’investissement durable dans notre pays a augmenté de 82% depuis 2016 pour atteindre CHF 390,6 milliards. Le montant des fonds durables correspond actuellement à environ 8,7% de l’ensemble du marché suisse des fonds.

    Genève constitue le centre névralgique capable de faire converger les compétences et les intérêts de ces deux mondes qui se regardaient récemment encore comme des chiens de faïence. L’installation en 2018 à Genève du Secrétariat du réseau mondial des places financières durables constitue l’expression la plus tangible de ce positionnement unique.

    Il faut maintenant œuvrer pour poursuivre la construction de ce pont entre les deux rives !

    Lien permanent Catégories : Genève 0 commentaire
  • Projet PAV : le « Canada Dry » de la PPE

    Imprimer

    Le 10 juin prochain, le peuple genevois sera appelé à se prononcer au sujet du projet de loi sur le quartier « Praille-Acacias-Vernets (PAV) ».

    Le texte prévoit un taux considérable de logements sociaux, à savoir 62%, ce qui est de nature à mettre à mal la mixité sociale, chère aux Genevoises et aux Genevois.

    Le projet n’autorise en revanche que 12% de Propriété par étage (PPE) au maximum.

    En se penchant de plus près sur le texte, on constate qu’il ne s’agit pas de PPE en pleine propriété, mais d’une forme de succédané, un « Canada Dry » de la PPE. On se souviendra de la publicité pour cette boisson qui sonnait comme suit : « ça a la couleur de l’alcool, le goût de l’alcool….mais ce n’est pas de l’alcool ». En l’occurrence, la soupe que veut nous servir le projet PAV a le nom de la PPE, le coût de la PPE…. mais ce n’est pas de la PPE.

    En effet, le pseudo propriétaire devra s’acquitter des intérêts du crédit hypothécaire, des frais de gestion de l’immeuble, mais également d’une rente de superficie versée à l’Etat. Il s’agit d’une forme de loyer qui doit être payée au canton qui reste propriétaire de la parcelle. Cette rente de superficie n’est de surcroît pas déductible fiscalement, contrairement aux intérêts hypothécaires.

    De plus, à l’échéance du droit de superficie, prévu pour une période initiale de 66 ans, le bien immobilier retournera à son propriétaire, l’Etat.

    Il tombe sous le sens que les conditions de financement de cet avatar de PPE seront plus restrictives auprès des banques, qui demanderont en particulier l’amortissement du crédit sur la durée du droit de superficie, ce qui n’est pas le cas pour une PPE en pleine propriété.

    Et, cerise sur le gâteau, la revente de l’appartement durant la période du droit de superficie est soumise à des conditions très strictes et ne peut donner lieu à aucune plus-value.

    Alors que des nombreuses familles genevoises cherchent à devenir propriétaires en zone de développement, souvent dans l’optique de pouvoir transmettre leur bien immobilier à la génération future, le projet de loi PAV constitue un miroir aux alouettes.

    Cette PPE de pacotille ne répond pas aux aspirations légitimes d’une part non négligeable de la population.

    Il faut donc voter NON le 10 juin prochain.

    Lien permanent Catégories : Genève 0 commentaire
  • Littérature de proximité

    Imprimer

    2018_03_19 - Blog_EC_20180315_113933.jpgJe ne vous parlerai pas aujourd’hui de la « Disparition de Stéphanie Mailer », dernier livre de notre héros cantonal, Joël Dicker, que je me réjouis de dévorer prochainement.

    Non, j’évoquerai ici trois ouvrages récemment publiés qui traitent de sujets bien genevois.

    Augustin-Pyramus de Candolle : une passion, un Jardin, écrit  par Patrick Bungener, Pierre Matille et Martin W. Callmander, en lien avec le 200ème anniversaire du Jardin Botanique (publié chez Favre).

    Ce livre retrace de manière palpitante et richement illustrée, la vie du grand botaniste Augustin-Pyramus de Candolle (1778 – 1841). On le suit dans ses pérégrinations de Genève à Paris, puis à Montpellier, jusqu’à son retour à Genève en 1816. On apprend surtout, de manière tout à fait accessible, combien il a contribué au développement de la science du monde végétal.

    Le Grand Genève dans tous ses Etats, publié aux éditions Slatkine sous la direction de Vincent Mottet. Avec cet ouvrage, nous faisons un bond dans le temps et nous nous retrouvons au XXIème siècle. La parole est donnée à 16 personnalités de premier plan qui abordent, chacun selon sa spécialité, une des nombreuses facettes qui font la richesse du Grand Genève. Il est question d’économie, de culture, de philanthropie ou encore de mobilité. Tout un programme !

    Le Parlement se met à table, publié aux éditions Slatkine par les députées Isabelle Brunier, Beatriz de Candolle et Simone de Montmollin. Ce livre nous met l’eau à la bouche à travers des recettes de cuisine présentées par des politiciens issus de chacun des groupes formant le Parlement cantonal. Il est ainsi démontré que la gastronomie permet de dépasser les clivages politiques ! Ce florilège indispensable promeut fort opportunément les produits et vins du terroir.

    La publication de ces trois ouvrages doit nous réjouir. En effet, ils illustrent la diversité culturelle de notre canton. Mais ils sont avant tout l’expression de la passion qui anime leurs auteurs. Le livre reste ainsi un moyen essentiel pour la transmission des émotions, n’en déplaise aux esprits chagrins qui annoncent sa disparition prochaine suite à la révolution numérique.

    Lien permanent Catégories : Genève 0 commentaire
  • Genève : capitale de la philanthropie

    Imprimer

    Le canton de Genève peut se vanter d’avoir une longue tradition en matière de philanthropie : le Théâtre de Neuve en 1783, le Musée Rath en 1825 ou le Conservatoire de Musique en 1858 sont nés de la générosité de citoyens qui ont contribué au développement de la Cité.

    Cette empreinte humaniste et philanthrope a permis la concrétisation de projets remarquables, dont le plus marquant demeure la création du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), émanation de ce que l’on appelle communément « l’Esprit de Genève ».

    Au fil du temps, notre canton a développé une véritable culture de la philanthropie : en 2016, Genève comptait 1'174 fondations, soit 40 de plus qu’en 2015, ce qui représente la plus forte croissance des cantons suisses.

    Selon « Swiss Foundations », les fondations domiciliées en Suisse romande disposent d’une fortune supérieure à 13 milliards. La diversité de leur mission fait également la force de Genève : éducation, médecine, action sociale, culture, environnement, aide au développement, protection des animaux, etc.

    La présence d’organisation internationales, actives dans ces domaines, favorise le développement de ces fondations et de leurs projets.

    La Place financière genevoise a développé un savoir-faire unique pour répondre aux exigences de ces fondations : la gestion intègre une approche d’investissement responsable en adéquation avec les buts visés. A titre d’exemple, une fondation engagée pour la paix dans le monde n’investira pas dans des entreprises actives dans l’armement.

    Il convient également de mettre en place une méthodologie d’allocations d’actifs ancrée sur une maîtrise des risques financiers, à savoir la recherche d’un équilibre entre les capitaux destinés à être distribués à court terme et les montants excédentaires pour lesquels on peut viser une performance à long terme.

    Un événement récent permet de renforcer encore la légitimité de Genève dans ce domaine : en septembre 2017, l’Université de Genève a lancé son Centre en philanthropie, avec le soutien de plusieurs fondations importantes. Ce centre organise non seulement des conférences ponctuelles mais propose également un enseignement spécifique, avec notamment un « cours intensif de gestion des fondations » et un autre intitulé « la philanthropie et ses principaux enjeux juridiques ». A cela s’ajoute une chaire dédiée à la philanthropie comportementale ainsi qu’un « Certificate of advanced studies » (CAS) axé sur l’octroi de dotations financières par des fondations (« Grantmaking »).

    L’entrée en lice du monde académique complète avantageusement la palette des compétences présentes dans notre canton et contribue à faire de Genève une capitale internationale de la philanthropie !

    Lien permanent Catégories : Genève 0 commentaire
  • Ensemble à Gauche : une initiative irresponsable!

    Imprimer

    Embourbé jusqu’au cou dans d’invraisemblables querelles intestines, le groupe Ensemble à Gauche (EàG) cherche par tous les moyens à faire diversion.

    La dernière trouvaille de nos Communistes locaux consiste à lancer une initiative populaire visant à faire payer à la BCGE un montant de 3,2 milliards en faveur de l’Etat.

    Par ce biais, EàG revient sur le plan d’assainissement de la BCGE défini démocratiquement et approuvé par l’Autorité de surveillance des banques en 1999, il y a bientôt 19 ans !

    Résolument tourné vers le passé, EàG fait fi de l’évolution remarquable de la BCGE depuis cette époque. Alors qu’elle était exsangue, la BCGE a reconstitué ses fonds propres à hauteur de 1,4 milliard en 2017. Cette santé retrouvée a permis à la banque de jouer son rôle de partenaire financier de très nombreuses PME genevoises. Elle a aussi rendu possible le versement de plus de 350 millions à l’Etat sur une dizaine d’années, sous forme de dividendes, d’impôts et de remboursement des frais de fonctionnement de la Fondation de valorisation.

    En voulant pomper la substance de la BCGE, EàG met en péril l’existence même de la banque qui devrait vraisemblablement provisionner d’un seul coup les 3,2 milliards en question. Un tel choc aurait un impact dévastateur sur le cours de l’action cotée à la bourse suisse. La participation de l’Etat verrait brutalement sa valeur s’effondrer, de sorte que le canton perdrait d’un côté ce qu’il gagnerait de l’autre. Belle opération en vérité !

    Mais cette initiative crée aussi une inégalité de traitement crasse entre les différentes catégories d’actionnaires, au mépris des règles légales en vigueur. En effet, à côté de l’Etat, de nombreuses autres entités publiques détiennent des actions de la BCGE (Ville de Genève, Communes, CPEG). En cas d’acceptation de l’initiative elles seraient doublement lésées : d’une part à travers la perte de valeur de leur paquet de titres et d’autre part par l’absence du rendement escompté. Les quelque 14'000 actionnaires privés seraient également gravement prétérités.

    Le tissu économique du canton souffrirait aussi de cette situation. A défaut de fonds propres, la BCGE ne pourrait plus lui accorder les crédits nécessaires à son développement.

    Au vu des éléments qui précèdent, le caractère aussi électoraliste qu’irresponsable de l’initiative d’EàG saute aux yeux.

    Il faut espérer que la population genevoise ne suivra pas EàG dans sa fuite en arrière !

    Lien permanent Catégories : Genève 0 commentaire
  • Société de Lecture : 200 ans ça se fête !

    Imprimer

    Bloc_EC_Société_de_lecture.jpgLa Société de Lecture fête cette année son 200ème anniversaire. En effet, cette vénérable institution a été fondée en 1818 sous l’impulsion d’un groupe de savants genevois. Elle occupe actuellement un bel hôtel particulier situé à la Grand’Rue, édifié en 1740 pour le représentant du Roi de France. Ses collections comportent plus de 400'000 ouvrages, d’une variété remarquable, allant du best-seller contemporain au livre le plus classique.

    Loin d’être figée dans un passé poussiéreux, la Société de lecture fait preuve d’un dynamisme remarquable et propose à ses membres une multitude d’activités, destinées aux plus jeunes comme aux plus âgés.

    Elle a eu l’idée originale de mettre sur pied un cycle de huit conférences du bicentenaire, fondée sur 8 dates se terminant par le chiffre 8 : 1818, 1848, 1918, 1948, 1968, 2008, 2018.

    L’exposé du 8 février 2018 était intitulé : « 1918, Wilson, les Alliés et la Société des Nations : le début d’un nouveau monde ? ».

    Matthias Schulz, professeur d’histoire des relations internationales à l’Université de Genève, a présenté avec brio toute la complexité des rapports entre les Etats à la sortie de la Première guerre mondiale. Il a commenté les « Quatorze points de Wilson » développés par le Président des Etats-Unis Woodrow Wilson en vue de l’élaboration d’un traité de paix. Parmi ces 14 thèses, on trouve notamment : le droit à l’autodétermination des peuples, la liberté du commerce et de la navigation sur les mers, le développement de la démocratie, l’abolition de la diplomatie secrète, la restitution des territoires occupés à la suite de victoires militaires, l’absence de réparations de guerre et la mise sur pied d’un « Association générale des Nations ». Ces idées novatrices ont suscité à l’époque de nombreux espoirs, mais seule la dernière a été effectivement concrétisée, à savoir la création de la Société des Nations, organisme censé assurer la paix en Europe.

    La première assemblée de la Société des Nations s’est tenue le 20 novembre 1920 à Genève, en l’absence du Président Wilson. Le Congrès américain s’était en effet opposé à l’adhésion des Etats-Unis à la SDN. Cette date constitue l’un des moments clé de la vocation internationale de Genève.

    Dans la riche histoire de la Société de Lecture, un point mérite encore d’être mentionné : parmi les fondateurs, on trouve le célèbre Augustin-Pyramus de Candolle. Il est également à l’origine d’une autre institution culturelle genevoise qui a célébré son bicentenaire en 2017. Quelle est-elle ? Le suspense reste entier !

    Lien permanent Catégories : Air du temps, Genève 0 commentaire
  • Appel à la grève du Cartel syndical de la fonction publique : explication de texte

    Imprimer

    Comme député et citoyen, j’ai lu avec intérêt l’appel à la grève adressé par le Cartel syndical en vue de la mobilisation des 4  et 14 décembre.

    Ce document mérite quelques commentaires, paragraphe par paragraphe, fondés sur des chiffres réels :

    « Budget 2018 et Plan Financier Quadriennal : des besoins en hausses, mais des postes en moins ! La santé, le social, l’éducation au bord de l’implosion…. Il faut couper en prévision de PF 17. »

    Le budget 2018, tel qu’adopté par une majorité de centre-gauche de la Commission des finances lors de sa séance du 29 novembre, prévoit des dépenses supérieures à 8,3 milliards et un déficit de 186 millions. Il inclut la création d’environ 300 postes supplémentaires à l’Etat. Par ailleurs, il accorde une annuité complète à la fonction publique, ce qui représente une progression salariale conséquente, inconnue dans le secteur privé. On ne peut pas parler d’un budget d’austérité !

    Le Plan Financier Quadriennal (PFQ) présenté par le Conseil d’Etat intègre avant tout un transfert de charges aux communes (80 millions) et des augmentations d’impôts (limitation de la déductibilité de l’assurance maladie pour 35 millions, augmentation de la taxe sur la plus-value foncière pour 15 millions et réévaluation du patrimoine immobilier pour 100 millions). En ce qui concerne la fonction publique, il n’est question que d’ouvrir le débat avec les organisations représentatives du personnel pour examiner diverses mesures, avec à la clé une économie « potentielle » de 44 millions. On est donc bien loin du démantèlement de l’Etat !

    « Projet Fiscal 17 (PF 17, nouveau nom de la RIE III) : 800 millions de cadeaux pour les grosses entreprises : 10% du budget de l’état en cadeaux aux actionnaires et 10% d’économies dans les prestations ! »

    Pour rappel, le Projet Fiscal 17 (PF 17) a été lancé par la Confédération suite à l’échec de la votation populaire relative à RIE III le 12 janvier 2017. Le PF 17 comporte un volet fédéral, soumis à une procédure de consultation, et un volet cantonal. En substance, il est prévu de supprimer les statuts fiscaux cantonaux dont bénéficient certaines entreprises afin de se conformer aux standards internationaux.

    A Genève, le Conseil d’Etat a présenté un projet cohérent qui prévoit notamment la fixation d’un taux d’imposition unique de 13,49%, alors que le taux d’imposition ordinaire actuelle atteint 24,2%. La feuille de route du Gouvernement genevois comporte aussi diverses mesures d’accompagnement, en particulier dans le domaine de la formation et de l’innovation.

    Il faut insister sur le fait que cette indispensable réforme conduira à une augmentation substantielle de la fiscalité pour les entreprises qui bénéficient actuellement de statuts fiscaux. Par ailleurs, les PME locales compteront parmi les bénéficiaires de la baisse du taux ordinaire.

    Mais une chose est sûre, le chiffre de 800 millions de pertes fiscales avancé par le Cartel ne repose sur aucune base sérieuse !

    Le canton de Vaud a bien compris les enjeux. En effet, il vient d’annoncer qu’il allait appliquer un taux d’imposition unique de 13,79% à compter du 1er janvier 2019, quel que soit l’état d’avancement du dossier au niveau fédéral.

    Le Cartel pense-t-il vraiment que les entreprises resteront à Genève avec un taux d’imposition de 24,2% alors qu’elles pourront bénéficier d’une imposition à 13,79% à Mies, Nyon ou Lausanne dès 2019 ?

    Poser la question, c’est y répondre !

    « LTrait (Score) : une loi antidémocratique : elle empêche tout contrôle sur la grille des salaires ! Inéquitable : elle encourage les inégalités de traitements et permet de modifier les salaires annuellement en fonction du marché et des besoins d’économies de l’Etat ! »

    Le projet SCORE a pour but de moderniser un statut de la fonction publique dont chacun admet le caractère fondamentalement obsolète. De plus, il entraînera, dans sa phase de mise en place, une hausse conséquente de la masse salariale, avoisinant les 60 millions.

    Ici non plus on ne saurait parler d’atteinte aux sacro-saints acquis sociaux !

    « Caisse de Pension de l’Etat de Genève (CPEG) : Cotiser plus pour gagner moins à la retraite… »

    Face à situation calamiteuse de la CPEG, dont le taux de couverture atteint à peine 60%, le Conseil d’Etat a pris le taureau par les cornes et proposé un plan de sauvetage ambitieux. Il prévoit d’injecter environ 4,7 milliards pour renflouer ce navire en perdition. Une partie importante de cette somme colossale sera assumée par les contribuables, qui devront cracher ainsi une deuxième fois au bassinet, après la 1ère réforme de 2013. Cette opération sera logiquement assortie du passage d’un système de primauté des prestations à celui de primauté des cotisations, tel qu’il est pratiqué dans l’immense majorité des caisses de pension helvétiques.

    Dans ces circonstances, comment le Cartel ose-t-il encore réclamer le maintien du système de primauté des prestations, alors que la plupart des salariés du privé ne bénéficient pas d’un plan de prévoyance aussi généreux ?

    « Pour une autre Genève ! »

    Tel est le titre du tract du Cartel intersyndical.

    La Genève qui nous est proposée est celle dont les dépenses publiques continuent de croître de manière incontrôlée, dont la dette explose au-delà d’un montant déjà stratosphérique de 12 milliards, dont les contribuables personnes physiques et morales fuient face à une fiscalité déraisonnable et dont la Caisse de pension étatique sombre corps et biens faute d’une réforme acceptable.

    Cela vous tente ?

    Lien permanent Catégories : Genève 0 commentaire
  • Bienvenue au Business Park de Tannay !

    Imprimer

    En février 2017, le peuple suisse rejetait à près de 60% des voix la Troisième réforme de l’imposition des entreprises (RIE III). La Gauche, notamment à Genève, a célébré cette victoire dans l’allégresse.

    Peu après, le Conseil fédéral, conscient de l’urgence, a remis sans tarder l’ouvrage sur le métier et élaboré un nouveau projet, intitulé PF 17, largement inspiré des lignes directrices proposées par un groupe de travail représentant la Confédération et les cantons. L’avant-projet du Conseil fédéral fait actuellement l’objet d’une procédure de consultation jusqu’au 6 décembre 2017.

    Le Canton de Vaud a surpris tout le monde en annonçant le 1er novembre qu’il allait appliquer le volet cantonal de la réforme, sans attendre l’issue du processus fédéral de PF 17. Cela signifie en clair que les entreprises vaudoises vont bénéficier dès le 1er janvier 2019 d’un taux unique de 13,79%. Pour rappel, ce taux a été plébiscité par 87% des votants lors du scrutin populaire de mars 2016.

    Pendant ce temps, à Genève, les initiés pérorent sur les concessions à faire, ou à refuser, pour parvenir à un consensus susceptible d’être accepté par la population.

    Mais est-on certain que les entreprises concernées se passionnent pour ces arguties ?

    Selon les données chiffrées de 2014, à Genève, 0,5% des contribuables assurent 66,5% de l’impôt sur le bénéfice des personnes morales. Cela représente 162 entreprises sur 31'377. Elles sont principalement actives dans trois domaines, à savoir le négoce de matières premières, l’horlogerie et la banque.

    Celles qui ne sont pas au bénéfice d’un statut fiscal particulier sont soumises au taux d’imposition ordinaire de 24,2%, le plus élevé de Suisse.

    Il n’est pas présomptueux d’affirmer qu’elles vont étudier attentivement l’évolution de la ponction fiscale. En effet, dès 2019, leur bénéfice pourrait être imposé aux taux de 13,79% Outre-Versoix, alors qu’à Genève, on leur infligerait encore une imposition à 24,2%.

    Dans l’équation, il n’est pas non plus exclu que ces entreprises considèrent la stabilité financière de notre voisin vaudois, qui n’a quasiment plus de dette, alors que Genève croule sous un endettement supérieur à 12 milliards et doit sortir d’un gouffre sans fond sa caisse de pension étatique.

    Trop sûre de ses atouts, la basse-cour genevoise serait bien inspirée d’accélérer le tempo de sa réforme fiscale, sous le regard matois du matou vaudois.

    A défaut, un futur Business Park à Tannay ou à Mies aura tôt fait d’accueillir les entreprises genevoises, leurs emplois et leurs impôts. Nous n’aurons alors plus que nos yeux pour pleurer !

    Lien permanent Catégories : Genève 0 commentaire
  • Culture et statistiques ne font pas bon ménage

    Imprimer

    La presse locale a récemment fait ses grands titres d’une étude élaborée par la Haute école de gestion de Genève (HEG) et intitulée « Le poids de l’économie créative et culturelle à Genève ».

    Il en ressort que l’économie créative et culturelle (ECC) représenterait 7,6% des 366'764 emplois comptabilisés pour l’ensemble de l’économie genevoise. Par ailleurs, la production au sein de l’ECC générerait 9,5 % du produit intérieur brut (PIB) cantonal.

    Les rubriques culturelles de nos quotidiens jubilent à l’idée que l’ECC talonnerait le secteur bancaire et financier et dépasserait largement l’horlogerie, la construction et l’industrie chimique.

    Au risque de casser l’ambiance, j’émettrai quelques réserves face aux résultats de cette analyse, sans mettre le moins du monde en doute la bonne foi de son auteur.

    En premier lieu, le fait que ce travail ait été commandité conjointement par le Département de la culture et du sport de la Ville de Genève et par le Département de l’instruction publique, de la culture et du sport (DIP) devrait inciter à la prudence.

    Par ailleurs, l’auteur de la recherche exprime lui-même des réserves sur la portée de son étude : « la principale difficulté de l’exercice réside néanmoins dans la définition du champ de l’ECC. L’UNESCO reste sans aucun doute le leader pour édicter des bonnes pratiques dans ce domaine. A ce jour, toutefois, la standardisation dans ce domaine est loin d’être acquise. Par conséquent, les diverses estimations réalisées au niveau international sont difficilement comparables. La définition des industries culturelles et créatives de l’UNESCO n’est pas aisée à implémenter d’un point de vue statistique ».

    En un mot, le choix du périmètre des activités concernées comporte une part d’arbitraire.

    Pour s’en convaincre, il suffit de prendre connaissance de l’inventaire à la Prévert des domaines pris en considération dans le cas d’espèce : aux côtés de l’édition de livres, des orchestres et des troupes de théâtres, on trouve les activités des lapidaires (diamants et pierres précieuses) et la fabrication d’articles de bijouterie en or et en argent.  On découvre également l’édition de logiciels et de jeux électroniques, la fabrication de produits électroniques grand public, la programmation informatique et les portails internet. Sans minimiser l’importance de ces activités du point de vue économique, leur impact culturel ne saute pas aux yeux.

    A cela s’ajoute que l’étude en question divise l’ECC en trois « Cercles de fonctions », à savoir : 1) le cœur de l’ECC, 2) la diffusion et la commercialisation et, enfin, 3) la préservation, l’administration et la formation.

    En termes d’emplois et de valeur ajoutée, ce troisième cercle se taille la part du lion. Et je vous le donne en mille, que trouve-t-on dans ce domaine : la formation professionnelle de base, les hautes écoles spécialisées et pédagogiques, l’enseignement culturel, les cours de perfectionnement professionnel, la gestion des bibliothèques et des archives, la gestion des musées, les services administratifs concernés en Ville de Genève et au Canton de Genève, etc. Le propos n’est pas de contester ici la pertinence de ces activités. On peut cependant avancer sans trop de risque l’hypothèse qu’elles sont presqu’intégralement financées par l’impôt.

    On peut aussi s’étonner du fait que l’étude ne prenne pas en compte de manière complète le subventionnement dont bénéficient de nombreuses entités. Par exemple, en ce qui concerne le film et le cinéma, il n’est fait mention que des contributions de la Ville et du Canton.  Or, la SSR et l’Office fédéral de la Culture participent massivement au financement de cette industrie.  On peut évidemment s’en féliciter. Mais les Genevoises et les Genevois y contribuent directement par le biais de la redevance TV et de l’Impôt fédéral direct (IFD).

    La comparaison avec les autres secteurs économiques du canton est également très partielle. Même si l’on admet que l’ECC contribue à hauteur de 9,5% au PIB genevois, ce qui peut être contesté, il n’en reste pas moins qu’il se situe loin derrière le domaine bancaire et financier (13,3%) et à des années lumières du commerce de gros et de détail (20,6 %) selon les données de l’Office cantonal de la statistique. Ce dernier secteur comprend en particulier le négoce de matières premières qui contribue de manière déterminante à la création de valeur à Genève.

    Enfin, ce travail de recherche comporte une lacune majeure : il reste muet sur la contribution fiscale des divers secteurs économiques du Canton.

    En 2016, les secteurs de l’horlogerie et la bijouterie (21%), des intermédiaires du commerce (19%) et des banques et assurances (26%) assuraient 66% de l’impôt cantonal sur le bénéfice et le capital. Pour l’impôt fédéral direct (IFD), les chiffres sont encore plus frappants, puisque la part de ces trois secteurs atteint 72% en 2016. Précisons que la notion d’ « intermédiaires du commerce » concerne avant tout les négociants en matières premières.

    Sans la présence de ces secteurs économiques générateurs de recettes fiscales considérables, il tombe sous le sens que le domaine culturel, largement subventionné par les collectivités publiques, municipales, cantonales et fédérales, ne pourrait pas prospérer. Cette affirmation risque d’être perçue comme arrogante par certains, elle n’est que factuelle.

    En conclusion, il serait fondamentalement erroné de sous-estimer l’importance de la Culture pour notre Ville et notre Canton. En revanche, il est hasardeux de se lancer dans de grandes théories sur l’impact économique de ces activités. L’étude précitée démontre que l’on atteint rapidement les limites de l’exercice.

    Lien permanent Catégories : Genève 0 commentaire
  • Caisse de pension de l’Etat : il n’y a pas de place pour les apprentis sorciers !

    Imprimer

    (article inspiré par mon intervention au Grand Conseil du 24 avril 2017)

    Toutes affaires cessantes, le Grand Conseil a été convoqué le 24 avril 2017 pour traiter sur le siège du projet de loi déposé sous le titre « Saigner la CPEG ou la soigner ? La réponse s’impose ».

    Ce texte émane d’Ensemble à Gauche et a été signé par plus de 40 Députés, issus de la gauche et du MCG, dont de nombreux affiliés à la Caisse de pension de l’Etat (CPEG).

    Le propos n’est pas ici de s’éterniser sur le conflit d’intérêt des signataires bénéficiaires de la CPEG, d’autres s’en sont déjà chargés. Le but n’est pas non plus de gloser sur les erreurs grossières qui émaillent ce projet de loi et qui démontrent qu’il a été rédigé sur un coin de table par des pieds nickelés du calcul actuariel.

    Non, il s’agit de s’attarder sur l’impact immédiat sur les finances de l’Etat qu’aurait eu l’acceptation, sans débat digne de ce nom, des mesures préconisées par ce texte.  

    A titre liminaire, il n’est pas contesté que la CPEG se trouve dans une situation délicate (et c’est un euphémisme !) et que son avenir doit être pérennisé. Mais cela doit impérativement passer par un train de mesures structurelles en profondeur et notamment par le passage d’un système archaïque de primauté des prestations à celui de primauté des cotisations, tel que pratiqué par l’immense majorité des caisses publiques et privées.

    Pour rappel, le dispositif proposé prévoit d’ouvrir un crédit extraordinaire de CHF 800 millions pour renflouer la CPEG.

    Il tombe sous le sens qu’une telle dépense, non budgétée, ne pourra se faire qu’à travers l’emprunt.
    Or, au 31 décembre 2016, la dette de l’Etat de Genève se montait déjà à CHF 12,5 milliards, record incontestable et incontesté au niveau fédéral.

    Cet endettement et la charge d’intérêts y afférente font l’objet d’une attention particulière des créanciers du canton et de l’agence de notation Standard & Poor’s.

    Dans son rapport du 4 novembre 2016, cette agence de notation a certes maintenu à AA- la note du canton, mais elle a revu la perspective à la baisse. Cette dernière passe de stable à négative. La raison de cette dégradation réside précisément dans l’endettement considérable du canton et dans la situation préoccupante de la caisse de pension étatique.

    L’acceptation abrupte du projet de loi de la gauche et du MCG aurait encore péjoré cette image déjà précaire, dans la mesure où elle aurait conduit à un besoin d’argent frais supplémentaire de CHF 800 millions qui s’ajouterait au besoin de financement planifié du canton sur les marchés financiers, qui atteint près de 900 millions en 2017.

    Cela représenterait donc un bond de près de 100% de l’appétit cantonal en termes de crédit sur une année.

    Imaginer une seconde que cette explosion des besoins de financements, aussi imprévue qu’improvisée, pourrait être absorbée sans broncher par les marchés est une vue de l’esprit !

    La gestion de la dette sur le long terme est une science que les collaboratrices et les collaborateurs du Département des finances maîtrisent avec compétence et doigté. Le projet de loi dont il est question ici arrive comme un éléphant dans un magasin de porcelaine.

    Et les conséquences me direz-vous ?

    Un abaissement de la notation du canton serait calamiteux et conduirait mécaniquement à une hausse du coût de l’emprunt.

    Mais une telle dégradation ne toucherait pas seulement le Petit Etat. En effet, les entités publiques autonomes qui se mettent sous l’ombrelle du canton en matière de crédit souffriraient également de cette situation.

    Manifestement, les promoteurs du projet de loi, agissant dans la précipitation, n’ont pas pris en considération ces conséquences néfastes pour notre canton et sa crédibilité financière.

    La CPEG et la fonction publique méritent mieux que ce texte bâclé. Pour les signataires, il est question de « soigner » la CPEG. Les mesures proposées ne constituent toutefois qu’un emplâtre sur une jambe de bois. Il faut au contraire envisager un traitement de longue haleine et en profondeur, raisonné et concerté.

    En termes de crédibilité, le projet de loi débattu ici relève plus de la pièce « Knock ou le Triomphe de la médecine » de Jules Romain que d’une saine approche actuarielle !

    Lien permanent Catégories : Genève 0 commentaire