Le blog d'Edouard Cuendet - Page 9

  • Salaire minimum : la fin du partenariat social

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    Le 27 novembre prochain, les citoyennes et citoyens genevois seront appelés à s’exprimer sur l’Initiative 142 qui vise l’introduction d’un salaire minimum à Genève.

    Dans un premier temps, il n’est pas inutile de rappeler qu’avant de passer devant le peuple, cette initiative a vécu un long parcours juridique qui s’est achevé devant le Tribunal fédéral. La plus haute instance judiciaire du pays a déclaré le texte formellement recevable, mais a émis des doutes sur son applicabilité et a souligné que le salaire fixé ne pourrait pas s’éloigner des standards en cours dans le système de l’aide sociale. A défaut, le principe de la liberté économique ancré dans la Constitution fédérale serait violé.

    Or, à Genève, en matière d’aide sociale, le revenu maximum pour une personne seule se monte à CHF 2'527.-. On est ainsi loin des CHF 4'000.- que certains auteurs de l’Initiative ont fait miroiter aux signataires.

    Les personnes qui seraient tentées de soutenir cette initiative devront donc sérieusement se poser la question de savoir si le jeu en vaut vraiment la chandelle. Cela vaut-il  la peine de détruire le partenariat social, qui a garanti la paix du travail en Suisse durant les 80 dernières années, pour un tel montant ? C’est de cela qu’il s’agit en l’occurrence.

    Le partenariat social trouve en particulier son expression dans les conventions collectives de travail (CCT) qui protègent les travailleurs, en particulier dans les secteurs les plus fragilisés. Les CCT fixent des règles qui vont bien au-delà de la rémunération, puisqu’elles portent aussi sur d’autres aspects importants, tels que les horaires, les vacances, les autres congés, l’adaptation au renchérissement, les allocations d’étude, etc. Par ailleurs, elles valorisent en général l’ancienneté et le degré de formation.

    En cas d’adoption du salaire minimum, les employeurs n’auraient plus d’intérêt à se mettre autour de la table avec les syndicats pour mener des négociations en vue de la conclusion d’une CCT. Leur seule obligation résiderait dans l’octroi du salaire minimum légal fixé par l’Etat. Tous les avantages accessoires prévus par ces textes risqueraient donc de tomber, au seul détriment des employés.

    Par ailleurs, le risque de voir l’ensemble des salaires tiré vers le bas est non négligeable. L’introduction du SMIC en France illustre parfaitement ce phénomène pernicieux : la proportion de salariés payés au SMIC (1'365 euros en 2011) est passée d’environ 10% sur la décennie 1987-1996 à plus de 16% en 2005.

    En lançant cette initiative, les syndicats sont donc allés à l’encontre des intérêts de ceux qu’ils sont sensés défendre. Les citoyennes et citoyens genevois ne devraient par les suivre dans cette voie périlleuse.

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  • Salerna Bobo et les 40 employeurs

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    Un conte oublié, issu des Mille et Une Nuits, vient de refaire surface. Toute ressemblance avec des personnages ou des événements connus serait purement fortuite. Seules les entreprises mentionnées existent bel et bien.

    Dans une contrée orientale reculée vivait une vizirette nommée Salerna Bobo. Tout en dépensant force maravédis, elle a lancé une attaque dirigée spécifiquement contre les multinationales, la « haute finance » et le « haut de gamme », qui contribuaient pourtant à la prospérité du khalifat dans son ensemble.

    Par pure coïncidence, peu après le lancement de cet anathème, une gazette locale (Bhîl-Han) a dressé la liste des 40 plus gros employeurs du khalifat. Seuls le nom des 15 premiers est déchiffrable sur le parchemin :

    Entreprises                     Effectifs

    1.    Rolex                      4135
    2.    Migros                     3260
    3.    Procter & Gamble     3132
    4.    Pictet & Cie              2050
    5.    Groupe Coop            1861
    6.    Richemont                1846
    7.    UBS                         1816
    8.    Firmenich                 1720
    9.    HSBC Private Bank   1539
    10.  BNP Paribas              1483
    11.  Patek Philippe           1356
    12.  Merck Serono           1300
    13.  Lombard Odier          1300
    14.  ISS                          1178
    15.  Swissport                 1178

    On compte ainsi 5 représentants de la « haute finance », 5 multinationales et 2 horlogers spécialisés dans le « haut de gamme ». Cela fait donc 12 entreprises sur 15 que la vizirette voudrait voir quitter le khalifat avec leurs emplois.

    Face à la révolte des entreprises et craignant de ne pas pouvoir devenir khalifette à la place du khalife aux prochaines élections, Salerna Bobo a imploré l’assistance des seize conseillers municipaux issus de sa caste et a prononcé la formule magique désormais célèbre :

    Seize âmes, couvrez-moi !

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  • Un week-end croquant

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    Tout a commencé vendredi soir au Grand Conseil.

    Pour nous aider à supporter les vociférations de certains députés, notre collègue Antoine Barde nous a apporté deux boîtes de pralinés de chez Hautlé. Les vertus apaisantes du chocolat ont à nouveau fait merveille et s’est donc dans la gaité et l’allégresse que nous avons dégusté les spécialités du célèbre confiseur du Bourg-de-Four.

    Les festivités ont repris dimanche matin par la visite du premier salon international des chocolatiers et du chocolat organisé au Bâtiment des Forces Motrices (BFM).

    C’est sous l’impulsion de la très dynamique Lise Luka que cette manifestation a pu avoir lieu à Genève. Elle a réussi l’exploit, entourée d’une équipe de choc (c’est le cas de le dire), de réunir au BFM la fine fleur de la chocolaterie genevoise et suisse. On pouvait apprécier les spécialités de célébrités locales, telles que la Chocolaterie du Rhône, Favarger, Micheli, Desplanches, Pascoët, j’en passe et des meilleures.

    Conférences, recettes, dégustations, fontaines de chocolat : rien ne manquait pour faire de cet événement une expérience gustative inoubliable.

    Quiconque n’a pas encore eu l’occasion de comparer les différentes sortes de cacao provenant de Java, de Colombie et de la République Dominicaine, ne peut se faire une idée concrète de l’incroyable diversité des saveurs et parfums offerts par ce bienfait de la nature.

    Il ne reste donc plus qu’à espérer que les artisans chocolatiers genevois, qui constituent l’une des fiertés de notre canton, se fédèrent à nouveau l’année prochaine pour nous offrir la seconde édition de ce salon, qui devrait devenir le rendez-vous incontournable des chocolatophiles d’ici et d’ailleurs.

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  • PS: deux initiatives irresponsables

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    Le parti socialiste genevois vient de lancer deux initiatives qui sont de nature à porter un tort considérable à la prospérité du canton.

    Suppression des forfaits fiscaux

    Le PS s’en prend tout d’abord aux forfaits fiscaux dont il réclame l’abolition.
    Pour rappel, à Genève, 750 personnes sont au bénéfice de l’imposition d’après la dépense. Ces contribuables étrangers, qui ont élu domicile en Suisse sans y exercer d’activité lucrative, contribuent de manière importante aux recettes fiscales de l’Etat (on parle de 150 millions par année pour le canton). Par ailleurs, ils participent au dynamisme de l’économique locale, par le biais de la consommation, de la construction et des services financiers. En revanche, ils font un usage limité des infrastructures et des prestations étatiques (école, santé, social).
    Si Genève venait, contre toute bonne logique, à supprimer les forfaits fiscaux, les contribuables concernés quitteraient en masse Genève pour traverser la Versoix ou la Manche, afin de s’établir sous des cieux fiscaux plus cléments.
    On relèvera à cet égard que l’ensemble des cantons suisses accueillent environ 5'000 forfaitaires. Au Royaume-Uni, où le système en place présente la plus grande similitude avec le nôtre, on comptait en 2008/2009 par moins de 123'000 personne ayant le statut fiscal de « résidents non domiciliés ».
    Ne soyons pas naïfs ! La qualité de vie genevoise ne suffira pas à retenir ces contribuables chez nous.

    Suppression des statuts fiscaux pour les entreprises

    A Genève, certaines entreprises bénéficient d’un statut fiscal allégé, dans la mesure où elles exercent leurs activités principalement à l’étranger. On parle de sociétés holdings ou auxiliaires.
    La seconde initiative du PS vise à supprimer ces statuts, ce qui conduira au doublement de l’imposition des sociétés en question. On leur signifierait ainsi qu’elles ne sont plus les bienvenues sur notre sol.
    Or, il ne faut pas perdre de vue que les multinationales attaquées frontalement par le PS, assurent quelque 76'000 emplois, occupés en majorité par des Suisses. L’ancrage local des multinationales est donc important. A cela s’ajoute que chacun de ces postes à très haute valeur ajoutée conduit à la création de 3,7 emplois dans l’économie endogène. Ce secteur a par conséquent des répercussions très bénéfiques sur les PME du canton qui fournissent des prestations de sous-traitance. Il est donc absurde d’opposer les entreprises locales et les multinationales alors qu’elles sont complémentaires et interdépendantes.
    En tout état, un doublement de l’imposition de ces sociétés aurait pour conséquence irrémédiable leur départ du canton.
    Genève perdrait non seulement des milliers d’emplois directs et indirects, mais les conséquences fiscales seraient également dévastatrices. Selon les déclarations du Chef du département des finances, les entreprises visées par le PS génèrent environ 400 millions d’impôts sur les personnes morales. Il faut y ajouter environ 250 millions au titre de la taxation des collaboratrices et des collaborateurs.

    Conclusion

    Vous êtes invités à faire l’addition des effets induits par les deux initiatives irresponsables du PS, si, par malheur, elles venaient à être acceptées par le peuple :

    Disparition des forfaits fiscaux :            CHF 150 millions
    Départ des multinationales :                 CHF 400 millions (personnes morales)
    Impôts des collaborateurs :                  CHF 250 millions (personnes physiques)

    Soit un total de                                    CHF 800 millions de recettes fiscales en moins.

    Qui devra combler le trou causé par la perte de ces contribuables ?


    VOUS !

     

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  • Commerce genevois : dans l'attente d'un signal politique fort

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    Jeudi dernier, j’ai participé à l’événement « Un soir à la Corraterie », organisé par les commerçants de cette rue marchande bien genevoise. La typologie des domaines représentés est intéressante, puisque l’on trouve aussi bien une pharmacie, un opticien, des galeries d’art, une bijouterie bien connue, un magasin de jouets, un magasin de sport, divers cafés et boutiques de vêtements et, enfin, un célèbre fleuriste et une prestigieuse papèterie.

    Bon nombre de ces enseignes ont pignon sur rue depuis fort longtemps.

    Avec le public présent, la discussion portait inévitablement sur la force du franc et sur l’impact ravageur de ce facteur sur le commerce local. C’est donc l’occasion de faire le point sur la situation de ce secteur économique important pour Genève.

    On compte sur le territoire du canton près de 1'800 entreprises actives dans le commerce de détail, qui gèrent plus de 4'000 points de vente. Cette activité assure près de 21'000 postes de travail.

    Ce domaine est couvert par 13 conventions collectives de branche qui concernent environ 17'000 emplois.

    Mais le commerce est avant tout un secteur qui souffre : depuis début août 2011, certains magasins enregistrent des chutes de leur chiffre d’affaire allant de 30% pour le non-alimentaire jusqu’à 40% pour les petits commerces. La force de notre monnaie constitue évidemment la principale cause de cette dégringolade alarmante.

    Face à cette situation grave, dont les conséquences pour l’emploi peuvent s’avérer dévastatrices, les commerçants ont pris des mesures en adaptant leurs prix. L’impact sur les marges est immédiat, puisque les charges fixes demeurent inchangées.

    Les commerçants genevois sont dans l’attente d’un signal clair du Gouvernement pour qu’il limite l’attractivité du tourisme commercial en France voisine, en particulier durant les périodes de fêtes qui s’approchent à grands pas. Bien entendu, l’influence du Conseil d’Etat sur le cours de l’euro est nulle. En revanche, il doit s’engager avec fermeté pour que les nocturnes de fin d’année puissent bel et bien avoir lieu et pour que les magasins qui le souhaitent soient autorisés à ouvrir quelques dimanches durant cette période, conformément à la loi fédérale en vigueur.

    A défaut, il portera une lourde responsabilité en cas d’augmentation du chômage.

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  • PS: élargir son horizon au-delà de la Versoix et du Fort de l'Ecluse

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    J’ai participé ce matin à un séminaire organisé par un grand établissement financier multinational, vous savez, l’un de ceux que le Parti socialiste, René Longet, Sandrine Salerno et Carlo Sommaruga, veulent chasser hors du canton.
    Ce grand groupe, qui est un des plus gros employeurs bancaires du canton, a réuni pendant plusieurs jours dans un grand hôtel de la place un nombre important de collaboratrices et collaborateurs venus d’Europe, du Moyen-Orient et d’Asie. Bien entendu, dans le programme, une visite de la ville et de ses commerces était prévue.
    L’impact positif d’un tel événement sur l’économie locale saute aux yeux.
    Lors de la discussion, la question m’a été posée de savoir comment les banques étrangères étaient perçues à Genève.
    Je leur ai indiqué que, de mon point de vue, ces établissements étaient non seulement des employeurs et des contribuables importants pour la Ville et le canton, mais qu’ils participaient activement au brassage de talents qui fait la force de notre économie. J’ai surtout insisté sur le fait qu’ils contribuaient à faire de Genève un centre de compétence mondialement reconnu en matière de gestion de fortune et de financement du négoce de matières premières.
    Je ne leur ai pas caché non plus que le Parti socialiste local considérait leurs activités comme nuisibles et souhaitait les voir débarrasser le plancher.
    Vous ne serez pas étonnés d’apprendre que les dirigeants de ce groupe présents à cette occasion avaient eu connaissance des attaques de Sandrine Salerno et de ses collègues socialistes et ont exprimé leur incompréhension face à cette hostilité. Ils ont aussi exposé que leur présence mondiale leur avait permis de réaliser que de nombreuses places financières seraient ravies de les accueillir si nécessaire.
    Cela démontre que l’horizon du parti socialiste genevois devrait s’élargir au-delà de la Versoix et du Fort de l’Ecluse et permettre ainsi à ses dirigeants de réaliser combien Genève est privilégiée de pouvoir accueillir sur son sol des entreprises pourvoyeuses d’emplois et de recettes fiscales, que le monde entier nous envie.

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  • Athènes sur Léman: ça vous tente ?

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    Dans une interview complaisante publiée aux frais du contribuable dans « Vivre à Genève », Sandrine Salerno, conseillère administrative socialiste de la Ville de Genève, lance l’offensive contre l’emploi et les recettes fiscales.

    Elle s’attaque notamment « aux entreprises spécialisées dans le haut de gamme, la haute finance et le trading » et estime « qu’elles sont largement sur-représentées dans notre structure économique ».

    Toute occupée à faire augmenter le budget de la Ville (charges en hausse de 4,2% par rapport au budget 2011 voté), Mme Salerno perd de vue le fait que la grande majorité des recettes fiscales dont bénéficie la Cité de Calvin provient précisément des secteurs économiques qu’elle accuse de tous les maux.

    Mais il y a plus grave. Les branches en question sont de très gros pourvoyeurs d’emplois qualifiés, garants de notre prospérité. Les multinationales sont génératrices de plus de 70'000 postes à haute valeur ajoutée, occupés dans leur majorité par des Suisses. Quant à la place financière, elle procure près de 35'000 emplois. De même, le « haut de gamme », à savoir notamment l’horlogerie et la bijouterie, ainsi que l’hôtellerie de luxe, contribue notablement à l’attractivité du canton.

    De plus, contrairement aux déclarations de l’élue socialiste, il est faux d’opposer, d’une part, les PME locales et, d’autre part, les entreprises exportatrices et multinationales. Ces acteurs du tissu économique genevois sont complémentaires et peuvent difficilement subsister les uns sans les autres.

    Un départ des sociétés multinationales et bancaires conduirait Genève à la décroissance, à des pertes d’emplois massives et à un effondrement des recettes fiscales, plongeant le canton dans la crise et le surendettement.

    Cette situation peu enviable ne vous rappelle-t-elle rien ?

    La Grèce vit actuellement ce cauchemar et rêverait de pouvoir compter sur quelques miettes de la prospérité genevoise, due notamment aux entreprises vilipendées de manière irresponsable par la magistrate socialiste.

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  • Envoi postal des médicaments : attention danger!

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    Les assurés reçoivent de plus en plus souvent des courriers insistants de leur caisse maladie pour les inciter à choisir l’envoi postal de médicaments.

    Les malades chroniques sont particulièrement visés par ces démarches intempestives.

    Il faut insister sur le fait que les assurés ne sont pas obligés d’accepter de telles « offres », qui ne conduiront d’ailleurs à aucune diminution de prime.

    Cette fâcheuse tendance des caisses constitue avant tout la négation du rôle, pourtant central, du pharmacien dans le réseau de soins.

    Le pharmacien est le seul partenaire qui, grâce à sa formation complète, dispose de connaissances approfondies sur les médicaments. Le lien de proximité qu’il crée avec le patient permet de tisser une relation de confiance, de prodiguer les conseils nécessaires et d’assurer le suivi adéquat de la prise des médicaments.

    Ces prestations indispensables à des soins de qualité ne peuvent pas être remplacées par un simple coli postal !

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  • Déficit budgétaire: c'est pas moi, c'est lui

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    Lors de la présentation de son budget 2012, le Conseil d’Etat genevois a annoncé un déficit astronomique de 429 millions.
    Par ailleurs, contrairement aux engagements pris dans le plan financier quadriennal, les charges de fonctionnement progressent de 3%, alors que toutes les collectivités publiques autour de nous (à l’exception notable de la Ville de Genève) se serrent la ceinture et que les PME luttent pour leur survie face au franc fort.
    Pour justifier cette augmentation, le Conseil d’Etat avance une multitude de prétextes et affirme que ces hausses sont induites par des éléments sur lesquels il n’a aucune prise. Il évoque en vrac la Confédération, la BNS, le Grand Conseil, l’euro, etc.
    La liste est longue, mais l’argumentation est un peu courte.
    On constate notamment une augmentation sensible du nombre de postes, du montant des subventions accordées et des dépenses générales (+ 6,1% !). Le Gouvernement possède sans conteste une marge de manœuvre sur ces différents éléments. Mais il a renoncé à procéder aux arbitrages nécessaires, laissant le soin au Grand Conseil de décider à sa place.
    L’augmentation de la dette constitue une autre source de préoccupation Elle s’accroît de plusieurs centaines de millions pour atteindre 11,4 milliards. On relèvera à ce propos que, pendant que la cigale genevoise ne parvient pas à endiguer cette dette, la fourmi vaudoise a réduit son endettement de manière spectaculaire puisqu’il a passé sous les 2 milliards.
    Dans son exposé des motifs, le Conseil d’Etat évoque en des termes alambiqués des mesures à prendre à partir de 2012 pour résorber le déficit structurel estimé à 150 millions. Il est question d’augmentation de recettes et de réduction de charges. Le but est de retrouver l’équilibre financier en 2014.
    Dans cette perspective, il faudra s’opposer avec la plus grande fermeté à toute hausse d’impôt. En effet, les personnes physiques sont déjà mal loties à Genève en comparaison intercantonale et il serait déraisonnable d’augmenter l’imposition des entreprises qui se trouvent dans une situation très délicate compte tenu de la force du franc.
    Pour finir sur une note positive, on relèvera avec satisfaction le niveau élevé des investissements. Notre canton souffre d’un retard important en matière d’infrastructures, notamment dans les transports publics et privés.
    De même, il conviendra de soutenir l’accroissement des moyens dédiés à la sécurité et à la Justice. On sait que l’insécurité constitue un problème majeur à Genève et il faut par conséquent tout mettre en œuvre pour combattre ce fléau.
    La commission des finances et le Grand Conseil auront donc fort à faire pour opérer les choix que le Gouvernement a esquivés et il faudra travailler en vue de trouver un consensus acceptable qui s’intègre dans les limites fixées par le plan financier quadriennal.

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  • Emploi bancaire: un enjeu majeur

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    Fin 2010, les banques employaient en Suisse 108'000 collaborateurs, soit près de 3,2% de la main d’œuvre nationale. Avec les gérants de fortune indépendants et les négociants en valeurs mobilières on atteint le chiffre de 141'000 postes.
    Toutefois, plusieurs facteurs exercent une pression sur le secteur et, par ricochet, sur l’emploi. Je veux parler des trois éléments suivants :

    • la force du franc : comme toute l’industrie, la place financière souffre de la vigueur de notre monnaie qui fait fondre les masses sous gestion.
    • la volatilité des marchés : les incertitudes liées aux soubresauts des marchés mondiaux pèsent sur le moral des investisseurs qui adoptent des comportements attentistes. Les résultats des banques s’en ressentent.
    • la vague réglementaire : le secteur bancaire suisse est confronté à un nombre inégalé de projets législatifs, dont l’application engendrera des coûts importants qui contribueront à l’érosion des marges.

    Face à cette situation, la résignation ne constitue pas une option. Au contraire, des mesures doivent être prises pour :

    • améliorer la compétitivité : il faut mener une réforme ambitieuse de la Loi sur les placements collectifs de capitaux (LPCC) pour permettre de développer l’activité d’ « asset management » en Suisse. De même, une suppression du droit de timbre s’impose.
    • freiner la frénésie réglementaire : nos autorités doivent fixer des priorités et procéder à une analyse coûts/bénéfices. A défaut, notre pays mettra en place sans le dire une politique structurelle qui conduira à une consolidation du secteur, non pas à cause d’une saine concurrence, mais en raison d’une réglementation excessive.
    • garantir la libre circulation des talents : l’attractivité de la place dépend de la capacité des intervenants à attirer des personnes capables de répondre aux attentes d’une clientèle sophistiquée. L’introduction de barrières visant à restreindre cet indispensable brassage de compétences mènerait à une perte de savoir-faire et à la délocalisation de certaines activités.

    Il est grand temps de prendre le taureau par les cornes et de tout mettre en œuvre pour préserver l’emploi bancaire dans notre pays !

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  • Décroissance économique - croissance étatique

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    Dans un article édifiant paru dans la Tribune de Genève du 16 septembre 2011, le Président du PS, René Longet, rappelle le credo économique de son parti :

    Il faut viser la décroissance en refusant l’implantation à Genève de sociétés multinationales.

    Par ailleurs, selon lui, le salut du canton passerait par la création d’un fonds public « largement doté » qui financerait un « vaste programme d’assainissement des bâtiments et de soutien aux énergies renouvelables ».

    C’est là que, dans sa stratégie, M. Longet, veut « chercher de nouveaux équilibres ».

    Il ne s’agit en tous cas pas d’une référence à l’équilibre des finances publiques.

    En effet, même si l’on voulait, contre toute bonne logique, soutenir le principe d’un fonds cantonal mammouth, on voit mal comment il pourrait être « largement doté » si la politique du PS visant à exclure les multinationales venait à être appliquée. Les recettes fiscales issues de ces centaines d’entreprises et de leurs dizaines de milliers de collaboratrices et collaborateurs disparaitraient, tout comme celles versées par les personnes au bénéfice du forfait fiscal que M. Longet, dans son article, veut aussi chasser du canton.

    Le départ de ces contribuables porterait un tort considérable à Genève. Il est donc irresponsable de le réclamer.

    Le Président du PS fait aussi l’apologie des cleantechs. Le développement à Genève de cette activité prometteuse doit bien entendu être favorisé. Mais, en l’état, il n’en est qu’à ses balbutiements et n’est pas encore une source importante d’emplois.

    Au passage, on relèvera que ni la Confédération, ni le canton, n’ont attendu le visionnaire M. Longet pour considérer ce secteur comme prioritaire. A Genève, ce domaine compte parmi les points forts du programme de législature établi par le Conseil d’Etat, sous l’impulsion du chef du département de l’économie.

    Au lieu de tirer des plans sur la comète, M. Longet serait mieux inspiré de lutter pour le maintien à Genève des emplois déjà existants, dans une période économiquement chahutée. Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras…

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  • Pour la libre circulation des talents

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    On entend dire que Genève n’est ni le Bronx, ni Marseille. Ces déclarations visent à relativiser l’insécurité grandissante qui règne dans notre ville. La comparaison mérite une analyse, notamment sous l’angle économique.

    Précisons d’emblée que chaque citoyen a droit à ce que son intégrité physique et patrimoniale soit protégée. Cela fait partie des tâches élémentaires de l’Etat.

    Cela étant dit, revenons au Bronx et à Marseille. Ce quartier de New York et la Cité phocéenne ont une triste réputation en matière de banditisme. En revanche, leur dépendance aux secteurs du tourisme, des entreprises multinationales, de l’horlogerie et de la finance est bien moindre qu’à Genève.

    Or, ces activités, qui font la prospérité de notre canton, sont sensibles à la problématique de la sécurité. Un touriste qui est victime d’un vol à la tire ou d’une escroquerie au bonneteau à la sortie de son hôtel ne reviendra plus sur les bords du Léman. Une multinationale ou une organisation internationale dont un collaborateur se fait agresser en ville donnera des conseils de prudence, comme on l’a vu récemment. Le braquage d’une bijouterie ou d’une banque entachera la réputation de Genève.

    Genève exerce une forte attractivité sur les bandes criminelles lyonnaises, les escrocs au bonneteau et les mendiants d’Europe de l’Est. Ces facteurs pourraient constituer une excuse si, dans le cadre de la compétitivité sécuritaire, notre canton devait effectivement être comparé au Bronx ou à Marseille. Mais, pour le monde économique, le standard se situe plutôt à Zurich.  Les personnes et entreprises qui recherchent la qualité suisse et sont prêtes à en payer le prix ne sont pas disposées à transiger sur la question de la sécurité, intimement liée à leur conception du « Swiss made ».

    La rencontre entre la Conseillère d’Etat Isabel Rochat et la Présidente de la Confédération pour évoquer ce thème est un signe encourageant. Genève doit obtenir rapidement des gages concrets de la part de Berne, d’une part, en matière d’accords de réadmission pour des criminels expulsés et, d’autre part, pour l’obtention d’effectifs de gardes-frontières supplémentaires.

    Ce dispositif doit être complété par la création de places de détention administrative et d’une application stricte de la loi contre la mendicité.

    Ces améliorations ne doivent conduire ni à un verrouillage des frontières ni à une dénonciation des Accords de libre circulation avec l’Union européenne. A défaut, le remède serait pire que le mal.

    La transformation de Genève en camp retranché conduirait à l’asphyxie d’une économie ouverte qui prospère grâce à la libre circulation des talents.

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  • Joindre l'utile au sublime

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    La Fondation Dr Henri Dubois-Ferrière Dinu Lipatti se consacre exclusivement, depuis sa création en 1970, à soutenir la lutte contre la leucémie et les autres maladies du sang.

    Elle a réussi l’exploit de réunir hier à Genève, le temps d’une soirée de gala, le célèbre orchestre du Gewandhaus de Leipzig et la prodigieuse pianiste portugaise Maria-Joao Pires. Le premier est l’un des plus anciens orchestres symphoniques du monde, puisque ses origines remontent à 1743. La seconde jouait déjà les concertos de Mozart en public à l’âge de 7 ans.

    Le public du Victoria Hall est resté tétanisé d’émotion à l’écoute du Concerto pour piano et orchestre n° 3 de Beethoven. Même les habituels toussotements s’étaient tus.

    Merci pour ce moment d’exception !

    Tout propos supplémentaire constituerait une fausse note.

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  • Politique de la santé : deux stands et un sondage

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    Samedi matin, un stand au Molard : il met en avant une affiche grand format comportant pour seul message le slogan « Arnaque d’Etat », dirigé contre les assurances maladies. On y trouve aussi un passage affublé de la mention « censuré », qui fait référence à une procédure judiciaire en cours. Au-delà de la polémique, aucune solution concrète et réaliste n’est proposée aux passants.

    Samedi après-midi, un stand à Plainpalais : sous l’impulsion de sa nouvelle directrice, la Fondation des services d’aide et de soins à domicile (FSASD) a monté son stand pour aller à la rencontre de ses clients et, plus généralement, de la population. On nous explique que le lieu a été choisi à dessein, dans la mesure où les personnes âgées se déplacent plus volontiers à Plainpalais que dans les Rues Basses. L’accueil est chaleureux, les renseignements précis. Une documentation ciblée est également à disposition (www.fsasd.ch).

    Ce lieu convivial a notamment attiré le Président des pharmaciens et celui des médecins de famille. Avec les représentants de la FSASD et les politiciens présents, ils parlent de l’amélioration du réseau de soins, des nouvelles contraintes posées par le vieillissement de la population, des possibles gains d’efficience. Mais le ton reste professionnel et le patient se situe toujours au centre des préoccupations.

    Une semaine plus tard, sondage de santé suisse : l’association faîtière des assureurs maladie a publié son sondage annuel dont il ressort que la population est favorable à des réformes du système de santé, mais par petites touches. Il est question de réseaux de soins intégrés, de cybersanté et de frais administratifs (www.santesuisse.ch).

    Ces trois épisodes m’amènent aux conclusions suivantes : premièrement, les attaques lancées par les occupants du premier stand sont inutiles. Elles peuvent, un instant, faire plaisir au lecteur. Mais leur efficacité s’arrête là car elles ne résoudront en aucune manière la problématique du financement du système de santé. A cet égard, l’action du Conseiller d’Etat genevois en charge de ce dossier (soutenu par l’ensemble du Grand Conseil) a été autrement plus fructueuse, puisque, sur la base de chiffres imparables et sans tomber dans l’outrance verbale, il est parvenu à obtenir une plus juste répartition entre les cantons des réserves accumulées par les caisses.

    En second lieu, le sondage commandé par santésuisse peine à sortir du registre technocratique. La valse des chiffres et des pourcentages donne le vertige. On achève cette lecture avec le sentiment d’une médecine désincarnée, réduite à des statistiques stockées sur internet (cybersanté). On relèvera à cet égard que la notion de « protection de la sphère privée » du patient n’apparaît nulle part. Une lueur d’humanité ressort malgré tout de ce document, dans la mesure où 88% des sondés se déclarent favorables à la promotion de la médecine de famille.

    Par conséquent, la solution (au moins partielle, il faut rester modeste) à ce problème des coûts de la santé se trouve peut-être dans une application à large échelle des préceptes promus par la FSASD sur son stand : réunir les différents acteurs du monde de la santé, à savoir en particulier les médecins, les pharmaciens et les entités publiques autonomes pour mener une concertation ouverte en vue de la mise en place d’un réseau efficient et cohérent, autour du patient. L’invective stérile n’y aurait évidemment pas sa place.

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  • Blocage des avoirs grecs : le PS poursuit son Odyssée contre la place financière

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    Le groupe socialiste au Grand Conseil a déposé le 29 août 2011 une proposition de Résolution invitant le Conseil d’Etat genevois à intervenir auprès du Conseil fédéral pour que celui-ci :

    •    gèle immédiatement tous les avoirs placés par des citoyens ou entreprises grecs dans les banques exerçant en Suisse ;
    •    transmette au gouvernement grec la liste des déposants et les montants déposés ;
    •    reste à la disposition du gouvernement grec pour prélever à la source et reverser un impôt et des amendes dont les montants auront été définis par celui-ci et permettant de contribuer à une répartition plus équitable des efforts entre les citoyens grecs pour réduire la dette de cet Etat.

    Le groupe socialiste s’en prend violemment aux banques suisses en les accusant d’avoir des pratiques « pouvant s’apparenter à du recel ».

    Dans leur exposé des motifs, les socialistes escamotent deux éléments importants. Premièrement, jusqu’à nouvel ordre, la Confédération helvétique reste un Etat de droit dont la Constitution et la législation prévoient la protection de la sphère privée, notamment financière. La transmission sauvage de données à laquelle aspire le PS n’est pas compatible avec ces principes fondamentaux. Par ailleurs, la Suisse et la Grèce sont liées par une Convention de double imposition (CDI) qui permet une collaboration en cas de soustraction et de fraude fiscale. Athènes est donc légitimée à déposer des requêtes dans ce but si elle l’estime utile et fondé. Pour ce motif, la Résolution évoquée ci-dessus poursuit un but illégal.

    En second lieu, le PS passe sous silence les raisons profondes de la situation financière de la Grèce. Ce pays figure au 78ème rang dans le palmarès de la corruption établi en 2010 par l’ONG « Transparency International », derrière la Colombie, la Chine et Vanuatu. La Grèce est l’un des pires élèves européens en matière de contrôle de son économie au noir qui est évaluée à 26% environ. Ce pays consacre entre 3,5 et 4% de ses revenus à des dépenses militaires, qui sont les plus élevées de l’Europe de l’Ouest. On pourrait aussi évoquer le fait que la Grèce est fortement soupçonnée d’avoir fait preuve d’une créativité remarquable pour masquer aux yeux de Bruxelles la réalité de son endettement abyssal.

    On voit bien que le PS s’intéresse en réalité peu au sort de la Grèce. Ce qu’il vise, c’est l’affaiblissement de la place financière genevoise. Ce dénigrement systématique s’inscrit dans une longue tradition.

    On se souviendra des attaques incessantes de Jean Ziegler contre les banquiers helvétiques. La crédibilité de cet ancien conseiller national socialiste s’est toutefois effondrée en même temps que le régime dictatorial de son ami personnel Kadhafi. Au demeurant, il est piquant de constater que les milliards d’avoirs libyens bloqués à travers le monde se trouvent avant tout aux Etats-Unis (USD 31 milliards), au Royaume-Uni (USD 13,6 milliards) et en France (7,6 milliards d’euros).

    On se souviendra aussi qu’en février 2010, le Conseiller national Carlo Sommaruga prônait une restructuration drastique du secteur bancaire, en citant pour exemple l’industrie horlogère (voir TdG du 11 février 2010). Pour rappel, face aux bouleversements technologiques, l’horlogerie suisse a passé de 90'000 emplois en 1973 à 30'000 en 1984, soit une diminution de 66% des postes de travail. On voit le sort que l’élu genevois entend réserver au premier secteur économique du canton dont il est issu.

    N’y a-t-il personne, parmi les nombreux sympathisants socialistes issus de la fonction publique et du secteur subventionné à Genève pour rappeler aux dirigeants du parti, enfermés dans leur Olympe dogmatique, que la place financière et ses 35'000 emplois contribuent pour plus de 20% au PIB genevois et génèrent près de 25% des recettes fiscales du canton et des communes ? Sans cette prospérité, le paiement des salaires de toute cette population émargeant au budget de l’Etat ne serait tout simplement plus assuré.

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  • Impôt sur les successions: taxer à mort

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    Le Parti socialiste suisse (PSS) a de nouveau exprimé sa frénésie fiscale en lançant une initiative visant à introduire un impôt fédéral sur les successions. Il entend imposer, au taux prohibitif de 20%, les successions dépassant le montant de 2 millions.
    Dans sa démonstration, le PSS omet certains éléments qu’il convient de relever ici. Tout d’abord, les patrimoines dont il est question ne sont pas tombés du ciel. Ils ont souvent été le fruit d’une activité professionnelle, soumise à l’impôt sur le revenu. On rappellera au passage que Genève n’est pas un paradis fiscal en la matière puisque le taux marginal, impôt fédéral direct compris, atteint les 45%. A titre de comparaison, ce taux atteint 41,7% aux Etats-Unis, 40% dans le Royaume-Uni et 37,6% en France (selon les chiffres publiés par le « Wall Street Journal Europe» du 24 août 2011).
    Une fois ce patrimoine constitué, son propriétaire est durant toute sa vie soumis au niveau cantonal à un impôt sur la fortune, dont il doit s’acquitter chaque année et qui peut atteindre près de 1% à Genève. Dans notre pays, près de 90% du produit de cet impôt proviennent de moins de 10% des contribuables. On ne peut donc pas dire que le système en place n’est pas source de redistribution.
    Le PSS veut ainsi créer sur le plan fédéral un impôt qui porterait sur un substrat qui a déjà fait l’objet d’une imposition annuelle du vivant du titulaire. Le contribuable se voit donc poursuivi jusque dans la tombe.
    Mais il y a plus grave.
    Pour les socialistes, il n’est pas question d’exclure les entreprises de l’imposition. Tout au plus évoque-t-on la possibilité d’hypothétiques « réductions », soumises à des conditions draconiennes. Il faut notamment que les sociétés soient reprises pour au moins dix ans par les héritiers, ce qui entrave la liberté de commerce et fait peser une insupportable menace fiscale pendant toute la durée de ce délai. Cette situation risque de compliquer gravement la transmission d’entreprises, étant précisé que la valeur d’un tel bien dépasse facilement la barre fatidique des 2 millions.
    Si l’entreprise constitue le seul actif de la succession ou son élément prépondérant, les héritiers ne seront souvent pas en mesure de régler la facture, même « réduite ». D’éventuels délais de paiement n’y changeront rien. Le même raisonnement s’applique aux biens immobiliers, à la nuance près que, dans ce cas, il n’est même pas fait mention d’un quelconque allègement.
    L’impôt sur les successions voulu par le PSS représente donc une attaque frontale contre la pérennité des PME qui forment le noyau dur du tissu économique suisse et qui souffrent aujourd’hui cruellement de la force du franc.
    Il y a quelque chose de fondamentalement contradictoire dans l’attitude des socialistes qui, d’une part, prétendent vouloir voler au secours des entreprises en péril à travers des mesures contre le franc fort et qui, simultanément, entendent introduire un impôt sur les successions qui condamnera immanquablement de nombreuses PME à mort.

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  • Imposition des transactions financières : le retour de la Chimère

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    Le récent sommet franco-allemand consacré à la situation de la monnaie européenne a débouché sur trois propositions-clés : la création d’un gouvernement de la zone euro, l’adoption d’une « règle d’or » pour les pays de cette zone (autrement dit un frein à l’endettement) et, enfin, l’introduction d’une taxe sur les transactions financières.

    Cette idée saugrenue de taxe sur les transactions financières (communément appelée « taxe Tobin ») refait régulièrement surface en période de crise, pour disparaître à nouveau peu après, compte tenu de son caractère fondamentalement irréaliste. Cette chimère reste toutefois chère aux milieux altermondialistes et aux adversaires du libre-échange.

    Il faut relever que le directeur général de la Banque Centrale Européenne, Jean-Claude Trichet, s’est clairement exprimé contre une telle taxe, pas plus tard qu’en juin 2011. Il a souligné que les centres financiers de l’Union européenne sortiraient perdants de l’introduction d’un tel impôt, sauf si le système était adopté globalement, au niveau mondial.

    Il a ajouté que si certaines transactions devenaient plus onéreuses dans l’Union européenne que dans d’autres places financières, alors ces transactions seraient exécutées hors de l’UE.

    Il faut souligner que le champ d’application géographique de cette taxe est tout sauf clair dans la proposition franco-allemande. En effet, si elle ne concerne que les 17 Etats de la zone euro, les capitaux se déplaceront immédiatement vers Londres ou encore ailleurs. Si elle englobe tout le territoire de l’UE, il est évident que Londres s’opposera fermement à un projet qui a peu de chance d’aboutir. En dernier lieu, l’introduction d’une telle taxe au niveau mondial relève plutôt de l’utopie.

    En l’état, on peut relever que la Suisse connaît déjà une forme d’impôt sur les transactions, à savoir le droit de timbre de négociation. Or, cet impôt constitue un désavantage compétitif important pour notre place financière. On se souviendra d’ailleurs qu’au moment de son introduction, ce droit de timbre a provoqué un exode massif et immédiat vers Londres du marché des euros-obligations, un marché qui n’est jamais revenu.

    Les politiciens suisses qui seraient tentés de promouvoir l’introduction d’une telle « taxe Tobin » en Suisse, en plus du droit de timbre, seraient bien inspirés de se souvenir des conséquences irrémédiables d’une telle démarche pour la place financière helvétique.

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  • Mais quand donc cessera le scandale des taxis à Genève?

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    Zermatt et Genève ont beaucoup de points communs : ces deux hauts lieux touristiques bénéficient notamment d’une situation géographique incomparable qui exerce une force d’attraction irrésistible sur les touristes de tous horizons.

    Mais certaines différences existent malgré tout.

    Dans la station valaisanne, à peine sorti du train, on bénéficie d’un accueil souriant et chaleureux. La première impression, celle qui compte, est donc excellente.

    On ne peut pas en dire autant dans la Cité de Calvin et j’en ai fait la cuisante expérience pas plus tard que samedi dernier, en plein pendant les fêtes de Genève, point d’orgue de la saison touristique.

    Après une sublime semaine passée au pied du Cervin, la chute a été brutale à l’arrivée à Cornavin. Munis de trois valises, ma femme, mes enfants et moi avons eu l’idée saugrenue de vouloir prendre un taxi pour rejoindre notre domicile.

    Un chauffeur particulièrement désagréable, répondant de mauvaise grâce à notre salut, a commencé par jurer comme un charretier lorsqu’il s’est agi de charger nos bagages dans le coffre de son véhicule. Il a ensuite continué à pester de plus belle en constatant qu’il devait ôter les journaux qui occupaient le siège avant pour me laisser la place. Il s’est exécuté de mauvaise grâce en soulignant qu’il aurait dû refuser la course compte tenu de la présence d’enfants et de l’absence de sièges adéquats.

    Comme citoyen genevois, je dois exprimer ici ma honte face à une telle attitude. Je pense aux touristes étrangers qui viennent pour la première fois dans notre canton, la tête remplies de clichés idylliques concernant l’excellence supposée des prestations fournies en Suisse. Ces images d’Epinal doivent s’effacer instantanément si nos hôtes de passage se trouvent confrontés à des tels énergumènes, dont la conception du service aux clients ne correspond en aucune manière aux standards helvétiques.

    Le cas que j’évoque ici est loin d’être isolé et les récriminations envers la corporation des taxis occupent une place non négligeable sur Facebook et dans de nombreux blogs.

    En cette période où la force préoccupante du franc rend le séjour dans notre pays très onéreux, Genève ne peut tout simplement plus se permettre une telle médiocrité et doit se montrer digne des expectatives, aussi élevées que le cours de notre monnaie, des touristes étrangers.

    Quand donc nos autorités interviendront-elles pour que cette profession, essentielle pour l’accueil à Genève, se montre à la hauteur des enjeux auxquels est confrontée actuellement la branche du tourisme ?

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  • Le PPP : c'est pas sorcier

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    Mes lecteurs savent que le Partenariat Public Privé (PPP) fait partie de mes thèmes favoris. Il permet une juste répartition des responsabilités et des risques entre des acteurs publics et des entreprises dans la réalisation de grandes infrastructures.

    En Suisse, les collectivités publiques sont malheureusement timorées face à cette forme de collaboration qui connaît pourtant des succès remarquables chez nos voisins européens.

    Le présent billet a tout d’abord été inspiré par le visionnement durant les vacances avec mes enfants de l’excellente émission
    « C’est pas sorcier » consacrée à la construction du spectaculaire viaduc de Millau en France. En effet, la réalisation de cet ouvrage d’art qui surplombe la vallée du Tarn à plus de 250 mètres de hauteur a été rendue possible grâce à un PPP d’un montant total de 400 millions d’euros.

    Un deuxième événement récent a marqué l’actualité dans ce domaine. Dans « Le Figaro » des 30 et 31 juillet 2011, on apprend que le Réseau ferré de France a signé avec la société Eiffage un contrat en partenariat public-privé portant sur 3,3 milliards d’euros en vue de la construction du TGV Le Mans-Rennes.

    Grâce à cette nouvelle ligne, Rennes ne sera plus qu’à une heure et demie de Paris. Quant à Brest et Quimper, elles ne seront plus qu’à trois heures de la capitale, pour environ 610 kilomètre de parcours.

    Quand on considère, d’une part, les incroyables difficultés rencontrées dans le financement des quelques misérables kilomètres de la troisième voie ferroviaire entre Genève et Lausanne et, d’autre part, le fait que nos vénérables tortillards mettent encore 4 heures pour relier Genève à Saint-Gall, pour une distance de 260 km à vol d’oiseau, les exploits de nos amis français devraient nous faire réfléchir.

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  • La Maison de la Paix : un projet nécessaire pour Genève

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    Lors de sa session de fin juin 2011, le Grand Conseil a adopté le projet de loi 10785 dont je suis le rapporteur. Ce texte s’inscrit dans le cadre de la réalisation de la Maison de la Paix pilotée par l’Institut de hautes études internationales et du développement (IHEID).

    Cette loi porte uniquement sur le volet foncier du projet et prévoit la vente par l’Etat de Genève d’un terrain à la Fondation Hans Wilsdorf, étant précisé que cette dernière accordera ensuite un droit de superficie d’une durée de 100 ans à IHEID pour la construction d’un centre essentiel pour le développement de la Genève internationale.

    Ce projet de Maison de la Paix a été imaginé pour créer un nouveau lieu et un campus favorisant les échanges et les recherches à vocation internationale.

    Par ailleurs, ces locaux abriteront également, au-delà de IHEID, trois autres centres soutenus par la Confédération, à savoir le Centre de politique de sécurité, le Centre international de déminage humanitaire et le Centre pour le contrôle démocratique des forces armées.

    Cela permettra par conséquent de réunir sur le même site divers organismes oeuvrant pour la promotion de la paix dans le monde.

    Il est remarquable d’avoir pu fédérer autour de ce thème la Confédération, le canton de Genève, IHEID et la Fondation Hans Wilsdorf. Il faut encore y ajouter l’engagement important d’un donateur privé en vue de la réalisation de logements pour étudiants.

    Cet exemple de partenariat public privé (PPP) aurait dû recueillir une approbation unanime et enthousiaste du Grand Conseil.  Mais c’était sans compter la réticence viscérale de certains politiciens de gauche face à l’aliénation de biens fonciers par l’Etat et à la collaboration entre le secteur public et le secteur privé. Heureusement, ces quelques voix dissidentes ne sont pas parvenues à freiner la dynamique positive qui sous-tend cette réalisation, qui doit tracer la voie pour d’autres projets d’envergure indispensables au rayonnement de Genève.

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